Germaine Krull

Germaine Krull
Tirage gélatino–argentique, 23,9 x 17,9 cm.
Stiftung Ann und Jürgen Wilde, Pinakothek der Moderne, München. © Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

Photographe énergique à la vie romanesque et aux inspirations sans cesse renouvelées, Germaine Krull nait en 1897 en Pologne. Elle séjourne dans diverses villes, est activiste spartakiste en 1919 en Allemagne avant de s’établir à Paris.
Après ses études à Munich, celle qu’on surnomme le « chien fou » immortalisera une série de nus féminins en 1923 à Berlin. C’est cependant avec ses « fers », la série Métal (Voir ci-dessous), que son oeuvre atteint à son apogée. Cette série, publiée sous forme d’un portfolio représente divers ouvrages d’art : ponts, silos, la tour Eiffel vus sous des angles novateurs. Elle fait fortement usage de la contre-plongée pour ce travail et joue avec des effets d’ombres. C’est cette production qui la place parmi les photographes d’avant-garde (nouvelle vision).

Germaine Krull
Tirage gélatino–argentique, 21,9 x 15,3 cm.
Stiftung Ann und Jürgen Wilde, Pinakothek der Moderne, München. © Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

La photographe s’engage par la suite pour le magasine VU où elle fera principalement de la photographie de reportage. Elle immortalisera la culture populaire parisienne en se rendant à des fêtes foraines, des marchés aux puces, …
La photographe expose peu, la majorité de son travail est publiée dans des livres photographiques ou des portfolios. Après Métal, elle publiera 100 x Paris, cent vues inhabituelles de Paris mais également, Études de nu (1930), Le Valois (1930), La Route Paris-Biarritz (1931), Marseille (1935). L’artiste travaille pour être publiée et non pour être exposée.
Ses autres thématiques sont entre autres des vues urbaines et du trafic automobile, la vie sociale, la femme et sa condition. Elle porte également un intérêt particulier pour ses proches dont elle aimera photographier les mains (Voir ci-dessous).
Toute sa vie, l’artiste conservera une énergie et un besoin de renouveau. Lors de la seconde guerre mondiale, elle se réfugie au Brésil pour servir la France libre. Elle passe ensuite une quarantaine d’années de sa vie à Bangkok où elle gère un hôtel et ne fait presque plus de photographie. Elle finit sa vie en en Allemagne où elle meurt en 1985.
Il faut noter que l’essentiel de son oeuvre se situe entre 1928 et 1931. C’est là qu’elle amène sa vision novatrice, ses cadrages inhabituels et ses jeux d’ombres.

Germaine Krull
Tirage de 1976. Tirage gélatino-argentique, 23,7 x 17,2 cm.
Collection Bouqueret-Rémy.
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

Sources
-FRIZOT, Michel, « Germaine Krull, un destin de photographe 2/06 – 27/09/2015 », Jeu de Paume, 2015. Disponible sur http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2208 Consulté le 10/1/2019.
-ODDOS V., « Germaine Krull, le « chien fou » de la photographie, au Jeu de Paume », FranceInfo , 03/06/2015 Disponible sur https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/photo/germaine-krull-le-chien-fou-de-la-photographie-au-jeu-de-paume-220945 Consulté le 10/1/2019
-YOUSSI, Yasmine, «Germaine Krull, une esthète moderne », Télerama, 21/6/2015, Disponible sur https://www.telerama.fr/scenes/germaine-krull-une-esthete-moderne,128000.php Consulté le 10/1/2018
-« Germaine Krull », la Walkyrie de la Pellicule », La République des livres, 16/7/2015. Disponible sur http://larepubliquedeslivres.com/germaine-krull-la-walkyrie-de-la-pellicule/ Consulté le 10/1/2019