Kasimir Malevitch et le Suprématisme

Kasimir Malevitch (1879-1935) est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, sculpteur mais aussi théoricien il développa en autodidacte son œuvre plastique qu’il déclina au cours de sa vie dans une plusieurs styles différents (Fauvisme, Réalisme, Impressionisme, etc.). Ici nous aborderons le Suprématisme qui c’est développé de 1913 à 1920.

C’est un mouvement d’avant-garde russe, directement inspiré du cubo-futuristes (cubisme et futurisme). Les constructivistes russes ont développé un art rationnel qui repose sur les moyens offerts par la géométrie, visant une recherche de la vérité.
C’est en 1915, lors de l’« Exposition 0.10 » essentiellement composé de peinture suprématiste et futuriste à Saint-Pétersbourg, que Malevitch expose « Carré noir sur fond blanc » et devient alors la première expression du sentiment immatériel, car il ne peint pas « un carré, mais le sentiment de l’absence de l’objet » (la fin et le commencement). Il vient de franchir un pas décisif qui a fait hésiter beaucoup de ses contemporains. Plus précisément, le suprématisme est défini comme un principe de suprématie d’un « sentiment pur dans l’art », état que l’on atteint en libérant complètement l’art du poids de la matérialité.
Dans ses tableaux, les formes élémentaires se déploient pour créer leur propre harmonie, il utilise le plus souvent le carré pour sa forme basique et universel et c’est à partir de cela la qu’il forme les autres. Mais il utilise aussi des droites et d’autres surfaces géométriques comme la croix ou le triangle. Nous retrouvons ses formes dans « Suprématiste (Supremus #58. Jaune et noir) » (1916) et « Réalité peinte d’un joueur de football. Masse colorées dans la 4e dimension » (1915).
Il continu dans sa quête d’un monde sans objet et aboutit en 1918 au « Carré blanc sur fond blanc ». Ici il dévoile un espace infini avec le blanc représentant le néant et franchit l’ultime étape où la peinture n’est plus perceptible. Ce tableau est considéré comme le premier monochrome de la peinture contemporaine.

D’autres artistes comme Yvan Kiloune ou El Lissitzy lui emboîteront le pas sans toutefois être aussi absolutiste. Ce dernier l’abandonnera d’ailleurs et s’investira dans les théories constructivistes dans les années 20.

 

Kasimir Malevitch, Carré noir sur fond blanc, 1915, huile sur toile, 106 x 106 cm, Saint-Pétersbourg, Musée national russe.

Kasimir Malevitch, Suprématiste (Supremus #58. Jaune et noir), 1916, huile sur toile, Saint-Pétersbourg, Musée national russe.

Kasimir Malevitch, Réalité peinte d’un joueur de football. Masse colorées dans la 4e dimension, 1915, Chicago, Institut d’art de Chicago.

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