 {"id":2966,"date":"2022-04-06T19:20:56","date_gmt":"2022-04-06T17:20:56","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/?p=2966"},"modified":"2022-09-24T11:09:14","modified_gmt":"2022-09-24T09:09:14","slug":"2966","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/2022\/04\/06\/2966\/","title":{"rendered":"ImillaSkate \u201cLe pouvoir de l\u2019identit\u00e9 faite po\u00e9sie\u201d"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Cortometraje Imillaskate Cochabamba\" width=\"676\" height=\"380\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/0VSQOY7VDwM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Producciones, Q. (2021, Summer 9).&nbsp;<em>Cortometraje Imillaskate Cochabamba<\/em>. Youtube<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">La pr\u00e9sidence d\u2019 Evo Morales a marqu\u00e9 un tournant dans la revalorisation des cultures des indig\u00e8nes boliviennes. Un des aspects les plus visibles de ce changement est la reconsid\u00e9ration les cholas, les femmes andines en jupes, bottes, mantilles et manteaux. La stigmatisation qui leur \u00e9tait associ\u00e9e a chang\u00e9 un peu avec l \u00e9lection de 2005. Il y a un v\u00e9ritable tr\u00e9sor symbolique dans ces femmes indig\u00e8nes. <em>\u201cLes Cholitas vont continuer \u00e0 porter leurs gilets et chapeaux parce qu\u2019elles portent leur culture dans leurs v\u00eatements, leur identit\u00e9.\u201d<\/em> Sous le mandat de Morales, premier pr\u00e9sident autochtone de Bolivie, les \u00e9lecteurs ont adopt\u00e9 une nouvelle constitution qui reconnaissait officiellement 36 langues autochtones et donnait aux autochtones de la nation des droits plus \u00e9tendus, comme la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re communale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Mais la discrimination et le racisme envers la culture chola ne sont pas des probl\u00e8mes que la soci\u00e9t\u00e9 bolivienne conservatrice a r\u00e9ussi \u00e0 surmonter. Il n\u2019y a pas si longtemps, il \u00e9tait mal vu et quasi impossible qu\u00b4une chola entre dans un studio ou un h\u00f4tel cinq \u00e9toiles. Les autochtones aymaras et quechuas \u2013 facilement reconnaissables \u00e0 leurs v\u00eatements distinctifs \u2013 se voyaient refuser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains restaurants, taxis et m\u00eame certains bus publics. Pendant des g\u00e9n\u00e9rations, ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 marcher librement sur la place centrale de la ville, ni dans les banlieues riches. S\u00e9gr\u00e9gation incompr\u00e9hensible dans un pays o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 de la population se consid\u00e8re comme autochtone.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de la CEPALC, la Bolivie compte la plus forte proportion d\u2019autochtones de la r\u00e9gion. Plus de la moiti\u00e9 de la population bolivienne est d\u2019ascendance autochtone. L\u2019aymara et le quechua sont les deux langues autochtones les plus parl\u00e9es dans le pays<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3084\" width=\"676\" height=\"675\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb.jpg 957w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb-300x300.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb-150x150.jpg 150w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb-768x767.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/05\/a103a9ee-c1ac-487a-bcfa-73c25bd45ebb-676x675.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 676px) 100vw, 676px\" \/><figcaption>Carte de l &lsquo; \u00c9tat plurinational de la Bolivie.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">On dit souvent que Cochabamba est la r\u00e9gion m\u00e9tisse par excellence. Les vall\u00e9es cochabambinos ont \u00e9t\u00e9 le lieu de contacts historiques entre diff\u00e9rents groupes, ce qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 une dynamique r\u00e9gionale dans laquelle les femmes rurales jouent un r\u00f4le important mais ont une identit\u00e9 incertaine. Pendant des si\u00e8cles, les femmes rurales ont particip\u00e9 \u00e0 la production agricole, au commerce, \u00e0 la production de chicha (boisson qui provient de l\u2019empire Inca et est faite \u00e0 base de ma\u00efs ferment\u00e9) et \u00e0 d &lsquo; autres activit\u00e9s, contribuant ainsi \u00e0 la survie de leurs familles et communaut\u00e9s dans des conditions difficiles. Cependant, leurs contributions au d\u00e9veloppement r\u00e9gional ne sont pas reconnues en termes d\u2019avantages sociaux et \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les principales institutions boliviennes et cochabambines sont patriarcales. Dans les zones rurales, les femmes ont de fortes responsabilit\u00e9s au sein de leur foyer, les hommes \u00e9tant nettement plus nombreux dans toutes les institutions juridiques, politiques, religieuses et syndicales. Dans ce pays, un certain nombre d &lsquo; indicateurs sociaux restent bien en de\u00e7\u00e0 des moyennes r\u00e9gionales et des in\u00e9galit\u00e9s marqu\u00e9es subsistent entre les r\u00e9gions, entre les zones rurales et les zones urbaines, entre les hommes et les femmes et entre les autochtones et les non-autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Naissance d\u2019ImillaSkate<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"906\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95-1024x906.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2968\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95-1024x906.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95-300x266.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95-768x680.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95-676x598.jpg 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/5d26c639-d141-409a-bb9e-db63fcc64c95.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Les Imillas patinent dans la rue de Cochabamba.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">C\u2019est dans ce contexte qu\u00b4est n\u00e9 \u00e0 Cochabamba (la troisi\u00e8me plus grande ville de Bolivie, situ\u00e9e au centre du pays) en 2019 ImillaSkate, comme un projet pour unir la vie quotidienne r\u00e9gionale et le skate. Il s\u2019agit d\u2019une fusion de la culture quechua originaire avec le skateboard de rue. Imilla vient des langues quechua et aymara et signifie jeune femme, fille, jeune fille. Il s\u2019agissait \u00e0 l\u2019origine d\u2019un terme p\u00e9joratif qui faisait allusion \u00e0 l\u2019origine des m\u00e9tis et des autochtones en tant que condition inf\u00e9rieure. Les imillaskate, quant \u00e0 elles, le consid\u00e8rent comme un mot tr\u00e8s doux charg\u00e9 de tendresse et d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Origine des \u201cLas Polleras\u201d<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"902\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f-1024x902.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2969\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f-1024x902.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f-300x264.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f-768x676.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f-676x595.jpg 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/db33fafa-2973-4120-93c9-664f230d113f.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Deux femmes de \u00ab\u00a0pollera\u00a0\u00bb avec le paysage de Cochabamba.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les v\u00eatements des cholas ont plus de 200 ans d\u2019histoire. Le v\u00eatement est n\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale, quand les Espagnols ont forc\u00e9 les Indiennes de l\u2019Altiplano \u00e0 abandonner leurs v\u00eatements traditionnels pour commencer \u00e0 porter des v\u00eatements alors populaires dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. La femme en jupe concentre dans son habillement les coutumes et les caract\u00e9ristiques propres \u00e0 la rencontre entre l\u2019Ancien et le Nouveau Monde. Le costume est une symbiose qui a commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale, mais aujourd\u2019hui il a une ind\u00e9niable touche urbaine et m\u00e9tiss\u00e9e. De plus, la chola d\u00e9note la plus grande expression du m\u00e9tissage bolivien. Les cholas boliviennes ont donn\u00e9 aux jupes leur propre identit\u00e9 en les associant avec des chemisiers imprim\u00e9s, des bijoux locaux et des chapeaux. Elles l\u2019ont si bien fait qu\u2019\u00e0 \u2019heure du XXIe si\u00e8cle, tout le monde identifie la jupe aux indig\u00e8nes boliviennes, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Embrasser ses propres racines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1007\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68-1007x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2970\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68-1007x1024.jpg 1007w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68-295x300.jpg 295w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68-768x781.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68-676x687.jpg 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2022\/04\/2a3cec17-505e-4c7c-bbe6-0d905dca6a68.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1007px) 100vw, 1007px\" \/><figcaption>Une imilla apprenant le patinage \u00e0 sa m\u00e8re, une femme \u201cde pollera\u201d.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le projet des ImillaSkate d\u2019utiliser les jupes comme moyen d\u2019expression exigeait que les patineuses elles-m\u00eames se familiarisent avec le v\u00eatement, car elles avaient perdu le contact avec la tradition. Lorsque les jeunes filles se sont pr\u00e9sent\u00e9es au \u201cMercado del Cerrito\u201d, le plus grand march\u00e9 de v\u00eatements usag\u00e9s en plein air de Cochabamba, tout le monde a \u00e9t\u00e9 surpris car ce sont des jeunes de la ville. Les gens ne comprenaient pas pourquoi ils voulaient s\u2019habiller comme \u00e7a. Mais elles ont essay\u00e9 d\u2019expliquer que cela les aidait \u00e0 comprendre leurs m\u00e8res, leurs tantes et leurs grands-m\u00e8res. Ces jeunes patineuses provoquent un d\u00e9placement d\u2019un \u00e9l\u00e9ment nettement rural vers la ville, et elles se l\u00b4 approprient car il fait partie de leur propre histoire familiale. Les ImillaSkate de la \u201cpollera\u201d apportent leurs propres modifications au v\u00eatement, essayant ainsi d\u2019\u00e9liminer un stigmate. <em>\u00ab\u00a0La pollera se asocia con el campo, con gente ignorante y sin recursos. Queremos que la gente entienda que no hay nada malo en llevar una pollera: las tenemos en nuestras ra\u00edces. \u00ab\u00a0En todo caso, tenemos que sentirnos orgullosas\u00a0\u00bb<\/em> dit l\u2019une des patineuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Ces jeunes filles voient dans \u201clas polleras\u201d non seulement une expression culturelle, mais aussi une forme d\u2019autonomisation. Les ImillaSkate font \u00e9galement partie des personnes de ceux qui ont des anc\u00eatres autochtones. Certains membres de leur famille portent encore \u201clas polleras<em>\u00ab\u00a0. \u00ab\u00a0Son la ropa de mi madre y de mis t\u00edas, y las veo como mujeres fuertes. Aqu\u00ed en Bolivia, muchas mujeres en polleras son cabeza de familia. Las mujeres en polleras pueden hacer cualquier cosa\u00a0\u00bb<\/em>, raconte fi\u00e8rement l\u2019une d\u2019elles. Les jeunes filles utilisent un \u00e9l\u00e9ment traditionnellement stigmatis\u00e9, comme \u201cla pollera\u201d, et se r\u00e9approprier pour lui donner une signification positive et revendiquer ainsi leurs racines et leurs traditions. <em>\u00ab\u00a0Nosotras mismas hemos decidido conocer nuestra cultura y nuestra identidad. Hemos decidido revalorizar nuestra vestimenta e incentivar a las nuevas generaciones\u00a0\u00bb<\/em>, expliquent les jeunes filles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Skateboarding et discrimination<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pour les imillaskate, le skate est un mode de vie <em>\u201ceste deporte nos ayuda a defender la identidad, es una protesta silenciosa ya que es un deporte tradicionalmente masculino, nosotras queremos mostrar que no es as\u00ed, caracterizando a una mujer de pollera queremos demostrar que nosotras tambi\u00e9n podemos\u201d<\/em> expliquent les jeunes filles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le skateboard existe en Bolivie depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es mais il n\u2019y a pas de mod\u00e8les f\u00e9minins \u00e0 suivre \u00e0 Cochabamba. \u201cLas polleras\u201d ne sont pas n\u00e9cessairement les v\u00eatements de ville des Imillas. Elles les portent uniquement pour les repr\u00e9sentations en guise de cri d\u2019inclusion. Pour ces athl\u00e8tes, la planche \u00e0 roulettes est un v\u00e9hicule id\u00e9al pour impulser le changement, car elles le consid\u00e8rent comme un \u00e9l\u00e9ment inclusif. Les imillas racontent qu\u2019elles voient un changement dans leur ville. On dit que ce n\u2019est maintenant plus aussi rare qu\u2019avant de voir une fille patiner. Il existe un autre groupe appel\u00e9 \u201cTampuli\u201d, \u00e0 La Paz, avec lequel elles collaborent. Les Imillas modifient un espace \u00e9videmment masculin en s\u2019int\u00e9grant et en s\u2019appropriant ce sport. Elles revendiquent l\u2019\u00e9mancipation f\u00e9minine en occupant de nouveaux espaces sans perdre leur identit\u00e9 et leurs racines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Cons\u00e9quences publiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les ImillaSkate sont largement pr\u00e9sentes sur les r\u00e9seaux sociaux, o\u00f9 elles partagent des vid\u00e9os de patinage et collaborent avec d\u2019autres collectifs de femmes boliviennes. Sur Instagram, elles ont 18 000 abonn\u00e9s et une cha\u00eene Youtube. Cette ann\u00e9e, le magazine National Geographic, entre autres, les a interrog\u00e9es avec une production photographique de la Br\u00e9silienne Luisa Dorr.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Plusieurs membres du groupe se sont embarqu\u00e9s pour un voyage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Bolivie pour r\u00e9aliser un documentaire. Dans le film, on les voit patiner avec leurs \u201cpolleras\u201d color\u00e9es montrant les diff\u00e9rents paysages de leur pays. On peut y voir le parc Ollantay, leur lieu d\u2019appartenance, o\u00f9 elles pratiquent chaque semaine et o\u00f9 il y a m\u00eame une fresque d\u2019une cholita patinant. La chanson fond sonore est d\u00b4un groupe de hip hop de Cochabamba qui m\u00e9lange des instruments natifs boliviens. Dans le documentaire il n\u2019y a presqu\u00b4 aucun dialogue, ce qui permet \u00e0 tout le monde de le comprendre. Le documentaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 de fa\u00e7on autog\u00e9r\u00e9e: r\u00e9alis\u00e9, produit et jou\u00e9 par de skates, comme il est dit \u00e0 la fin de celui-ci. On peut remarquer le caract\u00e8re nomade de ce collectif, qui se d\u00e9place de la campagne \u00e0 la ville, d\u2019un espace f\u00e9minin et priv\u00e9 \u00e0 un espace masculin et public comme celui du skateboard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Sources:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Al Sur, M. (2022, Autumn 2).&nbsp;La cultura boliviana es de pollera para las integrantes de Imilla Skate Oficial&nbsp; <a href=\"https:\/\/fb.watch\/bNSTNLfJjy\/\">https:\/\/fb.watch\/bNSTNLfJjy\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Guardian staff reporter. (2022, February 8). ImillaSkate: an indigenous Bolivian skateboard collective \u2013 photo essay.&nbsp;<em>The Guardian<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2022\/feb\/08\/imillaskate-an-indigenousbolivian-skateboard-collective-photo-essay\">https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2022\/feb\/08\/imillaskate-an-indigenousbolivian-skateboard-collective-photo-essay<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Producciones, Q. (2021, Summer 9).&nbsp;<em>Cortometraje Imillaskate Cochabamba<\/em>. Youtube. <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=0VSQOY7VDwM\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=0VSQOY7VDwM<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">These Bolivian skateboarders use Indigenous attire to battle discrimination. (2022, February 2). National Geographic. <a href=\"https:\/\/on.natgeo.com\/34XNYTq\">https:\/\/on.natgeo.com\/34XNYTq<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pr\u00e9sidence d\u2019 Evo Morales a marqu\u00e9 un tournant dans la revalorisation des cultures des indig\u00e8nes boliviennes. Un des aspects les plus visibles de ce changement est la reconsid\u00e9ration les cholas, les femmes andines en jupes, bottes, mantilles et manteaux. La stigmatisation qui leur \u00e9tait associ\u00e9e a chang\u00e9 un peu avec l \u00e9lection de 2005. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1116,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[152344,217810,46732,152398],"class_list":["post-2966","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-bolivie","tag-cochabamba","tag-feminisme","tag-femmes-indigenes","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2966","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1116"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2966"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2966\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3085,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2966\/revisions\/3085"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2966"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2966"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2966"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}