 {"id":234,"date":"2018-03-16T07:40:31","date_gmt":"2018-03-16T06:40:31","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/?p=234"},"modified":"2023-01-23T16:53:56","modified_gmt":"2023-01-23T15:53:56","slug":"kodama-cartonera-lart-des-frontieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/2018\/03\/16\/kodama-cartonera-lart-des-frontieres\/","title":{"rendered":"Kodama cartonera &#8211; L&rsquo;art des fronti\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Kodama est la premi\u00e8re maison d\u2019\u00e9dition <i>cartonera<\/i> fond\u00e9e \u00e0 Tijuana, en novembre 2010. Son nom d\u00e9signe des esprits de la for\u00eat dans la mythologie japonaise, qu\u2019on retrouve notamment dans les films d\u2019Hayao Miyazaki comme <i>Princesse Monoke<\/i>. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 un \u00e9l\u00e9ment significatif d\u2019ouverture sur le monde et sur les cultures. De plus, la culture japonaise, et notamment la part qui est li\u00e9e aux anim\u00e9s et aux mangas, est tr\u00e8s populaire chez les jeunes dans beaucoup de pays d\u00e9velopp\u00e9s. Le fait de reprendre cette culture et de s\u2019en servir par exemple pour illustrer certaines couvertures des \u0153uvres qu\u2019ils \u00e9ditent participe d\u2019une popularit\u00e9 possible au niveau international. Kodama Cartonera poss\u00e8de un <a href=\"http:\/\/kodamacartonera.tumblr.com\/\">blog tumblr<\/a>, une <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/Kodama-Cartonera-175081929209722\/\">page facebook<\/a> et un compte <a href=\"https:\/\/twitter.com\/kodamacartonera?lang=fr\">twitter<\/a>, ce qui montre aussi son int\u00e9gration aux canaux de diffusion modernes, pr\u00e9sents sur toute la plan\u00e8te, et l\u00e0 encore tr\u00e8s populaires chez les jeunes. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Le lieu de fondation, <a href=\"https:\/\/www.openstreetmap.org\/#map=10\/32.6139\/-117.1246\">Tijuana<\/a>, est aussi un \u00e9l\u00e9ment important, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ville fronti\u00e8re, d\u2019une ville jumelle avec San Diego aux \u00c9tats-Unis. On comprend ainsi qu\u2019une des cl\u00e9s pour analyser cette maison d\u2019\u00e9dition est la bonne compr\u00e9hension du contexte social et \u00e9conomique de cette zone. Tijuana tout comme les autres villes fronti\u00e8res avec les \u00c9tats-Unis compte \u00e9norm\u00e9ment de <i>maquiladoras<\/i>, ces usines appartenant \u00e0 des firmes am\u00e9ricaines, et qui emploient \u00e9norm\u00e9ment de mexicains, en particulier des femmes, en les r\u00e9mun\u00e9rant tr\u00e8s peu alors m\u00eame que les conditions de travail sont extr\u00eamement difficiles. Cette source d\u2019emploi, m\u00eame pr\u00e9caire, attire beaucoup d\u2019immigr\u00e9s notamment des r\u00e9gions rurales et montagneuses du Sud du pays. Les femmes subissent \u00e9norm\u00e9ment de violences, notamment de la part de leurs employeurs mais pas uniquement. Les violences envers les femmes, pour le seul motif qu\u2019elles soient femmes, sont tellement courantes qu\u2019elles entra\u00eenent des milliers de mortes, et qu\u2019on en vient \u00e0 utiliser le terme f\u00e9minicide pour qualifier le ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour Kodama Cartonera, la lutte contre ces violences, la lutte f\u00e9ministe \u00e9mancipatrice est tr\u00e8s importante, et s\u2019accompagne de mani\u00e8re logique d\u2019une critique du capitalisme et du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme, \u00e0 l\u2019origine de la situation \u00e9conomique et sociale difficile.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Cette lutte contre le capitaliste et contre les cons\u00e9quences concr\u00e8tes qu\u2019il peut avoir sur la soci\u00e9t\u00e9 se traduit notamment dans le domaine de l\u2019\u00e9dition qui voit le d\u00e9veloppement de grandes multinationales qui ont rachet\u00e9 beaucoup d\u2019entreprises du secteur, et pratiquent des prix prohibitifs ne permettant pas l\u2019acc\u00e8s universel \u00e0 la culture. Les \u00e9ditions cartoneras en g\u00e9n\u00e9ral, et Kodama en particulier, s\u2019organisent en atelier coop\u00e9ratifs, avec une structure horizontale, o\u00f9 chaque personne participe \u00e0 la production de l\u2019ouvrage. Cette ouvrage n\u2019est plus au final le produit du seul artiste, m\u00eame si celui-ci participe activement et concr\u00e8tement \u00e0 son \u00e9dition, mais bel et bien le fruit unique et original d\u2019un travail collectif. Chaque membre apporte ses savoirs faire, augmente les capacit\u00e9s d\u2019autoformation du groupe, et dans le cas de Kodama h\u00e9berge les ateliers chez lui, puisque la maison d\u2019\u00e9dition n\u2019a pas de local. Le syst\u00e8me de droits d\u2019auteurs, de licence, peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant subversif envers le syst\u00e8me capitalisme, et les incidences qu\u2019il a sur le monde de la culture. Les \u0153uvres sont en effet plac\u00e9s sous licence <a href=\"http:\/\/creativecommons.fr\/licences\/\">creative commons<\/a>, ce qui signifie que leur partage et leur modification (dans la plupart des cas) sont libres. L\u2019utilisation, comme c\u2019est le cas aussi dans les autres maisons d\u2019\u00e9ditions cartoneras, du <i>copyleft<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire de la session des droits pas les auteurs.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-564 alignright\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-content\/blogs.dir\/203\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071658-195x300.png\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071658-195x300.png 195w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071658.png 523w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">La lutte anti-capitaliste, et pour une autre soci\u00e9t\u00e9 plus coop\u00e9rative que repr\u00e9sente cette initiative est aussi \u00e0 remplacer, dans un contexte national, au-del\u00e0 du contexte local de Tijuana. Le Mexique est un des pays du monde plus plus touch\u00e9s par la violence et le d\u00e9veloppement de groupes arm\u00e9s, paramilitaires. Le trafic de drogue est depuis longtemps un \u00e9l\u00e9ment important du pays, notamment \u00e0 cause de sa situation g\u00e9ographique id\u00e9ale pour l\u2019exportation vers les \u00c9tats-Unis. Le DEA, d\u00e9partement de lutte anti-drogue am\u00e9ricain, exerce des pressions importantes sur les gouvernements successifs, officiellement pour mettre fin au trafic de drogues. En 2006, le pr\u00e9sident Calder\u00f3n, \u00e0 peine \u00e9lu, prononce un discours dans lequel il d\u00e9clare la guerre au narcotrafic. Les cons\u00e9quences de cette prise de position sont tr\u00e8s importantes, puisque le pays subit une tr\u00e8s forte militarisation, qui va de la police aux groupes paramilitaires. La situation devient tr\u00e8s difficilement contr\u00f4lable, et la violence augmente partout dans le pays. Les quantit\u00e9s de capitaux que poss\u00e8dent les groupes de trafiquants provoquent des probl\u00e8mes de corruption tr\u00e8s importants, et cela alt\u00e8re par exemple le fonctionnement de la police et de la justice. De plus, le pouvoir des multinationales, notamment nord-am\u00e9ricaines, est \u00e9norme, et renforc\u00e9 par les politiques successives de privatisations engendr\u00e9es depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">La maison d\u2019\u00e9dition s\u2019inscrit aussi dans un contexte \u00e9ditorial mexicain et plus largement latino-am\u00e9ricain. Le Mexique est aujourd\u2019hui le pays dans lequel il y a le plus d\u2019\u00e9ditions cartoneras. \u00c0 l\u2019origine de ces \u00e9ditions, il y a deux \u00e9ditions, <a href=\"http:\/\/edicioneslacartonera.blogspot.fr\/\">Cuernavaca<\/a> et <a href=\"http:\/\/santamuertecartonera.blogspot.fr\/\">Santa Muerte<\/a> (qui se revendiquent elles-m\u00eames d\u2019<a href=\"http:\/\/www.eloisacartonera.com.ar\/historia.html\">Elo\u00edsa Cartonera<\/a>), qui ont inspir\u00e9 les \u00e9ditions cr\u00e9\u00e9es plus r\u00e9cemment, notamment dans les ann\u00e9es 2010. Kodama s\u2019inscrit dans la filiation de la seconde. Les membres du collectif d\u2019\u00e9dition ont pris conscience de leur inscription dans un \u00ab\u00a0champ cartonero\u00a0\u00bb lors de la 2<sup>nde<\/sup> Feria de Editoriales Independientes de Cuernavaca (2011). Kodama collabore d\u2019ailleurs avec <a href=\"http:\/\/redcartonera.eci.catedras.unc.edu.ar\/editoriales-cartoneras\/kodama-cartonera\/\">Red de editoriales cartoneras latinoam\u00e9rica<\/a>, un r\u00e9seau de cartoneras de tout le territoire latino-am\u00e9ricain. La collaboration avec le milieux \u00e9ditorial ind\u00e9pendant et cartonero se fait aussi au niveau du Mexique, avec de nombreuses publications en co\u00e9dition avec notamment <a href=\"http:\/\/laverduracartonera.blogspot.fr\/\">La Verdura<\/a> ou Coh\u00edna. Un point de vente fixe est d\u2019ailleurs n\u00e9 de la collaboration entre Kodama et une maison d\u2019\u00e9dition ind\u00e9pendante, non cartonera, Graf\u00f3grafo ediciones, qui leur c\u00e8de une place dans leurs locaux. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-565 alignleft\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-content\/blogs.dir\/203\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858-300x233.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858-300x233.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858-768x595.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858-1024x794.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858-676x524.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2018\/03\/Screenshot_20180316_071858.png 1063w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Les supports physiques, livres, avec des couvertures en cartons, ne d\u00e9passent g\u00e9n\u00e9ralement pas les 300 tirages et sont confectionn\u00e9s \u00e0 la demande. Ce n\u2019est pas la seule activit\u00e9 de la maison d\u2019\u00e9dition. Elle met aussi en ligne les ouvrages, en format num\u00e9rique, et sous licence creative commons, et notamment \u00e0 travers la plateforme gratuite <a href=\"https:\/\/issuu.com\/kodamacartonera\">Issuu<\/a>. C\u2019est quelque-chose de fondamental, puisque cela place la maison d\u2019\u00e9dition au carrefour de deux champs culturels\u00a0: celui des cartoneras et celui de la cyberculture. L\u2019\u00e9cho de leurs publications est renforc\u00e9 par la publication en ligne puisqu\u2019elle permet un succ\u00e8s national et m\u00eame international alors que les publications physiques ne permettent qu\u2019une r\u00e9ception relativement locale. La publication elle-m\u00eame change aussi de nature artistique, et permet l\u2019int\u00e9gration de nouveaux \u00e9l\u00e9ments, comme les liens ou bien encore les commentaires. L\u2019interaction avec les lecteurs, que ce soit par les commentaires ou bien via les r\u00e9seaux sociaux (autour de 900 abonn\u00e9s sur Facebook et Twitter), est rendu possible, et permet aux membres du collectifs d\u2019amplifier les possibilit\u00e9s de retour sur leurs publications. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Il est important de montrer aussi comment se place la maison d\u2019\u00e9dition dans le champ <i>cartonero<\/i> en g\u00e9n\u00e9ral. Cette application du concept de Bourdieu est soulev\u00e9e par les membres de l\u2019\u00e9dition Kodama eux-m\u00eames dans un <a href=\"https:\/\/www.google.fr\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=2&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0ahUKEwjJrdH3rq3ZAhVKXhQKHWckDHUQFggyMAE&amp;url=http%3A%2F%2Fredcartonera.eci.catedras.unc.edu.ar%2Ffiles%2FKodama-Cartonera-Las-editoriales-cartoneras-en-M%25C3%25A9xico.pdf&amp;usg=AOvVaw0tJZyQ4SoeCM4Goyhd6kyg\">article<\/a> sur les \u00e9ditions <i>cartoneras<\/i> au Mexique. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Luego de una d\u00e9cada del nacimiento de Elo\u00edsa, la editorial cartonera fundadora, en Latinoam\u00e9rica y el resto del mundo se ha ido constituyendo (como dir\u00eda Pierre Bourdieu) un \u2018\u2018campo\u2019\u2019 cartonero\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dix apr\u00e8s la naissance d\u2019Eloisa, la maison d\u2019\u00e9dition <i>cartonera<\/i> fondatrice, en Am\u00e9rique du Sud et dans le reste du monde s\u2019est petit-\u00e0-petit construit (comme le dirait Pierre Bourdieu) un \u2018\u2018champ\u2019\u2019 <i>cartonero<\/i>.<\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Ils d\u00e9finissent ainsi les caract\u00e9ristiques du champs <i>cartonero\u00a0<\/i>:<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; <i>copy<\/i><i>left<\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; promotion de la conscience \u00e9cologique<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; fabrication \u00e0 la main<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; tirages bas, et \u00e0 la demande<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; bas\u00e9es localement<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; publication d\u2019auteurs encore inconnus, censur\u00e9s ou bien oubli\u00e9s<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">&#8211; abolition de la hi\u00e9rarchie et collectivisation de l\u2019\u00e9dition de livres<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Pour terminer cette pr\u00e9sentation de Kodama, voici un fragment d\u2019un texte qu\u2019ils ont \u00e9dit\u00e9 en 2017 et qui est disponible <a href=\"https:\/\/issuu.com\/kodamacartonera\/docs\/el_creador_de_mitos_final_issuu\">en ligne<\/a>, El Creador de Mitos y Otros Cuentos, de Viviana M. Hern\u00e1ndez Alfonso.<\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"center\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">UN LABERINTO, UN TORO, UN OVILLO<\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"right\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\"><i>Nuestro hermoso deber es imaginar<\/i><\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"right\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\"><i>que hay un laberinto y un hilo.<\/i><\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"right\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Jorge Luis Borges<\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Al general Tauro le gustaba hacer la misma broma, una y otra vez, ri\u00e9ndose a costa del rey Minos y su sino poblado de toros. Le gustaba hacer re\u00edr a Pasifae diciendo que lo m\u00e1s apropiado para el hijo de Europa era llevar un buen par de cuernos.<\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Tanto empe\u00f1o pon\u00edan la reina y el general para que aquellas protuberancias \u00f3seas se desarrollaran, que para calmar aquellos ardores, los dioses decidieron premiarlos con un embarazo.<\/span><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">De los dolores del parto, Pasifae pas\u00f3 el pasmo de ver entre sus brazos a un ni\u00f1o que era una copia diminuta de su amante y que, adm\u00e1s de los cabellos negros y los ojos verdes, ten\u00eda la piel del color de las aceitunas que se secan al sol hasta tornarse saladas. La verg\u00fcenza de Minos estaba expuesta en aquel ni\u00f1o que mamaba de la teta que antes hab\u00eda besado el padre.<\/span><i><\/i><\/p>\n<p lang=\"es-ES\" align=\"justify\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif\">Pour plus d\u2019exemples vous pouvez consulter le catalogue en ligne de Koadama, ainsi que le portail de Kodama sur Inssu qui permet de t\u00e9l\u00e9charger gratuitement les \u0153uvres. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">Pour conclure, on peut simplement dire que Kodama se place \u00e0 la fronti\u00e8re de la cyberculture et de l&rsquo;\u00e9dition cartonera, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;important travail de mis en ligne et \u00e0 leur pr\u00e9sence sur les r\u00e9seaux sociaux. Elle se place aussi sur une fronti\u00e8re physique, celle qui s\u00e9pare le Mexique et les \u00c9tats-Unis, les villes jumelles de San Diego et de Tijuana. Enfin elle se place sur la fronti\u00e8re id\u00e9ologique entre le Mexique capitaliste marqu\u00e9 par la violence et le sexisme et la soci\u00e9t\u00e9 anti-capitaliste, pacifiste et f\u00e9ministe pour laquelle elle milite, tant par la politique \u00e9ditoriale qu&rsquo;elle met en place que par la structure m\u00eame de la maison d&rsquo;\u00e9dition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kodama est la premi\u00e8re maison d\u2019\u00e9dition cartonera fond\u00e9e \u00e0 Tijuana, en novembre 2010. Son nom d\u00e9signe des esprits de la for\u00eat dans la mythologie japonaise, qu\u2019on retrouve notamment dans les films d\u2019Hayao Miyazaki comme Princesse Monoke. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 un \u00e9l\u00e9ment significatif d\u2019ouverture sur le monde et sur les cultures. 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