L’Expressionnisme

L’expressionnisme

 

L’expressionnisme est un courant artistique majoritairement pictural. Il s’est tout d’abord développé en Allemagne au XXeme siècle. Le but est de transmettre une vision émotionnelle et subjective au travers de la scène représentée.

Ernest Gombrich reprend une lettre Van Gogh où il explique la création de son tableau comme une caricature afin d’exprimer l’idée qu’il se fait de l’émotion éprouvée par le sujet. Cette idée de caricature est très importante pour l’expressionnisme, mais il s’agit d’une caricature grave. Il ne tend pas à tourner en dérision le tableau mais plutôt à en faire ressentir l’admiration, l’amour ou la crainte. Ainsi cela permet au spectateur de se projeter au sein du tableau. Ce courant se base principalement sur l’importance du sentiment dans l’existence humaine.

 

Munch, Le Cri sous forme de lithographie, 1895

Edvard Munch commence son tableau, Le Cri, qu’il commence à travailler

en lithographie en 1895 a pour but de montrer la stupeur du sujet de l’œuvre. Beaucoup de choses

crée le sentiment de peur : les yeux écarquillés, un visage marqué comme s’il était mort et la petite maison à l’arrière qui semble abandonner. Le peintre tend même à faire ressentir au spectateur la même émotion, la même crainte et donc la transformation de nos sensations nous donne l’effet d’une émotion soudaine, presque inattendue.  Le but est de prendre part à la souffrance humaine, la mettre en lumière qu’il s’agisse de la pauvreté, de la souffrance, ou encore de la violence. Ils veulent de la sincérité et non pas que la peinture soit un art figuratif du beau et de l’harmonie, se détachant ainsi du retour à l’antiquité de la période moderniste. Dans ce désir de rompre avec les codes classiques se matérialise un groupe d’allemands qui crée en 1906 le mouvement Die Brücke, le pont en français. L’objectif est de créer un mouvement moderne qui se distingue du chemin classique et créer un nouvel art.

 

Les Joueurs de Skat d’Otto Dix, 1920

Suite à la Première Guerre mondiale, l’Allemagne qui a été très marqué par la violence des combats voit ses artistes continuer sur la voie expressionniste. Se détache notamment la Nouvelle Objectivité avec pour figure de proue Otto Dix. Il est notamment connu pour son tableau Les Joueurs de Skat. Celui-ci représente trois hommes allemands mutilés par la guerre, ceux qu’on a appelé les « gueules cassées ». Il est envoyé au front en 1915 en se portant volontaire. Otto Dix a donc connu l’horreur de la guerre et la retranscrit dans ses tableaux de l’entre-deux-guerres. Ainsi avec ce tableau qui mêle peinture et image, il montre ce qui a tenté d’être caché, l’horreur des tranchés et ceux que sont devenus les gueules cassées après la guerre. En dehors de cette figure de proue, l’expressionnisme trouve sa terre d’attache en Allemagne. En effet, le public y est plus réceptif et les artistes s’y installent.

 

Sous le régime Nazi, l’art moderne est interdit. Les artistes n’ont donc d’autres choix que de s’exiler car Hitler avait décrété qu’il s’agissait d’un « art dégénéré ». Par opposition à l’art officiel nommé l’art héroïque qui reprenait les codes de la peinture classique, l’expressionnisme ne reprenait pas des modèles réels, au contraire. Comme nous l’avons vu plutôt, ce mouvement vise presque à caricaturer dans le but de représenter en premier lieu l’émotion et non pas la réalité. Le mouvement a connu un certain déclin inévitable avec la censure.

Les artistes du mouvement expressionnistes furent donc les premiers à cesser de représenter le beau dans leur tableau. Ils se sont défais de l’esthétique au profit de l’émotion. Le succès ne fut pas forcément au rendez-vous comme on peut le voir avec les œuvres de l’artiste peintre autrichien Kokoschka qui a reçu une vague de critique suite à la première présentation de son travail. Pourtant il n’a eu de cesse de se développer jusque dans d’autres arts comme la littérature ou le cinéma. Il est aussi à l’origine de l’art moderne, débouchant sur l’abstractionnisme. Le premier artiste qui s’essaye à se détacher totalement du sujet, de sorte à ce qu’il ne soit plus identifiable, est Kandinsky.

Kandinsky, Jaune, Bleu, Rouge, 1925