Programme

Emotions et Apprentissages scolaires

9 et 10 mars 2018

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 Vendredi 9 Mars 2018

8h15 : Accueil

8h45 : Ouverture du colloque par Pierre Largy

9h00 : Frédérique Cuisinier – « Emotions et activités scolaires : que nous apprend l’étude des émotions déclarées ? »

Résumé : L’étude des relations entre émotions et apprentissages scolaires soulève d’épineuses questions à la fois théoriques et méthodologiques, s’inscrivant dans de multiples cadres de références (psychologie cognitive, développementale, différentielle, neurosciences, notamment). L’une de ces questions concerne le répertoire émotionnel en lien avec les activités et le niveau scolaire. Cette communication se propose de croiser les éclairages d’études portant sur l’enfant ou l’adolescent et les perspectives de recherches qu’elles ouvrent.

10h00 : Stéphanie Mathey – »De la lecture d’un mot à sa mémorisation : influence des processus lexico-émotionnels »

Résumé : Comment et dans quelle mesure la valence émotionnelle d’un mot écrit influence-t-elle les processus cognitifs de reconnaissance et de mémorisation ? Après un exposé de la littérature portant sur l’étude des processus lexico-émotionnels sous-tendant la reconnaissance visuelle des mots et leur mémorisation, nous présenterons des études originales menées chez de jeunes adultes. Nous examinerons notamment comment les performances de reconnaissance et mémorisation de mots varient selon certaines caractéristiques émotionnelles des mots et des participants. Les limites et perspectives de ces études seront présentées et discutées en ouvrant sur d’autres populations.

11h00 : Pause café

11h15 : Sarah Benintendi – « Quand les émotions influencent l’attention sélective chez l’enfant »

Résumé : Thème central de certains outils pédagogiques les émotions font l’objet d’un débat visant à établir leur caractère facilitateur ou délétère sûr de nombreux processus cognitifs comme l’attention sélective. Bien que très discutée chez l’adulte, aucune recherche n’a directement investigué l’interaction émotion-attention chez l’enfant. Aussi, cette étude vise à explorer ce lien via la méthode de double induction afin de confronter les résultats obtenus au modèle de la congruence émotionnelle initié par Bower (1981).

11h45 : Cecilia Gunnarsson et Pierre Largy – « Emotion et production écrite en français L1 et L2 »

Résumé: La présente étude s’inscrit dans le cadre plus large de travaux visant actuellement à différencier le mode de production écrite en français langue maternelle (L1) du mode de production écrite en français langue étrangère (L2) (Gunnarsson, Chapuis & Largy, soumis). Des recherches ont pu montrer que le mode de production écrite mène parfois les apprenants d’une L2 à produire moins d’erreurs orthographiques que les scripteurs L1 (Cook, 1997). Lors de la présentation, nous rapporterons les résultats d’une étude mettant en évidence l’effet d’une émotion induite par une écoute musicale sur la production d’accords verbaux phonologiquement audibles ou non-audibles. L’induction émotionnelle par la musique, qui joue ici un rôle de tâche ajoutée, apporte quelques éclairages sur les modalités respectives de production écrite de ces deux populations.

12h15 : Pause repas

14h00 : Thierry Olive – »Écrire les émotions : effets sur le rédacteur et sur les apprentissages »

Résumé : Est-ce que l’écriture expressive – décrire ses propres sentiments – modifie le fonctionnement psychologique du rédacteur ? Dans cette conférence, j‘apporterai des éléments qui montrent qu’écrire au sujet de ses propres émotions peut, d’une part, affecter les processus de rédaction, d’autre part, faciliter la régulation émotionnelle, et, par conséquent, aider les étudiants en difficultés.

15h00 : Lucille Soulier – »L’influence des émotions sur la production écrite : étude chez l’enfant d’école primaire »

Résumé : L’école est un lieu riche en émotions, positives ou négatives, que l’enfant doit gérer en parallèle de son travail scolaire. Les travaux de psychologie cognitive montrent que les émotions peuvent influencer le fonctionnement cognitif de l’enfant, impactant sa mémoire, son raisonnement ou encore sa créativité. Nos recherches étudient l’impact des émotions sur la production écrite, en particulier sur sa dimension orthographique, chez des enfants de différents niveaux scolaires. L’objectif de ces recherches est de mieux comprendre l’activité de production écrite en rendant compte de la sensibilité des processus rédactionnels aux dimensions émotionnelles et contextuelles.

15h30 : Michel Fayol – » Anxiété et mathématique »

Résumé : Les données internationales ont récemment mis en évidence la très fréquente et très précoce réaction anxieuse associée aux mathématiques, ceci dans presque tous les pays de l’OCDE et même au-delà. Ce constat soulève plusieurs problèmes qui seront abordés dans cette communication. D’abord, comment se manifeste cette anxiété dans les comportements et les performances des élèves. Ensuite, quelle est/sont son/ses origines: difficultés mathématiques précoces versus influences sociales? Enfin, des modalités d’action  sont-elles envisageables, et si oui lesquelles et avec quels effets?

16h00 : Pause café

16h15 : Aurélie Simoës-Perlant et Céline Lemercier – « L’autoévaluation émotionnelle chez l’enfant de 7 à 11 ans »

L’évaluation des émotions est un enjeu principal pour les théoriciens et les chercheurs en psychologie appliquée. Plusieurs méthodes et outils spécifiques ont été élaborés pour évaluer chaque composante de l’émotion chez l’adulte (PANAS X, BMIS, etc..). Afin de mettre l’accent sur les sentiments subjectifs, les psychologues utilisent majoritairement des échelles verbales, qui mesurent à la fois l’intensité et la valence des émotions ressenties. Dans la lignée des travaux menés par Mayer et Gaschke (1988), la présente recherche tend à présenter une nouvelle échelle subjective d’auto-évaluation de l’émotion ainsi qu’un outil d’induction émotionnelle par scénario adaptés à des enfants âgés de 7 à 11 ans.

16h45 : Session posters

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 Samedi 10 Mars 2018

8h15 : Accueil

8h45 : Ouverture de la journée par Cecilia Gunnarsson

9h00 : Pierre Largy – « L’émotion : un outil difficile à saisir »

Résumé: Lors de cette présentation, on se demandera pourquoi le thème de l’émotion a récemment fait irruption dans un grand nombre de travaux de recherche en psychologie. Puis on s’interrogera sur la place qui peut être faite à l’émotion dans le cadre de la modélisation de l’activité cognitive. Enfin, on évoquera les difficultés rencontrées par les chercheurs qui entendent mesurer les effets d’une induction émotionnelle sur les performances scolaires. A titre d’illustration, on présentera une démarche visant à entrainer des enfants de début d’école primaire à évaluer un état émotionnel.

10h00 : Nathalie Blanc – »L’humour au service de la cognition de l’élève : Atouts, Limites et Perspectives »

Résumé: Les émotions positives sont-elles à susciter en contexte scolaire pour favoriser la production d’inférences ? Telle est la question centrale à laquelle la série de travaux présentée aura pour ambition de répondre. L’originalité des recherches réalisées et rapportées relève du matériel exploité sachant que des dessins humoristiques ont servis de support pour appréhender la capacité des élèves à produire des inférences. Ainsi, en dehors de tout contexte de lecture, et à l’aide d’un dispositif qui permet de s’affranchir des contraintes liées aux habiletés langagières des élèves, la relation entre émotion et cognition est examinée avec des retombées tant pratiques que théoriques.

11h00 : Pause café

11h15 : Pamela Gobin – »De l’utilité du matériel émotionnel dans l’apprentissage chez des élèves de primaire »

Résumé : Plusieurs études ont montré que l’émotion positive ou négative véhiculé par le matériel langagier facilite la mémorisation de mots déjà connus, la compréhension de textes ou la production d’inférences. Cependant, peu d’études se sont penchées sur le rôle des émotions véhiculées par le contexte langagier lors de l’apprentissage de nouveaux mots ou du coût cognitif lors de la recherche en mémoire de mots émotionnels. La série d’études que nous proposons de présenter essaiera donc de répondre aux questions suivantes : (1) le contexte émotionnelle langagier, positif ou négatif, facilite-t-il l’apprentissage de nouveaux mots ? (2) Permet-il de mieux comprendre ces nouveaux mots ? (3) Les mots émotionnellement positifs ou négatifs sont-ils plus accessibles en mémoire que les mots neutres.

12h15 : Pause repas

14h00 : Michèle Charnay et Laetitia Branciard – « Familles en souffrance : écouter et accompagner »

Résumé : Notre association qui regroupe environ 350 adhérents, met à disposition des familles un accueil, soit physique soit par téléphone. Au cours de ces entretiens, principalement menées par la présidente Michèle Charnay, elles font part de leurs difficultés rencontrées au cours des parcours scolaires ou professionnels de leurs enfants, et expriment très souvent le mal être de ces jeunes qui se sentent incompris et qui ont très souvent une mauvaise image d’eux mêmes.

14h30 : Stéphanie Iannuzzi – « Troubles « dys » et gestion des émotions : apport de la pleine conscience »

Résumé : Les professionnels s’accordent aujourd’hui sur le fait que les enfants en difficultés d’apprentissage ont tendance à avoir une moins bonne estime de soi et à se dévaloriser. Ils rencontrent également des difficultés de gestion de certaines émotions et peuvent développer des troubles anxieux. Depuis plusieurs années, la pleine conscience a pris un essor important et a montré des effets bénéfiques pour gérer les émotions. Cette présentation abordera les différentes études à ce propos et développera un programme de gestion des émotions par la pleine conscience pour les enfants en difficultés d’apprentissages.

15h15 : Pause café – Session Posters

15h30 : Pascale Chiron et Philippe Chométy – »L’émotion, puissance d’interprétation »

Résumé : Depuis plusieurs années, nous avons mis en place des cours de lecture à voix haute dans le cursus de licence de Lettres modernes et dans le Master « Création littéraire » de l’Université de Toulouse Jean-Jaurès. Ce type de cours expérimental a pour but de placer la lecture, sa préparation, sa mise en voix, ainsi que sa réception, au cœur même de l’enseignement de la littérature, conçue comme un art vivant. Quel rôle joue l’émotion dans l’expérience de la lecture à voix haute ? En quoi la lecture à voix haute contribue-t-elle à une « connaissance émotionnelle » des textes littéraires ? Et du point de vue de l’intégration institutionnelle, comment un tel enseignement peut-il trouver sa place dans un cursus universitaire ?

 

16h30 : Clôture du colloque par Pierre Largy