«The killer is not a man, it’s a mentality»

Le 5 octobre 2017, toujours en partenariat avec le  Festival Toulouse Polars du Sud, le Centre de ressources des langues a accueilli Bodgan Teodorescu, écrivain roumain, qui a présenté avec enthousiasme son dernier roman, Spada, son second livre traduit en français. Teodorescu est spécialisé en communication politique, raison pour laquelle ses romans ne sont pas purement policiers, mais traitent aussi de sociologie, de politique et de géo-économie.

La conférence, animée par Pierre-Yves Boissau, s’est tenue en langue anglaise, mais grâce aux membres du CETIM, qui ont effectué un service de «traduction chuchotée à l’oreille», tous les participants ont pu en profiter.

 Actuellement, il y a plusieurs conflits ethniques en Roumanie. Est-ce que vous pourriez en parler?

Je n’ai pas le temps ici d’expliquer toute l’origine et l’histoire de ces conflits, mais c’est nécessaire que vous sachiez qu’en Roumanie tout le monde grandit avec l’enseignement que les Roms enlèvent les enfants. Quand j’avais 10 ans, une fille de mon quartier a disparu et tout le monde pensa qu’elle avait été kidnappée, en réalité elle avait fui avec un footballeur. Ceci a été le moment où j’ai découvert les concepts de stéréotype et de minorité.

J’ai décidé d’écrire «Spada» pour étudier d’une façon déguisée comment la société d’un pays réagit aux provocations sociales et aux attaques contre les minorités. Et j’ai découvert que nous ne sommes pas encore prêts et que nous pensons encore par stéréotype. En particulier, le stéréotype du rom nait après la révolution de 1989, quand la Roumanie ouvre ses frontières et, au même moment, beaucoup de Roms deviennent mendiants. C’était un pays en transition vers la démocratie et, dans ce moment de confusion, la société a eu besoin de considérer les Roms comme les coupables de tout ce qui ne marchait pas.

 Est-ce que vous pourriez nous parler un peu de la situation politique de la Roumanie, de ses partis extrémistes?

La Roumanie n’a jamais eu deux partis extrémistes, il y en a toujours eu qu’un. Ceci était particulièrement évident pendant la dictature de Nicolae Ceauşescu, mais après sa mort le pays est entré dans une période de vide, parce qu’un parti nationaliste n’est rien sans un bon leader: il se base seulement sur ses messages, il n’a pas de doctrine.

Actuellement, nous pouvons trouver en Roumanie beaucoup de partis anti-système qui ne font que critiquer, sans rien proposer.

 Quel est le rôle des médias dans cette situation sociale?

Avant 1989 il n’y avait que deux heures de télé par jour et six journaux, tous contrôlés par le totalitarisme. Depuis 1990 commence la libéralisation et, avec la liberté de la presse, les journalistes gagnent chaque fois plus de pouvoir, jusqu’à ce qu’ils deviennent une force politique. Quand un media cesse d’être un médiateur entre gouvernement et civils et devient un politique lui-même, il perd son vrai rôle.

Comme nous l’avons dit précédemment, les minorités deviennent souvent le bouc émissaire des problèmes internes d’un pays et les institutions gouvernementales sont celles qui les poursuivent. Il est courant que des civils se laissent transporter par les déclarations de ces procureurs, et c’est ici que devrait entrer en jeu le rôle des médias: devenir de véritables médiateurs. Mais maintenant, en Roumanie, les media attaquent les accusés sans les considérer innocents tant qu’ils n’ont pas prouvé leur culpabilité; de cette façon ils se rendent coupables des répressions ethniques du pays.

 Quelle est votre relation avec la littérature?

J’aime bien la littérature politique, parce que la politique est partout, les films américains de qualité, parce qu’ils traitent de politique de façon compréhensible pour tout le monde, et la littérature roumaine de résistance.

Ces auteurs connaissent la politique sur laquelle ils écrivent et, pour moi, nous ne pouvons pas écrire sur une chose que nous ne connaissons et ne ressentons pas.

 Est-ce que vous pourriez nous conseiller des écrivains roumains?

Le Gorille, qui parle du fascisme roumain.

Le Plus Aimé des Mortels, de Marin Preda, raconte l’époque de Staline. Une citation très connue de ce roman, qui représente parfaitement la situation politique de cette période, est prononcé au cours d’une conversation entre un prisonnier et un visiteur:

«What did you do to get there?»

«I did nothing»

«For nothing you have five years of prison»

La dernière, The Way of the Ashes, traite de la rébellion des mineurs sous la dictature de Ceauşescu.

 Pourquoi ce titre?

Spada est le nom de la dernière arme dans les compétitions d’escrime. C’est aussi l’arme qui est utilisée par le tueur dans le roman. Finalement, c’est un terme en langue roumaine considéré comme exotique par les Européens.

 Puisque vous êtes ingénieur, comment vous considérez vous par rapport à la profession d’écrivain?

J’ai fait des études d’ingénierie parce qu’il m’était interdit d’étudier les humanités à cause du passé politique de mon père. Après la fin de la dictature, j’ai commencé à être journaliste, puis je suis allé étudier la communication politique aux États-Unis.

Je suis un spécialiste en communication politique et manipulation, je ne suis pas un écrivain. Pour moi, écrivain n’est pas une profession. Tout le monde peut être écrivain, tant qu’il a quelque chose à dire, qu’il connait le sujet et qu’il y a des gens qui veulent lire ses livres.

8 Est-ce que vous vous considérez comme un écrivain «noir»?

Tout est noir, il faut seulement regarder avec plus d’attention. La politique est noire, et elle est partout, donc je suis noir, parce que j’écris sur la politique.

 Pourquoi, dans «Spada», nous n’arrivons pas à découvrir le nom du tueur?

Parce que le nom du tueur n’est pas important. Le tueur n’est pas un homme, ce sont tous ceux qui le soutiennent et le considèrent un héros: les médias, les civils qui le condamnent sans procès, le gouvernement qui ne fait rien afin de ne pas perdre des électeurs. «The killer is everywhere. It’s not a man, it’s a mentality».

Lieux et non-lieux : liens au corps

Une journée d’étude qui a eu lieu à l’UT2J les 20 et 21 avril 2017 et un parcours d’exposition, dont une au CRL.

Sophie Dechamp, et Aurélie Fatin qui avait déjà exposé avec le collectif Mix’Art Myris, ont proposé une installation vidéo-textile qui en a impressionné plus d’un…

« Je pourrais y passer des heures, C’est fascinant et effrayant, ça me fait penser à ring… » ou encore :  « C’est comme une échographie : on essaye de distinguer la tête, les fesses, mais on est pas trop sûre… ça bouge, il y a un bruit étrange ».

« BACATÁ N’EST PAS UN LIVRE À VENDRE MAIS À PARTAGER »

 

Julie Imbert est partie à Bogota comme assistante de français auprès d’étudiants de l’Université Pédagogique Nationale de Colombie.  Elle a imaginé le projet d’écriture Bacatá, un « livre – carte aux trésors » composé de nouvelles bilingues écrites et traduites par ces mêmes étudiants. Un livre publié grâce au soutien de l’Alliance Française, de l’Institut Français et de l’Ambassade de France à Bogota.

Un livre recouvert d’une carte géographique de Bogotá qui, une fois déployée, permet de comprendre les mots mystérieux des récits…  Bref, comme le dit Julie Imbert elle-même, « On ne peut lire la carte sans le livre et inversement ».

Pour cette rencontre au CRL, Julie n’est pas venue seule pour présenter cet ouvrage particulier. Elle était accompagnée, pour des lectures à deux voix et deux langues, de la conteuse argentine Mara  de Patagonie. On n’oubliera pas son interprétation, chanté à la guitare, de « Mamá », de Andrés Felipe Micán Castiblanco.

 

En fin de rencontre, un atelier d’écriture en espagnol a permis de poursuivre l’échange…

« Bacatá » est bien sûr disponible au CRL, et également à Toulouse à la médiathèque José Cabanis, et même à Lyon, Bordeaux, Paris…

 

en direct de la soirée internationale…

« Bonsoir, Ici Naomi, étudiante en IUT Infocom, en stage au CRL et en direct, juste après la clôture de la 1ère soirée internationale.

Cette soirée avait pour but de lancer les tandems linguistiques (les étudiants voulant apprendre une langue remplissent un formulaire pour trouver un partenaire qui veut, à l’inverse, apprendre la leur. ce fût un indéniable succès… Plus de 70 personnes ont participé et peut-être bien trouvé un-e partenaire…

 

 

La soirée était organisée par Lorie  et animée avec enthousiasme par Leila et Sarah, toutes les trois étudiantes-monitrices au CRL… Et n’oublions pas les associations étudiantes de l’UT2J dont l’EIMA et les foyers étudiants La Peña, le foyer d’anglais et le foyer des langues étrangères qui ont soutenu le projet…

On a joué : le quiz a rencontré un grand succès (notamment la question « qui a dit une noisette, je la casse entre mes fesses, tu vois » ?)

Pendant l’apéro, des petites mains ont corrigé les réponses de chaque équipe.

 

Enfin, l’annonce de la dernière activité a suscité de l’excitation et de l’agitation dans la salle ! Il s’agissait d’un Blind- test que j’ai imaginé moi-même…. Les arbitres ont eu du fil à retordre pour départager les équipes déchaînées!

 

Les grands vainqueurs de la soirée les « MichMich » ont remporté le Gros lot .

J’ai aimé participer à l’organisation de cet événement très dynamique et au concept très original. J’ignorais qu’on pouvait créer ce genre de rassemblement et d’animation au sein d’une bibliothèque. J’ai été, de plus, agréablement surprise de voir autant de mobilisation sur toutes les activités qui se font autour du CRL.

Bonne fin de soirée à tous et à bientôt en septembre pour la prochaine soirée tandem… »

Printemps des poètes 2017

Cette année à nouveau la poésie était à l’honneur au CRL.

Des étudiant-e-s et leurs enseignant-e-s récitaient, déclamaient, lisaient des poèmes dans toutes les langues (ou presque) quatre jours d’affilée à l’heure du déjeuner…

Aux manettes comme chaque année Jean Nimis, enseignant d’italien, et pour l’animation et la capture du son (malheureusement et techniquement indisponible sur ce blog), Gilles Pouyol, étudiant au DEFLE et animateur de Radio R’d’autan.


Lundi,
c’était le jour de l‘italien : Ndjock Ngana «Africa» d’un poète camerounais vivant à Rome, du grec : «Willy, le chauffeur-mécanicien du Djibouti», de Nikos Kavvadias, de la Chorale du SCASC, du Français Langue Étrangère avec «Rama Kam» (David Diop), «Femme libre» (Léopold Sédar Senghor), «Un autre départ» (Cécile Oumhani), «Tentative de Jalousie» (Marina Tsvétaïéva), «Mère Afrique» (Fatou Diome), du catalan avec la participation du poète catalan Marc Artigau, du chinois avec «L’Olivier» 橄榄树 – gǎnlǎnshù, de Sanmao (poétesse taïwanaise contemporaine, qui a vécu quelques années dans l’ancien Sahara espagnol).

Mardi, place à l’occitan avec Aurélien de Chaire, «La sang de la tèrra» (A l’Ombra d’un manguièr, 2015), à l’anglais avec Helene Johnson, «Sonnet to a Negro in Harlem», Maya Angelou, «Still I Rise», Antjie Krog, «Country of Grief and Grace», Okot p’Bitek, «We women will never have peace», Odia Ofeimun, «I am a writer», Langston Hughes, «Afraid», Roma Ryan, «Storms in Africa», Langston Hughes, «The Kids in School with Me», au hongrois, au grec à nouveau avec  «Patrice Lumumba : le Saint Noir», poème de Yannis Ritsos, au frioulan : Leonardo Zanier, «Cramârs marochins» (Vendeurs ambulants marocains, 2012) et au français encore et en musique avec Charles Baudelaire, «L’invitation au voyage» et Aimé Césaire, extrait de Debout dans les Cordages

 

 Mercredi, pour le portugais : «Naturalidade» de Rui Knopfli (Mozambique, 1959) et «Monangamba» de António Jacinto (Angola, 1961), l’espagnol (Amérique Latine) : poètes de l’Équateur, du Pérou, de la Caraïbe et de la côte Pacifique; le russe : Nikolaï Goumilev (Никола́й Гумилёв), «La girafe» et «La nuit Africaine», le basque et le galicien.

Jeudi 16 mars, lectures de nahuatl, de japonais, de polonais : Julian Tuwim, «Le Petit Bambo» [Murzynek Bambo] ; Stanislaw Przesmycki et Zofia Vieweger, «Berceuse» [Kolysanka murzynska] ; Aimé Césaire, «Blanc à remplir» et «En vérité», d’allemand : Rainer Maria Rilke, «Der Panther», Yvan Goll «Der Regenpalast» (Le palais de pluie), Ingeborg Bachmann «Dein Schatten» (Ton ombre), Paul Celan «In Ägypten», de latin: extraits du chant IX de l’épopée de Lucain, Bellum ciuile;et d’arabe : Mahmoud Darwich (محمود درويش), «Chant d’amour à l’Afrique» – Mohammed El ‘Id Al Khalifa, «L’esclave noir» – Mohammed Miftah Al-Fitouri (محمد الفيتوري), «Je suis nègre» et «L’aube brise le mur de l’obscurité».

A l’écoute du parfum…

Un avant goût de printemps au CRL avec un atelier olfactif organisé par la section de japonais de l’UT2J, dans le cadre des « Jeudis du Japon ».

Une initiation au Kôdô proposée par Iwasaki Yôko (Kyôto Saga University of Arts) et Marie Parmentier (enseignante-chercheuse à l’UT2J), dans un CRL étrangement et soudainement calme pour un jeudi après-midi.

Le public était captivé, l’odorat en éveil…

 

     

 

 

Qui dit février, dit Journée Portes Ouvertes

Et cette année, c’est un 25 février que futurs étudiant.e.s et leurs parents sont venus découvrir au CRL un lieu de vie et d’études…. On a pu assister à des démonstrations de Sévillane par le foyer d’étudiant.e.s La Peña, on a pu voir un Président d’université poser une question sur le service de questions/réponses en ligne des bibliothécaires,  le CRL proposer une animation linguistique en allemand. Bref, tout ce qu’il fallait (on espère) pour convaincre les futur.e.s impétrant.e.s que qu’il y a à affaire à l’UT2J.

 

 

 

 

 

 

Et à l’année prochaine…