The monuments of Passaic, Robert Smithson

Robert Smithson, 1938, Passaic (New-Jersey) – 1973 Tecovas Lake (Texas), meurt dans un accident d’avion au cours de l’installation d’une une sculpture, Il s’agit de l’artiste le plus important de sa génération. Issu du mouvement conceptuel, il relie par ses textes et essaies l’art minimal et le land art.

En 1967 il publie dans Artforum une œuvre phare de son travail : The monuments of Passaic, œuvre qui sera le fil directeur de cet article.

Passaic située en banlieue du New-Jersey, est la ville dans laquelle Smithson à vu le jour et grandi. Fleuron de l’industrie quelques décennies auparavant, cette banlieue est selon l’artiste, l’archétype du phénomène entropique. Smithson compare Passaic et les États-Unis avec Rome et l’Europe. Il en retient que si Rome est le cauchemar passé de l’Europe, Passaic est alors le cauchemar future des États-Unis.

« Has Passaic replaced Rome as The Eternal City? If certain cities of the world were placed end to end in a straight line according to size, starting with Rome, where would Passaic be in that impossible progression? Each city would be a three-dimensional mirror that would reflect the next city into existence » The monuments of Passaic, Artforum, 1967, p52-57

Cet extrait du texte publié par l’artiste renvoie à son questionnement sur l’entropie. Il parle d’une ville éternelle. Cette dernière serait en fait l’image du reflet de ville qui laisseraient leur place à une autre, avant de finalement s’effondrer sur elle-même.

Au fond, Passaic et toutes les autres banlieues que visite l’artiste lors de ses voyage à travers les États-Unis, reflète le déclin de l’Amérique.

Fasciné par la destruction présente en ces lieux, Smithson entrevois un immense musée exposé en plein airparsemé de multiple monuments : The bridge, The pipe, The Sand box or Model desert…

Les photographie qui découle de ce travail agrémente le site non-site, concept qui permet de faire la relation entre le lieu tel qu’il est perçu lorsque l’artiste se situe sur place et la vision qu’il en donne à travers ses documents. Le non-site est un moyen pour Smithson de donner à voir, mais à sa manière. Le spectateur est alors transporté par la vision de l’artiste, qui véhicule via cet appareil son propre ressenti, sa propre poésie. On ne peut pas parler de Robert Smithson sans parler de poésie. Le médecin de sa famille, William Carlos Williams, poète de l’imagisme et de l’objectivisme, à largement influencer son travail.

Ses recherches se poursuivent à travers la cartographie. Il recompose des cartes (plans de villes, topographiques…) en utilisant le procédé du négatif pour ainsi créer les dites « cartes négatives » . la carte positive étant considérée par l’artiste comme un document rationnel qui informe sur l’aspect scientifique, la carte négative vient lui faire opposition en servant de contre modèle. Elle met en évidence ce qui ne l’était pas. Elle agit comme un no man’s land.

Finalement, Smithson, bien que considéré comme un artiste du land art, à pourtant plus contribué au mouvement conceptuel. Ses nombreuses publications étant des textes phares, ils ont joués un rôle majeur dans l’apparition des mouvements modernes de son époque, que l’on parle de Concept art ou encore de Land art. Sa mort prématuré laisse encore aujourd’hui planer un mystère autour de son travail ce qui peut nous faire se rendre compte à quel point il a pu marqué sa génération ainsi que celles des artistes qui ont suivi.

Sources :

Olivier Lussac, maître de conférence.

Art minimal, Daniel Marzona, édition Taschen

Époques contemporaines, Philippe Dagen, Flammarion histoire de l’art

The monuments of Passaic, Artforum, 1967 :

http://pdf-objects.com/files/Essay_Robert-Smithson-A-Tour-of-the-Monuments-of-Passaic.pdf