Gustav Klimt et l’Art nouveau

L’Art nouveau, issu de la Belle Époque (1890–1914), est un mouvement qui se veut entièrement nouveau et qui promeut l’artisanat au rang d’art majeur. Il est caractérisé par des courbes et des arabesques inspirées de la nature. L’un de ses apports majeurs est d’avoir fait tomber la barrière traditionnelle entre arts majeurs et arts mineurs, en élevant par exemple l’affiche aux rangs des beaux-arts. Il signe un véritable renouveau de l’art décoratif européen à l’ère de l’industrialisation croissante.

En France, c’est surtout Hector Guimard qui l’incarne, au travers des bouches de métro parisiennes dont il est l’architecte, ainsi qu’Émile Gallé ou René Lalique. En Allemagne, l’Art nouveau prend le nom de Jugendstil, tandis qu’en Angleterre il s’incarne dans le mouvement Arts & Crafts. À Barcelone, il prend la forme des fantastiques constructions d’Antoni Gaudí. En Autriche, son porte-drapeau est Gustav Klimt.

Gustav Klimt, fils d’un orfèvre autrichien, est né près de Vienne en 1862. Il fait des études artistiques à l’École des arts et métiers de Vienne puis fait ses débuts dans la décoration. En 1883, il crée un atelier avec son frère, lui aussi orfèvre. Il contribue à de nombreux chantiers dans toute la ville de Vienne et acquiert une grande réputation de peintre décorateur. Pour promouvoir l’art moderne et trouver son propre style, il se rapproche des artistes symboliques, et s’engage dans le groupe des Sécessionnistes viennois en 1887. Klimt devient par la suite président de cette association qui souhaite encourager la promotion de l’art viennois sur le plan international. L’artiste milite pour faire tomber la barrière qui sépare les arts dits majeurs des arts décoratifs.

Il devient le représentant de l’Art nouveau autrichien à travers de grandes compositions innovantes, en particulier en utilisant l’or comme couleur majeure. En 1902, il réalise l’une de ses œuvres  majeures : la Frise Beethoven, présentée lors de la 14e exposition de la Sécession.

Même s’il est critiqué, son art touche un immense public amateur d’art moderne.

À la fin de sa carrière, Gustav Klimt s’éloigne du décoratif et rompt avec la Sécession viennoise mais obtient de grandes commandes de portraits bourgeois qui assoient sa renommée.

Reconnu membre honoraire de l’Académie des beaux-arts de Vienne en 1917, il s’éteint en 1918. Il laisse une œuvre prodigieuse et pléthorique, comptant d’importants décors et des milliers de dessins.

– Frise Beethoven (1902-03, 7 panneaux mesurant au total 34,14 m x 2,15 m, frise murale, Palais de la Sécession)

La Frise Beethoven, grande fresque courant sur trois murs (dont on voit ici la partie centrale), est un hommage rendu au célèbre compositeur par Gustav Klimt, malgré le scandale qu’a provoqué l’oeuvre.
Il représente ici les maux de l’humanité à travers des figures mythologiques, humanité que seul l’art peut sauver.

– Le Baiser (1908-09, 180 x 180 cm, huile et feuilles d’or sur toile, Österreichische Galerie Belvedere)

Cette oeuvre est emblématique du Cycle d’or de Klimt. Elle représente un homme et une femme amoureusement enlacés, probablement le peintre lui-même et sa compagne Emilie Flöge, entourés d’un décor abstrait et doré. C’est une des peintures les plus connues du mouvement de l’Art nouveau.

– Danaé (1907, 77 x 83 cm, huile sur toile, galerie Würthle, Vienne, collection du Musée Léopold)

Ce tableau représente Danaé, figure de la mythologie grecque enfermée dans une tour, à qui le dieu Zeus vient rendre visite. Il se faufile sous forme de pluie d’or. De leur union naîtra Persée.