Expressionnisme

Symptôme de la contestation interne qui agite l’empire Allemand dés la fin du XIXe siècle, l’expressionnisme établit la valeur de l’oeuvre en fonction de son intensité dramatique.
Les données plastiques ne sont pas évacuées, mais elles deviennent secondaire, le peintre procédant par déformations, outrances et autres provocation, pour interdire au spectateur de s’abuser su la neutralité de se vison.
Les précurseurs:
Si expressionnisme est surtout un mouvement de la première partie du XXe siècle, il a été préparé par Cézanne, Gauguin, Van Gogh et Toulouse Lautrec. Mais les deux principaux précurseurs restent Ensor et Munch.
Cézanne a commencé à montrer ce que sera l’expressionnisme dans ses grandes toiles de baigneuse, qui opèrent la fusion de l’être humain et du décor naturel, accumulation de fragments d’espace autonomes mais interdépendants.
Les expressionnistes allemands se rappelleront cette leçon dans leurs propres recompositions de paysages mélancoliques, miroirs de la condition de l’homme.
Dés 1883, Van Gaugh s’est engagé dans une voie proche de l’expressionnisme, préparant ses toiles par de nombreux croquis et dressant un tableau pessimiste du monde.
En 1885 il entame la série des Autoportraits, par la suite sa production ne cesse de gagner en tourment pour aboutir a sa dernière oeuvre « Champs de blé aux corbeaux ».
Toulouse-Lautrec, précurseur des expressionnistes et des fauves, demeure un artiste inclassable; dans les dernières années, la violence du coloris et l’énergie du trait laissent augurer les turbulences expressionnistes du XXe siècles naissant.
La Violence de l’expression…
Deux oeuvres ont immédiatement fait figure d’emblème expressionniste, L’Entrée du Christ à Bruxelles d’Ensor et Le Cri de Munch.
Dans le premier tableau, le masque est associé au thème religieux, dans une atmosphère de refus dérisoire et de violente satire sociale; au milieu de la composition, un Christ fragile et minuscule est entraîné par une foule bigarrée et grotesque. Désordre, mensonge et hypocrisie sont dénoncés par le joyeux cortège délirant qui n’est pas sans évoquer les lointains aînés d’Ensor, Bosh et Bruegel.
Dans Le Cri l’angoisse est a son comble, l’homme hurle contre la souffrance et la mort, contre son irrémédiable solitude. La viscosité des formes et la crudité de la palette associées au service d’une volonté expressive maximale.
… Au service d’un cri esthétique
Décelable chez tous ses adeptes, l’épaisseur de l’empattement, la rudesse de la touche et l’audace de la composition caractérisent la première phase de expressionnisme. L’être humain est primordial, le décor n’étant que le miroir de ses désordres intérieurs, et sa misère morale étant traduite par la déchéance physique comme par le caractère obsessionnel de ses pulsion érotiques et macabres.

 

Les plus grandes oeuvres:
– Ensor, L’Entrée du Christ à Bruxelles, 1889

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– Much, Le Cri, 1893

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– Ernst Ludwig Kirchner, Scène de rue à Berlin, 1913

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– Otto Dix, La Guerre, 1929 – 1932

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– Vincent van Gogh, Oliviers avec les Alpilles à l’arrière-plan, 1889

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Pour aller plus loin : http://www.art-expressionnisme.com/