 {"id":2548,"date":"2017-09-17T19:26:58","date_gmt":"2017-09-17T18:26:58","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=2548"},"modified":"2019-10-03T08:39:59","modified_gmt":"2019-10-03T07:39:59","slug":"le-fantome-a-la-fin-du-moyen-age-un-personnage-charge-de-rassembler-les-vivants-et-les-morts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/le-fantome-a-la-fin-du-moyen-age-un-personnage-charge-de-rassembler-les-vivants-et-les-morts\/","title":{"rendered":"Le fant\u00f4me \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge : un personnage charg\u00e9 de rassembler les vivants et les morts"},"content":{"rendered":"<p><strong>Isabelle MARCHESSOU<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Doctorante en litt\u00e9rature anglaise rattach\u00e9e au laboratoire LISAA , occupant un poste d&rsquo;ATER \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-Est Marne-la-Vall\u00e9e, ses recherches&nbsp;s\u2019int\u00e9ressent aux diff\u00e9rences de repr\u00e9sentation, de fonction et de&nbsp;symbolique du personnage du fant\u00f4me tel qu&rsquo;il existe dans les litt\u00e9rature&nbsp;anglaise m\u00e9di\u00e9vale et victorienne.<\/p>\n<p><a class=\"fixed\" href=\"https:\/\/webmail.univ-tlse2.fr\/horde\/imp\/message.php?index=566#\">i&#115;&#x61;be&#x6c;&#x6c;e&#46;&#x6d;&#x61;rc&#x68;&#x65;s&#115;&#x6f;&#x75;&#64;&#117;&#x6e;&#x69;v&#45;&#x70;ar&#105;&#x73;-e&#x73;&#x74;&#46;f&#x72;<\/a><\/p>\n<p>Pour citer cet article : Marchessou, Isabelle, \u00ab Le fant\u00f4me \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge : un personnage charg\u00e9 de rassembler les vivants et les morts \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b08 \u00ab Entre-deux : Rupture, passage, alt\u00e9rit\u00e9 \u00bb, automne 2017, mis en ligne le 19\/10\/2017, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/le-fantome-a-la-fin-du-moyen-age-un-personnage-charge-de-rassembler-les-vivants-et-les-morts\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2017\/09\/17\/le-fantome-a-la-fin-du-moyen-age-un-personnage-charge-de-rassembler-les-vivants-et-les-morts\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet article se propose de d\u00e9montrer que la repr\u00e9sentation et la conception des fant\u00f4mes et des revenants qui peuplent la litt\u00e9rature anglaise entre les XII<sup>e <\/sup>et XV<sup>e <\/sup>si\u00e8cles sont modifi\u00e9es par la notion de responsabilit\u00e9. Les d\u00e9funts qui reviennent du Purgatoire deviennent progressivement id\u00e9alement responsables, ce qui leur conf\u00e8re l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour influencer les vivants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : revenant &#8211; Moyen-\u00e2ge &#8211; responsabilit\u00e9 &#8211; purgatoire &#8211; autorit\u00e9 sur&nbsp;les vivants.<\/p>\n<h3 class=\"western\" style=\"text-align: justify\">Abstract<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">This article intends to demonstrate that the representation and the understanding of ghosts and revenants in England between the 12<sup>th<\/sup> and the 15<sup>th<\/sup> centuries are modified by the growing importance of the notion of responsibility. The dead coming back from the developing Purgatory become progressively more responsible, thus gaining the authority to influence the living.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Keywords<\/strong>: revenants &#8211; middle ages &#8211; responsability &#8211; purgatory &#8211; influence&nbsp;on the living.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Sommaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sect1\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect2\">1. De mauvais revenants partiellement responsables <\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect3\">2. Repentance et r\u00e9paration <\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect4\">3. Plus qu\u2019un passeur, un directeur de conscience <\/a><br \/>\n<a name=\"conclu\"><\/a><a href=\"#sect6\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sect7\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sect8\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect1\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">En Angleterre au Moyen \u00c2ge, les fant\u00f4mes, esprits d\u00e9sincarn\u00e9s des morts, coexistent avec les revenants, des d\u00e9funts dot\u00e9s d\u2019un corps tangible, et il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de les distinguer<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\"><sup>1<\/sup><\/a>. Toutefois, cette diff\u00e9rence n\u2019entrave en rien leur capacit\u00e9 \u00e0 franchir la fronti\u00e8re entre le monde des morts et celui des vivants, qu\u2019ils exercent dans un nombre croissant de r\u00e9cits \u00e0 partir du XII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. \u00c0 cette p\u00e9riode, la g\u00e9ographie des royaumes de l\u2019au-del\u00e0 chr\u00e9tien dans lesquels les \u00e2mes des d\u00e9funts attendent le Jugement dernier, se transforme progressivement pour inclure, \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Paradis et l\u2019Enfer, un \u00ab&nbsp;au-del\u00e0 interm\u00e9diaire<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\"><sup>2<\/sup><\/a> \u00bb, le Purgatoire, auquel des personnages de l\u2019entre-deux comme les revenants et les fant\u00f4mes ne peuvent qu\u2019appartenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Purgatoire est la destination de ceux qui ne m\u00e9ritent pas l\u2019Enfer car leur \u00e2me n\u2019est pas damn\u00e9e, mais qui ne peuvent pas non plus entrer au Paradis, car ils ont commis des p\u00e9ch\u00e9s qui leur en barrent l\u2019acc\u00e8s imm\u00e9diat. C\u2019est donc un syst\u00e8me dans lequel les \u00e2mes des d\u00e9funts subissent des peines expiatoires proportionnelles \u00e0 leurs p\u00e9ch\u00e9s, et qui est officiellement inclus dans la doctrine de l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne lors du second concile de Lyon en 1274. Le Purgatoire devient aussi le lieu o\u00f9 s\u2019accomplit cette p\u00e9nitence, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1170-1180 lorsque le nom latin <em>purgatorium<\/em> remplace les expressions \u00ab&nbsp;peines purgatoires&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;feu purgatoire<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\"><sup>3<\/sup><\/a> \u00bb .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les peines subies dans ce lieu de p\u00e9nitence sont aussi terribles que celles de l\u2019Enfer<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\"><sup>4<\/sup><\/a>, mais elles ne sont pas \u00e9ternelles et leur dur\u00e9e peut \u00eatre r\u00e9duite gr\u00e2ce \u00e0 une pratique ancienne qui trouve un nouveau sens dans le syst\u00e8me du Purgatoire, les suffrages. Les vivants accomplissent des \u0153uvres de pi\u00e9t\u00e9 dont le b\u00e9n\u00e9fice spirituel est transf\u00e9r\u00e9 aux \u00e2mes des d\u00e9funts afin d\u2019abr\u00e9ger leur peine. Plusieurs \u00e9tudes sur la mort montrent que les suffrages prennent des formes diverses, mais la pratique la plus populaire est d\u2019offrir des messes en l\u2019honneur des morts, et c\u2019\u00e9tait une provision inscrite dans de nombreux testaments<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Amanda McKeever remarque qu\u2019\u00e0 partir du XIII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, les r\u00e9cits de revenants participent \u00e0 promouvoir l\u2019efficacit\u00e9 des suffrages, et donc le Purgatoire<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\"><sup>6<\/sup><\/a>. Revenants et Purgatoire prosp\u00e8rent donc de concert en renfor\u00e7ant leur cr\u00e9dibilit\u00e9 mutuelle. En effet, ce dernier offre une \u00ab&nbsp;premi\u00e8re explication logique de l\u2019existence des revenants<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\"><sup>7<\/sup><\/a> \u00bb, en cr\u00e9ant un territoire interm\u00e9diaire dont on peut revenir, tandis que les revenants sont une preuve concr\u00e8te de l\u2019existence de ce dernier. C\u2019est dans cette optique qu\u2019\u00e0 partir du XII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle les histoires de revenants du Purgatoire se multiplient jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre rassembl\u00e9es dans des recueils d\u2019<em>exempla<\/em>, \u00e0 l\u2019usage des pr\u00eatres et des pr\u00eacheurs pour ponctuer leurs sermons d\u2019exemples et leur donner plus de poids.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ronald C. Finucane \u00e9tablit trois cat\u00e9gories de revenants et fant\u00f4mes m\u00e9di\u00e9vaux&nbsp;: ceux qui insistent sur l\u2019importance des enseignements de l\u2019\u00c9glise&nbsp;; ceux qui cherchent \u00e0 r\u00e9parer des injustices sociales ou personnelles ou qui enjoignent aux vivants \u00e0 \u00eatre moralement bons, et dont Finucane nous dit qu\u2019ils ne sont pas aussi li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9glise que les premiers&nbsp;; et enfin des revenants qui ne semblent avoir aucun but sp\u00e9cifique<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\"><sup>8<\/sup><\/a>. Mais il nous semble que cette cat\u00e9gorisation ne rend pas compte d\u2019une conception sous-jacente du revenant qui lui permet d\u2019\u00eatre utilis\u00e9 tant dans une perspective religieuse que l\u00e9gale ou \u00e9thique, et ce non seulement dans des textes aux genres diff\u00e9rents, mais aussi issus de diff\u00e9rents si\u00e8cles comme ceux de notre corpus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La troisi\u00e8me cat\u00e9gorie de Finucane, correspond bien au revenant dangereux et \u00e0 l\u2019apparence horrible de l\u2019anecdote du chapitre XXVII de la distinction II du <em>De Nugis Curialium <\/em>\u00e9crit par le clerc de la cour d\u2019Henri II, Walter Map (c. 1140-c. 1209) ou \u00e0 ceux des chapitres XXII, XXIII et XXIV du livre V de l\u2019<em>Historia Rerum Anglicarum<\/em> \u00e9crits par l\u2019historien et chanoine de Bridlington William de Newburgh (1136-1198). C\u2019est aussi le cas du mauvais revenant mentionn\u00e9 dans une anecdote du chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1295 de la <em>Chronique de Lanercost<\/em>, un manuscrit en latin relatant l\u2019histoire du nord de l\u2019Angleterre et de l\u2019Ecosse entre le XIIIe et la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIVe si\u00e8cle dont l\u2019\u00e9dition est attribu\u00e9e \u00e0 un moine augustin du prieur\u00e9 de Lanercost. Les deux anecdotes de William de Newburgh indiquent clairement que ces revenants ont men\u00e9 une mauvaise vie avant de d\u00e9tailler leur aspect et leur m\u00e9fait. D\u00e8s lors on peut se demander si les vivants ne voient pas un lien entre l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e2me du d\u00e9funt et son apparence et son attitude. Si tel est le cas, ces revenants, bien qu\u2019ils n\u2019aient pas de but propre, illustrent peut-\u00eatre eux aussi la v\u00e9rit\u00e9 naissante du Purgatoire et sont peut-\u00eatre plut\u00f4t les pr\u00e9curseurs d\u2019une des deux autres cat\u00e9gories.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Finucane nous dit que les revenants de la seconde cat\u00e9gorie sont moins li\u00e9s aux objectifs de l\u2019\u00c9glise, pourtant, certains de ceux pr\u00e9sents dans les anecdotes collect\u00e9es par un moine cistercien de l\u2019abbaye de Byland dans le Yorkshire, \u00e0 la fin du XIVe&nbsp;si\u00e8cle, promeuvent \u00e0 la fois les bienfaits des suffrages pour les morts et les vivants, et donc les enseignements de l\u2019\u00c9glise, et l\u2019importance de r\u00e9parer ses crimes, et donc d\u2019\u00eatre moralement bon. Ces revenants appartiennent donc \u00e0 la fois \u00e0 la premi\u00e8re et \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie de Finucane. Enfin, les fant\u00f4mes du po\u00e8me allit\u00e9ratif \u00ab The Awntyrs Off Arthur \u00bb, et du roman moyen anglais <em>Sir Amadace<\/em>, tous deux compos\u00e9s \u00e0 la fin du XIVe si\u00e8cle promeuvent directement ou non les bienfaits des suffrages et des \u0153uvres pieuses, et ce bien que leur forme et leur contenu les \u00e9loignent grandement des recueils d\u2019<em>exempla<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On peut donc se demander ce qui conf\u00e8re au revenant ou au fant\u00f4me sa capacit\u00e9 \u00e0 porter un message \u00e0 la fois religieux, l\u00e9gal voire \u00e9thique, et ce quels que soient sa nature, son apparence, son attitude, ou m\u00eame la forme du r\u00e9cit qu\u2019il hante. Quelle est la conception sous-jacente des mauvais et des bons revenants, et des fant\u00f4mes m\u00e9di\u00e9vaux qui leur conf\u00e8re l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour influencer les vivants&nbsp;? Jacques Le Goff explique, dans le chapitre 7 de son livre, que toute l\u2019id\u00e9ologie et la logique du Purgatoire se calquent sur un id\u00e9al de justice qui met l\u2019accent sur la notion de \u00ab&nbsp;responsabilit\u00e9 personnelle<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00bb . Le <em>Dictionnaire culturel en langue fran\u00e7aise<\/em> d\u00e9finit le mot \u00ab&nbsp;responsable&nbsp;\u00bb comme celui ou celle \u00ab&nbsp;qui doit accepter et subir les cons\u00e9quences de ces actes et en r\u00e9pondre<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\"><sup>10<\/sup><\/a> &nbsp;\u00bb. Si cette notion influence la conception du Purgatoire, il nous semble qu\u2019elle doit aussi avoir jou\u00e9 un r\u00f4le dans la conception des revenants puisque ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes sont li\u00e9s. Cette analyse va donc s\u2019attacher \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019en Angleterre entre les XII<sup>e <\/sup>et XIV<sup>e <\/sup>si\u00e8cles, le revenant, comme le fant\u00f4me, est id\u00e9alement responsable, ce qui lui donne l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour influencer les vivants. Nous commencerons par \u00e9tablir que les mauvais revenants de notre corpus, dont les r\u00e9cits sont ant\u00e9rieurs aux autres, sont d\u00e9j\u00e0 per\u00e7us comme subissant les cons\u00e9quences de leurs p\u00e9ch\u00e9s, ce qui indique une int\u00e9gration progressive de la notion de responsabilit\u00e9 dans leur conception. Nous montrerons ensuite que les autres, que nous appellerons les bons revenants ou fant\u00f4mes, sont devenus enti\u00e8rement responsables car ils r\u00e9pondent \u00e0 tous les crit\u00e8res \u00e9nonc\u00e9s dans la d\u00e9finition pr\u00e9c\u00e9dente. Nous conclurons cette analyse en d\u00e9crivant le r\u00f4le de directeur de conscience que le revenant et le fant\u00f4me endossent aupr\u00e8s des vivants afin de leur enseigner l\u2019art de bien vivre ensemble.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect2\"><\/a><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#1\">1.&nbsp;De mauvais revenants partiellement responsables<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Il semble, de prime abord, que les mauvais revenants, ne sont en rien des personnages responsables&nbsp;: rien n\u2019indique qu\u2019ils acceptent leurs erreurs, ou qu\u2019ils soient pr\u00eats \u00e0 r\u00e9pondre de leurs actes. Ils sont uniquement un danger mortel pour la communaut\u00e9 des vivants comme celui de Buckingham d\u00e9crit au chapitre XXII de la chronique de William de Newburgh qui \u00ab&nbsp;terrorise [sa femme] mais en plus l\u2019\u00e9crasa presque sous son poids intol\u00e9rable<sup>11<\/sup>&nbsp;\u00bb, ou bien le revenant gallois du <em>De Nugis Curialium<\/em> de Walter Map qui \u00ab&nbsp;appell[e] un par un et nomm\u00e9ment les villageois qui sans rien faire se retrouvent affaiblis et meurent sous trois jours<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\"><sup>12<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Dans ces anecdotes un lien est \u00e9tabli entre les p\u00e9ch\u00e9s du d\u00e9funt et l\u2019apparence et le comportement effrayant du revenant, comme si ces caract\u00e9ristiques \u00e9taient un aveu involontaire de la mauvaise vie qu\u2019ils ont men\u00e9e. Cette corr\u00e9lation entre l\u2019apparence et la nature de l\u2019\u00eatre est soutenue et renforc\u00e9e par la conception m\u00e9di\u00e9vale que l\u2019\u00e2me et le corps fonctionnent en harmonie, ce qui implique notamment que l\u2019aspect ext\u00e9rieur du corps refl\u00e8te l\u2019\u00e9tat int\u00e9rieur de l\u2019\u00e2me<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\"><sup>13<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette correspondance explique que les mauvais revenants de notre corpus aient une apparence bien plus terrifiante que les bons revenants. Puisque, contrairement \u00e0 ces derniers, ils ne se repentent pas de leurs p\u00e9ch\u00e9s, leur \u00e2me est plus corrompue par ceux-ci, ce qui se refl\u00e8te dans leur apparence. La diff\u00e9rence est flagrante lorsque l\u2019on compare la description du bon revenant du chapitre XXX de la Distinction II du <em>De Nugis Curialium<\/em> avec celle donn\u00e9e dans la chronique latine de Lanercost pour l\u2019ann\u00e9e 1295. La premi\u00e8re raconte le retour du p\u00e8re excommuni\u00e9 d\u2019un chevalier de Northumberland qui recherche le pardon, tandis que la seconde pr\u00e9sente un pr\u00eatre excommuni\u00e9 imp\u00e9nitent. La description physique du p\u00e8re du chevalier se limite \u00e0 mentionner qu\u2019il apparait \u00ab entour\u00e9 d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019\u00e9toffe en haillons<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\"><sup>14<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Cette description ne concerne que la tenue du revenant et l\u2019expression \u00ab&nbsp;en haillons&nbsp;\u00bb, traduite du latin \u00ab&nbsp;pannosoque&nbsp;\u00bb, souligne l\u2019\u00e9tat de d\u00e9labrement du tissu, mais elle ne r\u00e9v\u00e8le rien sur l\u2019\u00e9ventuel \u00e9tat de d\u00e9composition du corps. La description physique \u00e0 proprement parler du revenant n\u2019a rien d\u2019effrayant ou de r\u00e9pugnant. Pourtant, le fils, \u00ab&nbsp;croyant que celui-ci est le diable<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\"><sup>15<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, le repousse jusqu\u2019\u00e0 la porte de sa demeure. Cette association avec le diable t\u00e9moigne de la terreur du chevalier face \u00e0 cette apparition, mais rien ne relie directement ce sentiment \u00e0 l\u2019apparence du d\u00e9funt. La crainte du chevalier pourrait \u00eatre due \u00e0 la croyance, soutenue par l\u2019\u00c9glise, que les revenants, sont en fait des d\u00e9mons prenant possession des corps des morts pour tromper les vivants<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\"><sup>16<\/sup><\/a>. Ainsi, en voyant le corps de son p\u00e8re s\u2019animer, le chevalier pense d\u2019abord avoir \u00e0 faire au Diable. Toutefois, cette peur n\u2019est exprim\u00e9e que dans les quatre premi\u00e8res lignes de l\u2019anecdote, et le chevalier l\u2019oublie bien vite pour mieux \u00e9couter son p\u00e8re. L\u2019apparence du pr\u00eatre excommuni\u00e9 est bien plus terrible. Tout d\u2019abord, il est d\u00e9crit comme le \u00ab&nbsp;fils des t\u00e9n\u00e8bres<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\"><sup>17<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, ce qui l\u2019associe lui aussi au Diable dont les t\u00e9n\u00e8bres sont le domaine. Mais le revenant n\u2019est pas seulement terrifiant. Son corps est d\u00e9crit comme \u00ab repoussant&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;grossier<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\"><sup>18<\/sup><\/a> \u00bb, deux termes qui soulignent bien le d\u00e9go\u00fbt que ressentent les habitants du village. L\u2019apparence du pr\u00eatre \u00e9voque donc l\u2019horreur, une peur m\u00eal\u00e9e de r\u00e9pulsion, et ces sentiments ne se dissipent pas au cours du r\u00e9cit puisque l\u2019anecdote d\u00e9crit ensuite comment le pr\u00eatre \u00ab&nbsp;\u00e9pouvant[e]&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;bris[e] [les] articulations [des villageois]<a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\"><sup>19<\/sup><\/a> \u00bb, et renforce donc l\u2019effroi qu\u2019il provoque. L\u2019auteur de la chronique de Lanercost insiste plus longuement et offre plus de d\u00e9tails sur l\u2019aspect et l\u2019attitude du pr\u00eatre malveillant que Walter Map n\u2019en donne sur le p\u00e8re du chevalier de Northumberland, ce qui indique bien que ces \u00e9l\u00e9ments sont essentiels non seulement dans la repr\u00e9sentation, mais aussi dans la construction de ce qu\u2019est un mauvais revenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019auteur de la chronique donne de plus amples informations sur ce dernier point lorsqu\u2019il d\u00e9bute son anecdote en expliquant que ce qu\u2019il s\u2019appr\u00eate \u00e0 raconter est un \u00ab&nbsp;exemple de damnation<a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\"><sup>20<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. En d\u2019autres termes, le mauvais revenant de cette anecdote est un exemple de ce qui arrive lorsque l\u2019\u00e2me a commis des p\u00e9ch\u00e9s impardonnables&nbsp;: l\u2019aspect physique est drastiquement alt\u00e9r\u00e9, toute volont\u00e9 propre est perdue et le d\u00e9funt est un danger pour les vivants. Ainsi, ce qui ressort de cette anecdote collect\u00e9e en 1295, une p\u00e9riode ou le Purgatoire est mieux d\u00e9fini qu\u2019\u00e0 la fin du XII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, c\u2019est que la notion de proportionnalit\u00e9 des peines propre au syst\u00e8me du Purgatoire, est mise de c\u00f4t\u00e9 au profit d\u2019une relation de causalit\u00e9 \u00e9tablie entre l\u2019apparence et l\u2019attitude du mauvais revenant et sa mauvaise vie. Cette relation est plus proche de la notion de responsabilit\u00e9 telle que nous l\u2019avons pr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019introduction dans la mesure o\u00f9 le revenant est amen\u00e9 \u00e0 subir les cons\u00e9quences de ses p\u00e9ch\u00e9s en rev\u00eatant une apparence horrible qui rend manifeste l\u2019\u00e9tat de son \u00e2me. Ce qui n\u2019est pas clairement exprim\u00e9 en revanche, c\u2019est dans quelle mesure les habitants de Clydesdale connaissaient les travers du pr\u00eate excommuni\u00e9, et il est donc difficile d\u2019affirmer avec certitude dans ce cas que l\u2019apparence du d\u00e9funt est une forme d\u2019aveu involontaire des p\u00e9ch\u00e9s commis qui viendrait entacher sa r\u00e9putation, ajoutant par la m\u00eame une autre cons\u00e9quence de ses actes que le d\u00e9funt devrait subir. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019aveu est toutefois bien plus clair dans les anecdotes collect\u00e9es par William of Newburgh dans les chapitres XXIII et XXIV de la Distinction II de son <em>Historia Rerum Anglicarum<\/em>. La structure de ces anecdotes est assez similaire \u00e0 celle de la chronique de Lanercost. On retrouve bien dans le corps de l\u2019anecdote le sentiment d\u2019horreur rattach\u00e9 au revenant&nbsp;: dans le chapitre XXIII, les habitants de la ville de Berwick sont assaillis par un \u00ab&nbsp;monstre funeste&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;cadavre pestilentiel&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;empoisonn[e] et corromp[t] les alentours<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\"><sup>21<\/sup><\/a> \u00bb. L\u2019adjectif \u00ab&nbsp;pestiferi \u00bb indique le d\u00e9gout provoqu\u00e9 par l\u2019odeur naus\u00e9abonde du revenant, tandis que le verbe \u00ab&nbsp;inficio&nbsp;\u00bb et le supin \u00ab&nbsp;infectus&nbsp;\u00bb soulignent le danger \u00e0 la fois sanitaire et mortel qu\u2019il repr\u00e9sente. William of Newburgh mentionne au d\u00e9but de l\u2019anecdote que les habitants ont d\u00e9couvert plus tard que le revenant \u00e9tait en fait un homme \u00ab&nbsp;extr\u00eamement malveillant<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\"><sup>22<\/sup><\/a> \u00bb&nbsp; comme l\u2019indique l\u2019emploi de \u00ab&nbsp;pessimus&nbsp;\u00bb, superlatif de \u00ab&nbsp;malus&nbsp;\u00bb. Le processus de r\u00e9flexion qui les am\u00e8ne \u00e0 cette conclusion est clairement expos\u00e9 au travers de la conjonction \u00ab&nbsp;<em>ut<\/em>&nbsp;\u00bb qui prend le sens de \u00ab&nbsp;suite \u00e0&nbsp;\u00bb lorsqu\u2019elle est suivie d\u2019un verbe \u00e0 l\u2019indicatif. Or elle est ici suivie du verbe \u00ab&nbsp;<em>claruit<\/em>&nbsp;\u00bb qui veut dire \u00ab&nbsp;devenir clair&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019indicatif parfait, et on comprend donc bien que c\u2019est suite aux \u00e9v\u00e8nements que raconte l\u2019anecdote, que la malveillance de l\u2019homme est \u00ab&nbsp;devenue \u00e9vidente&nbsp;\u00bb. Le m\u00eame parall\u00e8le est \u00e9tabli entre l\u2019apparence et la malveillance du revenant du chapelain de Melrose au chapitre XXIV, et sa mauvaise vie. William of Newburgh explique qu\u2019\u00ab&nbsp;apr\u00e8s [sa] mort les \u00e9v\u00e8nements ont rendu \u00e9vidents ses p\u00e9ch\u00e9s<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\"><sup>23<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces r\u00e9cits t\u00e9moignent de la causalit\u00e9 qui existe pour les vivants entre l\u2019apparence et l\u2019attitude du mauvais revenant et ses p\u00e9ch\u00e9s. Dans cette conception du revenant, ce dernier est contraint d\u2019assumer publiquement ses fautes et d\u2019en subir les cons\u00e9quences sur son nom et sa r\u00e9putation. Cette mani\u00e8re de comprendre le retour du d\u00e9funt atteste de l\u2019int\u00e9gration progressive de la responsabilit\u00e9 de chacun dans le salut de son \u00e2me et ce alors m\u00eame que le Purgatoire n\u2019a pas tout \u00e0 fait atteint sa forme finale<a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">.<\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect3\"><\/a><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#2\">2. Repentance et r\u00e9paration<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux choses diff\u00e9rencient les mauvais revenants que nous venons d\u2019\u00e9tudier de ceux qui les suivent dans la chronologie de notre corpus. La premi\u00e8re, c\u2019est que les bons revenants reconnaissent volontairement leur part de responsabilit\u00e9 dans leur sort. La seconde, c\u2019est qu\u2019ils ne se contentent pas de \u00ab&nbsp;subir&nbsp;\u00bb les cons\u00e9quences de leurs erreurs, ils les \u00ab&nbsp;assument&nbsp;\u00bb, et sont pr\u00eat \u00e0 \u00ab&nbsp;r\u00e9pondre de&nbsp;\u00bb leurs actes. En somme, ils sont parfaitement responsables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La tr\u00e8s large majorit\u00e9 des revenants de notre corpus reconnaissent avoir commis des fautes de leur vivant. Dans \u00ab&nbsp;The Awntyrs Off Arthur&nbsp;\u00bb, le fant\u00f4me de la m\u00e8re de Gueni\u00e8vre reconnait qu\u2019elle a pris de nombreux amants<a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\"><sup>24<\/sup><\/a>, tandis que le revenant de l\u2019histoire II des contes de Byland, explique qu\u2019il a fait \u00ab&nbsp;comme ceci et comme cela&nbsp;\u00bb et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;excommuni\u00e9 pour ce crime<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\"><sup>25<\/sup><\/a> \u00bb&nbsp; des expressions qui, si elles manquent de d\u00e9tails, insistent bien par leur r\u00e9p\u00e9tition sur l\u2019importance d\u2019admettre ses erreurs. Le revenant de l\u2019histoire VI de Byland lui aussi, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 admettre avoir vol\u00e9 des cuill\u00e8res en argent. Enfin, la revenante de l\u2019histoire XII, la s\u0153ur d\u2019un homme appel\u00e9 Adam de Lond, explique \u00e0 William Trower qu\u2019elle subit un ch\u00e2timent car elle a donn\u00e9 \u00e0 son fr\u00e8re des chartes qui revenaient de droit \u00e0 son mari et ses enfants. Le verbe <em>confiteor<\/em> utilis\u00e9 par le moine dans sa forme imparfaite \u00ab&nbsp;<em>confitebatur<\/em><a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\"><sup>26<\/sup><\/a> \u00bb&nbsp;pour d\u00e9crire les aveux de ces revenants est tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur. Le premier sens de ce verbe, est celui de \u00ab&nbsp;se confesser&nbsp;\u00bb. Il s\u2019agit bien l\u00e0 de la confession religieuse dont l\u2019importance grandit avec le d\u00e9veloppement du Purgatoire jusqu\u2019\u00e0 devenir obligatoire pour tous les chr\u00e9tiens une fois par an<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\"><sup>27<\/sup><\/a>. Le second sens de ce verbe est celui d\u2019\u00ab&nbsp;avouer sa faute&nbsp;\u00bb qui n\u2019est pas sans rappeler les aveux des criminels face \u00e0 la justice l\u00e9gale, et le dernier sens, est celui de \u00ab&nbsp;faire conna\u00eetre&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;r\u00e9v\u00e9ler&nbsp;\u00bb. Si le premier et le second sens refl\u00e8tent les consid\u00e9rations didactiques mentionn\u00e9es en introduction qui visaient \u00e0 utiliser le revenant comme un instrument d\u2019instruction sur le salut de l\u2019\u00e2me et une certaine dimension juridique, le troisi\u00e8me sens montre que le d\u00e9funt est aussi individuellement responsable. En effet, en faisant connaitre ses fautes, c\u2019est-\u00e0-dire en les r\u00e9v\u00e9lant publiquement, son nom et sa r\u00e9putation peuvent se trouver entach\u00e9s, comme c\u2019est le cas pour son anc\u00eatre malveillant, et il subit donc comme ce dernier les cons\u00e9quences de ses actes. Mais les bons revenants de notre corpus ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0. Lorsque Gueni\u00e8vre s\u2019interroge sur la raison pour laquelle des \u00ab&nbsp;b\u00eates mal\u00e9fiques&nbsp;\u00bb tourmentent sa m\u00e8re, cette derni\u00e8re r\u00e9pond qu\u2019elles \u00ab&nbsp;[sont] l\u2019amour charnel<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\"><sup>28<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb dans lequel elle s\u2019est enivr\u00e9e de son vivant. En indiquant ainsi le lien entre leurs p\u00e9ch\u00e9s et les ch\u00e2timents qu\u2019ils subissent, et en ne contestant pas leur ch\u00e2timent, ces revenants acceptent leur responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette reconnaissance des p\u00e9ch\u00e9s peut aussi s\u2019exprimer dans le d\u00e9sir de certains revenants de r\u00e9parer les dommages qu\u2019ils ont caus\u00e9s. La s\u0153ur d\u2019Adam de Lond, en plus d\u2019admettre sa faute, souhaite que son fr\u00e8re \u00ab&nbsp;restitu[e] \u00e0 son \u00e9poux et ses enfants ces m\u00eames chartes et [qu\u2019il leur] rend[e] les terres<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\"><sup>29<\/sup><\/a> \u00bb dont ils ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s. Le voleur des cuill\u00e8res en argent veut que \u00ab&nbsp;le vivant [\u2026] a[ille] \u00e0 l\u2019endroit indiqu\u00e9&nbsp;\u00bb r\u00e9cup\u00e9rer les cuill\u00e8res puis qu\u2019il \u00ab&nbsp;rapporte&nbsp;au Prieur<a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\"><sup>30<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;toute l\u2019affaire. Le verbe employ\u00e9 par le revenant \u00ab&nbsp;<em>reporto<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e0 la forme g\u00e9nitive, signifie \u00e0 la fois \u00ab&nbsp;ramener&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;rapporter&nbsp;\u00bb, on peut donc en conclure qu\u2019il veut non seulement que le vivant raconte toute l\u2019histoire au Prieur, mais qu\u2019il ram\u00e8ne aussi l\u2019objet du d\u00e9lit. Le revenant de l\u2019histoire I des contes de Byland rentre aussi dans ce sch\u00e9ma&nbsp;: il donne au vivant \u00ab&nbsp;la cause<a href=\"#_edn31\" name=\"_ednref31\"><sup>31<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;de sa d\u00e9tresse et propose son aide \u00e0 l\u2019homme auquel il apparait. Le verbe latin employ\u00e9 \u00ab&nbsp;adiuuare<a href=\"#_edn32\" name=\"_ednref32\"><sup>32<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp; a non seulement le sens d\u2019\u00ab&nbsp;aider&nbsp;\u00bb mais aussi de \u00ab&nbsp;seconder quelqu\u2019un&nbsp;\u00bb donc de lui \u00eatre utile. En souhaitant r\u00e9parer ou compenser les r\u00e9percussions que leurs p\u00e9ch\u00e9s ont pu avoir sur la communaut\u00e9 des vivants, ces bons revenants montrent qu\u2019ils sont conscients des cons\u00e9quences de leurs p\u00e9ch\u00e9s et donc de leur responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, le <em>Dictionnaire culturel en langue fran\u00e7aise<\/em> donne comme d\u00e9finition de \u00ab&nbsp;r\u00e9pondre de ses actes&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;\u00eatre garant par un engagement volontaire [\u2026] devant la loi, la soci\u00e9t\u00e9, la morale<a href=\"#_edn33\" name=\"_ednref33\"><sup>33<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Par extension, donc \u00eatre responsable signifie aussi\u00ab tenir ses engagements \u00bb, comme le fait le revenant du roman <em>Sir Amadace<\/em>. Dans cette \u0153uvre, le d\u00e9funt, qui revient sous la forme d\u2019un chevalier blanc, offre d\u2019apporter \u00e0 Amadace, un chevalier d\u00e9sargent\u00e9, un soutien financier qui lui permettra d\u2019entrer dans un tournoi et d\u2019\u00e9ventuellement retrouver sa fortune et son honneur perdus en \u00e9change de la moiti\u00e9 de tout ce qu\u2019il gagnera. Le terme moyen-anglais \u00ab&nbsp;<em>forwart<\/em><a href=\"#_edn34\" name=\"_ednref34\"><sup>34<\/sup><\/a>&nbsp;<em>\u00bb<\/em>, employ\u00e9 pour d\u00e9signer la nature de l\u2019aide que le revenant offre au chevalier, d\u00e9signe \u00e0 la fois un \u00ab&nbsp;contrat&nbsp;\u00bb qui lie les deux parties devant la loi, et une \u00ab&nbsp;alliance&nbsp;\u00bb qui les associe devant Dieu. Ce terme d\u00e9note bien le caract\u00e8re officiel et solennel de ce qui lie les deux parties. Dans son article \u00ab&nbsp;B\u00e9ances de la terre et du temps&nbsp;: la dette et le pacte dans le motif du \u2018Mort reconnaissant\u2019 au Moyen Age&nbsp;\u00bb, Danielle Bohler mentionne que le mort reconnaissant qui revient est une \u00ab&nbsp;figure qui incarne la Loi<a href=\"#_edn35\" name=\"_ednref35\"><sup><sup>35<\/sup><\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;et qui a donc un certain pouvoir sur le vivant. Elle ne mentionne pas d\u2019o\u00f9 le revenant tire son autorit\u00e9, mais il nous semble \u00e9vident que le chevalier blanc de <em>Sir Amadace<\/em> tire la sienne du fait qu\u2019il a respect\u00e9 sa part du \u00ab&nbsp;contrat&nbsp;\u00bb&nbsp;: il a donn\u00e9 \u00e0 Amadace les moyens d\u2019entrer dans le tournoi et de le gagner. Le revenant a tenu son engagement. Jean-Claude Schmitt rapporte un autre exemple plus pr\u00e9coce de ce motif. Dans l\u2019\u0153uvre du XIII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle <em>Otia imperialia<\/em> du clerc Gervais de Tilbury (1155-1234), il est fait mention d\u2019un mort qui revient tuer sa veuve car elle n\u2019a pas respect\u00e9 sa promesse de ne pas se remarier<a href=\"#_edn36\" name=\"_ednref36\"><sup>36<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, alors que les mauvais revenants ne sont que partiellement responsables dans la mesure o\u00f9 ils ne font que subir les cons\u00e9quences de leurs actes, les bons revenants eux, le sont parfaitement puisqu\u2019ils acceptent, subissent et r\u00e9pondent des r\u00e9percussions de leurs fautes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\"><\/a><a name=\"sect4\"><\/a><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#3\">3.&nbsp;Plus qu\u2019un passeur, un directeur de conscience<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Une fois devenu parfaitement responsables, les revenants des XIV<sup>e <\/sup>et XV<sup>e <\/sup>si\u00e8cles de notre corpus ont toute autorit\u00e9 pour influencer le monde des vivants et leur inculquer la meilleure mani\u00e8re de vivre ensemble. Lorsque le chevalier blanc de <em>Sir Amadace<\/em> r\u00e9clame la moiti\u00e9 du corps de l\u2019\u00e9pouse du h\u00e9ros comme convenu dans leur contrat, il ne fait qu\u2019\u00e9prouver la capacit\u00e9 de ce dernier \u00e0 respecter sa part de leur engagement. L\u2019attitude parfaitement responsable du revenant lui donne donc l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour exiger du vivant le m\u00eame comportement. \u00c9largi \u00e0 tous les personnages de notre corpus, il semble que le retour du d\u00e9funt responsable, cr\u00e9e pour le vivant qui le rencontre une occasion d\u2019\u00eatre responsable \u00e0 son tour en menant \u00e0 bien la mission qui lui est confi\u00e9e. Le revenant n\u2019est donc pas seulement une illustration du syst\u00e8me du Purgatoire, ou un exemple d\u2019orthodoxie, il est aussi un v\u00e9ritable directeur de conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De fait, malgr\u00e9 la terreur qu\u2019ils ressentent, les vivants se montrent \u00e0 la hauteur de ce qui est attendu d\u2019eux. Dans l\u2019histoire I du moine de Byland, l\u2019homme qui rencontre le revenant est \u00ab&nbsp;glac\u00e9 d\u2019\u00e9pouvante<a href=\"#_edn37\" name=\"_ednref37\"><sup>37<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, et Gueni\u00e8vre \u00ab&nbsp;prend peur et g\u00e9mit<a href=\"#_edn38\" name=\"_ednref38\"><sup>38<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;face au fant\u00f4me de sa m\u00e8re. Toutefois, la peur s\u2019estompe, et, pour \u00e9courter le s\u00e9jour au Purgatoire de ces revenants et leur venir en aide, les vivants les \u00e9coutent et les aident en faisant donner des messes, en distribuant des aum\u00f4nes ou en accomplissant leurs volont\u00e9s, comme William Trower qui transmet le message de la s\u0153ur d\u2019Adam de Lond dans l\u2019histoire XII des contes du moine de Byland, ou l\u2019histoire I dans laquelle l\u2019homme accepte que le revenant porte son sac. Ils font preuve eux aussi d\u2019une bonne volont\u00e9 exemplaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le revenant exprime aussi son influence sur le mode de vie des vivants lorsque son retour devient une occasion de renforcer les liens sociaux entre vivants. En effet, dans l\u2019histoire XI des contes du moine de Byland, Richard Rowntree rencontre son enfant mort-n\u00e9. Richard et son fils ne se sont jamais vus, mais le revenant est capable de reconnaitre son p\u00e8re. La force du lien marital est affirm\u00e9e dans l\u2019anecdote du chapitre XXII relay\u00e9 par William de Newburgh, puisque le revenant revient d\u2019abord hanter son \u00e9pouse. Mais les relations qu\u2019il sollicite peuvent \u00eatre bien plus larges que l\u2019unit\u00e9 familiale ou l\u2019union maritale. C\u2019est le cas dans l\u2019histoire II des contes de Byland o\u00f9 le revenant explique au tailleur Snowball qu\u2019il peut lui appara\u00eetre parce que ce dernier n\u2019a pas \u00ab&nbsp;entendu la messe ni l\u2019\u00e9vangile de Saint-Jean, sans doute \u2018Au Commencement \u2026\u2019, ni particip\u00e9 \u00e0 la communion du corps et du sang du Christ<a href=\"#_edn39\" name=\"_ednref39\"><sup>39<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Ce qui se dessine ici en creux, c\u2019est l\u2019existence de la communaut\u00e9 paroissiale du village, \u00e0 laquelle Snowball n\u2019a pas r\u00e9affirm\u00e9 son appartenance. Au c\u0153ur de chacune de ces histoires il y a des liens sociaux qui, s\u2019ils sont suffisamment forts pour continuer par-del\u00e0 la mort, ne peuvent que r\u00e9unir les vivants. En plus d\u2019appara\u00eetre \u00e0 des vivants auxquels ils sont li\u00e9s, les revenants ravivent aussi ces liens par le contenu des messages et des missions qu\u2019ils confient. Lorsque Gueni\u00e8vre voit revenir sa m\u00e8re d\u2019entre les morts, c\u2019est encore le lien de filiation qui entre en jeu, mais l\u2019importance de la famille est renforc\u00e9e par le message qu\u2019elle porte. Alors qu\u2019elle se lamente, la m\u00e8re de Gueni\u00e8vre regrette d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;plong\u00e9e, loin de toute famille, dans des tourments glac\u00e9s<a href=\"#_edn40\" name=\"_ednref40\"><sup>40<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, ce qui implique que ses souffrances seraient moins p\u00e9nibles si elle avait une famille pour la pleurer. La mission que la s\u0153ur d\u2019Adam de Lond confie \u00e0 William dans l\u2019histoire XII des contes de Byland met aussi en avant les liens familiaux puisqu\u2019elle d\u00e9sire r\u00e9parer le tort qu\u2019elle a caus\u00e9 \u00e0 son mari et ses fils. Il en va de m\u00eame pour le voleur de cuill\u00e8res en argent qui souhaite les voir rendues \u00e0 son ma\u00eetre. M\u00eame les mauvais revenants offrent une occasion de rassembler les vivants. L\u2019anecdote du chapitre XXII de l\u2019<em>Historia Rerum Anglicarum<\/em> illustre la fa\u00e7on dont il peut rapprocher toute la communaut\u00e9 d\u2019un village. En effet, il commence par s\u2019en prendre \u00e0 son \u00e9pouse, qui se pr\u00e9munit contre ses attaques en faisant appel \u00e0 la \u00ab&nbsp;communaut\u00e9<a href=\"#_edn41\" name=\"_ednref41\"><sup>41<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;pour l\u2019aider \u00e0 se d\u00e9fendre. Non content de solliciter le lien marital, le revenant, par son retour, a pouss\u00e9 sa veuve \u00e0 faire appel au cercle plus large de ses connaissances, mais l\u2019anecdote ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Apr\u00e8s son \u00e9pouse, le d\u00e9funt assaille son fr\u00e8re, puis le voisinage de son ancienne demeure, et ce sont finalement tous les habitants des environs qui s\u2019allient pour se d\u00e9barrasser de lui. En \u00e9largissant son cercle de victimes, le mauvais revenant, \u00e0 l\u2019instar du bon, renforce donc la coh\u00e9sion entre les membres de la communaut\u00e9. En tant que personnages responsables, ces d\u00e9funts qui reviennent d\u00e9sirent, par-del\u00e0 la mort, r\u00e9parer des liens sociaux disjoints, qu\u2019il s\u2019agisse de ceux entre ma\u00eetre et serviteur, de ceux de la famille, ou de la communaut\u00e9 toute enti\u00e8re. Cette attitude id\u00e9ale leur conf\u00e8re l\u2019autorit\u00e9 pour guider les vivants en leur servant d\u2019exemples.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect6\"><\/a><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#conclu\">Conclusion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9volution du personnage du revenant \u00e9tablie dans cette analyse t\u00e9moigne du r\u00f4le essentiel que joue la notion de responsabilit\u00e9 dans son exemplarit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire dans sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre un mod\u00e8le pour les vivants, qu\u2019il soit religieux, judiciaire ou tout simplement \u00e9thique. Mais cette notion n\u2019est pas seulement mise en avant au c\u0153ur des r\u00e9cits de revenants. En effet, face \u00e0 la responsabilit\u00e9 individuelle dont le revenant se fait l\u2019exemple, il y a une responsabilit\u00e9 collective qui lie les vivants autour de ces m\u00eames r\u00e9cits. Jean-Claude Schmitt explique que&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Une&nbsp;apparition ne met [\u2026] jamais en sc\u00e8ne deux personnes seulement, un mort et un vivant, mais toute une cha\u00eene de t\u00e9moins, d\u2019interm\u00e9diaires, d\u2019informateurs, de scribes, de pr\u00e9dicateurs et d\u2019auditeurs [\u2026]<a href=\"#_edn42\" name=\"_ednref42\"><sup>42<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019expression \u00ab&nbsp;cha\u00eene de t\u00e9moins&nbsp;\u00bb indique clairement que tous les acteurs qui participent \u00e0 la diffusion de ces histoires sont li\u00e9s. Le fait divers du revenant Gui de Corvo est un autre exemple du lien entre les t\u00e9moins d\u2019une apparition. En 1323, ce bourgeois d\u2019Al\u00e8s revient hanter son domicile huit jours apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s. Le prieur dominicain Jean Gobi (13..?-1350) va \u00e0 la rencontre du revenant et lui fait subir un interrogatoire qui sera pris en note par un notaire de la ville. Dans son \u00e9tude de ce dialogue entre le prieur et le fant\u00f4me, Marie-Anne Polo de Beaulieu note que Jean Gobi prend soin de faire noter les noms de ceux qui assistent \u00e0 l\u2019entretien&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cette liste de personnages importants, authentifi\u00e9e par la mention de leur noms et\/ou de leurs fonctions, leste ce r\u00e9cit d&rsquo;un poids social tr\u00e8s fort<a href=\"#_edn43\" name=\"_ednref43\"><sup>43<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Si ces personnes donnent \u00ab&nbsp;un poids social&nbsp;\u00bb au r\u00e9cit, c\u2019est parce que leur r\u00e9putation garantissait \u00e0 l\u2019audience l\u2019exactitude de ce qui \u00e9tait racont\u00e9. Jean Gobi n\u2019est donc pas la seule personne \u00e0 se porter garant de la v\u00e9racit\u00e9 du r\u00e9cit&nbsp;: il partage cette responsabilit\u00e9 avec les autres t\u00e9moins pr\u00e9sents. Nous pensons que le m\u00eame raisonnement peut facilement \u00eatre appliqu\u00e9 aux r\u00e9cits de revenants et de fant\u00f4mes de notre corpus puisque plusieurs prennent la peine de d\u00e9tailler leurs sources. Ainsi, Walter Map mentionne qu\u2019une de ses anecdotes vient d\u2019un chevalier \u00ab&nbsp;fort et vaillant et ayant prouv\u00e9 sa valeur<a href=\"#_edn44\" name=\"_ednref44\"><sup>44<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb&nbsp;qui l\u2019a racont\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque de Hereford. La description du chevalier et de sa valeur, la fonction eccl\u00e9siastique de l\u2019\u00e9v\u00eaque, et le rang de Richard de Puttes sont autant de garants de la pr\u00e9cision du r\u00e9cit et de sa validit\u00e9. Simpson remarque que William de Newburgh, lui aussi, tient ses anecdotes d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;informateurs fiables<a href=\"#_edn45\" name=\"_ednref45\"><sup>45<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Ainsi, tous les maillons de la \u00ab&nbsp;chaine&nbsp;\u00bb prennent en charge le r\u00e9cit et se retrouvent rassembl\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion du retour du mort, de la propagation orale de l\u2019histoire, de sa mise en r\u00e9cit et, bien entendu, de sa lecture. En d\u00e9finitive, les r\u00e9cits de revenants, tant par l\u2019\u00e9volution de la repr\u00e9sentation et de l\u2019attitude du d\u00e9funt qui revient parmi les vivants, que par leur mode de diffusion, attestent de l\u2019importance croissante que la notion de responsabilit\u00e9 rev\u00eat pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 anglaise du Moyen \u00c2ge.<a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\"><\/a><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect7\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<div id=\"sdfootnote1\" style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">1<\/a>&#8211; &nbsp;Sur les d\u00e9bats autour de la nature des d\u00e9funts dans les r\u00e9cits m\u00e9di\u00e9vaux voir notamment&nbsp;: CACIOLA Nancy, \u00ab Wraiths, Revenants, and Ritual in Medieval Culture \u00bb, <em>Past &amp;P resent<\/em>, Ao\u00fbt 1996, n\u00b0152, p. 3-45., et SIMPSON Jacqueline, \u00ab&nbsp;Debatable Apparitions in Medieval England \u00bb, <em>Folklore<\/em>, Vol. 114, n\u00b03, D\u00e9cembre 2003, p 389-402. Dans cet article, nous emploierons le terme \u00ab&nbsp;revenant&nbsp;\u00bb, lorsque la nature tangible du d\u00e9funt a \u00e9t\u00e9 attest\u00e9e ou nous semble \u00e9vidente, et le terme \u00ab&nbsp;fant\u00f4me&nbsp;\u00bb dans les cas plus incertains.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">2<\/a>&nbsp;&#8211; LE GOFF Jacques, <em>La naissance du purgatoire<\/em>, Paris, Gallimard, 1981, p. 14.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">3<\/a>&nbsp;&#8211; Dans le chapitre 5 de son livre, Jacques LE GOFF \u00e9tudie les termes employ\u00e9s pour parler du Purgatoire et leur influence sur le d\u00e9veloppement de celui-ci. Voir LE GOFF Jacques, <em>op. cit.<\/em>, p.209-240.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">4<\/a>&nbsp;&#8211; Ralph HOULBROOK et Jacques LE GOFF remarquent et analysent cette tendance \u00e0 insister sur les caract\u00e9ristiques infernales du Purgatoire \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019image optimiste que dresse Dante dans <em>La Divine Com\u00e9die&nbsp;<\/em>: HOULBROOK Ralph, <em>Death, Religion and the Family in England 1480-1750<\/em>, Oxford, Clarendon Press, 1998, p. 35. et LE GOFF Jacques, <em>op. cit.<\/em>, p. 387-448.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">5<\/a>&nbsp;&#8211; Sur les pratiques des suffrages et notamment les provisions des testaments voir&nbsp;: DANIELL Christopher, <em>Death and burial in medieval England, 1066-1550<\/em>, London ; New York, Routledge, 1997, p. 1-64., HOULBROOK Ralph, <em>Death, Religion and the Family in England 1480-1750<\/em>, Oxford, Clarendon Press, 1998, p. 110-146 et p. 331-371.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">6<\/a>&nbsp;&#8211; Voir MCKEEVER Amanda J., <em>The Ghost in Early Modern Protestant Culture: Shifting Perceptions of the Afterlife, 1450-1700<\/em>, Th\u00e8se, Histoire, Brighton, University of Sussex, Mai 2011, p. 39-76.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">7<\/a>&nbsp;&#8211; LECOUTEUX Claude, <em>Fant\u00f4mes et revenants au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Imago, \u00ab&nbsp;L&rsquo;Arbre \u00e0 m\u00e9moire \u00bb, 1996, p. 10.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">8<\/a>&nbsp;&#8211; FINUCANE Ronald C., <em>Ghosts: Appearances of the Dead and Cultural Transformation<\/em>, New York, Prometheus Books, 1996, p. 62.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">9<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Ibid.<\/em>, p. 290.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">10<\/a>&nbsp;&#8211; REY, Alain, dir., \u00ab&nbsp;Responsable&nbsp;\u00bb, <em>Dictionnaire culturel en langue fran\u00e7aise<\/em>, vol. 4, Paris, Le Robert, 2005, p. 248.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">11<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>non solum terruit verum etiam pene obruit importabili sui pondere<\/em>&nbsp;\u00bb dans DE NEWBURGH William, <em>Historia Rerum Anglicarum<\/em>, Hans Claude Hamilton, \u00e9d., Londres, Sumptibus Societatis, vol 2., 1856, p. 182.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">12<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>non cessat euocare singillatim et nominatim conuicaneos suos, qui statim vocati infirmantur et infra triduum moriuntur<\/em>&nbsp;\u00bb dans MAP Walter, \u00ab&nbsp;De Nugis Curialium&nbsp;\u00bb, dans <em>Anecdota Oxoniensia<\/em>, M. R. James, \u00e9d., Oxford, Clarendon Press, \u00ab Medieval and Modern Series \u00bb, vol. 14, 1914, p. 100.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">13<\/a>&nbsp;&#8211; Sur l\u2019harmonie entre le corps et l\u2019\u00e2me voir la r\u00e9cente \u00e9tude de BASCHET, J\u00e9r\u00f4me, <em>Corps et \u00e2mes : une histoire de la personne au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Flammarion, 2016, 408 p.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">14<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>vili pannosoque cilicio inuolutus<\/em>&nbsp;\u00bb, MAP Walter, <em>op. cit.<\/em>, p. 101.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">15<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>Ille demonium ratus<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Ibid.<\/em>,p. 101.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">16<\/a>&nbsp;&#8211; Voir \u00e0 ce sujet&nbsp;: CACIOLA Nancy, <em>op. cit.<\/em>, p. 3-45.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\">17<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>filius tenebrarum<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Ibid.<\/em>, p. 164.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\">18<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>tetro<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>groffo<\/em>&nbsp;\u00bb, dans <em>Chronicon de Lanercost<\/em>, William Macdowall of Garthland, \u00e9d., Edinburgh, Edinburgh Printing Company, 1893, p. 164.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\">19<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>deterret<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>artus eorum confrigeret<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Ibid.<\/em>, p. 164.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\">20<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>damnatorum fpeciem&nbsp;<\/em>\u00bb, <em>Ibid.<\/em>, p. 163.speciem<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\">21<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab<em>exitialis monstri<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>pestiferi cadaveris cicumactu infectus corruptusque<\/em>&nbsp;\u00bb,&nbsp;DE NEWBURGH William, <em>op. cit.<\/em>. p. 184. circumactu<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\">22<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>pessimus<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Ibid<\/em>., p. 184.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\">23<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>post mortem vero ex eventu reatus ejus claruit<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Ibid<\/em>., p. 186.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\">24<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab The Awntyrs off Arthur \u00bb, dans <em>Sir Gawain: Eleven Romances and Tales<\/em>, Thomas Hahn, \u00e9d., Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, 1995, v.&nbsp;213.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\">25<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>Sic et sic feci et excommunicatus sum pro tali facto<\/em>&nbsp;\u00bb, dans JAMES M. R., \u00ab&nbsp;Twelve Medieval Ghost-Stories&nbsp;\u00bb, <em>The English Historical Review<\/em>, vol. 37, n\u00b0. 147, Juil.1922, p. 415.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\">26<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Ibid.<\/em>, p. 415 et 422.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\">27<\/a>&nbsp;&#8211; Voir LE GOFF Jacques, <em>op. cit.<\/em>, p. 292.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\">28<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>baleful bestes<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>That is luf paramour<\/em>&nbsp;\u00bb, The Awntyrs off Arthur \u00bb, <em>op. cit.<\/em>, v.&nbsp;211 et 213..<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\">29<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>Supplicabat<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>redonare marito suo et filiis easdem cartas, et restituere illis terram<\/em> [\u2026].&nbsp;\u00bb <em>Ibid.<\/em>, p. 422.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\">30<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>viuenti quod adiret ad locum predictum<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>reportando Priori<\/em> \u00bb, <em>Ibid.<\/em>, p. 415.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref31\" name=\"_edn31\">31<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>causam et remedium<\/em> \u00bb, <em>Ibid.<\/em>, p. 414.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref32\" name=\"_edn32\">32<\/a><em>&nbsp;&#8211; Ibid.<\/em>, p. 414.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref33\" name=\"_edn33\">33<\/a>&nbsp;&#8211; REY, Alain, dir., \u00ab&nbsp;R\u00e9pondre de&nbsp;\u00bb, <em>Dictionnaire culturel en langue fran\u00e7aise<\/em>, vol. 4, Paris, Le Robert, 2005, p. 183.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref34\" name=\"_edn34\">34<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;<em>Sir Amadace<\/em>, dans <em>Amis and Amiloun, Robert of Cisyle, and Sir Amadace<\/em>, Edward E. Foster, \u00e9d., Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, 2007, v. 502.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref35\" name=\"_edn35\">35<\/a>&nbsp;&#8211; BOHLER Danielle, \u00ab B\u00e9ances de la terre et du temps: la dette et le pacte dans le motif du Mort reconnaissant au Moyen Age \u00bb, <em>L\u2019homme<\/em>, vol. 29, n\u00b0111-112, 1989, p. 171.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref36\" name=\"_edn36\">36<\/a>&nbsp;&#8211; Voir SCHMITT Jean-Claude, <em>op. cit<\/em>. p. 106.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref37\" name=\"_edn37\">37<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>perterritus<\/em>&nbsp;\u00bb, dans JAMES M. R., <em>op. cit.<\/em>, p. 414.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref38\" name=\"_edn38\">38<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab <em>Then gloppenet and grete Gaynour the gay&nbsp;<\/em>\u00bb, dans The Awntyrs off Arthur \u00bb, <em>op. cit.<\/em>, v. 92.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref39\" name=\"_edn39\">39<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>non audiuisti missam neque exangelium Iohannis scilicet &lsquo;In principio&rsquo; neque vidisti consecracionem corporis et sanguinis domini<\/em>&nbsp;[\u2026]&nbsp;\u00bb, dans JAMES M. R., <em>op. cit.<\/em>, p.&nbsp;416.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref40\" name=\"_edn40\">40<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab <em>Now am I caught oute of kide to cares so colde<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp; \u00ab The Awntyrs off Arthur \u00bb,<em> op.&nbsp;cit<\/em>., v. 151.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref41\" name=\"_edn41\">41<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>consortio<\/em>&nbsp;\u00bb, dans DE NEWBURGH William, <em>op. cit.<\/em>, p. 182..<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref42\" name=\"_edn42\">42<\/a>&nbsp;&#8211; SCHMITT Jean-Claude, <em>op. cit.<\/em>, p. 213-14<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref43\" name=\"_edn43\">43<\/a>&nbsp;&#8211; POLO DE BEAULIEU Marie-Anne, \u00ab Paroles de fant\u00f4me : Le cas du revenant d&rsquo;Al\u00e8s (1323) \u00bb, <em>Ethnologie fran\u00e7aise<\/em>, Octobre-D\u00e9cembre 2003, vol. 33, n\u00b04, p.567.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref44\" name=\"_edn44\">44<\/a>&nbsp;&#8211; \u00ab&nbsp;<em>fortis uiribus et audacie probate&nbsp;<\/em>\u00bb, dans MAP Walter, <em>op. cit.<\/em>, p. 99.<a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref45\" name=\"_edn45\">45<\/a>&nbsp;&#8211; SIMPSON Jacqueline, <em>op. cit.<\/em>, p. 391.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote73\" style=\"text-align: justify\">\n<hr>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect8\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>Sources primaires :<\/b><b><br \/>\n<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab&nbsp;The Awntyrs off Arthur&nbsp;\u00bb, dans<em> Sir Gawain: Eleven Romances and Tales<\/em>, Thomas Hahn, \u00e9d., Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, 1995, 439 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Sir Amadace<\/em>, dans <em>Amis and Amiloun, Robert of Cisyle, and Sir Amadace<\/em>, Edward E. Foster, \u00e9d., Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, 2007, 130 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Chronicon de Lanercost<\/em>, William Macdowall of Garthland, \u00e9d., Edinburgh, Edinburgh Printing Company, 1893, 628 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">JAMES M. R., \u00ab&nbsp;Twelve Medieval Ghost-Stories&nbsp;\u00bb, <em>The English Historical Review<\/em>, vol.&nbsp;37, n\u00b0. 147, Juil. 1922, p. 413-422.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MAP Walter, \u00ab&nbsp;De Nugis Curialium&nbsp;\u00bb, dans <em>Anecdota Oxoniensia<\/em>, M. R. James, \u00e9d., Oxford, Clarendon Press, \u00ab&nbsp;Medieval and Modern Series&nbsp;\u00bb,vol. 14, 1914, 342 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DE NEWBURGH William, <em>Historia Rerum Anglicarum<\/em>, Hans Claude Hamilton, \u00e9d., Londres, Sumptibus Societatis, vol. 2, 1856, 243 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>Sources secondaires :<\/b><b><br \/>\n<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BASCHET, J\u00e9r\u00f4me, <em>Corps et \u00e2mes : une histoire de la personne au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Flammarion, 2016, 408 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BOHLER Danielle, \u00ab&nbsp;B\u00e9ances de la terre et du temps: la dette et le pacte dans le motif du Mort reconnaissant au Moyen Age&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019homme<\/em>, vol. 29, n\u00b0111-112, 1989, p. 161-178.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">CACIOLA Nancy, \u00ab&nbsp;Wraiths, Revenants, and Ritual in Medieval Culture&nbsp;\u00bb, <em>Past &amp; Present<\/em>, Ao\u00fbt 1996, n\u00b0152, p. 3-45.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DAVIES, Owen, <em>The Haunted: A Social History of Ghosts<\/em>, Basingtoke; New York, Palgrave Macmillan, 2007, 299 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DANIELL Christopher, <em>Death and burial in medieval England, 1066-1550<\/em>, London ; New York, Routledge, 1997, 242 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">FINUCANE Ronald C., <em>Ghosts: Appearances of the Dead and Cultural Transformation<\/em>, New York, Prometheus Books, 1996, 232 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GAFFIOT, F\u00e9lix, <em>Le grand Gaffiot : dictionnaire latin-fran\u00e7ais<\/em>, Pierre Flobert, dir., Paris, \u00c9ditions Hachette, cop. 2000, 1766 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GEARY Patrick J., <em>Living with the Dead in the Middle Ages<\/em>, Ithaca, NY&nbsp;; Londres, Cornell University Press, 1994, 273 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GORDON Bruce, MARSHALL Peter, \u00e9ds., <em>The Place of the Dead: Death and Remembrance in Late Medieval and Early Modern Europe<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, 324 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">HOULBROOK Ralph, <em>Death, Religion and the Family in England 1480-1750<\/em>, Oxford, Clarendon Press, 1998, 435 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LECOUTEUX Claude, <em>Fant\u00f4mes et revenants au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Imago, \u00ab L&rsquo;Arbre \u00e0 m\u00e9moire&nbsp;\u00bb,&nbsp; 1996, 253 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LE GOFF Jacques, <em>La Naissance du purgatoire<\/em>, Paris, Gallimard, 1981, 509 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MCKEEVER Amanda J., <em>The Ghost in Early Modern Protestant Culture: Shifting Perceptions of the Afterlife, 1450-1700<\/em>, Histoire, Brighton, University of Sussex, Mai 2011, 316p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">POLO DE BEAULIEU Marie-Anne, \u00ab&nbsp;Paroles de fant\u00f4me: Le cas du revenant d&rsquo;Al\u00e8s (1323)&nbsp;\u00bb, <em>Ethnologie fran\u00e7aise<\/em>, Vol. 33, n\u00b04, Octobre-D\u00e9cembre 2003, p. 565-574.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">REY, Alain, dir., <em>Dictionnaire culturel en langue fran\u00e7aise<\/em>, vol. 4, Paris, Le Robert, 2005, p. 2083.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SCHMITT Jean-Claude, <em>Les Revenants : les vivants et les morts dans la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9di\u00e9vale<\/em>, Paris, Gallimard, 1994, 306 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SIMPSON Jacqueline, \u00ab&nbsp;Debatable Apparitions in Medieval England&nbsp;\u00bb, <em>Folklore<\/em>, Vol.&nbsp;114, n\u00b03, D\u00e9cembre 2003, p 389-402.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Isabelle MARCHESSOU Doctorante en litt\u00e9rature anglaise rattach\u00e9e au laboratoire LISAA , occupant un poste d&rsquo;ATER \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-Est Marne-la-Vall\u00e9e, ses recherches&nbsp;s\u2019int\u00e9ressent aux diff\u00e9rences de repr\u00e9sentation, de fonction et de&nbsp;symbolique du personnage du fant\u00f4me tel qu&rsquo;il existe dans les litt\u00e9rature&nbsp;anglaise m\u00e9di\u00e9vale et victorienne. isabel&#108;&#101;&#46;&#x6d;&#x61;&#x72;&#x63;&#x68;&#x65;&#x73;sou&#64;uni&#118;&#45;&#x70;&#x61;&#x72;&#x69;&#x73;&#x2d;&#x65;&#x73;t&#46;fr Pour citer cet article : Marchessou, Isabelle, \u00ab Le fant\u00f4me \u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[102340],"class_list":["post-2548","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-n8","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2548"}],"version-history":[{"count":35,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2548\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4169,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2548\/revisions\/4169"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}