 {"id":2544,"date":"2017-09-17T19:25:36","date_gmt":"2017-09-17T18:25:36","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=2544"},"modified":"2025-05-13T11:42:34","modified_gmt":"2025-05-13T10:42:34","slug":"etre-ou-ne-pas-etre-lentre-deux-lieux-chez-jean-luc-lagarce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/etre-ou-ne-pas-etre-lentre-deux-lieux-chez-jean-luc-lagarce\/","title":{"rendered":"\u00catre o\u00f9 ne pas \u00eatre\u2026 : L\u2019entre-deux lieux chez Jean-Luc Lagarce"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_2792\" style=\"width: 521px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2792\" class=\"size-full wp-image-2792\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg\" alt=\"\" width=\"511\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg 511w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu-300x219.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2792\" class=\"wp-caption-text\"><em>Juste la fin du monde<\/em>, extrait de la mise en sc\u00e8ne de Jean-Charles Mouveaux, avec l&rsquo;actrice Ren\u00e9e Gincel, Paris, 2012.<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Fatima EZZAHRA TIZNITI<\/strong><br \/>\nDoctorante en art et litt\u00e9rature compar\u00e9s au d\u00e9partement de Langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aises, Fatima Ezzahra Tizniti pr\u00e9pare une th\u00e8se sur <em>La voix de l\u2019ailleurs<\/em> chez Jean-Luc Lagarce \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Mohamed V Agdal au Maroc. Cette recherche lui permet d\u2019effectuer une profonde analyse sur la nouvelle \u00e9criture et mise en sc\u00e8ne de l\u2019auteur.<\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"mai&#108;&#116;&#x6f;&#x3a;&#x66;&#x61;tim&#97;&#101;&#x7a;&#x7a;&#x61;&#x68;rat&#105;&#122;&#x6e;&#x69;&#x74;&#x69;&#64;gm&#97;&#105;&#x6c;&#x2e;&#x63;&#x6f;m\">f&#x61;t&#x69;&#x6d;a&#x65;z&#122;&#x61;h&#x72;a&#116;&#x69;z&#x6e;i&#116;&#x69;&#64;&#x67;&#x6d;a&#x69;l&#46;&#x63;o&#x6d;<\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour citer cet article :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ezzahra Tizniti, Fatima, \u00ab \u00catre o\u00f9 ne pas \u00eatre &#8230; : L&rsquo;entre deux lieux chez Jean-Luc Lagarce \u00bb, <i id=\"yiv5871314788yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b08 \u00ab Entre-deux : Rupture, passage, alt\u00e9rit\u00e9 \u00bb, automne 2017, mis en ligne le 19\/10\/2017, disponible sur : <a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/etre-ou-ne-pas-etre-lentre-deux-lieux-chez-jean-luc-lagarce\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/etre-ou-ne-pas-etre-lentre-deux-lieux-chez-jean-luc-lagarce\/<\/a><\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Cela se passe g\u00e9n\u00e9ralement un dimanche, dans une maison en France. Ce genre de cadre g\u00e9ographique dans le th\u00e9\u00e2tre de Jean-Luc Lagarce nous informe sur le lieu et le temps o\u00f9 se passe l\u2019action et apparait comme un premier point de rep\u00e8re. Pourtant, le th\u00e9\u00e2tre lagarcien est aussi un art de la feinte, de la tricherie et du trompe-l\u2019\u0153il. En effet, malgr\u00e9 un semblant de jeu dans un m\u00eame espace, les personnages semblent tiraill\u00e9s entre la sc\u00e8ne (l\u2019espace des vivants) et le hors-sc\u00e8ne (l\u2019espace des morts ou des revenants). Ce double-espace est un symbole d\u2019union et de d\u00e9sunion entre les personnages qui continuent encore de se retrouver pour raconter aux autres ou \u00e0 eux-m\u00eames les derniers instants de leur vie avant l\u2019ultime s\u00e9paration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : Onirisme &#8211; Hors-sc\u00e8ne &#8211; Au-del\u00e0 &#8211; Illusion.<\/p>\n<h3 class=\"western\" style=\"text-align: justify\">Abstract<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">This usually happens on a Sunday in a house in France. This kind of geographique part in the theater of Jean-Luc Lagarce informs us about the place and time where the action is and appears as a first point of reference. Yet the lagarcien theater is an art of pretense, cheating and sham. Indeed, despite a semblance of game in the same space, the characters seem torn between the scene (the living space) and the off-stage (the dead space or ghosts). This double space is a symbol of union and disunity between the characters who still continue to meet to tell others or themselves the last moments of their lives before the final separation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Keywords<\/strong>: Onirisme &#8211; Off-stage &#8211; Beyond &#8211; Illusion.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Sommaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sect1\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect2\">1. L&rsquo;illusion lagarcienne : un espace sans rep\u00e8res<\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect5\">2. S&rsquo;\u00e9loigner pour mourir ou revivre autrement<\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect6\">3. S&rsquo;abandonner ailleurs&#8230;<\/a><br \/>\n<a name=\"4\"><\/a><a href=\"#sect7\">4. Vivre son inexistence<\/a><br \/>\n<a name=\"5\"><\/a><a href=\"#sect8\">5. Le jeu du clair-obscur, des visages en fragments<\/a><br \/>\n<a name=\"6\"><\/a><a href=\"#sect9\">6. Deux personnages, deux univers diff\u00e9rents<\/a><br \/>\n<a name=\"conclu\"><\/a><a href=\"#sect10\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sect11\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sect12\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect1\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\"><b>\u00catre ou ne pas \u00eatre\u2026<\/b><a class=\"anc\" href=\"http:\/\/1\" name=\"1anc\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019espace a pour premier principe de faire r\u00e9unir des personnages, il peut aussi les s\u00e9parer. L\u2019histoire de <i>Juste la fin du monde<\/i> se passe g\u00e9n\u00e9ralement <i>un dimanche<\/i>, dans <i>une maison<\/i>. Mais peut-on consid\u00e9rer cette maison comme un espace commun ? Chaque personnage semble clo\u00eetr\u00e9 dans son propre monde et le dialogue est loin d\u2019arranger les choses, alors comment s\u2019entendre ? Si <i>l\u2019ici-bas<\/i> est par excellence le lieu o\u00f9 l&rsquo;on se rencontre, c\u2019est \u00e9galement le lieu o\u00f9 l&rsquo;on se perd car selon Bertrand Chauvet, \u00ab&nbsp;le th\u00e9\u00e2tre est une entreprise nomade funambule, suspendue entre ciel et terre, c\u2019est \u00e0 dire entre subventions et petits boulots<sup><a class=\"anc\" href=\"#1sym\" name=\"1anc\">1<\/a><\/sup>.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais avec la crise du th\u00e9\u00e2tre contemporain, certains dramaturges n\u2019ont plus pour objectif de perfectionner la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale \u00e0 travers un d\u00e9cor futile et superflu. Les auteurs font plut\u00f4t appel \u00e0 l\u2019imaginaire du spectateur. Il est rare chez Lagarce de constater des rep\u00e8res qui puissent nous situer dans le lieu exact o\u00f9 se passe l\u2019action. Les didascalies sont presque inexistantes. La maison dans <i>Juste la fin du monde<\/i> est per\u00e7ue comme<i> une terre inconnue<\/i> o\u00f9 Louis, personnage principal de la pi\u00e8ce, ne retrouve plus sa place, d\u2019ailleurs sa chambre n\u2019est devenue qu\u2019un simple d\u00e9barras, l\u00e0 o\u00f9 \u00ab&nbsp;on met les vieilleries qui ne servent plus \u00e0 rien<sup><a class=\"anc\" href=\"#2sym\" name=\"2anc\">2<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. Suzanne aussi ne se sent pas chez elle, \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas [sa] maison<sup><a class=\"anc\" href=\"#3sym\" name=\"3anc\">3<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb mais celle de ses parents. Le discours des personnages propose d\u2019autres lieux du pass\u00e9 situ\u00e9s en dehors de la sc\u00e8ne, mais qui peuvent tout aussi bien \u00eatre seulement de simples illusions sc\u00e9niques.<\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\"><a name=\"sect2\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#1\">1. L&rsquo;illusion lagarcienne : un espace sans rep\u00e8res<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans <i>Juste la fin du monde<\/i>, aucun indice sc\u00e9nographique cens\u00e9 d\u00e9crire le d\u00e9cor n\u2019est mis en valeur. C\u2019est au lecteur ou au metteur en sc\u00e8ne d\u2019imaginer la construction de cette maison. Dans cette pi\u00e8ce th\u00e9\u00e2trale, la maison de La M\u00e8re n&rsquo;est pas localisable, elle fait figure de non-lieu car si Louis revient afin de revoir sa famille, il semble ne plus s\u2019y sentir chez lui. D\u2019habitude, la maison est un refuge, or chez Lagarce, la maison perd brusquement cette valeur. En effet, la maison n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme un espace social car personne ne d\u00e9sire y vivre pleinement et durablement. Louis revient aupr\u00e8s de sa famille pour simplement annoncer sa mort, ayant l\u2019intention de repartir apr\u00e8s avoir accompli sa mission de \u00ab&nbsp;messager<sup><a class=\"anc\" href=\"#4sym\" name=\"4anc\">4<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. La maison est loin d\u2019\u00eatre un espace vivant et chaleureux mais elle fait figure d\u2019espace vide. Les personnages vivent s\u00e9par\u00e9ment chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Suzanne d\u00e9clare \u00e0 Louis qu\u2019 \u00ab&nbsp;[elle vit] au second \u00e9tage<sup><a class=\"anc\" href=\"#5sym\" name=\"5anc\">5<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb, ce qui nous laisse supposer qu\u2019elle vit loin de sa m\u00e8re m\u00eame si ces deux personnages vivent sous le m\u00eame toit. Antoine, le fr\u00e8re de Louis et Catherine &#8211; sa belle-s\u0153ur &#8211; habitent, selon les propos de Suzanne, dans \u00ab&nbsp;un quartier plut\u00f4t laid<sup><a class=\"anc\" href=\"#6sym\" name=\"6anc\">6<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. Louis est parti depuis fort longtemps vivre dans la capitale, l\u00e0 o\u00f9 il apprend \u00e0 devenir \u00e9crivain. Ce dernier n\u2019est jamais all\u00e9 rendre visite \u00e0 son fr\u00e8re et \u00e0 sa femme, leur maison est-elle un espace invivable? M\u00eame Suzanne n&rsquo;y va jamais. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la m\u00e8re demande \u00e0 Louis de lui donner quelques pr\u00e9cisions \u00e0 propos de l\u2019endroit o\u00f9 il habite mais ce dernier pr\u00e9f\u00e8re ne rien dire \u00e0 ce sujet. La s\u00e9paration est certainement due \u00e0 un manque d\u2019entente ou \u00e0 un conflit ant\u00e9rieur. Mieux vaut vivre \u00e9loign\u00e9 l\u2019un de l\u2019autre afin d\u2019\u00e9viter ces malentendus. Louis \u00ab&nbsp;demande l\u2019abandon<sup><a class=\"anc\" href=\"#7sym\" name=\"7anc\">7<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb qui est synonyme de libert\u00e9, vivre <i>loin<\/i> d\u2019un espace qui s\u2019av\u00e8re trop \u00e9touffant, n\u2019importe soit le lieu, du moment qu\u2019il soit diff\u00e9rent et lointain. La notion de <i>lointain<\/i> r\u00e9v\u00e8le un espace onirique qui est le fruit de l\u2019imaginaire du personnage. L\u2019espace <i>r\u00e9el<\/i> est sujet de frustration et d\u2019exclusion. Suzanne d\u00e9clare que \u00ab&nbsp;rien jamais <i>ici<\/i> ne se dit facilement<sup><a class=\"anc\" href=\"#8sym\" name=\"8anc\">8<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. L\u2019imaginaire ouvre, par contre, un espace de libert\u00e9, l\u2019espace de tous les possibles. Ce double espace, l\u2019ici-bas et l\u2019au-del\u00e0, constitue un parall\u00e9lisme entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, le pass\u00e9 regroupe toute la famille dans un m\u00eame espace-temps tandis qu\u2019aujourd\u2019hui chacun vit dans son propre territoire o\u00f9 l\u2019autre n\u2019est pas souvent le bienvenu. Ceci cr\u00e9e un d\u00e9s\u00e9quilibre au sein m\u00eame de l\u2019espace mental du personnage, Louis, personnage mourant, semble \u00eatre soudainement perdu dans la maison maternelle per\u00e7ue \u00e0 la fin comme une sorte d\u2019espace labyrinthique : \u00ab&nbsp;Et ensuite, dans mon r\u00eave encore, toutes les pi\u00e8ces de la maison \u00e9taient devenues loin les unes des autres<sup><a class=\"anc\" href=\"#9sym\" name=\"9anc\">9<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. Dans cette perspective, presque tous les personnages se cherchent et se perdent. Louis est le personnage qu\u2019on entend le moins, se transformant en une figure presque invisible qui a perdu totalement la notion du temps et du lieu.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"#2\"><b>2. <\/b><b>S&rsquo;\u00e9loigner pour mourir ou revivre autrement<\/b><\/a><\/h3>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Le pays lointain reste l\u2019espace le mieux appropri\u00e9 au personnage. Cependant, faire le voyage et s\u2019\u00e9loigner est un b\u00e9n\u00e9fice pour les uns mais destructeur pour les autres. Suzanne regrette de ne pas avoir connu son fr\u00e8re plus t\u00f4t. Ce dernier lui envoie \u00e0 peine quelques mots dans les cartes postales qui montrent simplement qu&rsquo;il est en vacances dans une ville nouvelle. Mais o\u00f9 exactement ? Notons bien qu\u2019\u00e0 peine quelques indications sont not\u00e9es au dos des cartes postales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le changement d\u2019espace (ville, pays, maison\u2026) est tr\u00e8s fr\u00e9quent chez Lagarce et t\u00e9moigne g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019un changement de mode de vie ou de statut. La ville nouvelle est une ouverture sur un espace vivant, dans <i>Histoire d\u2019amour (rep\u00e9rages)<\/i><sup><a class=\"anc\" href=\"#10sym\" name=\"10anc\">10<\/a><\/sup>, c\u2019est dans un autre pays o\u00f9 La Femme rencontre un autre homme et apprend \u00e0 chanter. Repr\u00e9sentant la figure de la femme lib\u00e9r\u00e9e, elle semble plus ouverte sur les autres. Pour la famille de Louis, la capitale symbolise la vie libre d\u2019artiste dont ils appr\u00e9cient les talents d\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est \u00e0 travers les situations de paroles, principalement \u00e0 partir de la figure de l\u2019hypotypose, que l\u2019espace se cr\u00e9e, se concr\u00e9tise et prend forme, comme on l\u2019avait signal\u00e9 auparavant, dans l\u2019imaginaire du lecteur sans pour autant avoir recours aux donn\u00e9es mat\u00e9rielles, ce qui cr\u00e9e un autre aspect de lieu qu\u2019on surnommerait <i>l\u2019espace mental <\/i>o\u00f9 le surgissement des souvenirs poss\u00e8de un pouvoir sur la recr\u00e9ation d\u2019un lieu qu\u2019on croyait perdu. Cet espace t\u00e9moigne d\u2019une vie nomade et clandestine, il symbolise \u00e9galement l\u2019exclusion et la non-appartenance. Ce m\u00eame sentiment de d\u00e9paysement par rapport au monde ext\u00e9rieur a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 aussi par August Strindberg dans <i>Le chemin de Damas<\/i><sup><a class=\"anc\" href=\"#11sym\" name=\"11anc\">11<\/a><\/sup>. Dans tous les lieux qu\u2019il visite avec sa femme, il incarne la figure de l\u2019Inconnu. Comme il n\u2019appartient \u00e0 aucun groupe social, l\u2019Inconnu est un personnage errant qui a non seulement perdu ses rep\u00e8res par rapport \u00e0 l\u2019espace mais aussi par rapport \u00e0 ses relations avec les autres, souvent \u00e9troites voire d\u00e9sastreuses. Dans <i>Juste la fin du monde<\/i>, les personnages n&rsquo;arrivent plus \u00e0 communiquer ensemble et souvent la M\u00e8re tente de faire dialoguer ses enfants afin de ne pas succomber au silence mortifiant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9pendance au lieu de naissance dans <i>Juste la fin du monde<\/i> est devenue presque mena\u00e7ante, personne ne se sent r\u00e9ellement chez lui. La seule issue possible reste de quitter les lieux ou de rebrousser chemin pour se retrouver ailleurs, cet ailleurs qui donne sur une toute autre ouverture vers des espaces \u00e9clat\u00e9s et o\u00f9 le hors-sc\u00e8ne figure comme un lieu salvateur du Solitaire.<\/p>\n<p><a name=\"sect6\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#3\">3. <b>S&rsquo;abandonner ailleurs&#8230;<\/b><\/a><\/h3>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Le sentiment d\u2019abandon est en chaque personnage un d\u00e9sir de se ressourcer <i>ailleurs<\/i>. Comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, la sc\u00e8ne n\u2019est plus un espace commun d\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9chec du dialogue, le ratage des relations, les malentendus et les multiples moments de silence\u2026 rien qui puisse arranger les choses et laisser place \u00e0 un espace convivial. Apr\u00e8s les ruptures, vient le temps d\u2019embarquer pour une autre destination o\u00f9 l\u2019on esp\u00e8re retrouver plus de tranquillit\u00e9. Il est frappant de constater que Louis n\u2019est pas seul \u00e0 vouloir vivre ailleurs, presque tous les personnages ont ce m\u00eame d\u00e9sir, celui de partir pour \u00e0 un autre monde, l\u00e0 o\u00f9 les morts et les vivants peuvent enfin cohabiter, en effet, Louis esp\u00e8re emmener toute sa famille avec lui apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Le hors-sc\u00e8ne indique ainsi un \u00e9tat de renoncement \u00e0 la vie d\u2019<i>ici-bas <\/i>ainsi que la reconstitution d\u2019une \u00e9poque par le biais de la narration car il semble que le personnage a toujours besoin de reconqu\u00e9rir l\u2019espace d\u2019avant pour se sentir exister. Po\u00e9tiquement \u00e9voqu\u00e9, le r\u00e9cit de Louis indique son rejet du monde int\u00e9rieur qui est la maison familiale ainsi que son nouveau statut en tant que personnage qui domine le monde ext\u00e9rieur. C\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 qu\u2019il devient enfin ma\u00eetre de lui-m\u00eame mais aussi des autres. Louis :<\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Je vous d\u00e9truis sans regret avec f\u00e9rocit\u00e9. [\u2026] Je vous tue les uns apr\u00e8s les autres, vous ne le savez pas et je suis l\u2019unique survivant, je mourrai le dernier. [\u2026] La Mort aussi, elle est ma d\u00e9cision<sup><a href=\"#12sym\" name=\"12anc\">12<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Dans son plein d\u00e9lire et par sa position de dominant, l\u2019espace imaginaire devient l\u2019espace de tous les possibles. La maison serait alors synonyme de cl\u00f4ture alors que le monde ext\u00e9rieur est un espace qu\u2019on ne saurait atteindre sans la notion du r\u00eave et de l\u2019imaginaire. Curieusement, la maladie ou l\u2019agonie permet \u00e0 Louis de s\u2019\u00e9vader dans d&rsquo;autres lieux sans \u00eatre mal-vu ou mal-jug\u00e9, c\u2019est l\u00e0 aussi o\u00f9 il para\u00eet capable de battre la mort. Les autres membres de la famille disparaissent aussi \u00e9trangement (Catherine reste seule)<sup><a class=\"anc\" href=\"#13sym\" name=\"13anc\">13<\/a><\/sup> mais o\u00f9 ? Et o\u00f9 sont pass\u00e9s les autres ? Au milieu du spectacle, les personnages communiquent par des <i>voix off <\/i>surgissant des coulisses. Le comique de la sc\u00e8ne r\u00e9side dans cette partie de cache-cache o\u00f9 chacun tente de retrouver l\u2019autre dans un espace compl\u00e8tement d\u00e9r\u00e9alis\u00e9. Seul le discours permet de d\u00e9crire les \u00e9v\u00e9nements, l\u2019espace appartenant seulement \u00e0 la parole. Le pouvoir de tout un lieu r\u00e9side en effet dans la rem\u00e9moration des souvenirs par fragments. Mais les souvenirs ont parfois un impact destructeur qui minimalise la sc\u00e8ne. Les grands espaces font appel \u00e0 des multiples escapades o\u00f9 Louis semble un r\u00eaveur \u00e9veill\u00e9 qui veille sur le monde des vivants depuis l\u2019au-del\u00e0 et qui esp\u00e8re encore les revoir \u00ab&nbsp;on songe \u00e0 voir les autres, le reste du monde, apr\u00e8s la mort<sup><a class=\"anc\" href=\"#14sym\" name=\"14anc\">14<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. Dans le champ de la psychologie, une grande partie des agonisants font l\u2019exp\u00e9rience de la mort imminente, qui leur permet de voir toute leur vie d\u00e9filer avant de mourir, visitant les lieux du pass\u00e9s pour la derni\u00e8re fois. A un certain moment, Louis s\u2019appr\u00eate \u00e0 partir en paix, il n\u2019appartient plus \u00e0 la sc\u00e8ne. On passe d\u2019un espace \u00e0 l\u2019autre sans crier gare et le personnage lui-m\u00eame se permet de se situer son propre espace au d\u00e9pend de chaque exp\u00e9rience v\u00e9cue. Louis parvient encore \u00e0 se cr\u00e9er son propre milieu et \u00e0 s\u2019imaginer une autre vie, apr\u00e8s la mort, l\u00e0 o\u00f9 il pourrait \u00e9pouser sa s\u0153ur et vivre heureux. Dans son plein d\u00e9lire, le personnage s\u2019accroche encore \u00e0 des souvenirs comme \u00e0 des espaces interdits o\u00f9 il pourra enfin d\u00e9couvrir d&rsquo;autres mondes: \u00ab&nbsp;je d\u00e9couvre des pays, je les aime litt\u00e9raires<sup><a class=\"anc\" href=\"#15sym\" name=\"15anc\">15<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette d\u00e9couverte est probablement le signe d\u2019un dernier p\u00e8lerinage. En effet, la mort chez Jean-Luc Lagarce n\u2019est pas seulement la fin mais aussi et surtout l\u2019occasion de revisiter certains lieux, de <i>ranger<\/i> et de <i>mettre de l\u2019ordre<\/i><sup><a class=\"anc\" href=\"#16sym\" name=\"16anc\">16<\/a><\/sup>. Le retour aupr\u00e8s des siens est l\u2019aspect fondateur de la reconstitution d\u2019un espace qui serait d\u00e9j\u00e0 perdu. Comme dans un r\u00eave, les endroits semblent fragmentaires. Loin dans les m\u00e9andres des chemins, Louis perd son statut de h\u00e9ros, celui qui doit avouer la v\u00e9rit\u00e9 et affronter les autres. Personnage r\u00eaveur, il construit son espace de l\u2019<i>\u00e9ternit\u00e9<\/i>. Dans un entretien avec Fran\u00e7ois Berreur, ce dernier d\u00e9clare \u00e0 propos de sa mise en sc\u00e8ne de <i>Juste la fin du monde <\/i>qu\u2019 [il est] parti sur l\u2019id\u00e9e que \u00ab&nbsp;toutes les pi\u00e8ces bougeaient tout le temps<sup><a class=\"anc\" href=\"#17sym\" name=\"17anc\">17<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. A travers sa perspective en effet, toutes les pi\u00e8ces restent \u00e0 l\u2019\u00e9tat libre et la conscience du personnage mort est tout le temps pr\u00e9sente et active, la conscience est ce qui d\u00e9termine l\u2019espace m\u00eame si le corps apparait quelque fois comme exclu.<\/p>\n<p><a name=\"sect7\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#4\">4. <b>Vivre son inexistence<\/b><\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019illusion lagarcienne r\u00e9side dans le fait que rien ne se passe r\u00e9ellement devant soi. Revenir sur un pass\u00e9 commun et recoudre les fils des anciens \u00e9v\u00e9nements sont les aspects fondateurs du th\u00e9\u00e2tre lagarcien. L\u2019espace en fragment donne lieu \u00e0 un \u00eatre inaccompli, un <i>non-\u00eatre<\/i> tiraill\u00e9 entre lumi\u00e8re et obscurit\u00e9. En ce sens, l\u2019espace est mis en lumi\u00e8re non pas par ce que l&rsquo;on voit mais par ce qu\u2019il en r\u00e9sulte de l\u2019inconscient du personnage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez Lagarce, l\u2019espace r\u00e9serv\u00e9 aux personnages <i>parleurs<\/i> est limit\u00e9 par le temps. Chaque personnage, m\u00eame le plus silencieux, poss\u00e8de son moment de discours. Ce moment entre celui qui parle et celui qui \u00e9coute ne sont pas dans le m\u00eame espace-temps, Louis en tant que personnage silencieux se d\u00e9tache progressivement de l&rsquo;instant pr\u00e9sent parce qu&rsquo;il est incapable de poursuivre le dialogue avec le reste des personnages, son silence apparait comme un instant mort. Par contre le r\u00f4le de la m\u00e8re est celui de la rem\u00e9moration des souvenirs. A partir de l\u00e0, elle d\u00e9tient une position importante qui la situe encore en tant qu\u2019\u00eatre vivant. C\u2019est elle qui parle dans l&rsquo;instant pr\u00e9sent et qui assume son discours devant un \u00eatre presque absent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect8\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#5\">5. <b>Le jeu du clair-obscur, des visages en fragments<\/b><\/a><\/h3>\n<div id=\"attachment_2792\" style=\"width: 521px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2792\" class=\"size-full wp-image-2792\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg\" alt=\"\" width=\"511\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu.jpg 511w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2017\/09\/articles-n\u00b08-Fatima-EZ-revu-300x219.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2792\" class=\"wp-caption-text\">Juste la fin du monde, extrait de la mise en sc\u00e8ne de Jean-Charles Mouveaux, avec l&rsquo;actrice Ren\u00e9e Gincel, Paris, 2012.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">A travers cette image, on voit bien la m\u00e8re sur sc\u00e8ne, la lumi\u00e8re \u00e9claire son corps et se tient derri\u00e8re le si\u00e8ge de Louis, silencieux. Le corps de la m\u00e8re est tr\u00e8s \u00e9clair\u00e9 par rapport \u00e0 celui de Louis, assis dans l\u2019obscurit\u00e9. La m\u00e8re est la m\u00e9taphore d\u2019un souvenir qui refait surface, un souvenir qui r\u00e9appara\u00eet dans la conscience du fils revenant. Debout, derri\u00e8re lui, la m\u00e8re d\u00e9tient un statut presque onirique, un r\u00eave que Louis ne peut ni toucher ni voir car les deux personnages ne sont pas face \u00e0 face. Contrairement \u00e0 la m\u00e8re, Louis est situ\u00e9 dans un coin sombre, habill\u00e9 en noir, il appara\u00eet comme un personnage d\u2019outre-tombe. Ce jeu du clair-obscur produit un effet de contraste entre les deux personnages, \u00e0 savoir entre deux tableaux diff\u00e9rents, celui de l\u2019ici-bas et de l\u2019au-del\u00e0. Deux espace-temps qui repr\u00e9sentent un contraste entre la veille et le sommeil, entre le jour et la nuit, entre le mutisme du fils et le trop-parler de la m\u00e8re \u00e0 travers une juxtaposition \u00e0 la fois onirique et r\u00e9aliste repr\u00e9sent\u00e9e par les deux personnages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect9\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#6\">6. <b>Deux personnages, deux univers diff\u00e9rents<\/b><\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme dans la musique, la voix de la m\u00e8re a une tonalit\u00e9 plus grave que celle de Louis dont la solitude le conduit \u00e0 refouler certaines choses qu\u2019il ne peut dire : \u00ab&nbsp;lorsqu\u2019il fait noir, personne \u00e0 qui tu puisses parler ?<sup><a class=\"anc\" href=\"#18sym\" name=\"18anc\">18<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb.<sup> Un lieu sombre suscite g\u00e9n\u00e9ralement un sentiment de peur, un espace o\u00f9 le dialogue semble donc compliqu\u00e9 voire impossible. Le noir renvoie aussi \u00e0 la mort ou \u00e0 la nostalgie, dans <i>Cette aveuglante absence de lumi\u00e8re<\/i><sup><a class=\"anc\" href=\"#19sym\" name=\"19anc\">19<\/a><\/sup>, Tahar Benjelloun affirme que :<\/sup><\/p>\n<blockquote>\n<div id=\"1\">\n<p style=\"text-align: justify\">celui qui convoquait ses souvenirs mourait juste apr\u00e8s. [\u2026] Comment savoir qu\u2019en ce lieu la nostalgie donnait la mort. Nous \u00e9tions sous terre, \u00e9loign\u00e9s d\u00e9finitivement de la vie et de nos souvenirs<sup><a class=\"anc\" href=\"#20sym\" name=\"20anc\">20<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00eatre semble en effet prisonnier dans n\u2019importe quel lieu obscur parce qu\u2019il ne peut avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019autre, il ne peut ni le voir ni le toucher alors qu\u2019un dialogue passe avant tout par le face \u00e0 face et par le regard qui peuvent cerner quelques r\u00e9alit\u00e9s cach\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Suscitant l\u2019inqui\u00e9tude et l\u2019angoisse, l\u2019obscurit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement mena\u00e7ante. Dans le champ de la psychologie, le noir repr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement la premi\u00e8re phobie ressentie par l\u2019enfant lorsqu\u2019il se s\u00e9pare, la nuit, de ses parents et notamment de sa m\u00e8re. Cette absence de lumi\u00e8re en effet perturbe brusquement son rapport \u00e0 l\u2019espace, il ne peut ni bouger ni reconnaitre clairement o\u00f9 il est. Cette forme de gradation indique une nouvelle posture de Louis qui se retrouve \u00e0 pr\u00e9sent au dessus du ciel et au dessus de toutes les voix des autres personnages. Il est maintenant celui qui parle sans que la m\u00e8re et les autres membres de la famille puissent l\u2019entendre. Sa parole r\u00e9sonne contre toute autre parole, [il] domine la vall\u00e9e<sup><a class=\"anc\" href=\"#21sym\" name=\"21anc\">21<\/a><\/sup>. Toute la pi\u00e8ce se d\u00e9roule en une sorte de duel entre le personnage et son propre moi, le clair-obscur pouvant aussi t\u00e9moigner d\u2019un ensemble de d\u00e9tours \u00e0 la fois tragique et comique, \u00e0 ce propos Gaston Bachelard d\u00e9clare que :<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"2\" style=\"text-align: justify\">\n<div id=\"1\">\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire du moi, c\u2019est une arch\u00e9ologie indiscernable \u00e0 premi\u00e8re vue, faite de strates obscures, de traces brouill\u00e9es et d\u2019un tuf primitif qui affleure parfois avec brutalit\u00e9 et brouille le relev\u00e9 provisoire des pistes<a class=\"anc\" href=\"#22sym\" name=\"22anc\"><sup>22<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Ce brouillage de piste incite le personnage lagarcien \u00e0 se battre contre ses propres pulsions car cet effet d\u2019obscurit\u00e9 ne repr\u00e9sente que la part inconsciente de Louis enfouie dans l\u2019amertume, la peur et le silence. Par rapport aux autres personnages, Louis n\u2019est finalement repr\u00e9sent\u00e9 qu\u2019<i>\u00e0 moiti\u00e9<\/i>, une part d\u2019obscurit\u00e9 qui annule \u00e0 la fois l\u2019union avec le temps et l\u2019espace, voyageant au <i>pays des siens<\/i> sans se lib\u00e9rer du flux des sentiments et des craintes qui le dominent. Par sa gestuelle et son assurance sur les mots, la m\u00e8re domine la sc\u00e8ne et par la parole elle hypnotise Louis, suspendu aux fronti\u00e8res de la mort, et le tient \u00e0 distance. Par sa parole, elle brise \u00e9galement une part du mensonge. C\u2019est finalement par le jeu que l\u2019acteur r\u00e9v\u00e8le sa v\u00e9rit\u00e9. Le discours permet \u00e0 la m\u00e8re de prendre possession de son corps et d\u2019\u00e9veiller sa propre conscience par le trop-plein de souvenirs. Par l\u2019\u00e9clairage, les sentiments de la m\u00e8re \u00e9voluent alors que l\u2019ombre qui domine le corps de l\u2019autre personnage l\u2019emp\u00eache de parler ou de se justifier. L\u2019effet du clair-obscur t\u00e9moigne en effet de ce contraste qui r\u00e9side entre la complexit\u00e9 de dire la v\u00e9rit\u00e9 chez Louis et l\u2019aisance et la fluidit\u00e9 de la parole chez la m\u00e8re. En effet, cette derni\u00e8re d\u00e9voile la v\u00e9rit\u00e9 tandis que Louis la dissimule. Deux mondes, celui du mensonge et celui de la v\u00e9rit\u00e9 qui ne peuvent cohabiter ensemble. Le mensonge ou la tricherie est cette facette d\u2019obscurit\u00e9 qui nous rappelle le concept de la chambre noire, emp\u00eachant les personnages de se voir, de se parler et de se toucher. Ainsi, reconqu\u00e9rir la maison familiale parait une histoire impossible. Louis est d\u00e9j\u00e0 saisi par l\u2019angoisse de parler de sa maladie, Antoine et sa femme habitent ailleurs et Suzanne veut vivre dans <i>un autre monde<\/i>. Tout le monde est log\u00e9 nulle part ailleurs sauf dans la maison. Comme dans un r\u00eave, la maison se d\u00e9ploie et devient plus spacieuse mais dont les chambres et les murs paraissent inaccessibles. Mais la m\u00e8re est la lumi\u00e8re de la maison, c\u2019est \u00e0 travers son regard sur le pass\u00e9 commun qu\u2019elle essaie de maintenir la maison en vie et de lui redonner toute sa clart\u00e9. Elle appelle \u00e0 la reconstitution des souvenirs par le travail de la m\u00e9moire, sa parole rend possible l\u2019exploration du pass\u00e9. La voix de la m\u00e8re appelant Louis pour le retenir aupr\u00e8s d\u2019elle montre son amour d\u00e9vou\u00e9 pour ce dernier et sa crainte de le perdre encore une fois.<\/p>\n<p><a name=\"sect10\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#conclu\">Conclusion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">On peut dire finalement que les entr\u00e9es et sorties sont fr\u00e9quentes dans la maison, malgr\u00e9 un manque d\u2019action, les personnages ne se tiennent pas en place, tout le monde entre et sort sans pr\u00e9venir. Le th\u00e9\u00e2tre de Jean-Luc Lagarce est une nouvelle approche dramaturgique qui est celle du mouvement et de l\u2019ouverture vers le hors-sc\u00e8ne. Cette ouverture emp\u00eache les personnages en rupture de cohabiter ensemble jusqu\u2019\u00e0 la fin malgr\u00e9 un semblant de dialogue. Louis est ce <i>po\u00e8te errant<\/i> qui se sent oblig\u00e9 de s\u2019\u00e9chapper ailleurs. En franchissant la porte interdite de la maison, il se trouve condamn\u00e9 \u00e0 vivre l\u2019instant terrible de la v\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;ext\u00e9rieur lui permet ainsi de se voiler la face cach\u00e9e, de se soumettre \u00e0 certains plaisirs comme ceux de tuer avec avidit\u00e9 tous les autres membres de la famille<sup><a class=\"anc\" href=\"#23sym\" name=\"23anc\">23<\/a><\/sup>. L\u2019ext\u00e9rieur de la maison assure une meilleure protection car il est impossible de cohabiter ensemble. Le toit emprisonne mais l\u2019ext\u00e9rieur lib\u00e8re par le biais de la pens\u00e9e et l\u2019ivresse de la po\u00e9sie.<a class=\"sym\" href=\"#1anc\" name=\"1sym\"><\/a><\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect11\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#1anc\" name=\"1sym\">1<\/a> &#8211; Bertrand Chauvet, L\u2019utopie du singulier ou \u00ab&nbsp;comment exister son inexistence&nbsp;\u00bb, in <i>Juste la fin du monde<\/i>, <i>Nous, les h\u00e9ros<\/i>, Jean-Luc Lagarce, Paris, Centre national de documentation p\u00e9dagogique, 2008, p. 9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#2anc\" name=\"2sym\">2<\/a> &#8211;<a class=\"sym\" href=\"#2anc\" name=\"2sym\"><\/a>Jean-Luc Lagarce,<i> Juste la fin du monde<\/i>, Besan\u00e7on, Les Solitaires intempestifs, 1990<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#3anc\" name=\"3sym\">3<\/a> &#8211; <i>Ibid.<\/i>, p.13<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#4anc\" name=\"4sym\">4<\/a> &#8211; <i>Ibid.<\/i>, p.22<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#5anc\" name=\"5sym\">5<\/a> &#8211; <i>Ibid.<\/i>, p.7<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#6anc\" name=\"6sym\">6<\/a> &#8211;<a class=\"sym\" href=\"#3anc\" name=\"3sym\"><\/a><i>Ibid.<\/i>, p.12<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#7anc\" name=\"7sym\">7<\/a> &#8211;<i>Ibid<\/i>., p.5<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#8anc\" name=\"8sym\">8<\/a> &#8211;<a class=\"sym\" href=\"#5anc\" name=\"5sym\"> <\/a><i>Ibid.<\/i>, p.8<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#9anc\" name=\"9sym\">9<\/a> &#8211; <i>Ibid.<\/i>, p.14<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a class=\"sym\" href=\"#10anc\" name=\"10sym\">10<\/a> &#8211;<a class=\"sym\" href=\"#1anc\" name=\"1sym\"> <\/a>Jean-Luc Lagarce, <i>Histoire d\u2019amour (rep\u00e9rages)<\/i>, Besan\u00e7on, Les Solitaires Intempestifs, 1983.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a class=\"sym\" href=\"#11anc\" name=\"11sym\">11<\/a> &#8211; August Strindberg, <i>Le Chemin de Damas<\/i>, Paris, Annie Bourguignon, 1898.<\/p>\n<p class=\"sdfootnote\" style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a class=\"sym\" href=\"#12anc\" name=\"12sym\">12<\/a> &#8211; <i>Ibid<\/i>., p.9<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#13anc\" name=\"13sym\">13<\/a> &#8211; <i>Ibid<\/i>., p. 14<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#14anc\" name=\"14sym\">14<\/a> &#8211; <i>Ibid<\/i>., p. 20<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#15anc\" name=\"15sym\">15<\/a> &#8211; <i>Ibid<\/i>., p.30<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#16anc\" name=\"16sym\"><\/a><a href=\"#16anc\">16<\/a> &#8211;<i> Ibid<\/i>., p. 35<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#17anc\" name=\"17sym\">17<\/a> &#8211; Entretien avec Fran\u00e7ois Berreur \u00ab&nbsp;Loin dans les m\u00e9andres de la parole&nbsp;\u00bb, in <i>Juste la fin du monde, Nous, les h\u00e9ros<\/i>, Jean-Luc Lagarce, <i>op. cit.,<\/i> p. 81<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#18anc\" name=\"18sym\">18<\/a> &#8211; Jean-Luc Lagarce, <i>Juste la fin du monde,<\/i><i>op.cit<\/i>., p. 33<\/p>\n<p class=\"\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#19anc\" name=\"19sym\">19<\/a> &#8211; Tahar Ben Jelloun, <i>Cette aveuglante absence de lumi\u00e8re<\/i>, Paris, Edition du Seuil, 2001<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#20anc\" name=\"20sym\">20<\/a> &#8211; <i>Ibid.<\/i>, p. 120.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#21anc\" name=\"21sym\">21<\/a> &#8211; Jean-Luc Lagarce, <i>Juste la fin du monde<\/i>, <i>op.cit.<\/i>, p. 35<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#22anc\" name=\"22sym\">22<\/a> &#8211; Gaston Bachelard, <i>La po\u00e9tique de l\u2019espace<\/i>, Paris, Les presses universitaires de France, 1957, p.203<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a class=\"sym\" href=\"#23anc\" name=\"23sym\">23<\/a> &#8211; Jean-Luc Lagarce, <i>Juste la fin du monde<\/i>, <i>op.cit.<\/i>, p. 39<\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect12\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">AZAMA Michel, <i>De Godot \u00e0 Zucco, Anthologie des auteurs dramatiques de langue fran\u00e7aise 1950-2000<\/i>, <i>volume 2, R\u00e9cits de vie : le Moi et l\u2019Intime<\/i>, Montreuil, Editions Th\u00e9\u00e2trales, 2004, 311 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">CHAUVET Bertrand et DUCH\u00c2TEL Eric, <i>Juste la fin du monde, Nous les h\u00e9ros, Jean-Luc Lagarce<\/i>, Paris, Sc\u00e9ren-CNDP, Centre national de documentation p\u00e9dagogique, Maison de la culture de Grenoble, 2007, 128 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Sous la direction de Catherine DOUZOU, <i>Lectures de Lagarce, Derniers remords avant l\u2019oubli Juste la fin du monde<\/i>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, 248 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">HEULOT-PETIT Fran\u00e7oise, <i>Lagarce, ou l\u2019apprentissage de la s\u00e9paration, Derniers remords avant l\u2019oubli, Juste la fin du monde,<\/i> CNED, Paris, Presses universitaires de France, 2011, 208 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">IONESCO Eug\u00e8ne, \u00ab&nbsp;La Trag\u00e9die du langage&nbsp;\u00bb,<i> Notes et contre-notes<\/i>, Paris, Gallimard, \u00ab&nbsp;Folio\/ Essais&nbsp;\u00bb, 1962, 371 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">LAGARCE Jean-Luc, \u00ab&nbsp;Vivre le th\u00e9\u00e2tre et sa vie <i>\u00bb<\/i>, <i>Th\u00e9\u00e2tre\/Public<\/i>, n\u00b0129, Montreuil, Editions Th\u00e9\u00e2trales, 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">LARTHOMAS Pierre, <i>Le langage dramatique<\/i>, Paris, PUF, 1990, 478 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">LISCIA Claude, \u00ab&nbsp;<i>Les Com\u00e9dies Barbares, <\/i>Histoire d\u2019une mise en sc\u00e8ne<i>&nbsp;\u00bb, <\/i>Paris,<i> Internationale de l\u2019Imaginaire,<\/i> Maison des cultures du monde, 1991, 40 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L\u00dcSCHER-MORATA Diane, <i>La souffrance port\u00e9e au langage dans la prose de Samuel Beckett<\/i>, Amsterdam\/New York, Rodopi, 2005, 312 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">NAUGRETTE Catherine, <i>L\u2019esth\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale<\/i>, Paris, Dunod, 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">PAQUET Dominique, <i>La dimension olfactive dans le th\u00e9\u00e2tre contemporain<\/i>, Paris, l\u2019Harmattan, \u00ab&nbsp;Le corps en question&nbsp;\u00bb, 2004, 248 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">PAVIS Patrice, <i>Dictionnaire du th\u00e9\u00e2tre<\/i>, Paris, Armand Colin, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">PAVIS Patrice,<i> Vers une th\u00e9orie de la pratique th\u00e9\u00e2trale, voix et images de la sc\u00e8ne<\/i>, Lille, Septentrion, 2007, 488 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">R\u00c9MER Brigitte, <i>Fragments d\u2019un discours th\u00e9\u00e2tral, Entre singulier et pluriel, de l\u2019individualit\u00e9 cr\u00e9atrice \u00e0 l\u2019oeuvre collective<\/i>, Paris, l\u2019Harmattan, 2002, 356 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">SARRAZAC Jean-Pierre, <i>Th\u00e9\u00e2tres intimes<\/i>, Arles, Actes Sud, \u00ab&nbsp;Le temps du th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb, 1989, 176 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">SARRAZAC Jean-Pierre, \u00ab&nbsp;Le geste testamentaire&nbsp;\u00bb, <i>Th\u00e9\u00e2tres du moi<\/i>,<i> th\u00e9\u00e2tres du monde<\/i>, Rouen, M\u00e9dianes, Vill\u00e9giatures, 1995, 360 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">SARRAZAC Jean-Pierre, <i>Po\u00e9tique du drame moderne et contemporain, Lexique d\u2019une recherche<\/i>, Paris, Les Editions du seuil, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Sous la direction de Jean-Pierre SARRAZAC et de Catherine NAUGRETTE avec la collaboration d\u2019Ariane MARTINEZ,<i> Jean-Luc Lagarce dans le mouvement dramatique<\/i>, Colloque de Paris III, Sorbonne nouvelle, n\u00b0 IV, Paris, \u00e9d. Les Solitaires Intempestifs, 2007, 304 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">UBERSFELD Anne, <i>Lire le th\u00e9\u00e2tre III. Le dialogue de th\u00e9\u00e2tre<\/i>, Paris, Berlin-Sup Lettres, 1996, 224 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fatima EZZAHRA TIZNITI Doctorante en art et litt\u00e9rature compar\u00e9s au d\u00e9partement de Langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aises, Fatima Ezzahra Tizniti pr\u00e9pare une th\u00e8se sur La voix de l\u2019ailleurs chez Jean-Luc Lagarce \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Mohamed V Agdal au Maroc. 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