Theo Jansen et ses Strandbeest

Theo Jansen, né en 1948 aux Pays-Bas, a la particularité de posséder une double casquette : celle d’un scientifique et celle d’un artiste. Il commence en 1968 des études pour devenir physicien, qu’il quittera avec succès en 1975 pour se consacrer au métier d’artiste, travaillant depuis sur des projets relevant de l’un et l’autre de ces deux domaines.

Depuis 1990 Theo Jansen se consacre avec ferveur à ses Strandbeest où créatures de plage, des créatures faites de structures tubulaires recyclées animées et fonctionnant grâce à la force du vent.  Ces sculptures représentent pour la plupart des animaux préhistoriques et s’inspirent de la théorie de l’évolution génétique. On voit bien là toute l’ambivalence du projet tant il s’inscrit dans la volonté de proposer au public une œuvre « perpétuelle » avec un fort potentiel artistique et poétique, tout en proposant une innovation toute particulière et ingénieuse en matière d’énergie et de mouvement.

Ses sculptures se veulent directement rattachées au mouvement de l’art cinétique, un des courants incontournable de l’art contemporain, dont l’expression apparaît pour la première fois au Museum für Gestaltung de Zürich en 1960. L’art cinétique se voit très souvent rattaché à l’Op’ Art tout en étant à la fois considéré comme antagoniste. Si les deux visent à remettre en question le statut d’une œuvre d’art en proposant une démarche originale étroitement liées aux découvertes techniques et industrielles, leur démarche quant au mouvement n’est pas la même. Tandis que l’Op’ Art s’attache à créer un mouvement de perception propre à l’œil humain en jouant d’illusions d’optique, l’art cinétique consiste lui en des œuvres présentant un mouvement réel, mises en mouvement par le vent, le spectateur ou un mécanisme motorisé.

Les Strandbeest sont constituées d’une structure tubulaire, construite avec du matériel électrique et du plastique, sont munies de voiles et se meuvent sans électronique ni système de motorisation. Si elles bougent avec autant de grâce et de légèreté c’est grâce à un habile système à vent où l’air se trouve comprimé dans des bouteilles de limonades, qui, ventilées grâce à des clapets, actionnent des pistons de sorte de faire bouger les créatures, chaque mouvement de patte entraînant celle d’une autre. Pour les confectionner il modélise d’abord les créatures puis effectue des simulations numériques dans lesquelles il met ses créations en concurrence et la plus rapide gagne le droit d’être construite !

Plus d’une dizaine de ces créatures géantes capables de se déplacer ont déjà été créées par l’artiste/ingénieur néerlandais, et des événements sont régulièrement créées pour les voir crapahuter sur les plages au gré des vents. Certaines ont même été exposées dans des musées comme le Palais de Tokyo à Paris en 2015, musée qui, il faut le rappeler, avait déjà accueilli en 2013 l’un des précurseurs de l’art cinétique et de l’Op’ Art, fondateur du G.R.A.V. (Groupe de Recherche d’Art Visuel), Julio Le Parc.

 

Animaris rigide properans, 1994-1997

L’animaris rigide prosperans était un petit animal à hélice robuste qui se déplaçait latéralement à l’image du crabe.

Animaris rugosus ondula, 1997-2001

L’animaris rugosus ondula, composé de tubes en plastique uniquement, ressemble à s’y méprendre à une chenille. Il se déplaçait en ondulant mais seulement avec de l’aide puisqu’il n’avait pas les caractéristiques nécessaires pour dépendre du vent.

Animaris percipiere, 2006-aujourd’hui

L’animaris percipiere est la plus récente des créatures de l’artiste et est totalement autonome grâce à son « estomac » qui emmagasine l’air.

 

Aujourd’hui le travail de Theo Jansen résulte de 25 ans d’évolution qui se ressent indéniablement dans la complexité de ses œuvres actuelles. A l’instar de l’évolution des espèces, il a su créer au fil du temps des « formes de vie » améliorées, dont le nom latin rappelle d’ailleurs les caractéristiques qui les rendent unique par rapport à la génération précédente.

« Over time, these skeletons have become increasingly bette rat surviving the elements such as storm and water and eventually I want to put these animals out in herds on the beaches, so they will live their own lives ».

 

SOURCES : 

https://www.strandbeest.com/index.php

https://www.exploratorium.edu/strandbeest/meet-the-beests

https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_cin%C3%A9tique