Abstraction (Paris)

Artiste choisi : Pieter Cornelis Mondriaan, dit Piet Mondrian (1872-1944)

Pieter Cornelis Mondriaan naît à Amersfoort (Pays-Bas) en 1872. C’est par son oncle, qui est peintre impressionniste, qu’il fait ses premiers pas dans l’art. Il commence une carrière de professeur de dessin en école primaire et secondaire.

En 1893, il intègre l’Académie des Beaux-Arts d’Amsterdam. Ses premières œuvres sont des natures mortes et des paysages influencés par le naturalisme. Cependant, il n’y trouve pas son compte et se met à réfléchir, pendant vingt ans, sur une nouvelle définition de la peinture. Durant cette période, il réalise des tableaux ésotériques, dont la racine est, cette fois, le symbolisme et le peintre Jan Toorop ; il simplifie la structure de son œuvre, et passe par la touche divisionniste pour le traitement de la couleur. Il explore également le fauvisme, emprunté à l’artiste néerlandais Van Dongen, installé à Paris. Mondrian se rend dans la capitale en 1912.

C’est à Paris qu’il découvre le cubisme, mouvement qui aboutit vite à l’abstraction (cf. question du traitement de l’espace sur une toile). L’abstraction le conduit à rationnaliser son art et à rompre avec la relation entre peinture et réalité. Dès lors, Mondrian adopte le principe des lignes noires (différents angles de la réalité chez les cubistes), résultat du dépouillement de la ligne droite et de la décomposition de la forme.

En 1914, retourné aux Pays-Bas, il doit y rester à cause de la guerre. On assiste, durant cette période, à l’aboutissement, au renouveau de l’abstraction découverte à Paris. En 1917, sa composition, de forme mathématique, définit les éléments : carrés de couleurs primaires sur un fond blanc, à l’intérieur de lignes noires croisées. Il appellera ce principe le « néo-plasticisme », dont il explique les fondamentaux dans un manifeste daté de 1920. Mondrian y travaillera jusqu’à son décès en 1944, à New York.

 

Notice d’œuvre : Composition II avec rouge, jaune et bleu, Piet Mondrian

1930 ; huile sur toile

45 x 45 cm

Zurich, Kunsthaus

 

On remarque ici la réduction d’une réalité à ses deux fondamentaux : forme (carrés, rectangles) et couleur (rouge, bleu, jaune, blanc, noir).

Son œuvre est en fait peinte sur l’idée de la mathématique plastique, propre à l’école théosophique hollandaise, dont Mondrian a fait partie. D’après l’artiste lui-même, l’horizontalité et la verticalité des lignes évoquent « deux forces opposées, dont l’action réciproque constitue la vie ». De plus, elles constituent l’équilibre de la nature.

Art, esprit et matière se fusionnent en une harmonie qui est la base du néo-plasticisme ; l’essence spirituelle de la vie est suggérée.