Art Brut

Art Brut 

L’Art Brut est un terme utilisé par Jean Dubuffet, peintre français, en 1945, pour désigner des productions dont les auteurs sont autodidactes créant sans règles ni considération artistique. Il s’agit essentiellement de marginaux, de patients d’hôpitaux psychiatriques ou encore de détenus.

Ces travaux réalisés à l’aide de matériaux souvent inédits n’attendent aucune reconnaissance ou critique d’un public, l’Art Brut est un art impulsif et libre de toutes influences artistiques, qui souvent relève, pour ces auteurs, d’une nécessité vitale de créer.

C’est donc à cette période que Jean Dubuffet commence à collectionner ces productions et à définir ce mouvement artistique avec la volonté d’élever ces dessins, ces broderies ou encore ces collages, au rang d’oeuvres d’art. 

Aujourd’hui, la ville de Lausanne, héritière de cette collection est devenu une référence internationale dans le domaine. Il s’agit de la première collection d’art Brut au monde. L’exposition permanente du musée contient plus de 700 oeuvres.

Aloïse

Parmi les figures emblématiques de l’Art Brut, on retrouve l’artiste suisse Aloïse Corbaz plus connu sous le nom d’Aloïse, née à Lausanne en 1886 et décédée en 1964. Après un séjour de plusieurs années en Allemagne où elle travaille en tant que gouvernante, Alöise rentre en Suisse avant la Première Guerre mondiale et manifeste des sentiments religieux avec tant d’exaltation qu’elle est hospitalisée en 1918 pour des troubles mentaux à Prilly. En 1920, elle est définitivement internée dans un asile à Gimel où elle finira sa vie.

Elle commença à écrire et à dessiner à partir de cette période, encouragée par certains médecins et infirmières.

Aloïse, « Napoléon III à Cherbourg », entre 1952 et 1954, crayon de couleur et suc de géranium sur feuilles de papier cousues ensemble, 164 x 117 cm, © crédit photographique Collection de l’Art Brut, Lausanne

 

 

Elle utilise de la gouache, des crayons de couleurs, de la craie grasse ou encore des stylos feutres à la fin de sa vie. Plus que du dessins Aloïse ajoute à ses oeuvres de nombreux mots et phrases ainsi que des illustrations qu’elle récupère de journaux ou de magazines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aloïse, « Montreuse de tableau dans la bannière de Montreux » (page de cahier, détail), 1941, crayon de couleur et mine de plomb sur papier, 66 x 25 cm, © crédit photographique Collection de l’Art Brut, Lausanne

Dans ses oeuvres, la créatrice explore les thèmes de la femme et de l’amour. Elle cache le regard de ses personnages par un iris bleu qui recouvre tout l’oeil. Son art a constitué pour elle une véritable renaissance.

 

 

 

 

 

 

 

C’est en 1947 qu’elle rencontre Jean Dubuffet qui décide d’intégrer ses oeuvres à sa collection d’Art Brut. Avec le temps, elle devient une artiste majeur du mouvement.

 

Adolf Wölfli 

Adolf Wölfli est un artiste suisse né en 1864 à Berne et décédé en 1930. Abandonné par son père à l’age de sept ans, il vil seul avec sa mère pendant deux ans avant d’être placé dans des familles paysannes où il travail en tant que valet de ferme. Il travail ensuite comme bucheron. Quelques années plus tard, Wölfli est arrêté pour attentat à la pudeur et est emprisonné. Après avoir récidivé dès sa sortie, il est interné en 1899 dans un hôpital psychiatrique, près de Berne où il finira sa vie.

Adolf Wölfli commence à dessiner, à écrire et à composer de la musique à trente-cinq ans en 1899. Pendant plus de trente ans, il accumulera 1300 dessins et remplira des dizaines de cahiers dans lesquels il expose ses thérories scientifiques et religieuses. Il utilise des crayons de couleurs, fabrique aussi des collages, mais surtout écrit et compose de la musique.

Wölfli, Adolf Saint Adolf mordu à la jambe par le serpent, 1921 mine de plomb et crayon de couleur sur papier 68 x 51 cm © crédit photographique Collection de l’Art Brut, Lausanne

 

 

 

Dans ses dessins, ses personnages aux yeux masqués se confondent avec des partions, qui pour la plus part relève d’un solfège inventé, des textes rédigés en allemand ou encore de formes géométrique aux couleurs vives.

 

 

 

 

 

L’Art Brut provoque par le questionnement qu’il révèle sur l’art et sur l’artiste. C’est un art qui réintroduit la notion de génie et d’universalité dans la création artistique.

« L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. » Jean Dubuffet

Sources : 

https://www.artbrut.ch/ site du musée de l’Art Brut, Lausanne.

http://www.exponaute.com/magazine/2015/09/24/quest-ce-que-lart-brut-on-a-pose-la-question-a-3-specialistes/

http://www.dubuffetfondation.com/home.php?lang=fr