Joan Miró

Juan Miró est un peintre et sculpteur Catalan incontournable du mouvement Surréaliste. Né à Barcelone en 1893, il meurt à Palma de Majorque à l’âge de 90 ans en laissant derrière lui des œuvres colorées et décalées aux allures enfantines. Lors de ces études il fréquentera l’école d’Art de Barcelone puis l’Académie du cercle Saint-Luc. Cet apprentissage académique se ressent dans ses premiers tableaux représentant des paysages et des portraits qu’il exposera pour la première fois en 1918 dans la galerie Dalmau à Barcelone. L’artiste ne s’est pas encore totalement libéré des contraintes de la représentation.

Ciurana, le chemin, huile sur toile, 60×73, 1917

En 1919 il découvre Paris et son effervescence artistique. Il y rencontrera Picasso, Apollinaire Reverdy, Tristan Tzara et bien d’autres. Il expérimentera tout d’abord le fauvisme et le cubisme pour finir par se joindre au mouvement Surréaliste dès 1924. Ce mouvement avant-gardiste se base sur la spontanéité créative et sur l’étude de l’inconscient. Deux données qui permettront à Miró de développer pleinement son art onirique. Ses tableaux se construisent autour de motifs récurrents tels que les étoiles, un bestiaire étrange, les ronds et les lignes, qui finissent par composer un lexique graphique. C’est ce langage primitif et poétique, influencé par Kandinsky et Mondrian, qui fera la singularité et la force du peintre. Le travail pictural de Miró est brut et organique. Il utilise en effet presque essentiellement les couleurs primaires et ne s’attache pas à la représentation, ses peintures sont faites de rythmes et de sensations. Il emprunte au cubisme ces formes minimalistes. Le Carnaval d’Arlequin réalisé entre 1924 et 1925 sera l’apogée de sa période Surréaliste.

Le Carnaval d’Arlequin, 1924-1925, huile sur toile, 66×90,5cm,Galerie d’art Albright- Knox, Buffalo, E.U

À partir des années trente il rompt peu à peu avec le Surréalisme dont les idées politiques communistes ne lui correspondent pas. C’est à cette même période qu’il déclare alors vouloir « assassiner la peinture ». Pour cela il change de technique et s’essaye au collage et réalise des tableaux-objet avec ce qu’il trouve dans les poubelles. Il fait également de la lythographie et de la gravure sur bois notamment pour illustrer les recueils de Tzara et Éluard (À toute épreuve 1958). C’est lorsqu’il se retire en Espagne pendant la guerre qu’il apprendra que le Museum of Moderne Art de New-York va lui consacrer une rétrospective. Une réelle consécration pour le peintre catalan. Les ravages de la guerre d’Espagne (1936-1939) vont cependant avoir une influence sur son oeuvre dans laquelle il distillera toute la violence faite à son pays. Dès 1939 son art deviendra plus minimaliste et cosmique comme le souligne sa série intitulée Constellations .2 En effet les lunes et les astres se multiplient sur ses toiles et lui valent le surnom de «peintre aux étoiles».

Constellations,43,3×36, 1939-1941

Pour ce qui est de la sculpture, ses productions sont peu nombreuses et il favorise la céramique. Sa rencontre avec le céramiste Artigas sera décisive dans son approche plastique. On trouve de nombreux vases ainsi que des plats et des sculptures-objet de toutes tailles et de toutes les couleurs.

Vase, 1941-1944, grès, Paris, collection Marc Larock

DUPIN Jacques, Miró, collection d’art UNESCO, éditions 10-18, 1967