projet ArcheoLèze

Description du projet de prospection-inventaire sur la vallée de la Lèze

-Équipe de travail

Responsable d’Opération : Matthieu Soler, docteur ès Sciences de l’Antiquité de l’université de Toulouse II, membre associé aux laboratoires TRACES, PLH, FRAMESPA

Chargée du traitement de donnée (SIG) et co-organisatrice de la prospection : Élodie Guillon, docteur ès Sciences de l’Antiquité de l’Université Toulouse II, membre associé aux laboratoires GEODE et PLH

Chargé de l’organisation de la prospection et des contacts locaux : Joris Ufkes, master 2 en Sciences de l’Antiquité de l’Université Toulouse II, sous la direction de C. Rico.

Contact local : Mr Salem Tlemsani, association de Lézat.

Les équipes de travail sur le terrain seront fournies par les associations APAREA et CERAGas.

Le traitement du mobilier se fera en collaboration avec le laboratoire TRACES et dans les locaux de ce dernier.

Soutien logistique : CERAGas.

 

-Présentation de la zone d’étude et des problématiques

L’aire d’étude envisagée est située dans une zone où l’économie de la montagne est ouverte sur le piémont et la plaine[1]. C’est une zone de transition relativement méconnue puisque éloignée des grands axes que sont le Salat, l’Ariège et à plus forte raison la Garonne. Arize et Lèze sont pourtant les débouchés du Plantaurel central. Le paysage est vallonné, intermédiaire entre l’est et l’ouest du département de l’Ariège avec : l’Arize tournée, en amont, vers le Couserans et, en aval, vers la Garonne ; la Lèze tournée vers l’Ariège, elle-même orientée, en aval, vers la Garonne dans laquelle elle débouche. De plus, au niveau du peuplement et des cultures modernes, nous sommes dans un espace de contacts avec Saint-Girons tourné vers Saint-Bertrand et Foix tournée vers Toulouse. La preuve en est le découpage des évêchés, la zone appartenant à l’évêché de Rieux depuis le XIVe s., donc vraisemblablement au diocèse de Toulouse avant cette date.

grde échelle ArcheoLèze

plan relief ArcheoLèze

Au niveau antique, ce pays est situé entre la cité des Consoranni, connue par les textes anciens, et la vallée de l’Ariège, bien moins connue. Les auteurs de la CAG 09 insistent sur la nécessité de reprendre l’étude de ces aires peu prospectées. À en croire Pline (N.H., III, 32), il est possible que les Consoranni soient pour partie intégrés à l’Aquitaine sous domination de Saint Bertrand, et pour partie sous domination de Toulouse, en Narbonnaise[2], avant la réforme de Dioclétien. La frontière occidentale de la Transalpine et de l’Aquitaine n’est pas bien définie dans cette zone, notre étude pourrait aider à préciser les choses. Ausonne (Ordo urbium nobilium, XIX, 102-102) laisse supposer qu’à son époque la vallée de l’Ariège devait relever de l’administration toulousaine, ce qui pouvait tout aussi bien être le cas de la vallée de la Lèze, si ce n’est celui de la vallée de l’Arize. La limite entre Consoranni, Convènes et Tolosates serait une ligne His-Hitte-Cérisol[3]. Mais dans l’état actuel de la documentation, la limite entre cité des Consoranni et des Tolosates dans la région de notre étude est malheureusement inconnue. Nous sommes donc dans une zone d’interface tant géographique que culturelle et même économique.

En effet, à l’âge du Fer, les mines de fer, de cuivre (en particulier pour le Plantaurel) et de plomb-argent de la montagne sont un enjeu majeur. L’abandon des sites de hauteur de l’âge du Fer fin du Ier av. J.-C. tout début du Ier ap. J.-C. inaugure une recomposition méconnue du territoire dans cet espace. Arize et Lèze sont des débouchés naturels de certaines zones d’extraction du Plantaurel. Cela étant, l’organisation de l’habitat dans ces deux vallées et leurs rapports avec le commerce des métaux n’a jamais été étudié. Seuls les travaux de l’érudit Urbain Gondal sur le territoire de la commune de Lézat, entre autres, nous donnent quelques éléments d’occupation romaine mal caractérisée à Malsang (Lézat), Villaret-Carrou (Lézat) et Castagnac (Sainte-Suzanne) où il suppose la présence de villae. Des premiers contacts avec les agriculteurs et quelques observations de surface nous ont déjà montré la richesse insoupçonnée des sites ruraux de cette région, en particulier en termes de quantité, mais aussi en terme de qualité : grandes villae et importantes installations rurales construites en brique et mortier. Nous souhaitons caractériser l’habitat, son organisation, sa hiérarchisation, ses réseaux dans la vallée de la Lèze pour l’année 2015, afin d’établir un étalon de référence qui nous permettra de comparer avec les résultats de campagnes ultérieures sur la zone Lézat-Labarthe, pour mieux voir la relation avec Toulouse. L’objectif est aussi de construire un modèle de référence qui sera comparé avec l’étude de la vallée de l’Arize, pour l’instant vierge de sites dans la carte archéologique. Quelle économie pour cet espace, quels échanges pour ces sites ? Une telle étude devrait permettre de mieux comprendre cet espace des confins de la cité de Toulouse et mieux cerner l’organisation spatiale et économique de cette dernière.

-Étapes de la recherche

  • Prospection pédestre : vérifier les informations sur les sites cités dans la carte archéologique, augmenter le nombre de site connus, les caractériser, proposer des hypothèses de hiérarchisation, et tâcher de détecter de possibles voies et chemins. Chaque site sera enregistré dans une base de donnée.
  • Analyse des mobiliers repérés en surface : préciser les datations, la hiérarchisation et les fonctions des sites.
  • Analyse des compoix et cadastres et des parcellaires grâce aux quelques données fournies par les photographies aériennes et les vues satellites. Des données que nous confronterons aux résultats qui émergeront de la création d’une modélisation spatiale à base gravitaire utilisant un SIG. Objectif : déterminer ou supposer les principaux axes de communication et mettre en réseau.
  • Cartographie détaillée des recherches : Carte des zones prospectées (avec différencitation ponctuelle/systématique) ; Carte du parcellaire par commune (en distinguant les zones boisées et habitées non prospectables) ; Carte de distribution des découvertes par communes ; Carte de distribution générale ; Carte de distribution sur fond géologique ; Carte des voies et des hypothèses de mise en réseau.

[1] CAG, 09, p. 35

[2] Ibid., p. 42

[3] Carte de la cité de Tolosa, dans Pailler, 2002.


Bibliographie préliminaire succincte

ASTRE 1970-1971 : Astre G., « Mulettes quaternaires de sables anciens de la Lèze », Bull. Soc. Ariégeoise des sciences, 26, 1970-1971, p. 5-15.

ESCUDÉ-QUILLET, MAISSANT 1996 : Escudé-Quillet J.-M., Maissant, C., CAG 09, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, CNRS, Paris, 1996.

GONDAL 1969 : Gondal U., « Les fouilles de l’église abbatiale Saint-Pierre de Lézat (Ariège) », Actes du 19e congrès Soc. Acad. Sav. Languedoc – Pyrénées – Gascogne, Moissac, 5-6 mai 1963, Albi, 1964, p. 88-93. et « Essai d’inventaire des sites gallo-romains de Lézat sur Lèze », Bull. Soc. Ariégeoise des sciences, 1968 et annales du midi, 81, 1969, p. 245-261.

MIROUSE 2007 : Mirouse D., « Une Voie romaine en Couserans ? Monographie historique et géographique d’un axe transversal en piémont ariégeois », Revue de Comminges, n°123, fasc. 1 et 2, p. 7-40, 2007.

PAILLER (dir.) 2002 : Pailler J.-M. (dir.), Tolosa : nouvelles recherches sur Toulouse et son territoire dans l’Antiquité, Ecole Française de Rome, Rome, 2002, 601 p.