Arte povera (ou Art pauvre)

L'igloo est ici l'image de la survivance, montre comment le mode de vie des cultures nomades est en harmonie avec son environnement.

Mario Merz – « Igloo de Giap » – 1968 (Centre George Pompidou) – Armature de fer, sacs de plastique remplis de terre, tubes de néon, batteries, accumulateurs – Diamètre : 120 x 200 cm

Assemblage de matériaux volontairement opposés par leur texture (le froid, le chaud) et reconstitution d'une unité par la teinte.

Jannis Kounellis – « Sans titre » – 1969 (Centre George Pompidou) – Plaque d’acier et cheveux – Dim. : 100,5 cm x 70,5 cm x 5 cm

Cette œuvre s’inscrit dans un programme d’imitation parodique de la nature et de tentative de reconstruction des gestes élémentaires de l’homme dans sa lutte pour la survie, ainsi que le suggèrent les flèches évoquées.

Pino Pascali – « Les plumes d’Ésope » – 1968 (Centre George Pompidou) – Armature en bois, laine d’acier tressée, plumes – Profondeur : 35 cm – Diamètre : 150 cm

 

Sorte de matrice de l'origine de la création.

Giuseppe Penone – « Le souffle » – 1978 (Centre George Pompidou) – Terre cuite – Dimensions : 158 cm x 75 cm x 79 cm

Le contraste entre l’élément minéral, en l’occurrence du granit souvent utilisé dans l’art funéraire, et la laitue fraîche, signe de vitalité, souligne l’effet de l’altération du temps et la fragilité du monde vivant.

Giovanni Anselmo – « La structure qui mange » – 1968 (Centre George Pompidou) – Granit, fils de cuivre et laitue fraîche – Dimensions : 70 cm x 23 cm x 37 cm

Le terme « Arte povera » a été inventé par Germano Celant à l’occasion d’une exposition organisée à Gênes en septembre 1967 pour désigner l’émergence, en Italie, d’un ensemble de nouvelles pratiques artistiques.

L’Arte povera tient son nom du fait que les artiste utilisent des matériaux « pauvres » tels que sable, chiffons, terre, bois, végétaux, plumes, cheveux, corde, toile de jute, vêtements usés… et les positionnent comme éléments artistiques de composition.

Socialement engagés sur un mode révolutionnaire (analogie de l’art et de la guérilla), les artistes de l’Arte povera contestent :

l’idée traditionnelle selon laquelle l’art occupe une réalité intemporelle

Ils donnent une place fondamentale aux matériaux périssables qu’ils utilisent dans le but d’effacer la distinction conventionnelle entre l’art et la vie quotidienne.

l’industrie culturelle et la société de consommation

Préférant l’instinct, le naturel et l’éphémère, ils défient l’industrie culturelle et plus largement la société de consommation. Selon eux, l’artiste doit renoncer au besoin d’un équipement qui le rendrait dépendant de l’économie et des institutions culturelles. Donner à l’œuvre une durée de vie limitée ou la composer de matières irrécupérables est pour eux une des manières de la soustraire à la catégorie des biens de consommation. Ils privilégient le geste créateur au détriment de l’objet fini.

la suprématie du marché de l’art américain

Ils s’opposent aux grands courants américains de l’époque tels que l’Op’Art (tableau-objet) ou le Pop’Art (emploi de procédés publicitaires) dans lesquels ils voient l’œuvre d’art assimilée à un produit.

l’assignation d’une identité à leur groupe

Ils refusent de se laisser enfermer dans une définition, résistent à toute tentative d’appropriation et rejettent la qualification de « mouvement » pour lui préférer celle d’ « attitude ». Ils revendiquent un art qui se veut foncièrement nomade, insaisissable.

Quelques uns des principaux artistes qui se sont inscrits dans cette « attitude », essentiellement entre 1966 et 1969 :

  • Giovanni Anselmo,

  • Germano Celant,

  • Jannis Kounellis,

  • Mario Merz,

  • Pino Pascali,

  • Giuseppe Penone.