Abstraction lyrique : Zao Wou-Ki (1920-2013)

Zao Wou-Ki était un peintre franco-chinois qui a marqué son temps et laissé un héritage artistique d’une grande valeur. Il a eu une vie riche et a participé à l’enrichissement culturel de la France en étant nommé commandeur de l’Ordre national du Mérite, promu officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur en 1984 et grand officier en 2006. En 2002, le peintre devient membre de l’académie des Beaux Arts. Il s’est fait naturalisé français en 1964.

L’artiste commence à dessiner et à peindre dès l’âge de dix ans. Cinq ans plus tard, il réussit le concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts d’Hangzhou dans laquelle il va étudier le dessin, la peinture à l’huile, la peinture traditionnelle chinoise, la perspective occidentale ainsi que la théorie de la calligraphie. Il est très affirmé dans ses choix et montre déjà une envie de rompre avec la tradition. En 1941, Zao fait sa première exposition à Chongqing, il est alors fortement influencé par Picasso, Cézanne et Matisse. Ses premiers tableaux se composent de natures mortes, de paysages et de portraits (entre 1935 et 1949).

Zao Wou-Ki (1920-2013) : Mistral, 1957, huile sur toile, 130 x 195 cm, The Salomon R. Guggenhein Museum à New-York

En 1948, le peintre part à Paris avec l’approbation de son père. Zao déclare lui-même « n’avoir qu’un apprentissage en peinture ». C’est pour lui le moyen de trouver sa personnalité. Il va aussi fréquenter l’académie de la Grande Chaumière et sera vite associé à la nouvelle école de Paris et l’école des Beaux-Arts. L’artiste découvre la technique de la lithographie, ce qui le fascine ; il fait également sa première exposition en France à la galerie Creuze. Zao Wou-Ki publie son premier livre composé d’œuvres lithographiques en collaboration avec le poète Henri Michaux, Lecture par Henri Michaux de huit lithographies de Zao Wou-Ki. Dès lors, une amitié se crée entre les deux hommes.

L’année 1951 marque un tournant dans la vie de l’artiste, il découvre l’œuvre de Paul Klee lors d’une exposition. C’est une révélation pour Zao Wou-Ki qui va se tourner peu à peu vers l’abstraction. Sa peinture évolue, il affirme sa personnalité et fait passer une émotion à travers sa gestuelle. Natures mortes et fleurs n’existent plus, c’est le début d’une peinture imaginaire.

Zao Wou-Ki (1920-2013) : 19-11-59, 1959, huile sur toile, 112 x 145,5 cm, Musée Cernuschi à Paris

Entre les années 1955-1956, Zao-Wou-Ki gagne la cinquième Honorable Mention au Carnegie International du Carnegie Institute de Pittsburgh avec sa peinture Foule noire (1954). Les directeurs de la Galerie de France liés avec l’artiste depuis 1950 croient que celui-ci ferait un bon chef pour le mouvement de l’abstraction lyrique, ils proposent de travailler ensemble. En 1957, il fait justement sa première exposition personnelle où il se lie d’amitié avec Hans Hartung, Pierre Soulages et Alfred Manessier. Les années 1960 marquent le changement pour Zao qui se tourne complètement vers l’abstraction lyrique. Il est devenu l’un des représentants majeurs de ce mouvement aux côtés de Pierre Soulages et Hans Hartung. Zao perçoit l’art comme une expérience visuelle, il cherche à explorer les couleurs, les formes et les sens au travers de sa représentation mentale, « du paysage de son esprit ». Sa vision très poétique et sa peinture sont le reflet de la réussite de l’artiste. Il arrive à lier et alterner toutes les techniques picturales qu’il a apprises (peinture à l’huile, gravure, lithographie calligraphie et encre de chine qu’il a redécouvert en 1971 et qui permettent de « réinterpréter l’abstraction selon la conception chinoise du geste et de l’espace ») pour créer des tableaux formés de couleurs éclatantes, une gestuelle maîtrisée, un coup de pinceau digne des plus grands peintres. La lumière a pour mission de structurer la toile. Les masses colorées donnent vie à un monde propre et personnel à chacun.

Zao Wou-Ki (1920-2013) : 12-08-69, 1969, huile sur toile, 200 x 300 cm, National Taiwan Museum of Fine Arts à Taichung (Taiwan)

 

Sources :

http://www.zaowouki.org/biographie/

http://www.galeriedesmodernes.art/fr/artists/zao-wou-ki-abstraction-lyrique–calligraphie-seconde-ecole-de-paris-311

https://barnies.fr/zao-wou-ki/