Fauvisme – Kees van Dongen

Le Fauvisme (1905-1914) dans son époque

Les impressionnistes souhaitaient « reproduire fidèlement la nature, ses lumières, ses perspectives son atmosphère ». Pour les fauves, il n’y avait pas de « but précis et surtout pas celui de reproduire fidèlement sur leur toile ce qu’ils avaient devant les yeux […] Le terme fauvisme est presque synonyme de couleurs arbitraires à l’état pur, telle qu’elle sort du corps ».
Il n’y a pas eu de véritable école du fauvisme, pas de groupe homogène avec des objectifs définis et une idéologie. Il n’y avait qu’un désir commun de s’affranchir de la réalité, de donner leur perception du monde, des choses. Ainsi les formes sont simplifiées, les couleurs répondent à des sensations plus qu’à une fidélité du réel.
Le mouvement de révolte avait commencé quelques années avant 1905, date dite du début du fauvisme. Deux grands artistes sont reconnus comme précurseurs quant à la leur réflexion sur la peinture : Paul Gauguin (1848-1903) & Vincent Van Gogh (1853-1890)

Les fauves
Henri Matisse, Georges Braque, Maurice de Vlaminck, André Derain, Albert Marquet, Raoul Dufy, Emile-Othon Friesz, Louis Valtat, Jean Puy, Henri Manguin, CharlesCamoin
&
Kees Van Dongen (1877-1968)
« fauve, anarchiste et mondain »


1892-1895

Élève à l’École des Arts décoratifs de Rotterdam, à l’académie des beaux-arts de Rotterdam.
Hollandais de naissance, français à sa mort, Kees Van Dongen a passé la plus grande partie de sa vie artistique en France. Chez Van Dongen on pourrait parler de fauvisme dès 1895. Influencé par l’art nègre et les estampes japonaises, son œuvre annonce déjà les prémices de ce mouvement.


1897 : Période montmartroise

Kees Van Dongen arrive à Paris animé d’un esprit anarchiste, désireux de dénoncer l’oppression sociale. Durant cette période il se rapproche d’artistes anarchistes et d’artistes néo-impressionnistes.
« Le Fauve de Montmartre » développe une imagerie populaire pour toucher le grand public : butte de Montmartre, Moulin de la Galette, kermesses, cirque etc.

Kees van Dongen, La Parisienne de Montmartre - ca.
Kees van Dongen, La Parisienne de Montmartre – ca.1907-1908 – huile sur toile – 64,5 x 53,2 cm © MuMa Le Havre / David Fogel — © ADAGP, Paris, 2013

« Le fauve du Bateau lavoir » : dans ce lieu de résidence et de réunion de nombreux artistes peintres, Kees Van Dongen perce dans la vie artistique de Paris. L’ambiance favorise le rayonnement de son talent, il est désormais un peintre reconnu.
« Le Fauve du nu et de la sensualité » devient le collaborateur de la « Brücke » (groupe d’artistes allemands expressionnistes). Inspiré par ses deux modèles Nini et Anita, il produit un grand nombre de nus très sensuels. Son but, grâce aux « couleurs pures et vibrantes », est d’« exalter la beauté de la femme […]faire naître le désir charnel au contact de la peinture ».


« Chainon entre le fauvisme français et l’expressionnisme allemand »
(1959, Leymarie, dans son essai sur le fauvisme)

1905, Paris : création du fauvisme. Kees Van Dongen expose au Salon d’automne avec Vlaminck et Matisse : les couleurs vives de leurs œuvres sont à l’origine du nom « Fauves ».
Kees Van Dongen refuse de faire partie d’un groupe ou d’étudier la peinture, ne veut pas être soumis à une influence. Il sera seul face aux trois groupes de « l’Atelier de Gustave Moreau », de « Chatou », « des Havrais ».
Ses seules rares influences sont Rembrandt (dans sa période hollandaise), les néo-impressionnistes (de 1904-1905) et Picasso (durant sa période au Bateau Lavoir).
Kees Van Dongen « Ne se livra ni à des recherches ni à des expériences. Au contraire par exemple de Matisse […], Van Dongen était un spontané, qui suivait l’inspiration du moment sans se préoccuper de rien sauf de faire de la peinture comme il avait envie de le faire ».

Kees Van Dongen, Femme assise (Femme cousant)
Kees Van Dongen, Femme assise (Femme cousant) [1905] – Huile sur toile – 33 x 27 cm
Crédit photographique : © Jean-François Tomasian – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© Adagp, Paris

1908-1911 : Période du contrat avec la galerie Bernheim-Jeune frères

Les expositions de Van Dongen dans cette galerie d’avant-garde sont un vrai succès. Son rapprochement avec le groupe expressionniste « Die Brücke » est pour lui l’occasion de faire voyager ses œuvres (Dresde, Munich, Hollande, Italie).

Kees van Dongen, Les cavaliers au Bois de Boulogne, ca
Kees van Dongen, Les cavaliers au Bois de Boulogne, ca. 1908-1909 – huile sur toile – 64 x 53,2 cm
© MuMa Le Havre / David Fogel — © ADAGP, Paris, 2013

1913

Installé rue Denfert-Rochereau il donne de grandes fêtes et devient le portraitiste à la mode de la bonne société parisienne. Ce sont les derniers éclats du fauvisme, son style change, les couleurs violentes perdent leur éclat, la stylisation et la schématisation cèdent la place au raffinement et à la recherche de l’élégance des lignes, le chef d’œuvre « Tableau » provoque un scandale.

Kees Van Dongen, Le Châle espagnol
Kees Van Dongen, Le Châle espagnol (Le mendiant d’amour ; Tableau ; La femme aux pigeons ; Nu au châle de Manille) [1913] – Huile sur toile – 195,5 x 130,5 cm
Crédit photographique : © Adagp, Paris

1914

Kees van Dongen est un Fauve indépendant mais un fauve d’avant-garde. Il sera le dernier à délaisser le mouvement. Il ne le fait pas pour créer autre chose, mais plutôt pour poursuivre une confortable carrière de portraitiste mondain.

« Le plus complètement fauve de tous, puisqu’il est resté [fidèle] au fauvisme bien après que les autres fauves ne se soient tournés dans d’autres directions »
(1963, Charles Chassé dans son ouvrage Les fauves et leur temps)


Bibliographie

Source principale :
Van Dongen et le fauvisme, Jean Melas Kyriazi, Edita Lazarus, 1987

Sources secondaires, pour aller plus loin :
Musée de l’orangerie : https://www.musee-orangerie.fr/fr/artiste/kees-van-dongen
Centre Pompidou : http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Fauvisme/index.html
Musée d’art moderne de Paris : http://www.mam.paris.fr/sites/default/files/documents/dossierpedagogiquevandongen.pdf
Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre : http://www.muma-lehavre.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/fauvisme/van-dongen-la-parisienne-de-montmartre
Kees Van Dongen, au firmament des années folles :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-mardis-de-lexpo/kees-van-dongen-au-firmament-des-annees-folles
La consécration d’un peintre mondain :
http://alanek.chez.com/VD_bio_3_F.html