Vladimir Tatline

Vladimir Tatline (1885-1953)

Constructeur, sculpteur et peintre du début du XXe, Vladimir Tatline va, avec d’autres artistes d’avant-garde russe de l’époque, chercher à initier de nouveaux mouvements à partir de la révolution picturale. Cette révolution emprunte les idées des avant-gardistes occidentaux pour synthétiser le renouveau de l’art russe qui accompagne la révolution socialiste.

Initiateur du mouvement d’avant garde russe, le constructivisme, Tatline va durant des années produire des œuvres utilitaires. C’est avec ses contre reliefs qu’il se fait connaître, il se bat contre ce que l’œil perçoit, s’oppose à la gravité avec ses sculptures suspendues et exploite enfin les trois dimensions.

Contre-relief d’angle, 1915, fer, zinc et aluminium, 79 x 152 x 76 cm (disparu)

Une des grandes œuvres qui évoque le plus Vladimir Tatline est son monument à la IIIe Internationale, projet de 1919. Basé sur des formes géométriques simples comme le cube et le cylindre, cette tour devait culminer à 400 mètres de haut et pouvoir tourner sur elle même. De ce pari fou il n’existe que des maquettes, témoins de la grandeur des idées et des prétentions du mouvement. La structure, dynamique par sa forme en spirale mais aussi par ses matériaux impose dans l’architecture l’idée révolutionnaire qui fait à l’époque partie de la société. En 1932 l’école constructiviste qu’il a lui-même fondée est démantelée, le réalisme socialiste et la chape de plomb de l’orgueil Stalinien feront disparaître progressivement toute tentative d’avant-garde.

Monument à la IIIe Internationale, 1919, bois, fer et verre, exposé au Musée National d’Art Moderne de Paris

1932 voit l’apparition de la dernière œuvre purement constructiviste de l’artiste, Letatline, machine à voler digne des croquis de De Vinci. Cette œuvre symbolise parfaitement la volonté du constructiviste, il n’est pas question que la machine devienne elle même esthétique mais bien d’aller au plus simple, de lier matière et fonction comme il l’écrira d’ailleurs en 1932 « Les formes les plus esthétiques sont également les plus économiques. De ce point de vue, l’art c’est le travail de la mise en forme du matériau ».

 

Létatline, 1932, bois et fer, exposé au Musée Moderne de Stockholm

à partir des années 1940 Tatline tombe dans l’oubli le plus total comme beaucoup d’artistes russes issus de l’avant-garde.Il mourra en 1953 à l’âge de 67 ans sans la moindre reconnaissance.

sources :
https://art-zoo.com/vladimir-tatline/
https://www.wikiart.org
Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis