 {"id":3806,"date":"2026-06-04T14:33:52","date_gmt":"2026-06-04T12:33:52","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/?p=3806"},"modified":"2026-06-04T14:37:41","modified_gmt":"2026-06-04T12:37:41","slug":"memoire-dun-corps-brulant-antonella-sudasassi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/2026\/06\/04\/memoire-dun-corps-brulant-antonella-sudasassi\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire d&rsquo;un corps brulant &#8211; Antonella Sudasassi"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"815\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3885\" style=\"width:676px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1.png 600w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1-221x300.png 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">R\u00e9sum\u00e9 du film<\/span><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Dans M\u00e9moire d\u2019un corps br\u00fblant (2024), la r\u00e9alisatrice costaricienne Antonella Sudasassi propose une r\u00e9flexion sensible sur le rapport au corps, au d\u00e9sir et au temps chez les femmes \u00e2g\u00e9es. Le film s\u2019appuie sur les t\u00e9moignages en voix off de trois Costariciennes, Ana, Patricia et Mayela, qui ont grandi dans un contexte o\u00f9 la sexualit\u00e9, la maternit\u00e9 et parler des violences patriarcales subies, \u00e9taient largement taboues. Le film nous transporte \u00e0 travers leur parcours de vie en \u00e9voquant l\u2019enfance, la jeunesse, le mariage et la d\u00e9couverte du plaisir. La parole et la m\u00e9moire jouent un r\u00f4le important dans le r\u00e9cit, car elles deviennent des moyens de panser partiellement les blessures du pass\u00e9. Elles brisent \u00e9galement en partie le silence qui les a fa\u00e7onn\u00e9es et transmettent un message de r\u00e9sistance aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Bande d&rsquo;annonce<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"M\u00c9MOIRES D&#039;UN CORPS BR\u00dbLANT - Bande annonce\" width=\"676\" height=\"380\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/20pEGWFhxf8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Contexte du film<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9cits de ces trois femmes s\u2019ancrent dans un Costa Rica des ann\u00e9es 1950 et 1960, o\u00f9 la sexualit\u00e9 est pens\u00e9e avant tout en termes de moralit\u00e9, de sant\u00e9 publique et de protection de la famille. L\u2019\u00c9glise catholique, l\u2019\u00e9cole et le discours m\u00e9dical participent \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019une \u00ab normalit\u00e9 sexuelle \u00bb qui associe le \u00ab \u00eatre femme \u00bb \u00e0 la discr\u00e9tion, \u00e0 la chastet\u00e9 et au mariage, sans reconna\u00eetre le d\u00e9sir ou l\u2019autonomie du corps. Dans ce cadre, la plupart des exp\u00e9riences li\u00e9es a cette derni\u00e8re, aux r\u00e8gles ou \u00e0 la violence conjugale restent confin\u00e9es \u00e0 l\u2019espace domestique. Elles sont per\u00e7ues comme des affaires priv\u00e9es dont on ne parle ni dans la famille ni dans l\u2019espace public, ce qui renforce l\u2019id\u00e9e que ces questions n\u2019ont pas leur place dans le d\u00e9bat social.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, le contexte institutionnel est diff\u00e9rent, mais les traces de cet h\u00e9ritage sont visibles dans les chiffres comme dans les d\u00e9bats contemporains. Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 a enregistr\u00e9 environ 9\u202f400 cas de violence intrafamiliale en 2021 et plus de 23\u202f000 en 2024, soit une augmentation de pr\u00e8s de cent quarante-cinq pour cent en quatre ans. Les services d\u2019urgences indiquent que la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de ces situations concernent des femmes et que la capitale San Jos\u00e9 concentre plus d\u2019un tiers des appels li\u00e9s \u00e0 la violence domestique. L\u2019Observatoire de la violence de genre signale par ailleurs une moyenne d\u2019environ deux f\u00e9minicides par mois, avec des dizaines de femmes tu\u00e9es chaque ann\u00e9e par leur partenaire ou ex-partenaire. Dans le m\u00eame temps, des travaux sur la morale sexuelle parlent de \u00ab vents de changement \u00bb et montrent que la population costaricienne se partage entre des positions toujours tr\u00e8s conservatrices et des attitudes plus critiques envers les normes h\u00e9rit\u00e9es, notamment chez les plus jeunes. Dans ce paysage, M\u00e9moire d\u2019un corps br\u00fblant se situe \u00e0 la jonction de plusieurs temporalit\u00e9s. Les paroles de ces femmes \u00e2g\u00e9es, qui \u00e9voquent la honte, le d\u00e9sir et la violence, sont pr\u00e9sent\u00e9 dans le film \u00e0 la fois comme le t\u00e9moignage d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9pressif et comme une prise de position dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la sexualit\u00e9 et les violences de genre restent au centre des revendications contemporaines.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle latino\u2011am\u00e9ricaine, ce film s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 d\u2019un cin\u00e9ma de r\u00e9alisatrices pr\u00e9curseuses qui ont mis en cause la fa\u00e7on dont des soci\u00e9t\u00e9s marqu\u00e9es par la colonialit\u00e9 et le patriarcat fa\u00e7onnent les corps et les r\u00f4les f\u00e9minins. Dans <em>El mundo de la mujer (1972)<\/em> par exemple, Mar\u00eda Luisa Bemberg s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la publicit\u00e9 et aux vitrines pour mettre en lumi\u00e8re l\u2019imposition d\u2019un id\u00e9al de f\u00e9minit\u00e9 blanche, consommable et conforme aux attentes d\u2019une bourgeoisie h\u00e9riti\u00e8re de l\u2019ordre colonial. D&rsquo;autres films comme <em>La ci\u00e9naga<\/em> ou <em>La mujer sin cabeza de Lucrecia Martel<\/em>, montre l\u2019espace domestique comme un lieu o\u00f9 se condensent les rapports de classe, de race et de genre, en suivant des personnages f\u00e9minins dont les d\u00e9sirs d\u00e9bordent les cadres impos\u00e9s par des environnements conservateurs et profond\u00e9ment religieux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span><u>\u00c0 propos de la cin\u00e9aste ! <\/u><\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"708\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1024x708.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3883\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1024x708.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-300x207.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-768x531.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-1536x1061.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image-676x467.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/05\/image.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Antonella Sudasassi Furniss<\/strong>, n\u00e9e \u00e0 San Jos\u00e9 en 1986, est r\u00e9alisatrice, sc\u00e9nariste et productrice costaricienne. Sa filmographie connue comprend plusieurs courts m\u00e9trages, notamment <em>El despertar de las hormigas <\/em>en 2016, puis deux longs m\u00e9trages, El despertar de las hormigas en 2019 et <em>Memorias de un cuerpo que arde<\/em> en 2024. <strong>Son travail s\u2019inscrit dans une continuit\u00e9 th\u00e9matique claire. Dans l\u2019entretien donn\u00e9 autour de El despertar de las hormigas, elle explique que ce projet \u00e9largi visait \u00e0 repr\u00e9senter diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vie des femmes et \u00e0 aborder la sexualit\u00e9 f\u00e9minine comme un sujet encore largement tabou. Cette orientation se retrouve dans ses deux longs m\u00e9trages, qui portent tous deux sur des exp\u00e9riences f\u00e9minines structur\u00e9es par les normes sociales, familiales et conjugales.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans son film <em>El despertar de las hormigas<\/em>, par exemple, pr\u00e9sent\u00e9 au Forum de la Berlinale en 2019, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la pression exerc\u00e9e sur une femme mari\u00e9e autour de la maternit\u00e9, du r\u00f4le domestique et de la sexualit\u00e9 conjugale. Sudasassi y d\u00e9crit les \u00ab micromachismes \u00bb comme des formes de violence naturalis\u00e9es, int\u00e9gr\u00e9es aux habitudes les plus ordinaires, ce qui explique l\u2019importance accord\u00e9e dans sa mise en sc\u00e8ne aux gestes r\u00e9p\u00e9titifs, aux d\u00e9tails du quotidien et aux tensions silencieuses plut\u00f4t qu\u2019aux conflits spectaculaires. Dans le film, elle prolonge ce travail en le d\u00e9pla\u00e7ant vers les voix de femmes \u00e2g\u00e9es. Le film assemble les r\u00e9cits de trois femmes et les fait passer par une construction qui privil\u00e9gie la m\u00e9moire collective incarn\u00e9e en un seul afin de porter un message universel. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui ressort le plus dans l\u2019ensemble de son travail est donc la constance d\u2019un regard port\u00e9 sur des formes ordinaires de contrainte, en particulier dans des milieux familiaux et sociaux relativement ordinaires, souvent associ\u00e9s \u00e0 la classe moyenne. Son cin\u00e9ma ne construit pas la domination comme une exception spectaculaire, mais comme une trame quotidienne faite de r\u00e9p\u00e9titions, d\u2019attentes sociales et de rapports de pouvoir int\u00e9rioris\u00e9s, ce qui donne \u00e0 ses films une port\u00e9e \u00e0 la fois intime et sociale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Retours de la critique ! <\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ception de <em>Memorias de un cuerpo que arde<\/em> s\u2019est d\u2019abord construite dans le cadre festivalier de la Berlinale 2024, o\u00f9 le film \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 dans la section Panorama et o\u00f9 il a obtenu le Panorama Audience Award, signe d\u2019un accueil public particuli\u00e8rement favorable. D\u00e8s cette premi\u00e8re circulation, la critique sp\u00e9cialis\u00e9e a surtout insist\u00e9 sur la singularit\u00e9 de sa forme hybride, fond\u00e9e sur l\u2019articulation entre t\u00e9moignage, fiction et m\u00e9moire corporelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Cineuropa<\/em>, Giorgia Del Don qualifie le film de \u00ab cri lib\u00e9rateur \u00bb capable d\u2019unir diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations de femmes confront\u00e9es aux limitations du patriarcat, et met en avant la mani\u00e8re dont le r\u00e9cit relie les voix, les corps et les temporalit\u00e9s dans une m\u00eame continuit\u00e9 sensible. Cette lecture se retrouve dans plusieurs critiques qui valorisent le film moins pour son intrigue que pour sa capacit\u00e9 \u00e0 faire \u00e9merger une m\u00e9moire f\u00e9minine collective \u00e0 partir d\u2019exp\u00e9riences r\u00e9duites au silence.<\/p>\n\n\n\n<p>La presse francophone sp\u00e9cialis\u00e9e a, elle aussi, soulign\u00e9 la force du dispositif. <em>Abus de Cin\u00e9<\/em> insiste sur l\u2019originalit\u00e9 du choix consistant \u00e0 faire porter les souvenirs de plusieurs femmes par un seul personnage, ce qui permet au film de d\u00e9passer le simple t\u00e9moignage individuel. <em>Bande \u00e0 part<\/em> met pour sa part l\u2019accent sur le travail de mise en sc\u00e8ne, en \u00e9voquant des \u00ab plans-s\u00e9quences vertigineux \u00bb par lesquels la cam\u00e9ra accompagne les mouvements de la m\u00e9moire sans les enfermer dans une logique strictement lin\u00e9aire. Dans ces deux cas, la r\u00e9ception reconna\u00eet au film une capacit\u00e9 \u00e0 traduire cin\u00e9matographiquement la stratification du souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres critiques ont formul\u00e9 des r\u00e9serves plus nettes. <em>Zone Critique<\/em> reconna\u00eet l\u2019importance du sujet trait\u00e9, mais consid\u00e8re que le film n\u2019\u00e9chappe pas toujours \u00e0 une certaine pr\u00e9visibilit\u00e9 dans sa mani\u00e8re d\u2019aborder le d\u00e9sir et l\u2019\u00e9mancipation. Dans un registre proche, certaines critiques hispanophones ont salu\u00e9 la port\u00e9e du projet tout en jugeant que son traitement pouvait parfois sembler d\u00e9monstratif ou didactique. Ces r\u00e9serves restent minoritaires, mais elles montrent que la r\u00e9ception n\u2019a pas seulement c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le film pour son sujet mais elle a aussi interrog\u00e9 la mani\u00e8re dont cette parole f\u00e9minine \u00e9tait transform\u00e9e en forme cin\u00e9matographique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, la r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre peut donc \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e par trois traits principaux. Le premier est la reconnaissance d\u2019un dispositif formel original, fond\u00e9 sur la condensation de plusieurs voix dans un seul corps fictionnel. Le deuxi\u00e8me est la valorisation de sa port\u00e9e politique, en particulier dans la mise en visibilit\u00e9 du d\u00e9sir, de la honte et du vieillissement f\u00e9minin. Le troisi\u00e8me est l\u2019existence d\u2019un d\u00e9bat plus limit\u00e9, sur le degr\u00e9 de radicalit\u00e9 du film, certaines critiques saluant sa sensibilit\u00e9 et sa finesse, l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres lui reprochent un traitement parfois trop explicatif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Analyse filmique<\/span><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9moires d\u2019un corps br\u00fblant montre comment ces femmes ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9es par leur contexte social, par les normes religieuses, par la violence domestique et par la place qu\u2019on leur a donn\u00e9e. Le film donne la parole \u00e0 trois femmes, mais il les fait passer par un seul corps \u00e0 l\u2019\u00e9cran, ce qui relie leurs histoires d\u00e8s le d\u00e9but. On n\u2019est donc pas seulement face \u00e0 trois r\u00e9cits s\u00e9par\u00e9s, mais \u00e0 une exp\u00e9rience commune, marqu\u00e9e par le corps, le temps et le silence. Ce choix donne au film une vraie coh\u00e9rence, parce qu\u2019il rapproche la m\u00e9moire intime d\u2019une r\u00e9flexion plus large sur la condition des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps occupe une place centrale dans le film. Il appara\u00eet \u00e0 diff\u00e9rents \u00e2ges, avec ses changements, ses marques et ses fragilit\u00e9s, et le film l\u2019associe au d\u00e9sir, \u00e0 la sexualit\u00e9, \u00e0 la honte, \u00e0 la maladie et au vieillissement. Le corps devient alors un lieu de m\u00e9moire autant qu\u2019un lieu de pr\u00e9sence. Le film ne montre pas seulement ce que ces femmes ont v\u00e9cu dans le pass\u00e9 ; il s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 leur rapport actuel \u00e0 elles-m\u00eames, \u00e0 leur d\u00e9sir et \u00e0 la mani\u00e8re dont elles habitent leur \u00e2ge. Cela donne \u00e0 l\u2019ensemble une port\u00e9e plus large, parce que le corps f\u00e9minin n\u2019est pas r\u00e9duit au regard des autres, mais montr\u00e9 comme un espace o\u00f9 se d\u00e9posent les traces du temps et des rapports de pouvoir. Une r\u00e9flexion sur soi m\u00eame depuis un regard situ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette attention au corps prend tout son sens \u00e0 travers la question du silence. Le film revient sur des exp\u00e9riences longtemps sous le silence, souvent parce qu\u2019elles se sont d\u00e9roul\u00e9es dans un cadre o\u00f9 la sexualit\u00e9 f\u00e9minine n\u2019avait pas vraiment de place, o\u00f9 la culpabilit\u00e9 \u00e9tait inculqu\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t et o\u00f9 la violence conjugale restait enferm\u00e9e dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Ce silence a pes\u00e9 sur la vie de ces femmes, les a pouss\u00e9es \u00e0 int\u00e9rioriser la faute et les a amen\u00e9es \u00e0 garder pour elles ce qu\u2019elles avaient subi. C\u2019est l\u00e0 que le film rejoint une r\u00e9flexion plus large en montrant comment une \u00e9ducation r\u00e9pressive peut continuer \u00e0 agir longtemps apr\u00e8s les faits.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace domestique joue aussi un r\u00f4le important. La maison, la salle de bain, les chambres, les couloirs et les objets du quotidien gardent les souvenirs, les tensions et les gestes de la vie ordinaire, tout en montrant la mani\u00e8re dont les exp\u00e9riences intimes s\u2019inscrivent dans un cadre tr\u00e8s concret. Le film fait ainsi sentir que les violences, les tabous et les formes de contr\u00f4le restent pr\u00e9sents dans les pi\u00e8ces ferm\u00e9es, les miroirs, les portes, les v\u00eatements suspendus et les objets familiers. Cette attention aux lieux renforce la force du film, parce qu\u2019elle relie ce que les femmes racontent \u00e0 l\u2019espace o\u00f9 elles ont v\u00e9cu, aim\u00e9, travaill\u00e9 ou souffert.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3994\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.12.02.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3995\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.16.10.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Le film ne se limite pas pour autant \u00e0 l\u2019enfermement ou \u00e0 la souffrance. Il montre aussi le d\u00e9sir, l\u2019humour, la tendresse et la persistance d\u2019une vie int\u00e9rieure qui ne dispara\u00eet pas avec l\u2019\u00e2ge. Le vieillissement prend ici la forme d\u2019une autre mani\u00e8re d\u2019habiter son corps et de se rapporter \u00e0 soi. Le film insiste sur cette continuit\u00e9, en montrant que le d\u00e9sir peut rester pr\u00e9sent, que le regard sur soi peut encore exister et que la vieillesse ne fait pas dispara\u00eetre la subjectivit\u00e9. Cette dimension ouvre le film et emp\u00eache de r\u00e9duire ces femmes \u00e0 leur pass\u00e9 ou \u00e0 ce qu\u2019elles ont subi.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est finalement dans l\u2019articulation entre m\u00e9moire, corps, silence et espace que le film trouve sa force. Proposant une r\u00e9flexion continue sur la mani\u00e8re dont les femmes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es par leur contexte social, par les normes religieuses, par la violence domestique et par la place qu\u2019on leur a donn\u00e9e. En donnant \u00e0 entendre ces voix et en les reliant \u00e0 un corps qui traverse le film et fait appara\u00eetre une exp\u00e9rience \u00e0 la fois intime et collective, personnelle et sociale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3993\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-14.15.18.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Analyse d&rsquo;une s\u00e9quence<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette s\u00e9quence s\u2019ouvre sur la femme <em>(Sol Carballo , interpr\u00e8te qui incarne la voix off de ces trois femmes)<\/em> dans la salle de bain, au moment o\u00f9 elle parle de son \u00e2ge, de sa peau qui change, de ses yeux qui ne sont plus les m\u00eames et de cette peur tr\u00e8s concr\u00e8te de rester seule si quelque chose lui arrive. Le film reste avec elle dans cet espace ferm\u00e9, au plus pr\u00e8s de son visage et de son corps, et laisse d\u00e9j\u00e0 appara\u00eetre une forme de vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui ne tient pas \u00e0 une id\u00e9e abstraite du vieillissement mais \u00e0 une situation particuli\u00e8re , celle d\u2019une femme qui pense \u00e0 ce qu\u2019elle deviendrait si elle ne pouvait plus appeler quelqu\u2019un ou obtenir de l\u2019aide. \u00c0 partir de l\u00e0, la parole glisse vers un souvenir d\u2019enfance, et la sc\u00e8ne change de poids sans changer de lieu, puisque le pass\u00e9 revient dans la m\u00eame pi\u00e8ce, \u00e0 travers le m\u00eame corps, avec la m\u00eame sensation de blocage. Elle raconte qu\u2019\u00e0 onze ans, alors qu\u2019elle travaillait dans une maison, elle a vu un homme et une femme avoir des relations sexuelles, puis qu\u2019on l\u2019a ensuite envoy\u00e9e laver cet homme sans lui donner d\u2019explication, avant de pr\u00e9ciser qu\u2019elle n\u2019en a parl\u00e9 \u00e0 personne parce qu\u2019elle savait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019on la ferait passer pour une enfant fautive. Cette p\u00e9riode devient le point de d\u00e9part d\u2019une honte qui s\u2019est install\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t, dans une situation o\u00f9 l\u2019enfant a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e seule avec ce qu\u2019elle avait vu et avec la faute qu\u2019on lui a renvoy\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"461\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-1024x461.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3985\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-1024x461.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-300x135.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-768x346.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-1536x692.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33-676x305.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-10.59.33.png 1922w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"618\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-1024x618.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3986\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-1024x618.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-300x181.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-768x463.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-1536x927.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56-676x408.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.24.56.png 1830w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans cette sc\u00e8ne, le marteau permet de sortir de l\u2019enfermement. La femme casse le verrou pour ouvrir la porte, et le film suit ce geste dans le prolongement de la parole. La salle de bain devient un lieu fort en souvenir, o\u00f9 le pass\u00e9 reste pr\u00e9sent et o\u00f9 la sortie semble n\u00e9cessaire. La r\u00e9p\u00e9tition de \u00ab por mi culpa \u00bb montre aussi que la culpabilit\u00e9 est profond\u00e9ment ancr\u00e9e et qu\u2019elle revient comme quelque chose qu\u2019elle porte depuis longtemps. \u00c0 travers cette sc\u00e8ne, le film montre surtout comment la faute est int\u00e9rioris\u00e9e par les femmes dans un cadre marqu\u00e9 par des normes patriarcales et religieuses. Dans cette perspective, la sc\u00e8ne ne parle pas seulement d\u2019un souvenir ou d\u2019un malaise intime, mais aussi d\u2019un m\u00e9canisme plus large de contr\u00f4le des corps et des voix f\u00e9minines mis en lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3987\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.32.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3988\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.25.51.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La fin de la s\u00e9quence prolonge cette logique d\u2019enfermement. Une fois dehors, la femme traverse le couloir et ouvre les portes les unes apr\u00e8s les autres, comme si elle cherchait \u00e0 se d\u00e9gager d\u2019un espace qui continue de la retenir. Ce d\u00e9placement donne \u00e0 voir une lib\u00e9ration incompl\u00e8te, parce que la violence ne dispara\u00eet pas avec l\u2019ouverture des portes. Cette sc\u00e8ne ouvre une plaie et fait la  rencontre entre un souvenir d\u2019enfance, une honte longtemps gard\u00e9e, une parole religieuse qui culpabilise et un geste qui tente de rompre avec cet enfermement. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"615\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-1024x615.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3989\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-1024x615.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-300x180.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-768x461.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-1536x923.png 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02-676x406.png 676w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/arts-innovation-amerique-latine\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-04-a-12.26.02.png 1838w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Bibliographie<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Abus de Cin\u00e9. (2024, 17 novembre). <em>Critique film \u2013 M\u00c9MOIRES D\u2019UN CORPS BR\u00dbLANT<\/em>. <em>Abus de Cin\u00e9<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.abusdecine.com\/critique\/memorias-de-un-cuerpo-que-arde\/ \">https:\/\/www.abusdecine.com\/critique\/memorias-de-un-cuerpo-que-arde\/ <\/a><\/p>\n\n\n\n<p>AlloCin\u00e9. (2024, 19 novembre). <em>M\u00e9moires d\u2019un corps br\u00fblant \u2013 Film 2024<\/em>. <em>AlloCin\u00e9<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=326734.html\">https:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=326734.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Bande \u00e0 Part. (2024, 20 novembre). <em>Critique : M\u00e9moires d\u2019un corps br\u00fblant \u2013 Antonella Sudasassi Furniss<\/em>. <em>Bande \u00e0 Part<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.bande-a-part.fr\/cinema\/critique\/magazine-de-cinema-memoires-d-un-corps-brulant-antonella-sudasassi-furniss\/\">https:\/\/www.bande-a-part.fr\/cinema\/critique\/magazine-de-cinema-memoires-d-un-corps-brulant-antonella-sudasassi-furniss\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Berlinale. (2024). <em>Memorias de un cuerpo que arde | Memories of a Burning Body<\/em>. <em>Berlinale Programme<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.berlinale.de\/en\/2024\/programme\/202406760.html\">https:\/\/www.berlinale.de\/en\/2024\/programme\/202406760.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cineuropa. (2024, 19 f\u00e9vrier). <em>Critique : M\u00e9moires d\u2019un corps br\u00fblant<\/em>. <em>Cineuropa<\/em>. <a href=\"https:\/\/cineuropa.org\/fr\/newsdetail\/457136\/\">https:\/\/cineuropa.org\/fr\/newsdetail\/457136\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Fern\u00e1ndez Aguilar, M. (2019). Deliciosas tempestades. Las mujeres y la educaci\u00f3n sexual en Costa Rica entre las d\u00e9cadas de 1920 y 1960. <em>Descentrada, 3<\/em>(1), 1\u201318. <a href=\"https:\/\/www.descentrada.fahce.unlp.edu.ar\/article\/view\/e066\">https:\/\/www.descentrada.fahce.unlp.edu.ar\/article\/view\/e066<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ministerio de Salud de Costa Rica. (2025). <em>Bolet\u00edn Epidemiol\u00f3gico N\u00b0 03 de 2025 \u2013 Violencia Intrafamiliar<\/em>. <em>Ministerio de Salud de Costa Rica<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.ministeriodesalud.go.cr\/index.php\/biblioteca\/material-educativo\/material-publicado\/boletines\/boletines-vigilancia-vs\">https:\/\/www.ministeriodesalud.go.cr\/index.php\/biblioteca\/material-educativo\/material-publicado\/boletines\/boletines-vigilancia-vs<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nour Films. (2026, 23 avril). <em>M\u00e9moires d\u2019un corps br\u00fblant<\/em>. <em>Nour Films<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.nourfilms.com\/cinema-independant\/memories-of-a-burning-body\/\">https:\/\/www.nourfilms.com\/cinema-independant\/memories-of-a-burning-body\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Observatorio de Violencia de G\u00e9nero contra las Mujeres y Acceso a la Justicia. (2024). <em>Femicidio \u2013 Estad\u00edsticas oficiales<\/em>. <em>Poder Judicial de Costa Rica<\/em>. <a href=\"https:\/\/observatoriodegenero.poder-judicial.go.cr\/index.php\/soy-especialista-y-busco\/estadisticas\/femicidio\">https:\/\/observatoriodegenero.poder-judicial.go.cr\/index.php\/soy-especialista-y-busco\/estadisticas\/femicidio<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 du film Dans M\u00e9moire d\u2019un corps br\u00fblant (2024), la r\u00e9alisatrice costaricienne Antonella Sudasassi propose une r\u00e9flexion sensible sur le rapport au corps, au d\u00e9sir et au temps chez les femmes \u00e2g\u00e9es. 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