Que peut l’histoire ? : les étudiants en discussion avec Patrick Boucheron, rencontre-débat organisée dans le cadre du festival « L’Histoire à venir : du silex au Big Data », présentée par Manon Champier (doctorante en histoire) et animée par des étudiants, Université Toulouse Jean Jaurès, 19 mai 2017.
Thème 1 : Le métier d’historien
Avec Lisa Marbourd (étudiante en licence d’histoire, Université Toulouse Jean Jaurès), Juliette Navarro, Baptiste Puget (préparation à l’École normale supérieure (khâgne, lycée Saint-Sernin de Toulouse).
Thème 2 : Comment écrit-on l’Histoire aujourd’hui ?
Avec Pauline Chambon et Laetitia Voivenel (étudiantes en Master 1 Monde médiévaux, UT2), Morgane Kouanda (étudiante en Licence d’Histoire, UT2).
Thème 3 : Enseignement et transmission de l’Histoire
Avec Guillaume Balfet (étudiant en Master 1 en Histoire, UT2), Quentin Vanteront (étudiant en licence, UT2).
Thème 4 : Engagement et Histoire
Avec Maïté Recasens (doctorante en Histoire moderne), William Delpech (étudiant en Droit), Élodie Lebeau (doctorante en Histoire de l’art).

« Ce que peut l’histoire » : tel était le titre de sa Leçon inaugurale de Patrick Boucheron au Collège de France le 17 décembre 2015. C’est en partant de cette interrogation que l’historien engage une conversation avec plusieurs étudiants sur sa vision de jeunesse du métier d’historien, sur le rôle de l’historien, sur ce que peuvent dire ou faire les historiens aujourd’hui, dans le dialogue avec les citoyens, pour éclairer le passé et penser l’avenir. Patrick Boucheron n’hésite pas à évoquer son parcours, ses expériences personnelles, son ressenti propre, ses convictions et ses engagements politiques, démontrant son talent pour la vulgarisation et son souci de transmettre les savoirs.
« Nous avons besoin d’histoire car il nous faut du repos. Une halte pour reposer la conscience, pour que demeure la possibilité d’une conscience – non pas seulement le siège d’une pensée, mais d’une raison pratique, donnant toute latitude d’agir. Sauver le passé, sauver le temps de la frénésie du présent : les poètes s’y consacrent avec exactitude. Il faut pour cela travailler à s’affaiblir, à se désœuvrer, à rendre inopérante cette mise en péril de la temporalité qui saccage l’expérience et méprise l’enfance. « Étonner la catastrophe », disait Victor Hugo ou, avec Walter Benjamin, se mettre à corps perdu en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture.
Voici pourquoi cette histoire n’a, par définition, ni commencement ni fin. Il faut sans se lasser et sans faiblir opposer une fin de non-recevoir à tous ceux qui attendent des historiens qu’ils les rassurent sur leurs certitudes, cultivant sagement le petit lopin des continuités. L’accomplissement du rêve des origines est la fin de l’histoire –elle rejoindrait ainsi ce qu’elle était, ou devait être, depuis ces commencements qui n’ont jamais eu lieu nulle part sinon dans le rêve mortifère d’en stopper le cours.
Car la fin de l’histoire, on le sait bien, a fait long feu. Aussi devons-nous du même élan revendiquer une histoire sans fin –parce que toujours ouverte à ce qui la déborde et la transporte– et sans finalités. Une histoire que l’on pourrait traverser de part en part, librement, gaiement, visiter en tous ses lieux possibles, désirer, comme un corps offert aux caresses, pour ainsi, oui, demeurer en mouvement
 ». (P. Boucheron, Leçon inaugurale, Collège de France, décembre 2015).

Date de réalisation : 19 Mai 2017

Durée du programme : 91 min
Classification Dewey : Recherche historique et historiographie
Catégorie : Conférences
Niveau : niveau Licence (LMD), niveau Master (LMD)
Disciplines : Histoire générale, Enseignement supérieur

Auteur(s) : BOUCHERON Patrick
producteur : Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail
Réalisateur(s) : MICHAUD Nathalie
Editeur : SCPAM / Université Toulouse-Jean Jaurès-campus Mirail
Langue : Français
Mots-clés : histoire (recherche), historiens, histoire (étude et enseignement), professeurs d’histoire
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