 {"id":525,"date":"2018-01-18T03:41:03","date_gmt":"2018-01-18T02:41:03","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/?page_id=525"},"modified":"2018-04-16T20:31:03","modified_gmt":"2018-04-16T18:31:03","slug":"frederic-witte-a-garaison","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/frederic-witte-a-garaison\/","title":{"rendered":"Fr\u00e9d\u00e9ric Witte \u00e0 Garaison"},"content":{"rendered":"<h4><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #808000\"><strong>FR\u00c9D\u00c9RIC WITTE \u00c0 GARAISON<\/strong><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #808000\"><strong>par Mich\u00e8le Witt\u00e9<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/temoignages\/zeugenschaften\/frederic-witte\/\"><em><strong>Bericht in deutscher Sprache<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify\">Friedrich Johann WITTE, mon grand-p\u00e8re, est n\u00e9 le 8 janvier 1874 \u00e0 BIELEFELD. Apr\u00e8s la mort de ses parents, parlant parfaitement le fran\u00e7ais, il vient s\u2019installer \u00e0 Paris, o\u00f9 il trouve un travail d\u2019interpr\u00e8te dans un chic h\u00f4tel parisien proche de l\u2019op\u00e9ra (Le Richemont). L\u00e0, il rencontre ma grand-m\u00e8re, Louise Toulliou, originaire de Quimperl\u00e9 (Finist\u00e8re Sud). La s\u0153ur de Louise, Jeanne, vit maritalement \u00e0 Courbevoie avec un officier fran\u00e7ais, Fran\u00e7ois Mercier, dont elle a un fils, Patrice. Jeanne a incit\u00e9 sa s\u0153ur cadette \u00e0 la rejoindre en r\u00e9gion parisienne, o\u00f9 les jeunes Bretonnes \u00e9taient assur\u00e9es de trouver une place de bonne. Elle trouve en effet une place dans l\u2019h\u00f4tel Richemont, o\u00f9 Fr\u00e9d\u00e9ric est employ\u00e9 WITTE. Les voil\u00e0 amoureux, et Louise comme sa s\u0153ur, ne s\u2019embarrassant pas de d\u00e9marches inutiles, se met en m\u00e9nage (je respecte les formules de l\u2019\u00e9poque) avec son Fr\u00e9d\u00e9ric\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ils vivent \u00e0 Paris, \u00e0 Courbevoie, puis \u00e0 Colombes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Et logiquement viennent les enfants\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 un enfant mort-n\u00e9,<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Fr\u00e9d\u00e9ric Jean (on l\u2019appellera Jean), n\u00e9 le 19 novembre 1903 \u00e0 Paris,<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Rodolphe, n\u00e9 le 27 juin 1908 \u00e0 Paris,<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Simone, n\u00e9e le 13 avril 1912 \u00e0 Courbevoie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Et\u2026 d\u00e9but ao\u00fbt 1914, la France mobilise, et c\u2019est la d\u00e9claration de guerre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tous les individus \u00ab\u00a0suspects\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire suspect\u00e9s de pouvoir entraver l\u2019effort de guerre, de par leur origine ou leur mani\u00e8re de vivre, sont imm\u00e9diatement dirig\u00e9s vers des camps d\u2019internement, tr\u00e8s vite nomm\u00e9s \u00ab\u00a0camps de concentration\u00a0\u00bb\u00a0: Austro-hongrois, Allemands, Ottomans (Turcs) ou gens du voyage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que mon grand-p\u00e8re, Fr\u00e9d\u00e9ric Witte, arrive le 7 septembre 1914 au camp de Garaison, commune de Monl\u00e9on-Magnoac, dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De sa vie au camp, je n\u2019ai connaissance que par les rares t\u00e9moignages retrouv\u00e9s sur le net, ou par quelques photos et cartes postales repr\u00e9sentant le camp, dont les copies m\u2019ont \u00e9t\u00e9 aimablement communiqu\u00e9es par Monsieur VERDIER, collectionneur passionn\u00e9 r\u00e9sidant \u00e0 Aureilhan\u00a0: celles-ci t\u00e9moignent de l\u2019existence d\u2019une vie sociale au camp\u00a0: groupe th\u00e9\u00e2tral, boutique de l\u2019horloger, distribution de lait, vente de produits fermiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pas de t\u00e9moignages familiaux\u00a0: ma grand-m\u00e8re, mon p\u00e8re, mes oncles et tantes n\u2019en n\u2019ont jamais parl\u00e9, comme si \u00e7\u2019avait \u00e9t\u00e9 un \u00e9pisode honteux de l\u2019histoire familiale. Mon p\u00e8re \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9 relativement jeune, 51 ans, je n\u2019ai appris que longtemps apr\u00e8s sa mort, qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 dans ce camp.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il me reste aussi quelques documents retrouv\u00e9s aux archives d\u00e9partementales de Tarbes, que j\u2019ai pu photocopier du dossier individuel de mon grand-p\u00e8re, et qui m\u2019ont permis d\u2019avancer dans mon travail de m\u00e9moire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que j\u2019ai pu reconstituer la suite de l\u2019histoire familiale\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En 1915, ma grand-m\u00e8re Louise, sans ressources financi\u00e8res depuis le d\u00e9part forc\u00e9 de son compagnon, tenue de quitter son emploi pour s\u2019occuper de ses enfants, et bien qu\u2019aid\u00e9e par sa s\u0153ur, d\u00e9cide de jouer le tout pour le tout\u00a0: avec ses trois enfants, et le soutien financier de sa s\u0153ur, elle prend le train pour Lannemezan, et demande \u00e0 rejoindre le p\u00e8re de ses enfants dans le camp\u00a0! Elle y arrive le 7 ao\u00fbt 1915. Sa demande est accept\u00e9e par le pr\u00e9fet le 10 ao\u00fbt, compte tenu de sa situation financi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cette date, la vie dans le camp \u00e9tait s\u2019organis\u00e9e, et cela commen\u00e7ait \u00e0 ressembler \u00e0 une petite communaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">N\u00e9anmoins l\u2019ain\u00e9 des enfants, Fr\u00e9d\u00e9ric, surnomm\u00e9 Fritz, \u00e2g\u00e9 de 12 ans, ne tarde pas \u00e0 vouloir s\u2019en aller\u00a0: avec l\u2019accord de ses parents, il demande \u00e0 rejoindre sa tante Jeanne, qui r\u00e9side alors \u00e0 Montlu\u00e7on, et dont le mari, Fran\u00e7ois Mercier, officier, et le fils Patrice sont sur le front. Fritz, dont la m\u00e8re travaillait, avait quasiment \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 par sa tante, qui faisait office de nounou pour les enfants de sa s\u0153ur, et il lui \u00e9tait particuli\u00e8rement attach\u00e9 \u2013 attachement bien r\u00e9ciproque. Il \u00e9crit donc \u00e0 son cousin Patrice le 15 octobre une lettre tr\u00e8s touchante o\u00f9 il lui dit son espoir d\u2019aller bient\u00f4t chez sa tante \u00e0 Montlu\u00e7on, et ajoute qu\u2019il est \u00ab\u00a0intern\u00e9 \u00e0 Garaison comme boche\u00a0!\u00a0\u00bb. Son cousin Patrice, lui aussi au front, ne re\u00e7oit cette lettre qu\u2019un mois plus tard, et \u00e9crit aussit\u00f4t \u00e0 son p\u00e8re, Fran\u00e7ois, pour lui demander d\u2019intervenir aupr\u00e8s du pr\u00e9fet, afin d\u2019appuyer la demande de Fritz, qu\u2019il consid\u00e8re un peu, dit-il, comme son fr\u00e8re. \u00c0 la suite de l\u2019intervention du capitaine Mercier, qui s\u2019engage, dans son courrier, \u00e0 \u00e9lever son neveu \u00ab\u00a0avec des sentiments fran\u00e7ais, qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0\u00a0\u00bb, l\u2019autorisation attendue est d\u00e9livr\u00e9e le 18 d\u00e9cembre, et le jeune Fritz arrive \u00e0 Montlu\u00e7on chez sa tante le 21 d\u00e9cembre 1915.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La vie continue pour les intern\u00e9s. Gr\u00e2ce aux mandats envoy\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 ma grand-m\u00e8re par sa s\u0153ur Jeanne, la famille ne s\u2019en sort pas trop mal. Ils peuvent se promener dans la campagne alentour, jusqu\u2019\u00e0 un kilom\u00e8tre autour du camp. Cela permet une petite intimit\u00e9 aux couples, puisque mon p\u00e8re na\u00eet \u00e0 Garaison le 7 juillet 1916. Il est pr\u00e9nomm\u00e9 Fran\u00e7ois Patrice et vivra ses premi\u00e8res ann\u00e9es au camp.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les intern\u00e9s font l\u2019objet de notes confidentielles transmises au pr\u00e9fet par le directeur, du type\u00a0: \u00ab\u00a0WITTE, tr\u00e8s correct, mais il a gard\u00e9 quelque chose de son origine \u2013 nous ne le croyons pas de c\u0153ur avec nous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pendant ce temps, \u00e0 Montlu\u00e7on, Fritz est devenu Jean (par souci de francisation, sans doute), et je ne le conna\u00eetrai jamais que sous ce nom. Pour moi, il a toujours \u00e9t\u00e9 Tonton Jean. Son oncle Fran\u00e7ois, prenant \u00e0 c\u0153ur son r\u00f4le de tuteur, lui \u00e9crit souvent du front pour l\u2019encourager sans cesse \u00e0 bien travailler avec l\u2019institutrice qui lui donne des cours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais la guerre est toujours l\u00e0, avec son lot de victimes, et en mai, le malheur frappe \u00e0 la porte\u00a0: Jeanne Mercier, en tant que femme d\u2019officier, est avertie que son fils Patrice a \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9, et doit \u00eatre rapatri\u00e9. Elle prend le train jusqu\u2019au Mans, et souhaite le ramener \u00e0 Lorient, o\u00f9 il est n\u00e9 et o\u00f9 elle a longtemps v\u00e9cu. H\u00e9las \u00e0 Angers, son \u00e9tat s\u2019aggrave, il doit \u00eatre hospitalis\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire d\u2019Angers, o\u00f9 il meurt le 15 mai 1917\u2026 h\u00e9mophtysie, pr\u00e9cise l\u2019acte de d\u00e9c\u00e8s<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La perte de son fils unique laisse cette forte femme compl\u00e8tement d\u00e9sempar\u00e9e, et son mari juge pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019\u00e9loigner son neveu, d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment affect\u00e9 par la mort de son cousin, et qui risque d\u2019\u00eatre encore plus fragilis\u00e9 par la d\u00e9pression de sa tante. Jean retourne donc \u00e0 Garaison aupr\u00e8s de ses parents et de ses fr\u00e8res et s\u0153ur. Ses parents se d\u00e9cident enfin \u00e0 r\u00e9gulariser leur situation, et se marient le 17 septembre \u00e0 la mairie de Monl\u00e9on-Magnoac<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 22 septembre 1917, la famille demande son rapatriement, dans le cadre des accords concernant les \u00e9changes de prisonniers. Le d\u00e9part est pr\u00e9vu en novembre pour toute la famille, quand le 6 novembre arrive de Lyon Perrache le t\u00e9l\u00e9gramme suivant\u00a0: \u00ab\u00a0Suite \u00e0 votre t\u00e9l\u00e9gramme annon\u00e7ant prochain passage de 5 personnes \u00e0 destination Gen\u00e8ve, vous informe que fronti\u00e8re suisse est ferm\u00e9e depuis le 1er courant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La famille va donc rester \u00e0 Garaison jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">4 longues ann\u00e9es pour mon grand-p\u00e8re, qui, une fois lib\u00e9r\u00e9, n\u2019a qu\u2019une envie\u00a0: retourner en Allemagne, apr\u00e8s que la France l\u2019a si mal trait\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avant de partir en Allemagne, ils passent chez les Mercier \u00e0 Montlu\u00e7on, o\u00f9 se d\u00e9roule un conseil de famille. Louise est plus femme que m\u00e8re, et elle souhaite confier ses trois enfants a\u00een\u00e9s (Jean, Rodolphe et Simone) \u00e0 sa s\u0153ur, tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9e par son deuil, tr\u00e8s maternelle et tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 ses neveux. Sa s\u0153ur ne demande pas mieux que d\u2019aimer ces enfants comme les siens (ce qu\u2019elle va faire) et de leur donner une bonne \u00e9ducation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019affaire est donc conclue, et le couple part en Allemagne avec le petit Fran\u00e7ois, mon p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La suite est plus difficile \u00e0 retracer. Ils vont tenter de se rapprocher de leur famille, mais sans grand succ\u00e8s, semble-t-il\u2026 Fr\u00e9deric restera le paria, celui qui a fui l\u2019Allemagne, et, qui plus est, il est mari\u00e9 \u00e0 une Fran\u00e7aise\u00a0! Un cinqui\u00e8me enfant, Richard, na\u00eet \u00e0 Essen en 1920. Puis ils ach\u00e8tent un petit commerce \u00ab\u00a0caf\u00e9-tabac\u00a0\u00bb dans la gare de Bad Godesberg, pr\u00e8s de Bonn. Simone, qui habite Lorient chez sa tante et son oncle, vient parfois passer quelques semaines en Allemagne chez ses parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans, en 1930, Fran\u00e7ois vient \u00e0 son tour vivre chez sa tante \u00e0 Lorient\u2026 Et la famille Witt\u00e9 songe maintenant \u00e0 rentrer en France. En 1931, ils sont \u00e0 l\u2019exposition coloniale \u00e0 Vincennes. Regrettent-ils Paris\u00a0? Est-ce la mont\u00e9e du \u00a0nazisme\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En 1934, ils reviennent \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pendant ce temps, les a\u00een\u00e9s ont fait leur chemin\u00a0: suivant en cela l\u2019exemple de leur oncle Mercier, ils se sont engag\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e, d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 18 ans. Et pour qu\u2019ils puissent monter en grade dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, il faut que leur p\u00e8re soit fran\u00e7ais. Fr\u00e9deric Witt\u00e9 demande donc la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, qu\u2019il obtient le 1er septembre 1937. Deux de ses enfants vont faire une belle carri\u00e8re dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise\u00a0: Jean finira colonel, et Richard capitaine. Belle revanche, pour l\u2019ancien intern\u00e9 de Garaison, mais posthume, puisqu\u2019il meurt \u00e0 Paris le 4 f\u00e9vrier 1940.<\/p>\n<hr \/>\n<h4 style=\"text-align: center\"><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span style=\"color: #808000\"><em><strong>Au sujet de mon p\u00e8re<\/strong><\/em><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Papa a toujours gard\u00e9 un souvenir \u00e9mu de son enfance allemande, et, conseiller municipal \u00e0 Quimperl\u00e9 dans les ann\u00e9es 65, \u00e0 consid\u00e9rablement \u0153uvr\u00e9 au jumelage entre Quimperl\u00e9 et la petite ville allemande de Geilenkirchen. Il \u00e9tait heureux de se remettre \u00e0 retrouver un peu la langue allemande. J\u2019ai fait en 1966 un camp avec des guides allemandes de Geilenkirchen, et \u00e0 l\u2019issue de ce camp, l\u2019une d\u2019elles a pass\u00e9 une semaine \u00e0 la maison. J\u2019ai encore une photo de papa, heureux de tenir affectueusement cette correspondante par le cou, comme il le faisait souvent avec ma s\u0153ur et moi pour nous montrer son affection. Je me rappelle qu\u2019\u00e0 mon entr\u00e9e en quatri\u00e8me, au moment du choix de la deuxi\u00e8me langue, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u que je choisisse le grec ancien lieu de l\u2019allemand, mais avait respect\u00e9 mon choix sans chercher \u00e0 l\u2019influencer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour \u00eatre compl\u00e8te sur Papa, je dois ajouter qu\u2019en 1966, il a commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer avec Maman un voyage en Allemagne sur les lieux de sa jeunesse, pr\u00e9vu pour l\u2019\u00e9t\u00e9 1967. H\u00e9las en d\u00e9but de 1967, il a commenc\u00e9 \u00e0 se trouver tr\u00e8s fatigu\u00e9, et a d\u00fb abandonner le projet : \u00e0 cette \u00e9poque, la dialyse en \u00e9tait \u00e0 ses balbutiements, et son \u00e9tat de sant\u00e9 s\u2019est d\u00e9grad\u00e9 tr\u00e8s vite. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en octobre 1967 sans pouvoir mener son projet \u00e0 bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sachez que nous ne sommes plus que deux vivants sur quatre enfants. Ma s\u0153ur a\u00een\u00e9e est morte \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 33 ans, et il y a 4 ans, nous avons perdu notre jeune fr\u00e8re. Mon fr\u00e8re Patrice\u00a0est tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par mes travaux de m\u00e9moire familiale, de m\u00eame que mon cousin Jean, le fils de Richard, le plus jeune des Witt\u00e9, qui, lui, \u00e9tait retourn\u00e9 en Allemagne, \u00e0 la recherche de ses racines. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, internet n\u2019\u00e9tait pas aussi d\u00e9velopp\u00e9, et il n\u2019avait pas retrouv\u00e9 sa famille&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je vous remercie tr\u00e8s vivement de m\u2019avoir demand\u00e9 ce travail, car \u00e7a m\u2019a permis de cesser de procrastiner, et de mettre enfin par \u00e9crit ce t\u00e9moignage qui m\u2019est demand\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es par la jeune g\u00e9n\u00e9ration (fils, neveu, cousins).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019habite aujourd\u2019hui au Pouldu, qui fut entre 1920 et 1940 le refuge des enfants de mon grand-p\u00e8re Witt\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 leur tante Jeanne, qui y louait tous les \u00e9t\u00e9s une villa pour offrir de belles vacances \u00e0 ses neveux et ni\u00e8ces. Ce fut sans doute une esp\u00e8ce de foyer pour eux, puisque tous en ont fait leur port d\u2019attache&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais je suis intarissable, quand je commence \u00e0 parler de ma famille.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Mich\u00e8le Witt\u00e9 (<a href=\"&#109;&#x61;i&#x6c;t&#x6f;:&#119;&#x69;&#116;&#x74;e&#x2e;m&#x69;c&#104;&#x65;l&#x65;&#64;&#x67;m&#x61;&#x69;&#108;&#x2e;c&#x6f;m\">&#119;i&#x74;t&#x65;&#46;&#x6d;i&#x63;&#104;&#x65;&#108;e&#x40;g&#x6d;a&#x69;l&#x2e;c&#x6f;&#109;<\/a>)<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">D\u00e9cembre 2017<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/temoignages\/zeugenschaften\/frederic-witte\/\"><em><strong>Bericht in deutscher Sprache<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; FR\u00c9D\u00c9RIC WITTE \u00c0 GARAISON par Mich\u00e8le Witt\u00e9 Bericht in deutscher Sprache Friedrich Johann WITTE, mon grand-p\u00e8re, est n\u00e9 le 8 janvier 1874 \u00e0 BIELEFELD. Apr\u00e8s la mort de ses parents, parlant parfaitement le fran\u00e7ais, il vient s\u2019installer \u00e0 Paris, o\u00f9 il trouve un travail d\u2019interpr\u00e8te dans un chic h\u00f4tel parisien proche de l\u2019op\u00e9ra (Le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":459,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-525","page","type-page","status-publish","hentry","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/users\/459"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=525"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":987,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/525\/revisions\/987"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}