Latin archaïque

Ce recueil complet – textes épigraphiques latins traduits et commentés – sera disponible   sous peu sur ce site. Entre temps, vous pouvez m’envoyer un message (voir ci-dessous).

Le latin archaïque et préclassique:

textes épigraphiques

INTRODUCTION

Cent ans se sont écoulés depuis la parution du Recueil des textes latins archaïques par Alfred Ernout (1916). Entre temps, il y a eu de nouvelles découvertes, les disciplines concernées – la grammaire comparée et la linguistique latine – ont fait des avancées importantes, et aussi, le public a changé.

Le présent recueil se propose de rendre accessible une sélection de textes épigraphiques des époques archaïque et préclassique. En premier lieu, il s’adresse aux étudiants en philologie latine pour leur permettre de se familiariser avec des documents latins anciens mais il est ouvert à tout public intéressé. Les textes épigraphiques peuvent très bien venir en complément de l’étude de la littérature latine, de l’histoire ou de la religion romaine.

Il existe un grand nombre d’études spécialisées concernant, en particulier, les documents épigraphiques les plus anciens, généralement courts, assez souvent fragmentaires, qui posent souvent des problèmes d’interprétation. Le présent volume ne prétend pas apporter de nouvelles lectures de ces textes, ni répertorier les interprétations qui ont été proposées. L’objectif est de présenter une interprétation acceptable et vraisemblable ; le lecteur intéressé peut, grâce aux références fournies dans la bibliographie, retrouver les détails. En outre, les textes sont considérés pour eux-mêmes : pour leur contenu, leur expression, leur sens, et non pas comme des supports d’un phénomène linguistique (telles diphtongues non monophtonguées).

Le recueil comprend deux parties : les textes épigraphiques archaïques (chapitre 2) et les textes épigraphiques de l’époque républicaine (chapitre 3) jusqu’à l’an 81 av. n. è., l’année de la présentation publique de Cicéron (discours Pro Quinctio), qui est généralement considéré comme le début de la période classique du latin. Au sein de ces chapitres, les textes sont groupés thématiquement et chronologiquement.

Les textes inclus dans le présent recueil sont présentés d’une manière – autant que faire se peut – uniforme. Le lecteur trouvera, d’abord, les informations de base : référence au CIL I2 (si elle existe), datation, support, dimensions et lieu de découverte ; dans quelques cas, il n’a pas été possible de retrouver toutes ces indications. Ensuite vient le texte de l’inscription en petites capitales (le cas échéant, avec l’interponctuation), la transcription en latin classique (avec les abréviations développées et avec la ponctuation moderne), la traduction, le commentaire et la bibliographie. Les textes sont accompagnés de commentaires introductifs – d’étendue variée – qui visent à présenter le contexte dans lequel tel ou tel document s’inscrit. Des encadrés proposent des explications complémentaires concernant des points variés de la civilisation romaine.

Les textes épigraphiques ont été puisés, pour la plupart, dans la base de données Epigraphik-Datenbank Clauss-Slaby ; pour les textes les plus anciens, nous avons utilisé Hartmann (2005) et pour les lois, Crawford (1996). Dans le cas de la datation, souvent problématique, nous suivons Hartmann (2005) pour les documents archaïques ou les fiches de la base de données EAGLE (si elles sont disponibles) ; ces fiches répertorient aussi les dimensions et d’autres informations utiles.

Le commentaire a pour objectif principal d’expliquer les particularités de tel ou tel texte pour en assurer une bonne compréhension. Le mot interprété, en capitale, par exemple, SALVETOD, est suivi de la forme classique (ou de la forme correspondante en latin classique), avec l’indication de voyelles longues : saluētō (a sans indication est considérée comme une brève), et des catégories grammaticales : 2e pers. sg. de l’impératif futur. Les voyelles longues (ē, ō…) ne sont indiquées que dans ces transcriptions et dans des interprétations de phonologie ; si besoin est de marquer une brève, celle-ci est surmontée d’une petite courbe : ĕ, ŏ… Ces indications peuvent sembler parfois superflues mais dans certain cas, elles sont indispensables pour une identification correcte des formes. Nous préférons les mentionner de manière systématique afin d’aider chaque lecteur à bien interpréter le texte latin. Le commentaire contient d’autres explications qui nous semblent nécessaires ou utiles. Le commentaire n’est pas conçu d’une manière cumulative : l’étude d’un texte au choix ne présuppose la lecture des textes précédents. D’un autre côté, le lecteur de l’ensemble trouvera, inévitablement, des répétitions dans le commentaire. Le cas échéant, le lecteur se reportera à l’index où il trouvera des renvois accompagnés de la définition des termes (ainsi pour la syncope : amuïssement d’une voyelle brève intérieure). Cependant, dans le commentaire des textes normatifs (n° 49-53), on suppose chez le lecteur une certaine familiarité avec les traits du latin préclassique, à l’exception du fameux Sénatus-consulte des bacchanales (n° 46) qui comporte un commentaire complet.

Nous employons une terminologie linguistique moderne mais tout à fait courante, à deux exceptions près : la première est la « relative autonome », c’est-à-dire, « relative sans antécédent (nominal) » et la construction « à participe dominant », aussi appelé « participe solidaire d’un nom » (voir l’index pour le détail). Pour les explications complémentaires concernant les éléments de base, nous renvoyons le lecteur à la grammaire latine CLAVIS par Boxus-Lavency (2014).

Dans la section « bibliographie » qui accompagne chaque texte, nous indiquons les renvois principaux : d’abord aux ouvrages qui ont servi de base pour notre interprétation, ensuite, des renvois aux points spécifiques sur lesquels nous nous appuyons dans le commentaire – en particulier là où nous nous écartons de l’interprétation courante. En revanche, le lecteur ne trouvera pas dans ces sections des renvois bibliographiques complets : ceux-ci se trouvent dans des ouvrages spécialisés, en particulier, dans Hartmann (2005) pour les textes les plus anciens ou dans Bakkum (2009) tout ce qui concerne le falisque ; Clackson-Horrocks (2007) fournissent nombre de références utiles. Il n’y a malheureusement pas, en français, de manuel récent de phonologie et morphologie historiques du latin. Les Éléments de phonétique et de morphologie du latin par Pierre Monteil datent déjà un peu (1972) ; il est préférable de se reporter à un manuel récent, en particulier à Weiss (2009).

Les références internes sont faites à l’aide du numéro du texte en gras ; par exemple, n° 1 renvoie à l’inscription numéro 1.

Sauf indication explicite, les dates concernent l’époque avant notre ère.

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