Richard Long – Land Art

« In the nature of things : art about mobility, lightness and freedom ». Cette description du travail de Richard Long, figure majeure du Land Art, permet de résumer en trois adjectifs les principaux piliers qui expliquent ses œuvres. Né à Bristol en juin 1945, il étudie à la Saint Martin’s School of Arts en Angleterre pour ensuite partir à la découverte du monde. Il a depuis exposé dans de nombreux endroits, y compris dans des expositions collectives comme Quand les attitudes deviennent formes en 1969.

Grand voyageur, il planifie de longs itinéraires à l’aide de cartes et marche ensuite pendant plusieurs jours, en pleine nature. C’est dans ce contexte qu’il transforme l’environnement, qui devient donc, en plus d’être la matière dont il se sert pour travailler, un moyen d’expression. Il déplace les éléments naturels souvent à la main et les dispose de façon à révéler ce qu’il considère comme l’esprit du lieu. Plus qu’un sculpteur ou qu’un peintre, Richard Long se considère comme un marcheur : marcher lui permet de ressentir, de vivre les lieux qu’il traverse. Il n’impose pas son art à la nature, et préfère donner à ses œuvres un caractère éphémère. C’est d’ailleurs pour cela qu’il choisit de détruire celles que la nature ne pourrait altérer. Quant aux matériaux altérables, le temps les transforme, ce qui les rend également éphémère.

Puisqu’il n’y a pas de trace physique de son art, le montrer induit l’utilisation de la photographie. Richard Long photographie donc ses œuvres en leur donnant un titre. Il fait également des expositions dans des lieux fermés. Dans ces cas-là, il n’est plus question de transformer la nature mais plutôt de rendre compte de ses sentiments lorsqu’il a rencontré cette nature. C’est un témoignage de sa marche et de sa découverte qu’il présente au public.

Portugal 2004

Par exemple, Portugal 2004 évoque son voyage dans ce même pays. On retrouve dans cette œuvre l’un de ses trois matériaux favoris : la pierre. Toutes différentes par leur taille et leur couleur, elles proviennent de carrières locales et sont disposées et lignes parallèles. Malgré leur irrégularité, ces lignes ne peuvent pas être naturelles, car elles sont organisées. On voit donc l’intervention humaine à travail la disposition des pierres et les vides et les pleins qui sont alternés. Cette œuvre est donc une illustration de la pensée de Richard Long, un juste milieu entre un matériau brut et l’être humain à son échelle.

Paddy-Field Chaff Circle Inde 2003

Un autre matériau de prédilection de Richard est la boue. Mélange d’eau, source de vie, et de terre, symbole de fécondité, elle sert à figer son travail. On le voit notamment dans son œuvre Paddy-Field Chaff Circle, Inde 2003, qui représente un cercle inscrit dans un champ de terre. Le cercle, symbole récurrent de son art, a eu à travers les âges de multiples significations. Il n’a ni début ni fin, et représente à la fois le temps, la perfection, la régénération… Or nous l’avons vu, le temps a une grande importance dans le travail de Richard Long. Ses œuvres, bien qu’éphémères, témoignent du temps passé à les faire. De ce fait, ce thème est au cœur de son art. On le voit également dans A line made by walking.

A line made by walking

Cette ligne est la trace de ses pas, de son passage sur l’herbe. Il s’agit de l’expression de son travail : l’impact de la marche sur la nature, la création par la découverte d’un lieu. Pour lui, « La trace, ce qui reste en tant qu’art, agit surtout dans l’imagination du spectateur ».