 {"id":3166,"date":"2023-01-24T16:20:02","date_gmt":"2023-01-24T15:20:02","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/?p=3166"},"modified":"2023-06-05T12:00:50","modified_gmt":"2023-06-05T10:00:50","slug":"article-de-yannel-t","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/2023\/01\/24\/article-de-yannel-t\/","title":{"rendered":"The Phantom Mariachi"},"content":{"rendered":"\n<p>Visibilit\u00e9 et invisibilit\u00e9 des minorit\u00e9s urbaines \u00e9tasuniennes, telle est la r\u00e9flexion \u00e0 laquelle invite \u00ab&nbsp;The Phantom Mariachi&nbsp;\u00bb, du performeur Guillermo Gomez Pe\u00f1a.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"772\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53-1024x772.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3247\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53-1024x772.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53-300x226.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53-768x579.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53-676x510.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-12.18.53.png 1154w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Source : <a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4\/edit.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4\/edit.<\/a> Photo du Phantom Mariachi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1955 dans la ville de Mexico City, Guillermo Gomez Pe\u00f1a \u00e9tudie la linguistique et la litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Autonome Nationale de Mexico, puis il poursuit ses \u00e9tudes en 1978 \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Art de Californie, o\u00f9 il obtient un master. De 1983 \u00e0 1990, il vit \u00e0 la fronti\u00e8re mexicano-\u00e9tasunienne entre les villes de San Diego et Tijuana. Son parcours universitaire et ses origines qui l\u2019inscrivent dans la communaut\u00e9 chicana (nom donn\u00e9 aux mexicains vivants aux \u00c9tats-Unis) construisent ses \u0153uvres, dans lesquelles il convoque les th\u00e8mes de la fronti\u00e8re mexicano-\u00e9tasunienne, et des barri\u00e8res sociales fortement pr\u00e9sentes dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tasunienne.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, ses performances se distinguent par leur caract\u00e8re provocateur dont le but est de sensibiliser son public sur les probl\u00e9matiques politiques, et sociales qui touchent les populations minoritaires aux \u00c9tats-Unis : la diaspora mexicaine, les autres minorit\u00e9s racialis\u00e9s et les minorit\u00e9s queers.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments invite donc Guillermo Gomez Pe\u00f1a \u00e0 mettre en sc\u00e8ne avec Balitronica Gomez de 2015 \u00e0 2020 \u00ab The Phantom Mariachi \u00bb. Cette performance est le fruit de la troupe de performeurs artistique de la Pocha Nostra (cr\u00e9e en 1993, \u00e0 Los Angeles), qui utilise l\u2019art pour d\u00e9noncer et rompre les mod\u00e8les sociaux instaur\u00e9s par une politique h\u00e9t\u00e9ronormative, x\u00e9nophobe, raciste, et homophobe pour laquelle G\u00f3mez Pe\u00f1a assura la direction artistique et participa \u00e0 <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/@LaPochaNostra1\/videos\" target=\"_blank\">la production internationale de la troupe.\u00a0<\/a><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>G\u00f3mez Pe\u00f1a d\u00e9finit le Phantom Mariachi comme une super-h\u00e9ro\u00efne qui lutte contre l\u2019effacement de la diaspora mexicaine, des minorit\u00e9s de genres, et des premi\u00e8res cat\u00e9gories socio-professionnelles provoqu\u00e9 par les discriminations dont sont victimes ces minorit\u00e9s aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, c\u2019est dans un contexte de \u00ab post-gentrification \u00bb dans la r\u00e9gion de la baie (San Francisco, Oakland et Berkeley) qu\u2019ils amorcent ainsi une lutte sociale qui a pour but de faire survivre l\u2019identit\u00e9 des minorit\u00e9s\u00a0: latino-am\u00e9ricaines, des artistes, des boh\u00e9miens, des homosexuels et des personnes de la classe ouvri\u00e8re, qui face au ph\u00e9nom\u00e8ne urbain d\u2019embourgeoisement se voient expuls\u00e9es ou d\u00e9port\u00e9es du paysage urbain du fait qu\u2019ils n\u2019ont pas de place dans le mod\u00e8le social auquel sous-tend ce ph\u00e9nom\u00e8ne.\u00a0\u00a0De plus, cette performance \u00e9merge \u00e9galement \u00e0 l\u2019aube de l\u2019annonce de la campagne \u00e9lectorale en 2015 de Donald TRUMP, qui est un symbole de la x\u00e9nophobie et des discriminations subies par les minorit\u00e9s.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi cette\u00a0lutte sociale qu\u2019entreprend Guillermo Gomez Pe\u00f1a et Balitonica Gomez\u00a0contre l\u2019effacement des minorit\u00e9s urbaines\u00a0appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois lors de la Pride Parade san franciscaine de 2015, et cela\u00a0dans le cadre de l\u2019entourage des \u00ab Ecosexuals \u00bb (Annie Sprinkle, Beth Stephens, G\u00f3mez-Pe\u00f1a &amp; crew) dont G\u00f3mez Pe\u00f1a juge qu\u2019elle s\u2019est faite de \u00ab mani\u00e8re performative, ludique et tr\u00e8s visible \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une super-h\u00e9ro\u00efne qui lutte contre l\u2019effacement des minorit\u00e9s op\u00e9r\u00e9 par la bourgeoisie (capitaliste)<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-regular-font-size\">D\u2019un premi\u00e8re angle cette performance aborde une forme de parodie du mariachi, puisque les mariachis d\u00e9signent un genre musical et un groupe de musiciens propre \u00e0 la culture mexicaine. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une strat\u00e9gie mise en \u0153uvre par les auteurs du Phantom Mariachi, qui en mobilisant le canon de la culture mexicaine cherchent \u00e0 sensibiliser le public sur l\u2019existence des premi\u00e8res communaut\u00e9s victimes du mod\u00e8le social install\u00e9 dans les aires urbaines \u00e9tasuniennes. De m\u00eame, dans cette performance le\u00a0personnage du \u00ab Phantom Mariachi \u00bb met en sc\u00e8ne une femme anonyme, dont l&rsquo;identit\u00e9 n\u2019est jamais r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. Elle est habill\u00e9e<em>\u00a0<\/em>\u00ab d\u2019un chandail noir \u00ab Sentai \u00bb, porte un chapeau de mariachi, des talons hauts et un code-barres qui dirige les spectateurs vers des d\u00e9clarations politiques visibles en ligne\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center\" style=\"grid-template-columns:auto 36%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p class=\"has-text-align-center\"> Parfois, elle brandit des pancartes sur lesquelles est \u00e9crit\u00a0: <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-regular-font-size\">\u00ab Contre l\u2019effacement d\u2019identit\u00e9s complexes et l\u2019expulsion \u00bb<em>.<\/em><\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><a href=\"https:\/\/www.guillermogomezpena.com\/works\/#the-phantom-mariachi\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"994\" height=\"990\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3251 size-full\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1.png 994w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1-300x300.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1-150x150.png 150w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1-768x765.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.13.17-1-676x673.png 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 994px) 100vw, 994px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette performance, la troupe dirig\u00e9e par G. G\u00f3mez Pe\u00f1a utilise l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus connu de la culture mexicaine pour sensibiliser le public sur la premi\u00e8re minorit\u00e9 victime de la gentrification (ce sont aussi les individus les plus racialis\u00e9s dans l\u2019Ouest \u00e9tasunien, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019individus migrants\u00a0: ils ont pour la plupart travers\u00e9 la fronti\u00e8re de fa\u00e7on ill\u00e9gale).\u00a0De m\u00eame, ils poursuivent leur strat\u00e9gie en construisant leur performance \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments unisexes. En effet,\u00a0\u00a0la combinaison de couleur noire que porte le Phantom des pieds jusqu\u2019\u00e0 la t\u00eate est requise dans le but de montrer que le Phantom Mariachi repr\u00e9sente n\u2019importe quel type d\u2019individu. Dont G\u00f3mez Pe\u00f1a renseigne qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une super-h\u00e9ro\u00efne qui est r\u00e9elle, et invite les victimes du mod\u00e8le soci\u00e9tal de la bourgeoisie (capitaliste) \u00e0 se retrouver en elle.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, le Phantom Mariachi symbolise une communion de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tasunienne (il est un habitant de la ville qui peut \u00eatre issu des minorit\u00e9s, de la bourgeoisie, ou de la classe interm\u00e9diaire) : son personnage n\u2019est pas genr\u00e9, il porte des habits qu\u2019un homme ou une femme peut porter, et des habits qui sont propres \u00e0 la diaspora mexicaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019elle aborde une posture tr\u00e8s s\u00e9rieuse, cette \u00ab Madone des Autres Boh\u00e9miens \u00bb comme le dit G. G\u00f3mez-Pe\u00f1a, se veut discr\u00e8te (symbolisant l\u2019effacement identitaire entrepris par les victimes) mais mobile (elle se d\u00e9place dans la ville, ce qui renvoie aux d\u00e9placements que provoque la gentrification des quartiers ou du district de Mission).&nbsp;Il s\u2019agit d\u2019un habitant lambda de la soci\u00e9t\u00e9 qui prend les transports en communs, et \u00e9change avec les autres en critiquant les probl\u00e8mes auxquels ils sont confront\u00e9s, dont&nbsp;G. G\u00f3mez-Pe\u00f1a renseigne que \u00ab Ce personnage audacieux appara\u00eet comme un bar de censure ambulant. Elle parle silencieusement de l\u2019effacement d\u00e9vastateur d\u2019identit\u00e9s complexes. Elle est un habitant symbolique du pass\u00e9, du pr\u00e9sent et du futur de toutes les \u00ab villes cr\u00e9atives \u00bb qui ont mal tourn\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un \u00ab&nbsp;phantom&nbsp;\u00bb qui fait partie du paysage, de la soci\u00e9t\u00e9 : tel est le message que veut faire passer ses auteurs<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab During public appearances, the Phantom Mariachi delivers poetry, takes selfies&nbsp;with audience members, engages in more staged photo opportunities, stages&nbsp;tableaux vivants with people in the streets \u00bb.&nbsp;<\/p>\n<cite>G. G\u00f3mez-Pe\u00f1a<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"380\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18-1024x380.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3250\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18-1024x380.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18-300x111.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18-768x285.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18-676x251.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Capture-decran-2023-03-03-a-13.18.18.png 1402w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Source : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4\/edit\" target=\"_blank\">https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4\/edit<\/a>,   \u00ab The Phantom Mariachi au Free Speech Wall avec l&rsquo;artiste Antonio Solis (\u00e0 gauche) et le directeur du FS Wall Bruce Tomb (\u00e0 droite) \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ici, il entame une approche complexe de la question de l\u2019identit\u00e9 mobilis\u00e9 aussi bien dans le domaine&nbsp;: ethnique, de genre ou encore de classe. L\u2019utilisation de la notion de \u00ab&nbsp;Phantom&nbsp;\u00bb dans la th\u00e9orie queer renvoie \u00e0 la visibilit\u00e9 et l\u2019invisibilit\u00e9 des communaut\u00e9s queers dans la soci\u00e9t\u00e9. Dans ce cas de figure, le personnage de Phantom fait sens avec la performance qui se veut \u00e9galement repr\u00e9sentative de la communaut\u00e9 queer qui demeure minoritaire, et subit un effacement dans le paysage urbain que conditionne la soci\u00e9t\u00e9 h\u00e9t\u00e9ronormative des \u00c9tats-Unis. De m\u00eame, la dimension spectrale qu\u2019il existe autour du fant\u00f4me permet de souligner l\u2019invisibilit\u00e9 ou transparence des minorit\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 pour laquelle&nbsp;G. G\u00f3mez-Pe\u00f1a&nbsp;et B.&nbsp;G\u00f3mez&nbsp;utilisent l\u2019orthographe de Phantom et non de ghost.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, pour rappeler le camouflage qu\u2019entreprennent les minorit\u00e9s dans l\u2019espace public, le Phantom Mariachi rev\u00eat une combinaison de couleur noire (soit une couleur discr\u00e8te et de camouflage par excellence) qui lui permet comme ces derniers de se fondre dans la masse lorsqu\u2019il se d\u00e9place (il \u00ab\u00a0hante\u00a0\u00bb) dans les rues, et les lieux urbains construis sous le mod\u00e8le h\u00e9g\u00e9monique.\u00a0De m\u00eame, cette performance poss\u00e8de \u00e9galement un caract\u00e8re hybride (ethnique, genre, et classe) qui expose une p\u00e9dagogie qui a pour but d\u2019\u00e9duquer la soci\u00e9t\u00e9, dont le message est d\u2019apprendre \u00e0 vivre avec tous.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent cette d\u00e9marche implique aupr\u00e8s des individus d\u2019entamer une reconnaissance, et surtout une acceptation de la diversit\u00e9 identitaire qui compose la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019espace. En d\u2019autres termes, cette performance invite \u00e0 rompre les fronti\u00e8res qui s\u2019\u00e9tablissent entre les pays, les genres ou encore les classes sociales.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9stabiliser le syst\u00e8me h\u00e9g\u00e9monique, h\u00e9t\u00e9ronorm\u00e9<\/strong> : <strong><em>\u00ab Trump n\u2019existe pas \u00bb<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans un contexte urbain que Guillermo Gomez Pena produit un activisme artistique, dont l\u2019objectif est de contrecarrer le mod\u00e8le soci\u00e9tale impos\u00e9 aux \u00e9tasuniens, qui participe \u00e0 un effacement des minorit\u00e9s. Il s\u2019agit d\u2019une performance silencieuse, o\u00f9 le seul bruit est celui de l\u2019espace urbain, le Phantom Mariachi s\u2019exprime uniquement par les mots \u00e9crits sur ses pancartes ou du d\u00e9cor plac\u00e9 en fond des lieux o\u00f9 il prend la pose.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"908\" height=\"998\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Trump-nexiste-pas.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3248\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Trump-nexiste-pas.png 908w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Trump-nexiste-pas-273x300.png 273w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Trump-nexiste-pas-768x844.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2023\/03\/Trump-nexiste-pas-676x743.png 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Source : <a href=\"https:\/\/www.guillermogomezpena.com\/works\/#the-phantom-mariachi\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.guillermogomezpena.com\/works\/#the-phantom-mariachi<\/a>. Photo d&rsquo;une performance du Phantom Mariachi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong>Le fait de nommer Trump et d\u2019utiliser le message&nbsp;<em>\u00ab Trump n\u2019existe pas \u00bb<\/em>&nbsp;est crucial pour cette performance, puisqu\u2019\u00e0 travers ses propos et le positionnement qu\u2019il d\u00e9tient D. TRUMP se pr\u00e9sente comme une menace pour ces communaut\u00e9s.&nbsp;En effet, les actions de cette homme lui valent m\u00eame d\u2019endosser le r\u00f4le de l\u2019\u00e9tasunien x\u00e9nophobe, arrogant et ne jugent que par sa puissante position sociale. Puisque ce comportement s\u2019est d\u2019avantage mis en sc\u00e8ne lors de sa candidature aux pr\u00e9sidentielles annonc\u00e9e depuis 2015 (et \u00e9galement lors de son mandat de 2017 \u00e0 2021), o\u00f9 il pr\u00f4nait l\u2019effacement des communaut\u00e9s latinos en souhaitant par exemple \u00e9riger un mur \u00e0 la fronti\u00e8re mexicano-\u00e9tasunienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">En prenant l\u2019exemple de ce symbole discriminatoire envers les minorit\u00e9s, cette performance fait preuve d\u2019agentivit\u00e9 en fait la lumi\u00e8re sur un probl\u00e8me social qui conduit au d\u00e9bat, et \u00e0 la r\u00e9flexion de tous. En effet, face aux nombreux discours qui cherchent \u00e0 faire disparaitre les minorit\u00e9s (notamment la communaut\u00e9 latino), cette d\u00e9marche invite \u00e0 se demander si ces minorit\u00e9s sont visibles dans le paysage\u00a0? O\u00f9 sont-elles\u00a0? Pour finalement se rendre compte qu\u2019elles sont bien pr\u00e9sentes, mais sont cach\u00e9es.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en r\u00e9alisant cette performance, les auteurs cherchent \u00e0 rappeler que ses individus font partie de la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0Et\u00a0de ce fait, pour enregistrer, et en quelque sorte continuer de diffuser les performances r\u00e9alis\u00e9es par le Phantom Mariachi, ses auteurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 mobiliser les m\u00e9dias alternatifs en cr\u00e9ant <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/erasureinsanfrancisco\/\" target=\"_blank\">une page Facebook<\/a>  qui illustre les performances qu\u2019a pu r\u00e9aliser le Phantom Mariachi (accompagn\u00e9e d\u2019un <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4\/edit\" target=\"_blank\">Google Doc<\/a> qui d\u00e9crit ses performances phares), soit une seconde diffusion\u00a0ou exposition\u00a0de ces performances, qui devient alors permanente du fait qu\u2019elle reste sur le web.<strong>\u00a0<\/strong>De plus, la promotion de la performance artistique dirig\u00e9 par Guillermo Gomez Pena s\u2019\u00e9tend \u00e9galement par l\u2019interm\u00e9diaire de son propre <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.guillermogomezpena.com\/works\/#the-phantom-mariachi\" target=\"_blank\">blog<\/a>, sur lequel il expose l\u2019ensemble des performances qu&rsquo;il a r\u00e9alis\u00e9es, dont il est possible de retrouver une page d\u00e9di\u00e9e au Phantom Mariachi qui renseigne sur sa gen\u00e8se et son d\u00e9roulement.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie : <\/h4>\n\n\n\n<p>Dubois Vincent, \u00ab Culture &#8211; Sociologie de la culture \u00bb,&nbsp;<em>Encyclopaedia Universalis<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>DURAND Jean-Pierre, \u00ab&nbsp;CAPITAL,&nbsp;<em>sociologie<\/em>&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>&nbsp;[<a href=\"http:\/\/www-universalis-edu.com.gorgone.univ-toulouse.fr\/encyclopedie\/capital-sociologie\/\">en<\/a><a href=\"http:\/\/www-universalis-edu.com.gorgone.univ-toulouse.fr\/encyclopedie\/capital-sociologie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> ligne<\/a>], consult\u00e9 le&nbsp;3 mars 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Morin \u00c9milie, Therriault Genevi\u00e8ve, et Bader Barbara, \u00ab Le D\u00e9veloppement Du Pouvoir Agir, L\u2019agentivit\u00e9 Et Le Sentiment D\u2019efficacit\u00e9 Personnelle Des Jeunes Face Aux Probl\u00e9matiques Sociales Et Environnementales&nbsp;: Apports Conceptuels Pour Un Agir Ensemble \u00bb,&nbsp;\u00c9ducation et Socialisation, vol.&nbsp;51 (2019) &nbsp;[<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/edso\/5821\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">en ligne<\/a>] ,&nbsp;consult\u00e9 le 01\/03\/2023.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Visibilit\u00e9 et invisibilit\u00e9 des minorit\u00e9s urbaines \u00e9tasuniennes, telle est la r\u00e9flexion \u00e0 laquelle invite \u00ab&nbsp;The Phantom Mariachi&nbsp;\u00bb, du performeur Guillermo Gomez Pe\u00f1a.&nbsp; N\u00e9 en 1955 dans la ville de Mexico City, Guillermo Gomez Pe\u00f1a \u00e9tudie la linguistique et la litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Autonome Nationale de Mexico, puis il poursuit ses \u00e9tudes en 1978 \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1246,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[3516,52747,152380,81117],"class_list":["post-3166","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-artivisme","tag-blog","tag-minorite","tag-performance","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3166","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1246"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3166"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3166\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3567,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3166\/revisions\/3567"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3166"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3166"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3166"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}