Nouveau Réalisme – César Baldaccini

Le Nouveau Réalisme est un mouvement artistique français qui survient dans l’après-guerre. Ce mouvement, dont la principale activité s’est déroulée entre le milieu des années 50 et le milieu des années 60, est tout à fait représentatif de la volonté de renouvellement du milieu artistique. De manière concrète, le Nouveau Réalisme naît le 27 octobre 1960, avec la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, supervisée par le critique Pierre Restany et le peintre Yves Klein. Ils souhaitent ainsi réunir les artistes qui « créent de nouvelles approches perspectives du réel ».

La principale caractéristique de ce mouvement est la récupération du réel par l’artiste, comme une sorte de réappropriation du monde physique par l’art.

Restany définit cela comme le « recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ». De ce fait, les matériaux utilisés par les artistes du Nouveau Réalisme sont hétéroclites; d’objets en plastique en passant par des affichages publicitaires jusqu’à des pièces de voiture, ils récupèrent tout ce qui les inspirent.

Ce choix particulier illustre tout à fait la volonté de s’opposer à la peinture abstraite de leur temps ( Pollock par exemple) en ancrant leurs œuvres dans la réalité temporelle qui fut la leur. Cependant, ils ne se tournent pas vers la figuration non plus, leur objectif étant de créer des symboles de la consommation, dont la nature issue du réel rend inutile une quelconque représentation de celui-ci.

Si l’idéologie créatrice du mouvement est commune, les artistes y étant apparentés l’exprime avec des techniques et des méthodes bien distinctes.
Pour César, cela passait par la compression d’objets métalliques, tandis qu’Arman accumulait des objets qu’il disposait de manière plus ou moins complexe.
Hains et Villeglé, de leur côté, travaillaient en déchirant et collant des affiches alors que Raysse assemblait des objets en plastique du quotidien.
Klein, quant à lui, peut être considéré comme un des précurseurs des « performances » avec son « anthropométries »  où des femmes nues enduites de peinture se roulant sur une toile réalisent une création visuelle devant les spectateurs.

Le Nouveau Réalisme sera mis en comparaison, sur la scène internationale, avec un art américain, le Pop Art. Le message qui est transmis par les deux mouvements semble différent, bien que les méthodes de travail puissent parfois connaître des ressemblances.
Pierre Restany s’opposera vivement à la comparaison de ces deux mouvements, du moins jusqu’à la dissolution du mouvement du Nouveau Réalisme en 1965.

 

 

César Baldaccini est l’artiste auquel nous allons nous intéresser plus en avant.
D’origine italienne et né à Marseille en 1921, César suivit des cours à l’école supérieure des beaux arts de Marseille entre 1935 et 1939. En 1943, il est accepté à l’école supérieur des beaux arts de Paris, mais il ne fit que deux ans et ne termina pas cette formation. Son cheminement vers le mouvement du nouveau réalisme se fit d’abord de manière pragmatique. Ne pouvant effectuer de sculpture sur pierre pour des raisons de coûts, César se dirige dés 1947 vers des matériaux moins « nobles ». Il exprime alors son talent artistique à l’aide de plâtre, de fer et de soudures. C’est en 1954 qu’il obtient la reconnaissance de son travail, lors d’une exposition à la galerie Lucien Durand à Paris où lui est décerné le prix « Collabo ». Il entre ensuite de plein pied dans le monde des artistes en vogue lorsque son œuvre, Le Poisson, est achetée 100 000 francs en 1955 par l’État pour le musée national d’art moderne. Durant toute cette période, il travaille en, grande majorité sur des sculptures d’assemblages de pièces métalliques de récupération.
En 1957, César achète un atelier à Paris et se marie avec Rosine Groult. À partir de cette année, César, dont la notoriété n’est plus à faire et qui voit s’éloigner les ennuis financier va commencer à diversifier son travail.
Ainsi, à partir de 1959, il commence à travailler sur des « compressions dirigées » : à l’aide d’une presse hydraulique, il compresse des objets ( le plus souvent des voitures). Cette démarche se veut un défi à la société de consommation qui lui est contemporaine.
À noter que le César du cinéma français est une des ses création de compression et date de 1976.
Puis, prenant son public à contre-pied, César présente au salon de Mai 1967, La grande expansion orange. Il travaille désormais sur des « expansions » de la matière. La mousse de polyuréthane est son principal outils de travail. Il va même jusqu’à travailler des matériaux tels que le cristal en fusion et enrobe des objets de fonte ou de plastique. Ces travaux vont lui permettre d’acquérir une renommée internationale.
Dans le même temps, il s’intéresse de très prés au corps humain. Cette intérêt va donner naissance aux « Empreintes Humaines« , qui sont des moulages et parfois des agrandissements, de parties du corps humain. Parmi elles, nous pouvons citer Le Pouce en 1965, Sein en 1967 et Le Poing en 1970.
À partir de 1983, César renoue avec ses premières créations et réalise des sculptures métalliques semblables à celles de ses débuts. Le Centaure et Hommage à Eiffel sont d’ailleurs crées cette année-là.
Malgré une notoriété internationale et une vie faste grâce à son travail, César n’a jamais vraiment été accepté par les milieux artistiques traditionnels qui lui étaient contemporains. Cela peut être dû à l’image d’artisan qu’il cultivait ; bien que son franc-parler puisse aussi lui avoir causé quelques déconvenues.
La vie de César Baldaccini pris fin le 6 décembre 1998 à Paris.

 

 Ricard
1962
Compression dirigée d’automobile
153 x 73 x 65 cm
Centre Pompidou

 

 

 

 

 

 

Au travers de ses œuvres de « compression », César s’attache en particulier aux couleurs et aux proportions de son oeuvre.
En choisissant les matériaux qui composent l’oeuvre, leur nature, leur couleur et en connaissance du processus de compression, César réussi à imposer sa volonté artistique dans une démarche industrielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Expansion n°14
1970
Coulée de polyuréthane expansé, stratifié et laqué
100 x 270 x 220 cm
Centre Pompidou

Les « expansions » sont en mousse de polyuréthane ; un matériau qui, travaillé et versé, s’étend et gonfle de manière libre.
Les premières expansions de César sont réalisées en public. À la fin de ces « performances », les expansions sont découpées en morceaux et distribués à l’assistance. Au travers de cette démarche, César prolonge la performance artistique dans le temps et l’espace, au-delà de la forme figée qu’elle a été un moment et au-delà du caractère éphémère de l’événement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chauve-souris
1954
Fer forgé
144 x 215 x 12 cm
Poids : 90 kg
Centre Pompidou

Cette oeuvre est très représentative du début de la carrière de César avec l’utilisation de matériaux de récupération.  Elle est exposée pour la première fois à Paris à la Galerie Lucien Durand (où César obtiendra un prix). Il présente un ensemble de créations « animales » en divers métaux soudés à l’arc. Avec cette oeuvre, César parvient à créer une sculpture très organique, qui conserve cependant les particularités des éléments singuliers qui la compose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

  • https://www.centrepompidou.fr
  • https://fr.wikipedia.org
  • http://www.artnet.fr
  • http://www.grandpalais.fr