Vorticisme – Percy Wyndham Lewis

Percy Wyndham Lewis (1882–1957)

Wyndham Lewis est né sur le yacht de son père au large de la province canadienne de la Nouvelle-Écosse. Sa mère britannique et son père américain se séparent vers 1893. Sa mère retourne alors en Angleterre, où Lewis fait ses études, d’abord à la Rugby School, puis à la Slade School of Art de l’University College de Londres, avant de passer la majeure partie des années 1900 à voyager à travers l’Europe et à étudier l’art à Paris.

Résidant surtout en Angleterre après 1908, Lewis publie ses premiers travaux (récits de ses voyages en Bretagne) dans The English Review dirigée par Ford Madox Ford en 1909. Il participe plus ou moins, en 1911, à la fondation officielle du Camden Town Group, sous l’égide du peintre Walter Sickert, aux côtés d’autres artistes comme Augustus John, Duncan Grant et Lucien Pissarro. En 1912, Lewis expose ses illustrations cubo-futuristes pour Timon d’Athènes (par la suite publiées en tant que portfolio, le projet d’édition de la pièce de Shakespeare ne s’étant jamais concrétisé), et trois toiles importantes pour la deuxième exposition postimpressionniste, dont Smiling Woman Ascending a Stair. Tout cela le met en contact étroit avec le Bloomsbury Group, en particulier Roger Fry, critique d’art et organisateur d’exposition, et Clive Bell.

Toujours en 1912, il reçoit la charge de réaliser une décoration murale, un rideau de scène et d’autres ornementations pour la Cave of Golden Calf, un cabaret d’avant-garde situé dans Heddon Street à Londres.

C’est dans les années 1913-1915 qu’il trouve le style d’abstraction géométrique pour lequel il est encore célèbre aujourd’hui, un style que son ami Ezra Pound surnomme « vorticisme ». Lewis trouvait séduisante la forte structure de la peinture cubiste, mais affirmait qu’elle n’avait pas l’air « vivante » par rapport à au futurisme — et surtout l’œuvre d’Umberto Boccioni qu’il admirait —, lequel à l’inverse manquait de structure. Le vorticisme combine les deux mouvements dans une critique saisissante de la modernité.

Dans ses premières œuvres, en particulier les versions de la vie de village en Bretagne montrant des danseurs (vers 1910-1912), il est possible que Lewis ait subi l’influence de la philosophie du devenir de Bergson, car il avait assisté à ses cours à Paris. Bien que, par la suite, il ne manquât pas de critiquer durement Bergson, il devait admettre dans une lettre à Theodore Weiss (19 avril 1949) qu’il « avait commencé par embrasser son système de l’évolution. » L’influence de Nietzsche fut également déterminante.

Après avoir collaboré un bref moment aux Omega Workshops, Lewis entre en conflit avec le fondateur, Roger Fry, et avec plusieurs artistes quitte Omega pour lancer en mars 1914 un atelier concurrent appelé le Rebel Art Centre. Le Centre ne dure que quatre mois, mais il donne naissance au Vorticism Group et à la publication Blast, dans laquelle Lewis publie le manifeste du groupe ; il y contribue aussi par des œuvres d’art et y rédige des articles. Il est aujourd’hui encore considéré comme le chef de file du vorticisme.

Œuvres notables

Wyndham Lewis, A Battery Shelled, 1919

Wyndham Lewis, The surrender of Barcelona, 1937