Au terme d’un débat qui n’a pas permis d’aller au fond des questions ni de débattre vraiment, il m’appartient de conclure pour « Ensemble Autrement ». À l’heure du choix, que vaut-il mieux ? Un candidat qui vous dit que ce qu’ils n’ont pas fait pendant 4 ans, ils le feront, une « équipe » qui durant ces 4 dernières années n’a pas vraiment fait montre de solidarité, qui, durant la campagne s’est beaucoup défaussée sur le président et son « caractère », ou s’est appropriée des réalisations engagées sous les mandats précédents (la reconstruction du campus par exemple) ? Ou une équipe qui reconnaît et assume ce qui l’a divisée, mais qui l’a dépassé en travaillant depuis plusieurs mois, avec ses élu-e-s dans les conseils centraux et d’autres membres de ses collectifs réunis, à construire un contrat de gouvernement solide.

Il n’y aura pas deux présidents, mais bien un président de l’Université et une présidente du CAC qui travailleront ensemble. Nul besoin d’agiter l’épouvantail d’une dyarchie qui exploserait en vol, une fois l’élection passée ; d’un arrangement concocté entre deux ambitions, celle de Pierre-Yves et la mienne. Nous n’avons pas inventé ce modèle de gouvernance plus équilibré par opportunisme et pour les satisfaire, mais nous l’avons porté depuis longtemps par conviction et l’avons défendu lors de la discussion des statuts de notre Université. C’est celui que nous souhaitons mettre en œuvre et pour le faire, nul besoin de remettre en chantier ces statuts dans leur intégralité. Il suffira de procéder au « toilettage » de quelques articles qui permettront de faire du Conseil Académique un vrai parlement où débattre de ce dont nous n’avons jamais le temps de parler sur le fond : de nos métiers, des défis auxquels nous devons faire face, des nouvelles demandes sociales dont nous sommes destinataires (remise à niveau tout au long de la vie des connaissances, qualifications et compétences, besoin de comprendre la complexité du monde dans lequel nous vivons, envie de se cultiver…), de l’évolution de la recherche, de son internationalisation ainsi que de celle de la formation, de la transformation des fonctions d’appui, des nouvelles pratiques pédagogiques, des usages du numérique… Cela demande de la disponibilité et mérite bien que quelqu’un y consacre pleinement son temps et son énergie. Levons aussi une autre crainte : instaurer une présidence du CAC autonome, ce n’est pas vider les vice-présidences de la CR et de la CFVU de leurs prérogatives. Bien au contraire, il faut des commissions et des VP qui assument pleinement leurs responsabilités. Instaurer une présidence du CAC autonome, ce n’est pas chapeauter les VP, c’est se donner enfin la possibilité de vraiment travailler à l’articulation de la recherche et de la formation, c’est se donner la chance de mieux coordonner, d’introduire une plus grande transversalité.

J’ai 60 ans, pas de perspective de carrière au-delà d’un mandat. Ce que j’ai traversé et vécu m’a vaccinée de toute appétence pour les conflits et m’a humanisée davantage encore si besoin était. J’ai simplement envie de faire avancer notre Établissement avec Pierre-Yves, avec une équipe de direction et des conseils centraux composés pour une part de personnes aguerries, reconnues pour les responsabilités qu’elles ont assumées, et, pour une autre part, de personnes appartenant à une nouvelle génération à qui il appartiendra dans le futur de faire vivre notre université. Je souhaite travailler à ce passage de relais.

À quoi nous engageons nous ?

Nous n’avons pas fait de promesses et n’en ferons pas. Nous nous en tiendrons à l’expression d’une forme de modestie tant la tâche est ardue et à la proposition d’une méthode :

Nous serons à l’écoute, nous nous efforcerons de rester accessibles, présent-e-s sur le terrain.

Nous travaillerons à instiller dans notre organisation plus d’horizontalité. Nous renforcerons la capacité d’initiative des composantes. Nous rechercherons la collégialité. Nous veillerons à simplifier et à lutter contre la propension à la centralisation et à la bureaucratisation : tout n’a pas besoin de remonter et d’être contrôlé. Nous prenons l’engagement d’expliciter toute décision, une fois achevée la concertation, pour qu’au moins elle soit comprise.

Si vous nous confiez la responsabilité de notre établissement, nous commencerons par prendre la mesure de la situation, le plus précisément possible. Nous la partagerons avec vous afin que chacun-e- soit en mesure d’apprécier à la fois les contraintes qui pèsent sur notre capacité d’action, et l’ampleur de notre marge de manœuvre. Nous reviendrons alors vers vous pour, avec vous, discuter de la suite et des engagements que nous pourrons prendre sur la mandature. Nous n’avons pas réponse à tout. Mais nous construirons avec vous.

Nous serons attentifs à la qualité des relations de travail et attachés à revenir à une université plus apaisée. Nous nous donnerons les moyens de traiter les situations conflictuelles avant qu’elles ne s’enveniment.

Nous aurons le souci de l’équité, et pour cela nous tiendrons compte, au quotidien, de la singularité des composantes, qu’elle soit liée à leurs missions, à leurs effectifs ou à leur localisation.

Ce que nous voulons avant tout, c’est retisser une relation de confiance, en nous attachant à reconnaître la contribution de chacun-e- à l’exercice de nos missions de service public, quels que soient son statut ou sa fonction.

Nous travaillerons à faire vraiment exister notre Établissement partout où il a à siéger, dans les instances de la COMUE et ailleurs. Nous n’y laisserons pas de chaise vide et y ferons entendre la voix de nos disciplines et compétences. Dans le cadre de la nouvelle grande région, nous ouvrirons la discussion avec nos universités « sœurs », à Montpellier, Nîmes et Perpignan pour dessiner la carte des formations, rechercher les collaborations, cultiver les complémentarités.

Vous allez voter. Le choix vous appartient, mais votez, car la légitimité de l’équipe qui sera amenée, dans quelques semaines, à assurer la présidence de notre Université, quelle qu’elle soit, dépendra du niveau de la participation. Après que les urnes auront parlé, si vous nous accordez vos suffrages, nous essaierons d’élargir notre majorité, d’associer toutes les bonnes volontés qui accepteront de s’engager à nos côtés. Car, face à des temps à venir qui peuvent se durcir, il sera nécessaire que le gouvernement de notre Université repose sur l’assise la plus large possible.

Et pour finir, et à titre personnel, je formule l’espoir que cette aventure dans laquelle nous nous engageons nous soit commune. Elle en appelle à une forme de lenteur féconde, dont je souhaite qu’elle nous permettre, étant moins soumis à l’urgence, à la pression des tâches à effectuer et injonctions à respecter, de retrouver une certaine maîtrise de notre temps et tout simplement le plaisir de travailler ensemble. Car c’est là aussi, pour chacune et chacun d’entre nous, que se nouent des compagnonnages intellectuels, militants et amicaux.

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