Fauvisme – Henri Matisse

La joie de vivre, Henri Matisse, 1905-1906, (huile sur toile de 175 x 241 cm), Fondation Barnesv aux États-Unis

Le Fauvisme

Le fauvisme est un courant artistique qui aurait commencé à voir le jour en 1896 avec les premières œuvres d’Henri Matisse mais qui est véritablement né au début du XXème siècle. A l’occasion du Salon d’automne de 1905, le critique Louis Vauxcelles aurait dit « C’est Donatello chez les fauves ! » en parlant d’une sculpture d’Albert Marquet. Le terme de « fauve » est resté et a caractérisé ce courant, d’où le mot « fauvisme » qui apparaîtra un peu plus tard pour désigner à la fois le groupe d’artistes et leurs oeuvres. Cette exposition a été par la suite rebaptisée « La cage aux fauves ».  Ce mouvement s’est développé en Allemagne, en Russie ainsi qu’en République Tchèque.

Les fondements de ce mouvement sont l’utilisation de couleurs très fortes d’où le nom de fauves. De plus les peintres ont abandonné les normes esthétiques et ne peignent que ce dont ils ont envie ou bien les tableaux qu’on leur a commandés. Les tableaux appartenant à ce mouvement ont été mal perçu car les couleurs étaient trop fortes.

Les peintres de ce courant ont la caractéristique de placer le monde au service de la couleur. Dans ses Ecrits et propos sur l’art, Henri Matisse affirme que « Le fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec des couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. » En effet, on peut noter la présence de couleurs vives qui nous donne l’impression de regarder une œuvre chargée d’émotions mais aussi de valeurs symboliques. Les fauvistes n’utilisent pas l’ombre et la lumière. Les principaux peintres fauvistes sont André Derain, Kees van Dongen, Albert Marquet, Henri Matisse et Maurice de Vlaminck.

Le mouvement fauvisme prendrait fin vers 1908 car la plupart des peintres se sont orientés vers d’autres courants sauf dans le cas de Kees Van Dongen.

Henri Matisse

Henri Matisse est né le 31 décembre 1869 à Cateau-Cambrésis et il est mort le 3 novembre 1954 à Nice. C’est un peintre, graveur, dessinateur, sculpteur français de son nom d’origine Henri-Emile-Benoît Matisse.

Avant de devenir peintre, Henri Matisse a fait des études de droit à Paris en 1887, avant de se tourner vers l’art en 1891. A ses débuts, il peint des paysages et des natures mortes. En 1896, Matisse va exposer 5 tableaux dans le salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Lors de ses voyages sur l’île de Belle Île en Mer, il va rencontrer le peintre John Peter Russell dont il dira par la suite « Russell a été mon professeur et m’a expliqué la théorie des couleurs. »

En 1904, il va peindre Luxe, calme et volupté. Mais il n’en sera pas satisfait allant même jusqu’à dire « Mes couleurs dominantes, censées être soutenues et mises en valeur par les contrastes, étaient en fait dévorées par les contrastes, que je faisais aussi importants que les dominantes. Ceci m’amena à peindre par aplats : ce fut le fauvisme. »

Lors du Salon d’automne de 1905, lorsqu’il accroche ses œuvres aux côtés de celles d’Albert Marquet, d’André Derain, de Maurice de Vlaminck et de Kees van Dongen cela provoque un scandale car les couleurs pures et violentes sont posées en aplat sur les toiles. L’une de ses œuvres en particulier sera la cible des remarques, il s’agit du tableau La Femme au chapeau, qui représente son épouse qui sera par la suite acheté par Gertrude et Léo Stein.

La femme au chapeau, Henri Matisse, 1905 ( huile sur toile de 80,65 x 59,69 cm), Musée d’Art Moderne de San Francisco

Cela aura pour effet d’apaiser Matisse qui était démoralisé par la mauvaise perception de son œuvre. Cette période marquera aussi la reconnaissance du travail effectué par Matisse et il deviendra le chef de file du fauvisme.

 

Matisse s’en explique ainsi :

« Le fauvisme secoue la tyrannie du divisionnisme. On ne peut pas vivre dans un ménage trop bien fait, un ménage de tantes de province. Ainsi on part dans la brousse pour se faire des moyens plus simples qui n’étouffent pas l’esprit. ll y a aussi à ce moment, l’influence de Gauguin et Van Gogh. Voici les idées d’alors : construction par surfaces colorées, recherche d’intensité dans la couleur. La lumière n’est pas supprimée, mais elle se trouve exprimée par un accord des surfaces colorées intensément. Mon tableau La Musique était fait avec un beau bleu pour le ciel, le plus bleu des bleus. La surface était colorée à saturation, c’est-à-dire jusqu’au point où le bleu, l’idée du bleu absolu, apparaissait entièrement, le vert des arbres et le vermillon vibrant des corps. J’avais avec ces trois couleurs mon accord lumineux, et aussi la pureté dans la teinte. Signe particulier, la couleur était proportionnée à la forme. La forme se modifiait, selon les réactions des voisinages colorés. Car l’expression vient de la surface colorée que le spectateur saisit dans son entier. »

A partir de ce salon, il ne cessera d’exposer et de vendre ses toiles. En 1909, le collectionneur russe Chtchoukine lui commande 2 œuvres, La Danse et La Musique. En 1938, Matisse va s’installer à l’hôtel Régina de Cimiez, il y réalisera ses derniers chefs-d’œuvre. En 1947 il créera Jazz, puis La Tristesse du roi en 1952. En parallèle, en 1952 le musée Matisse ouvre ses portes à Cateau-Cambrésis, la ville natale de Matisse.

La tristesse du roi, Henri Matisse, 1952, (huile sur toile de 2,92 x 3,86 m), Centre National d’art et de culture Georges Pompidou

Au total, ce sont plus d’une cinquantaine d’œuvres que Matisse a peintes, près de 500 pièces gravées (eaux-fortes, bois, lithographies), séries de sculptures tirées en bronze (bustes de Jeannette, 1910-1913 ; quatre Nus de dos, bas-reliefs, 1909-1930), mais aussi des illustrations de livres : Poésies de Mallarmé (1932), Lettres de la religieuse portugaise (1946), Florilège des Amours de Ronsard (1948) ou bien Les Fleurs du Mal de Baudelaire (1944).

Sites utilisés :

https://www.universalis.fr/encycloedie/fauvisme/

http://www.le-fauvisme.com/henri-matisse.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Matisse

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-matisse/ENS-matisse.htm