Nouveau réalisme – Jean Tinguely

C’est à l’occasion d’une exposition collective, donnée en 1960, que Pierre Restany donne son nom au mouvement du Nouveau Réalisme. Il sera véritablement fondé en Octobre de la même année suite à la signature de plusieurs artistes y appartenant, comme Klein, Arman, Martial Raysse ou encore Daniel Spoerri. Il perdurera jusqu’en 1970 et prendra principalement place en France.

Les artistes qui composent le Nouveau Réalisme se retrouvent en un point commun de leur création, la réappropriation du réel. Elle ne passe cependant pas par la figuration, mais par l’utilisation d’objet appartenant au quotidien pour la création d’œuvres d’art. Le nom de la période vient de cette “nouvelle” approche de la “réalité”.

 

Né en 1925 à Fribourg, en Suisse, Jean Tinguely est un artiste performeur et sculpteur, une figure majeure de ce mouvement. Il fait des études d’Arts appliqués de 1941 à 1945 et rejoint le cercle des nouveaux réalistes au moment où celui-ci est formé. La même année, il épouse Niki de Saint Phalle. Cette dernière léguera une grande partie de son oeuvre – plus de cinquantes machines ainsi que quelques dessins – au musée qui lui est dédié, le Musée Tinguely, ouvert à Bâle en 1996. Il mourra le 30 août 1991 dans son pays natal, à 66 ans, des suites d’une hémorragie cérébrale.

 

Influencé par le dadaïsme, Jean Tinguely est un artiste qui cherche à rompre avec les méthodes de peinture abstraite qui l’ont précédé. Inspiré par l’art cinétique,il crée des sculptures en mouvement dont l’existence est parfois éphémère, comme pour Homage à New York construite en 1960. La mobilité est au centre de son oeuvre, si bien qu’elle apparaît même dans ses dessins. La répétition des traits des contours y apporte une illusion de mouvement, induisant par ce fait une dimension temporelle dans des œuvres à priori figées. On retrouve également la figure de la roue, très présente dans ses sculptures et ses dessins, comme en témoigne les œuvres suivantes :

 

Homage to New York

Jean Tinguely, Homage to new York, 1960, Bois, peinture métallisée, tissu, ruban.

 

Exposée dans le jardin du Musée d’art moderne de New York, cette installation est conçue pour s’autodétruire en brûlant, à l’instar de Etude pour la fin du monde que l’artiste construira deux ans plus tard.

Requiem pour une feuille morte

Jean Tinguely, Requiem pour une feuille morte, 1967, 305 x 1105 x 80 cm, Acier, bois peints et cuir, Centre Pompidou Paris

Il s’agit d’une sculpture peinte en noire qui, par un jeu d’éclairage, dessine une ombre particulière sur le mur. Elle est animée par un moteur électrique.

 

La Danse macabre Mengele

Jean Tinguely, La Danse macabre Mengele, 1967, Matériaux, Musée Tinguely

Cette installation est un rassemblement de sculptures faites de ferraille et de débris, tous les matériaux ayant été récupérés dans une ferme incendiée. Cette oeuvre est typique de la dernière période de l’artiste, qui nous parle ici de la relation entre l’homme et la machine et des limites de la condition humaine, l’origine macabre des matériaux pouvant renvoyer à la mort .

 

Artiste autodidacte, Tingueky décrivait son art par ces mots : “Jouer c’est de l’art. Donc je joue.”

 

Sources :

 

  • Centre Pompidou :

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-nouvrea/ENS-nouvrea.htm (10/01/2019)

  • Grand Palais :

https://www.grandpalais.fr/fr/article/le-nouveau-realisme (10/01/2019)

  • Dictionnaire historique de la Suisse :

http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F21966.php (10/01/2019)