René Magritte et le surréalisme

René Magritte est un peintre surréaliste belge, né le 21 novembre 1898 à Lessines et mort à Schaerbeek le 15 août 1967. Il est considéré comme un pilier du mouvement surréaliste

Après une enfance marquée par le suicide de sa mère et la première guerre mondiale, il fréquente à partir de 1916 l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles qui lui permet de rencontrer de nombreux artistes qui l’aideront par la suite. Le 28 juin 1922, il épouse son amie d’enfance Georgette Berger, qui devient sa principale muse. Après avoir côtoyé plusieurs mouvements tels que le cubisme, le futurisme, et le dadaïsme, Magritte s’associe à d’autres artistes belges afin de donner naissance au surréalisme.

Ses peintures ne sont jamais la représentation fidèle d’un objet, mais il s’efforce de rendre la pensée du peintre regardant l’objet. Une pensée abstraite, qu’il représente par des formulations que lui dicte son penchant pour le mystère. Il dit de lui – même : « Je veille à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère ».

Ses toiles jouent le plus souvent sur un décalage entre un objet et sa représentation, entre la réalité et le rêve, représentant des scènes irrationnelles. Magritte s’interroge sur la nature même de la peinture et de la représentation du réel.

 

Les amants, Magritte (1928), huile sur toile, 54cm X 73cm, MOMA (New York)

Le corps de la mère de Rene Magritte a été retrouvé dans une rivière et il est dit que son visage était enveloppé dans le tissu de sa jupe. Si cette histoire tient toute la vérité et Magritte a vu sa mère ou entendu le récit, il pourrait expliquer la fixation étrange Magritte avait sur les gens recouverts de tissu tels que dans Les Amants et d’autres d’un même thème. De nombreuses autres interprétations ont été avancées, et elles démontrent toutes que la volonté des surréalistes était d’entretenir le mystère afin d’amener les spectateurs à réfléchir sur eux-mêmes.

 

La reproduction interdite (1937), huile sur toile, 79cm X 65cm, musée Boijmans Van Beuningen (Rotterdam)

Cette troublante infraction aux règles du portrait se trouve renforcée par le livre posé sur le rebord de ce qui semble être le foyer d’une cheminée et dont l’image réfléchie possède un caractère, quant à elle, vraisemblable.

L’écueil stylistique et spatio-temporel  confine l’auteur à ne voir qu’une image de lui, et de surcroît erronée. En effet, son regard voit ce qu’il ne peut voir : son propre dos. L’image que l’on a de soi est donc fausse et ne peut échapper à la représentation, c’est-à-dire à une forme de mise en scène. Ainsi, en associant le miroir à la toile, l’auteur entend peut-être souligner que la peinture, mais il en va de même pour le langage littéraire ou cinématographique, n’est pas le miroir de la réalité.

 

Le fils de l’homme (1964), huile sur toile, 116cm X 89cm, collection privée

La pomme est souvent le sujet ou l’objet crucial des tableaux chez Magritte. Ici, elle cache le visage du personnage, transformant un portrait banal en tout autre chose. Elle induit un sentiment de frustration chez le spectateur, puisqu’elle dissimule le visage. Cette pomme est ainsi une référence à la pomme du jardin d’Eden, qui incarne le péché, la tentation, mais aussi la condition mortelle de l’être humain. Cette orientation assez religieuse se marie bien avec le titre de l’œuvre, « Le fils de l’homme », référence directe au Christ, et qui se traduit par « fils d’Adam », renvoyant encore une fois au péché originel.

 

Sources :

  • Du cubisme au surréalisme, Coll. « La grande histoire de l’Art », Édition Le Figaro (2006)
  • Site internet de la fondation Magritte (magritte.brussels)
  • Wikipedia