Karel Appel (1921-2006)

Né à Amsterdam en 1921, l’artiste atypique néerlandais grandit dans un climat de guerre, qui marquera son travail quelques années plus tard.

Il ne commence à s’investir professionnellement dans l’art qu’après la Seconde Guerre Mondiale, après avoir suivi un cursus artistique à l’Académie Impériale d’Amsterdam entre 1942 et 1944. C’est là qu’il rencontre deux artistes avec qui il fera évoluer son art : Corneille et Constant.

Sa première exposition solo en 1946 à la galerie d’art Het Heerenhuis marque le début de sa carrière d’artiste. Il est d’ailleurs exposé de nouveaux quelques mois plus tard au Musée Stedelijk à Amsterdam. A cette époque, Appel est sensiblement influencé par Pablo Picasso, Henri Matisse et Jean Dubuffet.

En 1948, le groupe Cobra est fondé par un certain nombre d’artistes d’Europe du Nord. A vingt-sept ans, Appel en devient rapidement l’un des principaux protagonistes (il sera d’ailleur le seul à percer à l’international dans les années 50). Au lancement du groupe, il s’est déjà construit un style bien singulier, mêlant « gribouillages » et couleurs vives. Aux côtés de son acolyte, le danois Asger Jorn, il rejette l’art bourgeois et revendique une forme d’expression artistique spontanée. D’après les membres de Cobra, tous les Hommes sont des artistes sans le savoir ; l’art se fait à partir de soi-même et non à partir de normes esthétiques imposées par la société. L’art permet de stimuler l’imagination et de révéler l’originalité du premier regard porté sur le monde.

Vragende Kinderen (Enfants interrogateurs), 1949. Relief en bois peint à la gouache, 105 x 67 cm. Stedelijk Museum, Amsterdam

En 1949, la première exposition du groupe Cobra a lieu. Le public et la presse crient au scandale devant ces œuvres qui n’apparaissent pour eux que comme des gribouillages naïfs d’enfants. Cette année-là, Appel présente sa sculpture « Enfants interrogateurs » à Amsterdam, qui est violemment critiquée. Le public ne comprend pas son travail particulier des formes et de la matière (reliefs et utilisation d’objets en tous genres), et rejette son style ni abstrait ni réaliste, reflétant des images enfantines. Cette esthétique intrigante, rappelant l’art primitif, lui vaut d’avoir son oeuvre couverte pendant de nombreuses années.

Dier onder sterren (Animal sous les étoiles), 1949. Aquarelle, craie et encre sur papier, 39,2 x 46,5 cm. Stedeljik Museum, Schiedam.

Le rejet de son travail par la population d’Amsterdam le pousse à quitter son pays natal. Il s’installe alors à Paris, où son art connaît un bien meilleur succès. Il peux ainsi s’épanouir librement et laisser libre court à ses instincts de création. C’est d’ailleurs pendant ces années-là qu’il crée le plus d’œuvres, telle que par exemple sa Vierge Noire ; un tableau qui paraît bruyant, vibrant et brutal.

  Zwarte maagd (Vierge Noire),1952. Huile sur toile,
         130 cm × 89cm. Paris, Musée d’Art moderne.

Karel Appel meurt en 2006, à Zurich. Malgré son travail pléthorique en France, peu de ses œuvres sont aujourd’hui conservées au sein de la capitale française. Cependant, durant l’été 2017, suite à une donation d’une vingtaine de peintures de la part de l’Association Karel Appel d’Amsterdam, le Musée d’Art moderne de Paris l’a mis à honneur à travers une exposition retraçant l’ensemble de sa carrière.

 

Sources :

  • Musée d’Art moderne de la ville de Paris, Choghakate Kazarian (dir.). Karel Appel. Paris Musées, 2017. 226p.
  • Willemijn Stokvis. Cobra. Paris : Gallimard, 2001. 471p.