Tamara de Lempicka

Tamara de Lempicka : Entre cubisme et Art déco.

 

Née en 1898 dans une famille aisée de Varsovie, Tamara s’installe en 1918 à Paris, où elle commence des cours de peinture. Sa principale source d’inspiration vient de son professeur André Lhote, inventeur d’un cubisme dit « synthétisé », on parle de Néo Cubisme ; un cubisme lissé devenu « acceptable ». Tamara de Lempicka ne cessera d’utiliser ce style tout au long de sa vie.

 

Autoportrait (Tamara dans la Bugatti verte), 1925, Huile sur bois, 35×26 cm, collection privée

 

Ce mouvement prend de l’ampleur jusqu’en 1925 où se tient l’exposition des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris. On assiste à la naissance du mouvement Art Déco qui montre la préoccupation de l’unité de style dans la décoration. C’est une tentative de synthèse entre cubisme et figuration stylisée. Dans les années 30, on remarque un « retour à l’ordre », on parle de Néo classicisme.

Tamara baigne dans ces milieux et s’inspire de ces courants. Les personnages qu’elle peint sont en prise avec son temps et son milieu : époque de luxe et de facilité pour les riches, dont elle fait partie. Ces femmes qu’elle peint sont des icones voire des modèles qui arborent les tenues à la mode. On peut même dire que Tamara de Lempicka participe à une édification bourgeoise d’une certaine peinture, contre l’art abstrait et le surréalisme. Querelle de son temps.

Cependant à sa façon de peindre l’intensité psychique de ses modèles, d’en montrer les tics et les rictus, ses personnages semblent plus vivants que jamais. En introduisant l’outrance et les impressions de cafards sur ses portraits, Tamara fait voler en éclat les stéréotypes d’édifications féminines d’alors. La critique vante son « Ingrisme pervers », ce qui lui vaut une certaine publicité.

 

Femmes au bain, 1929, Huile sur toile, mesures inconnues, collection privée

 

Dans les années 60, Tamara change de style et fait ses débuts dans l’« Abstraction », sans grand succès.

Alors que ses travaux semblent oubliés du grand public, une rétrospective de ses œuvres est organisée en 1972 par la Galerie du Luxembourg à Paris.

Elle meurt le 18 mars 1980.

La belle Rafaëla, 1927, Huile sur toile, 64×91 cm, Paris, collection privée.

Source : Gilles Néret, De Lempicka, Taschen