Le land art : Jean Vérame

Jean Verame & le Land Art

  • Quelques mots sur le Land Art 

Le land art est une conception artistique né à la fin des années 1960 aux Etats-Unis. Il est une des nombreuses déclinaisons de l’art contemporain et hérite de l’esthétique minimaliste. Le land art se caractérise par l’utilisation de matériaux naturels comme la terre ou la pierre. Ces derniers sont conçus à la fois comme matériaux et surfaces d’inscription.

Le land art propose une vision de la nature comme  un prolongement des galeries d’art. Les artistes ont en effet souvent l’intention de faire sauter le cadre des lieux d’expositions pour initier de nouveaux lieux, de nouveaux espaces pour montrer l’art aujourd’hui.

Les œuvres de land art sont souvent éphémères et instaurent ainsi une nouvelle conception de la temporalité dans l’art. Les artistes cherchent souvent à explorer les perceptions de la lumière, faire l’expérience de la nature. Cette démarche est souvent prétexte à réaliser des œuvres monumentales. Michael Heizer, Robert Smithson, Walter de Maria ou encore Richard Long sont des figures majeures du mouvement. 

Les techniques de land art se font connaître du grand public lors de l’exposition « Earthworks » en 1968 à la Dwan Gallery de New York.

 

  • Jean Vérame et son œuvre 

Photo réalisée par Olivier de Felice.

Jean Vérame est un artiste belge né le 30 Novembre 1936. Il est à la fois peintre, sculpteur et graveur. Il se distingue dans le land art avec ses installations et ses interventions sur le paysage. Il est notamment reconnu pour ses peintures gigantesque réalisées dans des paysages désertiques.    

En 1965, il extrait et colorie un millier de pierres d’une plage du Cap Ferrat. Trente ans plus tard, Jean Vérame présente mille bronzes au musée de l’Homme à Paris. Ces mille bronzes sont ensuite lancés, en cinq vols successifs, dans les sables du Sahara signifiant ainsi que la place de l’art n’est pas forcément dans un musée. 

A partir de 1978, Vérame conceptualise une forme de land art qui deviendra rapidement sa « marque de fabrique ». Il se rend dans le désert du Sinaï où il peint des pierres avec une peinture bleue. Cette œuvre est réalisée à l’occasion d’un événement historique majeur: la signature des accords de Camp David qui met fin aux conflits entre l’Égypte et l’Israël. 

Œuvre de Jean Vérame réalisée dans les désert du Sinaï en 1978.

En 1984 il réitère son expérience dans le désert mais cette fois ci dans l’Anti-Atlas au Maroc. Puis en 1989 dans le massif de Tibesti et très récemment, en 2017, dans le désert d’Atacama au Chili.

Œuvre de Jean Vérame réalisée en 1984 dans l’Anti-Atlas (chaîne de montagnes) au Maroc.

A travers ses œuvres, Jean Vérame instaure une réflexion sur la temporalité de l’art. En effet, ses œuvres étant altérés par le temps qui passe et le temps qu’il fait, elles sont éphémères. Mais ces changements font évoluer l’œuvre indépendamment de son créateur.

La couleur dominante chez Vérame est le bleu (bien que l’artiste utilise aussi du rouge et du blanc mais dans une moindre mesure). Ces couleurs se sont imposées à lui par goût mais aussi parce que se sont des couleurs qui s’adaptent bien au passage du temps et des intempéries. La fugacité de ses peintures  gigantesques représentent la fragilité de la vie dans un milieu aride comme le désert. Elles viennent contrebalancer avec la permanence et l’atemporalité de la matière, la roche, le sable. L’homme paraît d’autant plus petit face à l’immensité du désert. Vérame parle aussi d’une volonté de laisser une trace humaine dans la nature grâce à ses peintures. Une idée largement rependue dans le land art qui vise souvent à modifier et marquer l’environnement.

 

Œuvre de Jean Vérame réalisée en 1989 dans le massif du Tibesti (Sahara central)

Pour son travail dans le désert, Vérame s’est fait accompagné d’un petit groupe de 5 personnes pour l’aider. Les risques sont en effet nombreux dans le désert, la déshydratation par exemple est une des plus grande menace. Vérame évoque aussi la complexité des échanges avec les autorités nationale pour obtenir les autorisations de peindre dans le désert.

 

 

 

Bibliographie et Sitographie

Sur le Land Art

Sur Jean Vérame

Sites internet

Vidéos

Article de presse

Ouvrages

  • DUROZOI Gérard. Le travail de Jean Vérame. Skira, 1995.
  • BERQUE Augustin. Les déserts de Jean Vérame. Skira, 2000.