 {"id":3799,"date":"2026-05-04T18:24:40","date_gmt":"2026-05-04T16:24:40","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/?p=3799"},"modified":"2026-05-04T19:21:22","modified_gmt":"2026-05-04T17:21:22","slug":"freda-comment-gessica-geneus-filme-t-elle-les-filles-fortes-de-port-au-prince","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/2026\/05\/04\/freda-comment-gessica-geneus-filme-t-elle-les-filles-fortes-de-port-au-prince\/","title":{"rendered":"Freda \u2014 Comment Gessica G\u00e9n\u00e9us filme-t-elle les filles fortes de Port-au-Prince ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left has-regular-font-size\">Gessica G\u00e9n\u00e9us filme la vie dans un Port-au-Prince au bord de l&rsquo;implosion. Avec <em>Freda <\/em>(2021), elle propose un portrait intime et politique de la soci\u00e9t\u00e9 ha\u00eftienne fractur\u00e9e, d\u00e9sert\u00e9e par les hommes, port\u00e9e \u00e0 bout de bras par les femmes. Dans ce film, ce qui frappe, c&rsquo;est le choix de filmer au plus pr\u00e8s des habitants sans jamais les \u00e9craser par le poids de leur pays. G\u00e9n\u00e9us filme Ha\u00efti depuis l&rsquo;int\u00e9rieur, avec une cam\u00e9ra contemplative et \u00e0 l\u2019\u00e9coute, faisant de ce premier long-m\u00e9trage autant un documentaire qu&rsquo;un film de fiction et, par l\u00e0 m\u00eame, un geste politique assum\u00e9 contre la colonialit\u00e9 du regard.<br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le film : contexte, r\u00e9alisatrice et r\u00e9ception du public<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-regular-font-size\">Le film se place en Ha\u00efti en 2018-2019. Le pays est secou\u00e9 par le mouvement <a href=\"https:\/\/asfcanada.ca\/medias\/scandale-de-corruption-en-haiti-kot-kob-petwo-karibe-a\/\">P\u00e9troCaribe<\/a>, une vague de manifestations populaires contre la corruption du gouvernement de Jovenel Mo\u00efse. \u00c0 cette instabilit\u00e9 s&rsquo;ajoutent les s\u00e9quelles du s\u00e9isme de 2010, la d\u00e9pendance aux ONG internationales, l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 des gangs et une pauvret\u00e9 enracin\u00e9e. Ha\u00efti porte \u00e9galement le poids d&rsquo;un h\u00e9ritage colonial singulier. Premi\u00e8re r\u00e9publique noire libre au monde depuis 1804, elle a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 contrainte de payer une <a href=\"https:\/\/news.un.org\/fr\/story\/2025\/04\/1154861\">dette colossale \u00e0 la France<\/a> pour \u00ab compenser \u00bb l&rsquo;affranchissement de ses anciens esclaves. Cette dette a pes\u00e9 sur le d\u00e9veloppement du pays pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte que Gessica G\u00e9n\u00e9us, r\u00e9alisatrice et actrice ha\u00eftienne, tourne son premier long-m\u00e9trage de fiction. Issue du documentaire, avec notamment <em>Douvan Jou Ka Leve<\/em>, multi-r\u00e9compens\u00e9, elle d\u00e9veloppe depuis ses d\u00e9buts une attention aux fondements de l&rsquo;identit\u00e9 ha\u00eftienne contemporaine. Tourner <em>Freda<\/em> en cr\u00e9ole ha\u00eftien n&rsquo;est pas un d\u00e9tail de forme. Selon ses propres mots, c\u2019est un acte politique assum\u00e9 : un refus de r\u00e9aliser ce film dans une autre langue que celle du peuple qu&rsquo;il repr\u00e9sente. G\u00e9n\u00e9us s&rsquo;inscrit ainsi dans une lign\u00e9e de cin\u00e9astes carib\u00e9ens engag\u00e9s dans une d\u00e9marche d&rsquo;autorepr\u00e9sentation, en opposition au regard occidental souvent pos\u00e9 sur Ha\u00efti.<\/p>\n\n\n\n<p>Freda est s\u00e9lectionn\u00e9 dans la cat\u00e9gorie <a href=\"https:\/\/www.indiewire.com\/features\/general\/2021-cannes-film-festival-lineup-1234641655\/\">Un Certain Regard du Festival de Cannes 2021<\/a>, o\u00f9 il re\u00e7oit le Prix Fran\u00e7ois-Chalais mention sp\u00e9ciale d\u00e9couverte. Il remporte ensuite le Prix \u00c9talon d&rsquo;Argent au FESPACO, le Prix du meilleur film \u00e9tranger du Syndicat Fran\u00e7ais de la Critique 2022, et repr\u00e9sente Ha\u00efti aux Oscars dans la cat\u00e9gorie meilleur film international. La chercheuse Alice Corbet, dans <em>Les Cahiers d&rsquo;Outre-Mer<\/em> (2022), souligne la puissance du film : on sort h\u00e9sitant de sa projection tant son contenu semble r\u00e9aliste, donnant l&rsquo;impression de croiser toutes les r\u00e9alit\u00e9s ha\u00eftiennes des ann\u00e9es 2020. Africultures salue la cam\u00e9ra \u00ab \u00e0 la juste distance \u00bb et la complexit\u00e9 des portraits f\u00e9minins. Ou encore, Critikat souligne l&rsquo;habilet\u00e9 de G\u00e9n\u00e9us \u00e0 inscrire le discours politique dans les trajectoires individuelles sans jamais forcer le trait. <em>Freda<\/em> s&rsquo;impose comme un film unique, l\u2019un des seuls longs-m\u00e9trages ha\u00eftiens \u00e0 avoir atteint une diffusion internationale significative.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"FREDA de Gessica G\u00e9n\u00e9us - Bande annonce\" width=\"676\" height=\"380\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OJLhFuIZX74?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bande annonce, 2021.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Synopsis<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-regular-font-size\">Freda est l\u2019a\u00een\u00e9e d&rsquo;une famille populaire de Port-au-Prince. Elle vit avec sa m\u00e8re Jeannette qui tient une petite \u00e9picerie, et sa s\u0153ur Esther. Son fr\u00e8re Mo\u00efse pr\u00e9pare son d\u00e9part pour les \u00c9tats-Unis. Freda est nomm\u00e9e d&rsquo;apr\u00e8s la tradition vaudoue, quand ses fr\u00e8res et s\u0153urs portent des pr\u00e9noms bibliques (Esther et Mo\u00efse), signe que la m\u00e8re s&rsquo;est convertie au christianisme entre-temps. Ce seul d\u00e9tail donne le ton du film. Freda est une figure de l\u2019entre-deux, elle porte en elle les deux Ha\u00efti, tiraill\u00e9e entre la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une identit\u00e9 culturelle et historique profonde et l&rsquo;impulsion d&rsquo;une modernit\u00e9 qui veut rompre avec ce que l&rsquo;histoire coloniale a fait du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour d&rsquo;elle, chacun cherche une issue. Esther multiplie les relations avec des hommes influents (un DJ, un pasteur am\u00e9ricain, un s\u00e9nateur) en jouant de sa peau plus claire pour s&rsquo;\u00e9lever socialement. Mo\u00efse attend l&rsquo;argent de sa m\u00e8re et du mariage de sa s\u0153ur pour financer son visa. Jeannette, de la vieille \u00e9cole, pr\u00e9f\u00e8re fermer les yeux sur les histoires de sa fille cadette tant qu&rsquo;ils assurent la survie du foyer. Freda est \u00e0 contre-courant de sa famille, elle r\u00e9siste. Elle \u00e9tudie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, d\u00e9fend la langue cr\u00e9ole face au fran\u00e7ais \u00ab langue du colon \u00bb, refuse de quitter son pays avec son petit ami artiste. Elle tente de comprendre, dans un pays en \u00e9bullition, ce qui vaut la peine d\u2019y rester. Le film se d\u00e9roule sur fond de manifestations anti-corruption, de fusillades et de coupures d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. G\u00e9n\u00e9us filme la violence de la rue et la violence intime (le viol, la violence conjugale) sur le m\u00eame plan et avec la m\u00eame sobri\u00e9t\u00e9. La vie, malgr\u00e9 tout, continue \u00e0 travers la danse, les chants, l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une esth\u00e9tique du regard : filmer Ha\u00efti de l&rsquo;int\u00e9rieur<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce qui marque d\u00e8s le d\u00e9but du film <em>Freda<\/em>, c&rsquo;est la richesse de couleur des images. Elles sont satur\u00e9es, les v\u00eatements attrapent l\u2019\u0153il, les murs de la ville sont vivants. Pourtant, G\u00e9n\u00e9us adopte une mise en sc\u00e8ne contemplative : plans longs, peu de musique extradi\u00e9g\u00e9tique, refus du spectaculaire. La cam\u00e9ra ne cherche pas \u00e0 expliquer, elle observe. La violence n&rsquo;est jamais montr\u00e9e frontalement. On entend avant de voir ou on ne voit pas du tout. Des sc\u00e8nes sont rythm\u00e9es par un coup de feu, un cri hors champ puis la vie reprend son cours. Ce traitement acousmatique produit un effet de r\u00e9el qui rel\u00e8ve du cin\u00e9ma de l\u2019exp\u00e9rience. Le spectateur n&rsquo;observe pas Ha\u00efti de l&rsquo;ext\u00e9rieur, il l&rsquo;\u00e9prouve depuis l&rsquo;int\u00e9rieur du quotidien de Freda.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"652\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus-1024x652.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3854\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus-1024x652.jpeg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus-300x191.jpeg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus-768x489.jpeg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus-676x431.jpeg 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/1444x920_freda-film-100-haitien-gessica-geneus.jpeg 1345w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La maison dans laquelle se situe le r\u00e9cit.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9us va plus loin encore en entrem\u00ealant \u00e0 sa fiction des images d&rsquo;archives authentiques des manifestations de Port-au-Prince. Les sc\u00e8nes du mouvement P\u00e9troCaribe ne sont pas reconstitu\u00e9es. Elles sont brutes et ins\u00e9r\u00e9es dans le r\u00e9cit comme une preuve que la fiction et la r\u00e9alit\u00e9 ne font qu&rsquo;un. Cette porosit\u00e9 entre le document et la narration fait de <em>Freda<\/em> autant un film qu&rsquo;une archive du pr\u00e9sent ha\u00eftien. Corbet remarque ainsi qu&rsquo;on sort de la projection sans savoir si on a vu une fiction ou un documentaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des hommes puissants inutiles et des femmes piliers subordonn\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>Gessica G\u00e9n\u00e9us l\u2019affirme : \u00ab Je voulais avant tout faire exister un point de vue f\u00e9minin sur la soci\u00e9t\u00e9 ha\u00eftienne\u2026 Dans une soci\u00e9t\u00e9 aussi patriarcale que la n\u00f4tre, les femmes ne sont pas en haut de l&rsquo;\u00e9chelle. Les hommes disparaissent et ont le droit de le faire. Ils ont le droit d&rsquo;aller ailleurs, d&rsquo;exister ailleurs. Alors que la femme est comme dans un \u00e9tau et doit vivre l\u00e0 \u00bb. Son film est un projet f\u00e9ministe puissant.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des gestes politiques les plus forts de <em>Freda<\/em> r\u00e9side dans sa distribution des r\u00f4les par genre et son aspect paradoxal. Les personnages masculins sont, sans exception, d\u00e9faillants : le petit ami de Freda est un artiste inconstant et fuyant, Mo\u00efse est le chouchou de la famille parce qu&rsquo;il est un homme, et finit par partir gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent de sa s\u0153ur mari\u00e9e en laissant derri\u00e8re lui la charge de tout ; le s\u00e9nateur exploite Esther ; le pasteur am\u00e9ricain trompe sa femme avec une Ha\u00eftienne en se drapant de vertu religieuse\u2026 La sc\u00e8ne dans laquelle le fr\u00e8re d\u00e9jeune dans la salle \u00e0 manger pendant que Freda et sa s\u0153ur mangent dehors est l\u2019illustration m\u00eame du message de la r\u00e9alisatrice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a, \u00e0 ce sujet, un aspect paradoxal fil\u00e9 en profondeur dans le film. Ces hommes sont \u00e0 la fois dominants et inutiles. Ils occupent le centre symbolique de la soci\u00e9t\u00e9 (le s\u00e9nateur, le pasteur, le fr\u00e8re qui part \u00ab chercher la vie \u00bb), mais ils ne font rien. C&rsquo;est la crise de la masculinit\u00e9 post-coloniale : un syst\u00e8me qui a conserv\u00e9 les structures patriarcales de la colonisation tout en laissant aux femmes la charge r\u00e9elle de maintenir le pays. La <a href=\"https:\/\/scienceetbiencommun.pressbooks.pub\/colonialite\/chapter\/colonialite-de-genre\/\">colonialit\u00e9 du genre<\/a> permet d\u2019identifier la mani\u00e8re dont le syst\u00e8me colonial a non seulement hi\u00e9rarchis\u00e9 les races, mais a profond\u00e9ment restructur\u00e9 les rapports de genre dans les soci\u00e9t\u00e9s colonis\u00e9es, faisant des femmes les subalternes d&rsquo;hommes eux-m\u00eames domin\u00e9s. Et quand Esther se marie par int\u00e9r\u00eat avec un s\u00e9nateur qui finira par la violenter, on voit se nouer la double relation de domination que d\u00e9crit Elsa Dorlin : domination de genre et domination de classe s&rsquo;articulent pour enfermer les femmes dans une d\u00e9pendance \u00e0 des hommes qui les exploitent et parfois les d\u00e9truisent. La col\u00e8re silencieuse et tenace de Freda face \u00e0 tout \u00e7a est certainement ce que le film a de plus juste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La colonialit\u00e9 dans les corps : la sc\u00e8ne du blanchissement de peau<\/h2>\n\n\n\n<p>La s\u00e9quence dans laquelle Freda et Esther discutent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de leur projet de sortie festive du soir est une sc\u00e8ne cl\u00e9 politiquement parlant de ce film. Entre les incitations \u00e0 sortir de la cadette, elles en viennent \u00e0 parler de son blanchissement et de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale de la teinte plus claire de sa peau. Film\u00e9e en plan fixe et rapproch\u00e9 sur les deux visages des filles, dans une pleine lumi\u00e8re \u00e9clatante, sans musique, la sc\u00e8ne n&rsquo;a rien d&rsquo;une d\u00e9monstration. Elle place le spectateur dans l&rsquo;intimit\u00e9 d&rsquo;une confidence entre s\u0153urs. Esther se plaint de l\u2019inefficacit\u00e9 de sa cr\u00e8me \u00e9claircissante de mani\u00e8re d\u00e9complex\u00e9e, Freda la regarde se transformer pour trouver une place dans la soci\u00e9t\u00e9, sans la condamner. Un professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 avait d\u00e9j\u00e0 dit quelques sc\u00e8nes plus t\u00f4t : \u00ab Nous sommes maudits car nous refusons de blanchir. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"546\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-1024x546.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3863\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-1024x546.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-300x160.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-768x410.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-1536x820.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57-676x361.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-04-a-18.09.57.png 1878w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Image extraite de la sc\u00e8ne concern\u00e9e.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ce que montre cette sc\u00e8ne d\u00e9passe largement l&rsquo;anecdote familiale. Comme l&rsquo;analyse Frantz Fanon dans <em>Peau noire, masques blancs<\/em> (1952), le d\u00e9sir de blanchit\u00e9 chez les personnes qui ont v\u00e9cu la colonisation n&rsquo;est pas uniquement une volont\u00e9 esth\u00e9tique. C\u2019est l&rsquo;int\u00e9riorisation profonde d&rsquo;une hi\u00e9rarchie raciale fabriqu\u00e9e par la colonisation. Esther ne trahit pas consciemment son identit\u00e9 : elle survit dans un syst\u00e8me qui a fait de la couleur de peau un marqueur de valeur sociale. La <a href=\"https:\/\/lapeaulogie.fr\/article\/phenomene-contemporain-depigmentation-haiti\/\">d\u00e9pigmentation en Ha\u00efti<\/a> est d&rsquo;ailleurs un ph\u00e9nom\u00e8ne document\u00e9 et directement li\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage colonial fran\u00e7ais. Apr\u00e8s 1804, les \u00e9lites affranchies d&rsquo;ascendance mixte ont cherch\u00e9 \u00e0 reproduire la domination coloniale sous une autre forme, instaurant une hi\u00e9rarchie de couleur interne \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ha\u00eftienne elle-m\u00eame. Comme le note Corbet, le film fait appara\u00eetre \u00ab le blanchiment de peau et les coupes afros comme renonciations ou revendications identitaires \u00bb. Freda pr\u00e9sente deux s\u0153urs, deux corps, deux strat\u00e9gies face au m\u00eame h\u00e9ritage.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9flexion r\u00e9v\u00e8le aussi la dimension intersectionnelle du ph\u00e9nom\u00e8ne. Le colorisme n&rsquo;est pas seulement une question de race, il croise \u00e9troitement la classe et le genre. Esther mise sur sa peau plus claire pour acc\u00e9der \u00e0 un s\u00e9nateur et n\u00e9gocier un mariage avantageux. Son corps devient une monnaie d&rsquo;\u00e9change dans un syst\u00e8me o\u00f9 les femmes noires et pauvres disposent de peu d&rsquo;autres leviers d&rsquo;ascension sociale. L\u2019acousmatique de la sc\u00e8ne, faite des bruits de la rue et d\u2019\u00e9cho lointain de foule, nous rappelle que cet \u00e9change priv\u00e9 s\u2019ancre dans un pays en \u00e9bullition. L&rsquo;intime et le politique ne sont jamais s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La langue comme r\u00e9sistance, le cr\u00e9ole contre le fran\u00e7ais<\/h2>\n\n\n\n<p>Le choix de la r\u00e9alisatrice d\u2019employer le cr\u00e9ole comme langue du film est lui-m\u00eame un geste de d\u00e9construction. \u00c0 l&rsquo;universit\u00e9, Freda s&rsquo;oppose \u00e0 ses camarades sur la pr\u00e9dominance du fran\u00e7ais dans les institutions ha\u00eftiennes. La langue du colon continue d&rsquo;organiser les hi\u00e9rarchies, d&rsquo;invisibiliser la culture populaire. Tourner en cr\u00e9ole, c&rsquo;est affirmer que cette langue suffit \u00e0 raconter l&rsquo;universel et refuser que la reconnaissance internationale passe par l&rsquo;adoption des codes du dominant. La dichotomie civilisation\/barbarie se rejoue ici dans la langue : le fran\u00e7ais est \u00ab civilis\u00e9 \u00bb, le cr\u00e9ole est rel\u00e9gu\u00e9 au domaine de l&rsquo;informel. <em>Freda<\/em> inverse cette hi\u00e9rarchie et c&rsquo;est un des actes les plus radicaux de ce film.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ha\u00efti aujourd\u2019hui, le film avait-t-il tout vu ?<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Freda<\/em> n&rsquo;est pas seulement un film sur un Ha\u00efti d\u2019avant, c&rsquo;est une \u0153uvre sur une trajectoire que le pays a vu s\u2019accentuer de fa\u00e7on dramatique. La corruption, l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 des gangs, la tentation du d\u00e9part : tout ce que le film montre comme une crise en cours s&rsquo;est depuis transform\u00e9 en effondrement. Depuis l&rsquo;assassinat de Jovenel Mo\u00efse en juillet 2021, 90 % de la zone m\u00e9tropolitaine de Port-au-Prince est d\u00e9sormais sous le contr\u00f4le des gangs. Plus de 5 900 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es en 2025 et plus d\u20191,4 million de personnes ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9es de fuir leur lieu de vie \u00e0 cause de la violence. Aujourd\u2019hui, Port-au-Prince reste coup\u00e9e du monde. Aucune compagnie internationale ne dessert plus son a\u00e9roport, l&rsquo;entr\u00e9e par voie routi\u00e8re est formellement d\u00e9conseill\u00e9e, et la fronti\u00e8re avec la R\u00e9publique dominicaine est ferm\u00e9e. Selon MSF, la moiti\u00e9 de la population souffre d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Ha\u00efti s&#039;enfonce dans la crise, un an apr\u00e8s l&#039;assassinat de Jovenel Mo\u00efse\" width=\"676\" height=\"380\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ezxizpTjCqA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Intervention de Gr\u00e9goire Deniau (Journaliste et reporter de guerre) et Fr\u00e9d\u00e9ric Thomas (Chercheur au CETRI) sur la situation r\u00e9cente en Ha\u00efti.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>On repense alors aux personnages de G\u00e9n\u00e9us. Le fr\u00e8re, parti au Chili puis aux \u00c9tats-Unis. La s\u0153ur, coinc\u00e9e dans son mariage \u00e0 Port-au-Prince. Freda, qui avait choisi de rester. Dans quel p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9voluent-elles aujourd\u2019hui, leur quartier, leur maison, leur cour ? La force du film est de nous avoir fait \u00e9prouver cette question avant m\u00eame qu&rsquo;elle devienne aussi urgente. Comme lance l\u2019un des personnages, \u00ab La vie est trop fragile, il faut la c\u00e9l\u00e9brer \u00bb. Cinq ans apr\u00e8s, c&rsquo;est peut-\u00eatre la seule r\u00e9ponse qui reste.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3855\" style=\"aspect-ratio:1.4993069032436928\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-300x200.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-768x512.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-2048x1366.jpg 2048w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/MV5BYzBmZmI4YTAtZGZhNy00NDhkLWE2MzEtN2ExMTIxNjE1ZjkyXkEyXkFqcGc@._V1_-676x451.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nehemie Bastien (Freda) et Gessica G\u00e9n\u00e9us (r\u00e9alisatrice) \u00a9&nbsp;2021 Stephane Cardinale<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Pour aller plus loin : un entretien avec la r\u00e9alisatrice, une note d&rsquo;intention, un contexte politique et social du pays et plus encore<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Dossier-de-presse-FREDA.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:420px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Dossier-de-presse-FREDA.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-7aed564d-56f5-40ea-b0ca-de1c8de4909d\" href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Dossier-de-presse-FREDA.pdf\">Dossier-de-presse-FREDA<\/a><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/Dossier-de-presse-FREDA.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-7aed564d-56f5-40ea-b0ca-de1c8de4909d\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-small-font-size\">Sources : <\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"has-small-font-size\">G\u00e9n\u00e9us, Gessica, <em>Freda<\/em>, Ha\u00efti\/B\u00e9nin\/France, Nour Films, 2021.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Corbet, Alice, \u00ab Freda, 2021, r\u00e9alis\u00e9 par Gessica G\u00e9n\u00e9us \u00bb, <em>Les Cahiers d&rsquo;Outre-Mer<\/em>, LXXV (285), 2022, pp. 303-307. [<a href=\"https:\/\/hal.science\/hal-03752515v1\">https:\/\/hal.science\/hal-03752515v1<\/a>] (consult\u00e9 le 15 avril 2026)<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Barlet, Olivier, \u00ab Freda, de Gessica G\u00e9n\u00e9us \u00bb, <em>Africultures<\/em> [en ligne], juillet 2021. [<a href=\"https:\/\/africultures.com\/freda-de-gessica-geneus-15140\/\">https:\/\/africultures.com\/freda-de-gessica-geneus-15140\/<\/a>] (consult\u00e9 le 16 avril 2026)<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">\u00ab&nbsp;Critique : Freda \u00bb, <em>Critikat<\/em> [en ligne], octobre 2021. [<a href=\"https:\/\/www.critikat.com\/actualite-cine\/critique\/freda-2\/\">https:\/\/www.critikat.com\/actualite-cine\/critique\/freda-2\/<\/a>] (consult\u00e9 le 15 avril 2026)<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Sellier, Genevi\u00e8ve, \u00ab Ha\u00efti : l&rsquo;enfer des femmes \u00bb, <em>Le genre et l\u2019\u00e9cran<\/em> [en ligne], 29 novembre 2021. [<a href=\"https:\/\/www.genre-ecran.net\/?Freda\">https:\/\/www.genre-ecran.net\/?Freda<\/a>] (consult\u00e9 le 02 mai 2026)<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Fanon, Frantz, <em>Peau noire, masques blancs<\/em>, Paris, \u00c9ditions du Seuil, 1952.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Dorlin, Elsa, La matrice de la race. G\u00e9n\u00e9alogie sexuelle et coloniale de la Nation fran\u00e7aise, Paris, La D\u00e9couverte, 2006.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Minist\u00e8re de l&rsquo;Europe et des Affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00ab Pr\u00e9sentation d&rsquo;Ha\u00efti \u00bb, <em>France Diplomatie<\/em> [en ligne], 2026. [<a href=\"https:\/\/www.diplomatie.gouv.fr\/fr\/information-par-pays\/haiti\/presentation-d-haiti\">https:\/\/www.diplomatie.gouv.fr\/fr\/information-par-pays\/haiti\/presentation-d-haiti<\/a>] (consult\u00e9 le 22 avril 2026)<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res, \u00ab Ha\u00efti : 5 informations cl\u00e9s pour comprendre la crise humanitaire en 2026 \u00bb [en ligne]. [<a href=\"https:\/\/new.msf.fr\/actualites\/haiti-5-informations-cles-pour-comprendre-la-crise-humanitaire-en-2026\">https:\/\/new.msf.fr\/actualites\/haiti-5-informations-cles-pour-comprendre-la-crise-humanitaire-en-2026<\/a>] (consult\u00e9 le 22 avril 2026)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gessica G\u00e9n\u00e9us filme la vie dans un Port-au-Prince au bord de l&rsquo;implosion. Avec Freda (2021), elle propose un portrait intime et politique de la soci\u00e9t\u00e9 ha\u00eftienne fractur\u00e9e, d\u00e9sert\u00e9e par les hommes, port\u00e9e \u00e0 bout de bras par les femmes. 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