Expressionnisme abstrait

Ce mouvement s’est développé aux Etats-Unis, après la seconde guerre mondiale. C’est une tendance féminine qui domine, un mouvement d’avant-garde. L’expressionnisme abstrait touche principalement la peinture, mais également la sculpture et la photographie. On utilise l’objet-tableau dans la sculpture.

 

Ce mouvement stylistique naît à New York, dans les années 1945-60, avec un rassemblement d’artistes new-yorkais : on parle d’école de New York qui partage une conception tragique de la vie. C’est un surréalisme tardif issu d’une réaction commune. Aucun manifeste n’a été rédigé par ces artistes, car selon eux, l’œuvre plastique doit se suffire à elle-même.

Il se caractérise par de grandes toiles peintes sur toute la surface et met en valeur la matière et la couleur utilisée alors comme matière. La principale caractéristique de ce mouvement est une nouvelle relation au geste.

 

On classe généralement l’expressionnisme abstrait en deux courants :

  • Action painting : peinture gestuelle ou peinture d’action ;
  • Colorfield painting : champ coloré.

 

Les artistes de l’action painting peignent avec des gestes rapides. Ils s’attachent donc à la gestuelle de l’artiste (l’acte physique de peindre) mais aussi à la consistance de la peinture. Pour l’artiste Pollock, la toile devient le lieu d’un évènement, une idée de l’engagement émotionnel, physique et réel ; le geste est instantané. L’engagement du corps est aussi important que l’engagement du psychisme. On rompt avec la tradition et on dissocie le fond de la forme (technique du dripping = faire des superpositions de plusieurs couleurs d’un même spectre sur une toile). Pour Greenberg, l’art doit s’adapter, renoncer aux méthodes illusionnistes et ne pas croire au progrès, sauf en art. Il considère l’art comme autonome. Enfin, pour De Kooning, il faut mettre à distance sa subjectivité, se tourner vers l’extérieur. L’artiste doit faire de la figuration. Les principaux représentants de l’action painting son Willem de Kooning, Lee Krasner, Franz Kline, Jackson Pollock, Greenberg et Robert Motherwell.

 

Contrairement au premier courant, les artistes du colorfield painting utilisent des aplats de couleurs vives et font disparaître la notion de profondeur de leur travail. C’est un traitement de la surface comme un champ, un refus du décoratisme qui donne accès à une révélation. C’est une idée de l’expérience, un rapport tragique de la petitesse de l’univers. Les principaux représentants sont Mark Rothko, Arnold Gottlieb, Clyfford Still et Barnett Newman.

 

Ce mouvement se détache de l’art américain qui se développe en masse dans ces années-là : le pop-art.

 

 

Pollock, Autumn Rythm (Number 30), 1950, 266.7 x 525.8 cm, peinture-émail sur toile, Metropolitan Museum of Art, New York

Pollock, Autumn Rythm (Number 30), 1950, 266.7 x 525.8 cm, peinture-émail sur toile, Metropolitan Museum of Art, New York

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Motherwell, Elegy to the Spanish Republic, 54, 1957-1961, 1,78 m x 2,29 m, peinture à l'huile, Museum of Modern Art, New York

Motherwell, Elegy to the Spanish Republic, 54, 1957-1961, 1,78 m x 2,29 m, peinture à l’huile, Museum of Modern Art, New York

De Kooning, Woman I, série des années 1950, 192.7 x 147.3 cm, huile sur toile, Museum of Modern Art, New York

De Kooning, Woman I, série des années 1950, 192.7 x 147.3 cm, huile sur toile, Museum of Modern Art, New York

 

Mark Rothko, White Center (Yellow, Pink and Lanvender on Rose), 1950, 1,42 x 2,06 cm, peinture à l'huile, The Royal family of Qatar

Mark Rothko, White Center (Yellow, Pink and Lanvender on Rose), 1950, 1,42 x 2,06 cm, peinture à l’huile, The Royal family of Qatar

Barnett Newman, Voice of Fire, 1967, 540 x 240 cm, acrylic on canvas, National Gallery of Canada, Ottawa

Barnett Newman, Voice of Fire, 1967, 540 x 240 cm, acrylic on canvas, National Gallery of Canada, Ottawa