Gino Severini

Gino Severini

Gino Severini naît à Cortone (Italie) en 1883 et meurt à Paris en 1966. Il se forme à Rome dès 1899 à un art académique agonisant qu’il repousse au profit des innovations intellectuelles et techniques qui émergent encore peu en Italie. C’est à ce moment qu’il rencontre le pointilliste Giacomo Balla, dont il devient l’élève. En 1906, il voyage à Paris et s’imprègne des avant-gardes artistiques : symbolisme, divisionnisme, cubisme, abstraction. Les principes de ces mouvements l’interpellent et constituent un véritable substrat culturel qui jouera un rôle dans sa production à venir.

 

Severini, comme son professeur Balla mais aussi Boccioni, Russolo et Carrà, signe Le Manifeste de la peinture futuriste de Marinetti en 1910. Fascinés par les nouvelles technologies et la perception du son et du mouvement, ces artistes adoptent aussi une vision radicale du monde marquée par leur volonté d’en construire un nouveau sur les ruines de l’ancien. Au niveau artistique, Severini tâche de fractionner l’image, de décomposer le mouvement et de rendre visible l’invisible : les sons, le mouvement ou encore la vitesse. Il est aussi très influencé par le cubisme de Braque et de Picasso et déconstruit les motifs pour accentuer cette vision extrasensorielle du monde.

 

Il mène ses propres recherches sur le dynamisme du mouvement et sa représentation en s’aidant notamment de la chronophotographie, encore une fois en rupture avec les méthodes traditionnelles privilégiées jusque alors. Après les années 1920, Severini est plus familier du cubisme mais prend de la distance vis-à-vis du dadaïsme et du surréalisme. Il préfère désormais l’art sacré, la mosaïque et le théâtre. En 1956, il ouvre l’École d’Art italien à Paris, ville où il meurt dix ans plus tard.

 

  • Train de la Croix-Rouge traversant un village, Severini, 1915, huile sur toile, 88,9 x 116,2cm, musée Guggenheim, New York.

Voici un modèle de la pensée futuriste avec un train qui passe à vive allure. La vitesse est suggérée par la fragmentation de l’image ; le son par les forts contrastes entre les tons. Ces procédés accordent un véritable dynamisme au tableau.

 

  • La danseuse bleue, Severini, 1912, huile sur toile, 61 x 46cm, collection Gianni Mattioli.

 La danseuse est un sujet apprécié par Severini et on remarque ici une véritable fragmentation de l’image qui rappelle bien le cubisme mais qui marque aussi le mouvement.

 

  • Canon en action, Severini, 1915, huile sur toile, 50 x 60cm, musée Ludwig, Cologne.

 Un autre thème privilégié par les futuristes plus généralement est la mécanisation. Elle est aussi symbolisée ici par ce canon, aussi synonyme de guerre, dont l’artiste essaie de rendre l’impact sonore par l’emploi d’onomatopées et de diagonales qui étendent son champ d’action.

 

Sources