 {"id":20,"date":"2014-11-25T17:06:42","date_gmt":"2014-11-25T16:06:42","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/emma\/?page_id=20"},"modified":"2015-03-15T20:01:31","modified_gmt":"2015-03-15T19:01:31","slug":"seminaires-et-activites-associes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/emma\/seminaires-et-activites-associes\/","title":{"rendered":"S\u00e9minaires et activit\u00e9s associ\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><strong>Atelier \u00ab\u00a0Lectures : f\u00ealures et r\u00e9parations\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Organis\u00e9 par Catherine Mazauric, Marie-Jos\u00e9 Fourtanier (LLA-Creatis), L\u00e9titia Mouze et Anne Coignard (ERRaPhiS), dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration \u00ab M\u00e9moire domin\u00e9es et cr\u00e9ations critiques dans les soci\u00e9t\u00e9s post-traumatiques \u00bb du LabEx SMS (Structuration des Mondes Sociaux).<\/p>\n<p><i>Argumentaire<\/i><\/p>\n<p>D\u00e9fendre une certaine approche de la litt\u00e9rature, entendue au sens large, comme porteuse de revendications identitaires, enjeu et lieu de subjectivations renouvel\u00e9es et possiblement \u00e9mancipatrices, c\u2019est indissociablement, et d\u2019abord, d\u00e9fendre une certaine approche de la lecture \u2013 de ses modalit\u00e9s et de ses fonctions, de ses usages cr\u00e9atifs \u2013 si la litt\u00e9rature n\u2019existe que dans et par la lecture, ou plut\u00f4t les lectures. Aborder le pouvoir des textes, la prise de pouvoir ou de conscience dont ils sont vecteurs, ne peut donc aller sans questionner ce que peut le lecteur, voire simplement <i>ce qu\u2019il fait<\/i> en lisant, ce que produit sa relation aux textes dont il s\u2019empare. C\u2019est pourquoi il s\u2019agira ici de parler de la litt\u00e9rature en parlant des lectures qui la font \u00eatre.<\/p>\n<p>Comme le titre choisi l\u2019annonce, nous entendons la lecture au pluriel. Ce pluriel est essentiel\u00a0: un texte \u00e9crit, mais des textes lus. La litt\u00e9rature n\u2019est jamais rien d\u2019autre que le pluriel ind\u00e9fini des lectures, donc des lecteurs, c\u2019est-\u00e0-dire des individus dont les subjectivit\u00e9s se font et se d\u00e9font dans l\u2019acte de lire. Notre r\u00e9flexion sur les lectures souhaite d\u2019\u00eatre une r\u00e9flexion sur la mani\u00e8re dont l\u2019acte de lire, donc de donner sens au texte lu (car lire c\u2019est interpr\u00e9ter), est le lieu d\u2019une constitution de soi, de reconstitution de soi, ou de d\u00e9construction de soi \u2013 et des communaut\u00e9s qui se nouent, aussi, dans leurs relations aux livres. Il ne s\u2019agirait cependant pas d\u2019entendre cela en des termes essentiellement volontaristes\u00a0: les lecteurs p\u00e2tissent de leurs lectures tout autant que le texte p\u00e2tit d\u2019eux. Si lire est bien une activit\u00e9, au sens o\u00f9 le lecteur en lisant constitue le texte, la subjectivit\u00e9 du lecteur, reconfigur\u00e9e par chaque lecture est toute autant mise en jeu. Nous nous proposons d\u2019explorer cette double dimension active et passive (et active jusque dans cette passivit\u00e9) de la lecture, et son sens tout autant anthropologique que politique\u00a0: les subjectivit\u00e9s qui se font et tout autant se d\u00e9font dans la lecture sont autant collectives qu\u2019individuelles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le texte choisi, par le lecteur ou une communaut\u00e9 de lecteurs en train de se faire, peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 \u2013 c\u2019est l\u00e0 notre hypoth\u00e8se \u2013 comme un texte qui donne la parole, notamment \u00e0 ceux qui s\u2019en trouvent d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s. Litt\u00e9rature qui donne \u00e0 ses lecteurs une parole o\u00f9 s\u2019\u00e9prouver, s\u2019identifier, se mettre en question, et cela parce qu\u2019elle s\u2019offre \u00e0 ses appropriations, ses usages, ses braconnages selon la c\u00e9l\u00e8bre formule de M. de Certeau. Abord\u00e9e ainsi, la dimension \u00e9mancipatrice, configuratrice de subjectivit\u00e9s de la litt\u00e9rature, s\u2019aper\u00e7oit \u00e0 rebours de la cr\u00e9ativit\u00e9 de la lecture, de telle sorte, aussi, que la parole inscrite par l\u2019auteur ne peut \u00ab\u00a0faire reculer le silence\u00a0\u00bb que parce que ses lecteurs se <i>l\u2019approprient<\/i>.<\/p>\n<p>Le texte devient ainsi un champ \u00e0 investir, et les lectures sont autant de voix qui d\u00e9clinent, chacune \u00e0 sa mani\u00e8re, ce texte prot\u00e9iforme, en fonction des n\u00e9cessit\u00e9s intimes, individuelles et\/ou collectives, de chacun. C\u2019est en cela que les dimensions personnelle et politique de la lecture sont indissociables\u00a0: la litt\u00e9rature est cr\u00e9atrice d\u2019un texte qui devient lui-m\u00eame un instrument, une voix qu\u2019\u00e0 la fois le lecteur emprunte, investit et invente. La lecture, silencieuse ou non, est une oralisation par laquelle chaque lecteur, pr\u00eatant sa voix au texte, le leste de ses inflexions propres, de ses intentions, de ses d\u00e9sirs ou de ses peurs, bref, de toute la gamme de ses sentiments et pens\u00e9es, de tout le poids de sa m\u00e9moire et de son histoire. Le texte ainsi hant\u00e9 devient son texte et, \u00e0 travers lui, le texte d\u2019une collectivit\u00e9 au moins potentielle, celle \u00e0 laquelle le lecteur individuel, comme tout individu, appartient.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette perspective que nous proposons de pr\u00eater attention \u00e0 la dimension r\u00e9paratrice de la lecture, \u00e0 sa capacit\u00e9 d\u2019accompagner et de permettre le devenir-sujet des lecteurs, de leur offrir de faire communaut\u00e9, de se donner une m\u00e9moire et une voix.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il nous faut n\u00e9anmoins nous pr\u00e9munir de toute tentation unilat\u00e9rale. La litt\u00e9rature, mettant en marche la machine \u00e0 penser, \u00e0 comprendre, \u00e0 interpr\u00e9ter \u2013 non pas seulement le texte, mais le monde auquel le texte renvoie \u2013 poss\u00e8de s\u00fbrement une capacit\u00e9 r\u00e9paratrice, mais aussi, inversement, manifeste son pouvoir d\u00e9stabilisant \u2013 sur l\u2019ordre existant \u2013 tout autant que sa capacit\u00e9 \u00e0 fendiller nos \u00e2mes et nos corps. De m\u00eame que le <i>pharmakon<\/i> grec est tout autant, comme on sait, rem\u00e8de que poison (la substance qui gu\u00e9rit est la m\u00eale que celle qui rend malade), de m\u00eame la lecture est tout autant apte \u00e0 ouvrir des failles dans le roc de nos subjectivit\u00e9s constitu\u00e9es qu\u2019elle l\u2019est inversement \u00e0 combler, panser, gu\u00e9rir celles dont nous souffrons. L\u00e0 encore, il s\u2019agira d\u2019explorer ce double pouvoir qui n\u2019est autre que celui de la pens\u00e9e dont la lecture ouvre l\u2019espace\u00a0; mais une pens\u00e9e loin des abstractions, qui est aux prises avec le r\u00e9el et s\u2019enracine dans les affects. En cela, aborder la lecture dans ses promesses et ses p\u00e9rils de subjectivations ne pourra aller sans pr\u00eater une attention soutenue \u00e0 la dimension affective de la lecture\u00a0: si la lecture peut ainsi faire penser, donner \u00e0 penser, et par l\u00e0-m\u00eame d\u00e9truire ou reconstruire les subjectivit\u00e9s, c\u2019est bien parce qu\u2019elle est affective. C\u2019est avec nos affects que nous lisons, c\u2019est avec nos affects que nous pensons \u2013 sans quoi nous n\u2019aurions rien \u00e0 lire ni \u00e0 penser.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, on ne saurait soutenir que la lecture n\u2019est valable que si elle est production d\u2019une interpr\u00e9tation \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire que si elle est le lieu de production d\u2019un savoir acad\u00e9mique sur le texte. La f\u00e9condit\u00e9 des lectures pour les subjectivations individuelles et collectives doit nous conduire \u00e0 l\u2019examen des pratiques des lecteurs et, disons-le, \u00e0 mettre en question la domination, institu\u00e9e, de certaines pratiques de lecture qui sont l\u2019envers de pratiques d\u2019\u00e9criture l\u00e9gitim\u00e9es. Si la lecture est bien toujours interpr\u00e9tation (on dit bien \u00ab\u00a0une lecture\u00a0\u00bb pour dire \u00ab\u00a0une interpr\u00e9tation\u00a0\u00bb, et \u00e0 juste titre), elle n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre n\u00e9cessairement, pour \u00eatre l\u00e9gitime, une proposition \u00e9tay\u00e9e et argument\u00e9e \u00e9non\u00e7ant un sens possible du texte. Elle n\u2019a pas, pour le dire autrement, \u00e0 relever exclusivement de la production de connaissance. La lecture est interpr\u00e9tation au sens o\u00f9 elle est le lieu de subjectivations invisibles, ou du moins labiles, pr\u00e9caires. Elle a une f\u00e9condit\u00e9 secr\u00e8te\u00a0: les sujets individuels et collectifs se font et se d\u00e9font au gr\u00e9 des lectures, non pas de mani\u00e8re spectaculaire, ou du moins rarement, mais en sous-main. Les th\u00e9oriciens de la r\u00e9ception le r\u00e9p\u00e8tent\u00a0: la lecture a des effets et c\u2019est d\u2019eux qu\u2019il faut parler. C\u2019est vrai. Mais ces effets sont complexes, souvent secrets, profonds peut-\u00eatre ou parfois, mais peu visibles. Ce sont ces effets, c\u2019est cette f\u00e9condit\u00e9, qui nous int\u00e9ressera et que nous nous proposons d\u2019explorer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi, comment approcher les enjeux \u00e9thiques et politiques de l\u2019appropriation des textes\u00a0? Comment la lecture peut-elle advenir comme vecteur d\u2019une prise de parole\u00a0? Et, si elle advient ainsi, et quand elle advient ainsi, est-elle le fait d\u2019une appropriation \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb et impr\u00e9visible des lecteurs, ou peut-elle \u00eatre la r\u00e9ponse \u00e0 la volont\u00e9 de l\u2019auteur de donner la parole, de jouer, \u00e0 m\u00eame l\u2019\u00e9criture, les porte-parole\u00a0? O\u00f9 se nouent, aussi, les porte-\u00e0-faux du projet d\u2019\u00e9criture et de la r\u00e9ception cr\u00e9atrice, potentiellement \u00e9mancipatrice, des lecteurs\u00a0?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Affiche :\u00a0<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/emma\/files\/2014\/11\/aff-atelier.pdf\">aff atelier<\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Programme :\u00a0<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/emma\/files\/2014\/11\/prog-atelier.pdf\">prog atelier<\/a><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Pr\u00e9sentation de la premi\u00e8re s\u00e9ance :\u00a0<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/emma\/files\/2014\/11\/31mars-Emmanuel-Barot.pdf\">31mars-Emmanuel Barot<\/a><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Atelier \u00ab\u00a0Lectures : f\u00ealures et r\u00e9parations\u00a0\u00bb Organis\u00e9 par Catherine Mazauric, Marie-Jos\u00e9 Fourtanier (LLA-Creatis), L\u00e9titia Mouze et Anne Coignard (ERRaPhiS), dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration \u00ab M\u00e9moire domin\u00e9es et cr\u00e9ations critiques dans les soci\u00e9t\u00e9s post-traumatiques \u00bb du LabEx SMS (Structuration des Mondes Sociaux). 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