Cobra

Le mouvement Cobra, ou CoBrA (acronyme de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam), est né en 1948, à Paris, autour de Christian Dotremont et Joseph Noiret (écrivains belges), du Danois Asger Jorn et des Hollandais Karel Appel, Constant Anton Nieuwenhuis, dit Constant, et Cornelis van Beverloo, dit Corneille. Ce mouvement se caractérise par une volonté délibérément non conformiste. Constant, Appel et Corneille font partie du Groupe expérimental hollandais fondé au début de 1948 et dont la revue Reflex était le porte-parole. Ils se posent contre les courants formalistes qui se forment alors à Paris. Leur non-volonté de théoriser leur mouvement se trouve dans le bref manifeste, La cause était entendue. La revue Cobra, organe officiel du mouvement (qui connaîtra une diffusion limitée), témoigne une volonté décentralisée tant géographiquement (elle a été tour à tour publiée dans les trois villes à l’origine du mouvement) qu’artistiquement : poèmes, textes théoriques, bandes dessinées, photographies, agendas d’expositions. Le mouvement se dissout en 1951.

Les artistes cobras utilisent la peinture à l’huile, la gouache, l’aquarelle, le dessin et la gravure. L’imagerie appartient à l’imaginaire collectif, au psychisme, aux rêves enfouis en chacun de nous, qu’un art sauvage fait surgir grâce aux couleurs faites d’aplats, aux formes tourmentées : les dessins sont violents, expressifs, simplificateurs. Ces œuvres traduisent la spontanéité et la liberté des artistes. Les artistes mêlent la littérature à l’expression artistique et participent collectivement à la création d’œuvres. Certains se sont intéressés à la calligraphie japonaise et à l’Action painting, comme Pierre Alechinsky.

Pierre Alechinsky et Christian Dotremont, 1972

Pierre Alechinsky et Christian Dotremont, 1972, Linogravure (48,5 cm x 65,5 cm) Paris, Centre Pompidou

 

Corneille, 1952, Huile sur toile (88 cm x 115 cm), Cobra Museum, Amstelveen

Cornelis van Beverloo, dit Corneille, L’Homme dans la ville, 1952, Huile sur toile (88 cm x 115 cm),
Cobra Museum, Amstelveen

 

Karel Appel, 1948, Sculptures, Huile sur bois (85 cm x 56 cm), Paris, Centre Pompidou

Karel Appel, Enfants interrogateurs, 1948, Sculptures, Huile sur bois (85 cm x 56 cm), Paris, Centre Pompidou