Hector Guimard


Le mouvement Art nouveau

L’Art nouveau est un mouvement artistique qui s’étend de 1890 à 1914, il prend fin avec le début de la Première Guerre mondiale et se répand dans de nombreux pays autour du monde comme aux États-Unis avec l’artiste Tiffany. Le mouvement artistique prend de l’ampleur Europe grâce à sa diffusion par le marchand d’art Siegfried Bing qui ouvre en 1895 une galerie au nom éponyme La Galerie Bing. Siegfried Bing a organisé de nombreuses expositions d’œuvres de style Art nouveau, mais également des ventes et de la publicité, ce qui a permis une large diffusion du mouvement artistique. Celui-ci est de plus en plus apprécié dans les pays d’Europe, plusieurs noms lui sont alors attribués : en Allemagne il est nommé Jugenstil, à Vienne La Sécession, avec Gustav Klimt en chef de file suivi par des artistes tels que Schiele, Moser ou encore Kokoschka. En Espagne, le mouvement est appelé Modernisme, dont l’un des artistes les plus renommés est Antoni Gaudi, tandis qu’en Angleterre on parle de Modern Style et en France d’Art Nouveau.

L’Art nouveau est un art qui se veut fonctionnel et à la portée de tous. De plus, les artistes cherchent à être complets, c’est-à-dire à réaliser un art total, en effet ils veulent réaliser leurs créations dans leur intégralité en étant présents dans tous les domaines ; ainsi l’artiste devient un artisan, un architecte, un ingénieur et un décorateur. Le mouvement s’étend sur de nombreux domaines tels que les arts appliqués, la peinture, le design, l’illustration, l’architecture, etc. Les artistes favorisent la fabrication artisanale en réponse à l’industrialisation et à la production en masse. L’art nouveau cherche à concilier le fonctionnel et le beau en intégrant cela dans les objets du quotidien.

Les artistes de l’Art nouveau ont une prédilection pour le végétal et l’aquatique que l’on détaillait à la manière d’un botaniste ; en effet, à cette époque on a pu voir des micro-organismes au microscope, ce qui fournit des motifs pour l’Art nouveau, de nombreux artistes étaient également botanistes tel que Emile Gallé ou Louis Majorelle, fondateurs de l’école artistique de Nancy. La nature est donc un thème récurrent dans l’Art nouveau, les artistes cherchent à la représenter telle qu’elle est. De ce fait, les tiges, les courbes des végétaux ou encore les ailes d’insectes deviennent source d’inspiration.


Hector Guimard et ses créations

C’est en reprenant ces inspirations que l’architecte français Hector Guimard, né à Lyon en 1867, s’inscrit dans ce mouvement et va aider à sa diffusion en France. Principalement connu pour ses célèbres bouches de métro, l’artiste a œuvré à construire de nombreuses bâtisses dans tous Paris en grande majorité et s’aventura un peu en provinces. Il se fit d’abord remarquer avec la construction du Castel Béranger (1895-1898), puis avec le Castel Henriette situé à Sèvres et la Bluette à Hermanville-sur-Mer. Guimard nous donne à voir d’impressionnantes façades au design unique presque abstrait et toujours caractérisé par des courbes et des inspirations florales. Guimard ne se contente pas de réaliser les façades ais bien tout le bâtiment, jusqu’à la décoration intérieure qui est tout aussi époustouflantes que l’extérieur, chaque pièce ayant son propre univers.

Cependant, le mouvement artistique est critiqué pour ses exubérances et extravagances. Bien qu’on ait commandé à Hector Guimard de réaliser les bouches de sorties du Métropolitain parisien, il a été refusé que l’une d’elles soit installée sur la place de l’Opéra, jugeant que ce ne serait pas esthétique. Les stations d’Hector Guimard sont comparées à des libellules ou encore à des squelettes de dinosaures. Il va falloir attendre le début des années soixante pour que, sous l’influence d’experts historiens, l’Art nouveau soit considéré comme autre chose qu’une parenthèse décorative entre l’historicisme et le fonctionnalisme. En effet, l’hostilité et l’indifférence ont entraîné la destruction de nombreux bâtiments à Paris de Guimard. Ce n’est qu’en 1965 que le ministre de la culture André Malraux a fait classer les rares édicules encore en place de Guimard. Par la suite, le style de Guimard s’assagit mais ses constructions ne sont pas moins impressionnantes bien que plus classiques. Avec la guerre en 1914 et la fin de l’Art nouveau, Guimard tente de s’adapter à l’Art déco sans vraiment y parvenir. Il va finir par s’installer à New-York où il y finit sa vie en 1942.

Lou-Ann Thual

Sources : Le cercle Guimard 1, 2, 3 ; L’art nouveau