Jackson Pollock (expressionnisme abstrait)

Pollock et sa méthode du dripping

Jackson Pollock (1912-1956) était un artiste peintre américain, auteur de plus de 700 œuvres (peintures, dessins, quelques sculptures et gravures), ayant joui d’une grande notoriété de son vivant. Inscrit dans le mouvement de l’expressionnisme abstrait, dont il fut l’un des protagonistes majeurs, Pollock fut d’une influence considérable pour l’art contemporain et pour l’école de New York, alors émergente au début des années 50.

 

« Au sol, je me sens mieux, je me sens plus proche du tableau, plus qu’une simple partie de lui, parce qu’ainsi, je peux… littéralement être dans le tableau. »

 

L’expressionnisme abstrait est un mouvement qui s’est développé aux Etats-Unis dans l’après-guerre, parallèlement aux différentes formes d’abstraction géométriques. La spécificité de ce mouvement artistique réside en ce qu’il s’agit de peintures non réalistes, ayant pour but de traiter des thèmes universels considérés comme négligés par le modernisme européen.

Si ce mouvement a été alimenté par des figures de l’art contemporain, telles que Gorky, De Kooning, Motherwell, Kline ou Newman, Pollock en reste le représentant le plus important. Conjuguant son attrait pour l’art des Indiens et des fresquistes mexicains à l’influence de Picasso et de Masson, il inaugure la notion d’action painting (« peinture gestuelle »), qui s’associe à celle de color-field (« champ coloré »), pour alors donner deux aspects principaux de la méthode expressionniste abstraite. Ses drippings, ou la « méthode des gouttes », en sont des exemples fidèles.

 

Number 3, 1949, huile, peinture à l’aluminium sur toile (94,3 x 157,5 cm), Hirschhorn-Museum (Washington D.C.)

Dans ce chaos de couleurs, de tons de rouge, d’orange et de noir, l’œil aiguisé de l’observateur doit se concentrer sur une tâche en particulier pour se rendre compte que celle-ci en recouvre une autre, elle-même en recouvrant d’autre(s). Dans un cheminement de la perception, l’œuvre dans sa globalité renvoie un processus de mouvement, traçable par l’esprit. Typique dripping de Pollock, Number 3 résulte d’un mouvement matérialisé, l’artiste se trouvant dedans son tableau, balançant une boîte percée remplie de peinture ou un pinceau à manche long imbibé comme un pendule au-dessus de la toile, étalée au sol.

 

Male and Female, 1942, huile sur toile (186 x 124,4 cm), Philadelphia Museum of Art (Philadelphie)

Dans cette œuvre, l’artiste cherche un ordre plastique et symbolique, où le foisonnement de signes incertains se mêle à l’ordonnancement de la composition, organisée en plans verticaux.

 

The Deep, 1953, peinture émail et peinture métallisée sur toile (220,4 x 150,2 cm), Centre Pompidou (Paris)

Peinte en 1953, The Deep est l’une des rares toiles des dernières années de la vie de Pollock. On y retrouve une organisation classique de l’espace où fond et forme sont distincts. La béance noire, opposée au blanc laiteux, suggère un espace au-delà de la surface, réaffirmant le pouvoir de l’illusion comme celui de l’incertitude.

 

 

Sources