FUTURISME – Giacomo Balla

Le Futurisme est un mouvement artistique qui apparaît dès 1909 en Italie, initié par Umberto Boccioni. Radical et même fasciste (la représentation du nu féminin y est proscrite), ce mouvement est structuré par des demandes d’adhésions et des traités stricts dont le tout premier est Le Manifeste du Futurisme de Filippo Marinetti.

Découlant du Cubisme et y empruntant d’ailleurs son abstraction géométrique, les futuristes s’inspirent aussi bien des chronophotographies de Marey (qui décortique les mouvements humains et animaux avec sa Locomotive humaine et son Vol de mouette) que du nouveau monde qui se construit sous leurs yeux. L’industrialisation, la circulation et le bruit des villes, la vitesse et l’électricité… voilà ce qui éblouit ces artistes qui tentent d’analyser et de représenter le mouvement sous toutes ses formes.

Ce courant qui naît dans un climat d’avant-guerre tendu a l’envie de créer un véritable « mode de vie futuriste » et se développe dans tous les domaines artistiques ; que ce soit les peintures de Umberto Boccioni, Carlo Carrà et Gino Severini, les musiques de Luigi Russolo, ou même les projets architecturaux de Antonio Sant’Elia.

L’âge d’or du Futurisme durera jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale, mais loin de disparaître, il bénéficiera d’un second souffle garce à Giacomo Balla et Fortunato Depero, marquant ainsi de façon durable l’Histoire de l’Art du 20e siècle.

 

 

Giacomo Balla, né à Turin en 1871 et mort à Rome à l’âge de 86 ans, d’abord influencé par le néo-impressionnisme, va rapidement s’intégrer au mouvement du Futurisme en suivant son élève Boccioni. Il ne cessera tout au long de sa carrière de revenir à cette étude du mouvement de la lumière, notamment avec ses célèbres Compénétrations iridescentes à la limite de l’abstraction, série réalisée de 1912 à 1914.

Compénétration iridescente n°5 (1914), huile sur toile, collection privée.

C’est avec sa peinture Lampe à Arc (1909-1910) qu’il expérimente ses premières représentations picturales de la lumière et de la décomposition des couleurs. Ce tableau est un véritable éloge de l’électricité, qui représente par un mouvement centrifuge le rayonnement des particules lumineuses.

Lampe à Arc (1909-1910), huile sur toile, 175x115cm, Museum of modern art New York.

Par l’utilisation de flou, de la répétition et des effets d’optique, il parvient à donner l’illusion du mouvement avec Fillette courant sur un balcon (1912). Cette division de taches colorées n’est pas sans rappeler le Pointillisme, dont il va par ailleurs se tourner vers la toute fin de sa carrière.

Fillette courant sur un balcon (1912), huile sur toile, 125 x125 cm, Museo del Novencento Milan.

 

 

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