Critique d’art et féminisme.

 

 


Au début des années 1970, les revendications féministes questionnent et influences diverses disciplines. En histoire de l’art des ouvrages pionniers comme Why have there been no great women artists? de Linda Nochlin posent les fondements d’une réflexion autour des artistes femmes et du féminisme. En critiquant l’hégémonie masculine du discours esthétique, les chercheuses proposent une histoire de l’art plus « juste », qui accorde une place équitable aux artistes femmes, et explique les mécanismes de leur mise à l’écart.

 

Mais qu’en est-il de la critique d’art? S’interroge-t-elle aussi sur la place des femmes? Peut-elle être féministe?

 

Il faut remonter à la fin du 19eme siècle pour découvrir les premières critiques d’art féministes. Elles publient dans des journaux engagés comme La Fronde ou La Citoyenne et prennent le contre-pied d’une critique d’art dominante, écrite par des hommes, où la création féminine est reléguée à de l’amateurisme. Le discours contestataire se prolonge dans les années 1970, avec des critiques d’art comme Aline Dallier en France, ou Lucy Lippard aux Etats-Unis. Bien que le statut de la femme artiste ait évolué, l’art fait par des femmes reste toujours dévalué face à leurs homologues masculins. Les critiques d’art féministes réhabilitent alors la production féminine – parfois féministe –, soutiennent les artistes pour lutter contre les discriminations du marché de l’art et des institutions.

 

 

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