 {"id":3110,"date":"2018-01-09T17:36:03","date_gmt":"2018-01-09T16:36:03","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=3110"},"modified":"2019-10-03T08:38:09","modified_gmt":"2019-10-03T07:38:09","slug":"lieux-utopiques-dessines-dans-lobscurite-et-cheminement-du-corps-dans-les-installations-au-fil-de-julien-salaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-utopiques-dessines-dans-lobscurite-et-cheminement-du-corps-dans-les-installations-au-fil-de-julien-salaud\/","title":{"rendered":"Lieux utopiques dessin\u00e9s dans l&rsquo;obscurit\u00e9 et cheminement du corps dans les installations au fil de Julien Salaud"},"content":{"rendered":"<p><strong>Virginie PEYRAMAYOU<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Virginie Peyramayou est doctorante, enseignante et plasticienne. Actuellement en doctorat en arts plastiques au laboratoire LLA-CREATIS (\u00c9cole doctorale Allph@) \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Toulouse 2, sur le sujet \u00ab\u00a0Dessiner : le geste et l&rsquo;outil dans le dessin contemporain\u00a0\u00bb, ses domaines de recherche concernent le dessin contemporain, les pratiques au fil, les performances et installations dessin\u00e9es. Professeur certifi\u00e9e en arts plastiques depuis 2009, elle occupe un poste fixe dans le secondaire en Essonne.<\/p>\n<p><a href=\"m&#x61;i&#108;&#x74;o&#58;&#x76;i&#x72;&#x67;i&#x6e;i&#101;&#x2e;p&#101;&#x79;r&#x61;&#x6d;a&#x79;&#x6f;u&#x40;y&#97;&#x68;o&#111;&#x2e;f&#x72;\">v&#x69;&#x72;g&#105;&#x6e;&#x69;e&#46;&#x70;ey&#x72;&#x61;m&#97;&#x79;ou&#x40;&#x79;a&#104;&#x6f;&#x6f;&#46;&#x66;&#x72;<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Peyramayou, Virginie, \u00ab&nbsp;Lieux utopiques dessin\u00e9s dans l&rsquo;obscurit\u00e9 et cheminement du corps dans les installations au fil de Julien Salaud \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b09 \u00ab Lieux et non-lieux : liens au corps \u00bb, printemps 2018, mis en ligne le 28\/03\/2018, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-utopiques-dessines-dans-lobscurite-et-cheminement-du-corps-dans-les-installations-au-fil-de-julien-salaud\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-utopiques-dessines-dans-lobscurite-et-cheminement-du-corps-dans-les-installations-au-fil-de-julien-salaud\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/article-d\u00e9finitif-n\u00b09-virginie-peyramayou.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format PDF<\/a><\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Cette r\u00e9flexion sur les installations au fil de Julien Salaud, plus particuli\u00e8rement les installations dans le cadre de la r\u00e9sidence Ackerman-Fontevraud (<i>Fleuve c\u00e9leste<\/i> et <i>La Crypte des effraies<\/i> r\u00e9alis\u00e9es en 2015) met en avant l&rsquo;inscription dans le lieu, la cr\u00e9ation d&rsquo;un espace utopique dessin\u00e9 par l&rsquo;artiste et enfin le lien avec le corps du plasticien et du spectateur dans ces \u0153uvres.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : Installation au fil \u2013 Julien Salaud \u2013 Corps \u2013 Utopie \u2013 Espace \u2013 Lieu<\/p>\n<h3>Abstract<\/h3>\n<p lang=\"en-US\" style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">This reflection on Julien Salaud&rsquo;s installations, in particular the installations realised in the residence Ackerman-Fontevraud (<i>Fleuve c\u00e9leste<\/i> and <i>La Crypte des effraies<\/i> in 2015), highlights the inscription in the place, the utopian space drawn by the artist and finally the link with the body of the artist and the spectator in these works.<\/p>\n<p><strong>Keywords<\/strong>: Wire installation &#8211; Julien Salaud &#8211; Body &#8211; Utopia &#8211; Space \u2013 Location<\/p>\n<hr>\n<h3>Sommaire<\/h3>\n<p><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sect1\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect2\">1. Entre inscription dans un lieu et cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau lieu<\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect3\">2. Exp\u00e9rience hors du temps, dans un univers sensible, dans un entre-deux<\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect4\">3. Corps et immersion<\/a><br \/>\n<a name=\"conclu\"><\/a><a href=\"#sect5\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sect6\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sect7\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_3117\" style=\"width: 4330px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3117\" class=\"wp-image-3117 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933.jpg\" alt=\"\" width=\"4320\" height=\"3240\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933.jpg 4320w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933-300x225.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933-768x576.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/DSCF0933-676x507.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 4320px) 100vw, 4320px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3117\" class=\"wp-caption-text\">Julien Salaud, <em>La Crypte des effraies<\/em>, d\u00e9tail de l\u2019\u0153uvre, 2015, Abbaye royale de Fontevraud<\/p><\/div>\n<h3><a name=\"sect1\"><\/a><\/h3>\n<h3><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Les relations entre corps et espace s&rsquo;affirment dans de nombreuses \u0153uvres contemporaines jouant sur la tension, l&rsquo;opposition ou encore l&rsquo;union et la symbiose. Dans les installations au fil qui se d\u00e9veloppent \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, la cr\u00e9ation d&rsquo;espace par le fil d\u00e9finit souvent le mouvement du corps du spectateur. Dans les installations au fil de Julien Salaud, corps et espace, dialoguent dans des dispositifs po\u00e9tiques qui \u00e9voquent des univers utopiques empreints de r\u00e9f\u00e9rences au lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Julien Salaud est un artiste fran\u00e7ais, n\u00e9 en 1977, qui a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs installations au fil qu&rsquo;il m&rsquo;int\u00e9resse de pointer particuli\u00e8rement pour ce rapport au lieu et au corps. Sa pratique met en avant le r\u00e8gne animal, la nature et le lien entre l&rsquo;homme et celle-ci dans des cr\u00e9ations qui repr\u00e9sentent des chim\u00e8res et des m\u00e9tamorphoses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Deux \u0153uvres seront plus particuli\u00e8rement observ\u00e9es pour cette r\u00e9flexion, il s&rsquo;agit du travail mis en place dans le cadre de la r\u00e9sidence Ackerman-Fontevraud : <i>Fleuve C\u00e9leste <\/i>r\u00e9alis\u00e9e en f\u00e9vrier et mars 2015 dans les caves Ackerman \u00e0 Saint-Hilaire-Saint-Florent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Saumur et <i>La Crypte des effraies <\/i>r\u00e9alis\u00e9e en mai 2015 \u00e0 l&rsquo;Abbaye royale de Fontevraud. Dans sa d\u00e9marche plastique, Julien Salaud am\u00e8ne le spectateur \u00e0 s&rsquo;interroger sur le lieu qu&rsquo;il imagine, un espace utopique qui cite ou r\u00e9f\u00e9rence des lieux r\u00e9els. Le cheminement qu&rsquo;il propose dans ses \u0153uvres questionne l&rsquo;\u00e9chelle du lieu et confronte \u00e0 l&rsquo;immersion totale dans l&rsquo;espace qu&rsquo;il dessine. Dans quelle mesure les espaces graphiques de Julien Salaud participent-ils \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des lieux qui tissent des liens avec le corps et l&rsquo;esprit du spectateur ? Comment ces espaces dessin\u00e9s qui \u00e9voquent des lieux utopiques jouent-ils sur l&rsquo;inscription dans un lieu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans un premier temps, nous questionnerons l&rsquo;inscription dans le lieu que propose la d\u00e9marche de Julien Salaud dans la r\u00e9sidence Ackerman-Fontevraud. Puis, l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;utopie dans ces installations au fil sera mise en valeur. Enfin le rapport au corps du plasticien et au corps du spectateur dans les espaces cr\u00e9\u00e9s par l&rsquo;artiste sera interrog\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect2\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#1\">1. Entre inscription dans un lieu et cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau lieu<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans le cadre de la r\u00e9sidence Ackerman Fontevraud, deux institutions du Val de Loire, l&rsquo;artiste va intervenir <i>in situ<\/i> en r\u00e9alisant une proposition dans les caves Ackerman et dans l&rsquo;abbaye royale de Fontevraud en 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;\u0153uvre de Julien Salaud, nomm\u00e9e <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, en lien avec l&rsquo;histoire de ce lieu, prend une ampleur monumentale avec cette pi\u00e8ce de 65 m de long, 7 m \u00e0 20 m de large et de 7 m de haut, qui a \u00e9t\u00e9 sa plus grande r\u00e9alisation<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote1sym\" name=\"sdendnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une installation <i>in situ<\/i> compos\u00e9e de fils de coton blanc et de clous. Il investit les caves pendant 5 semaines. Il travaille sur la r\u00e9alisation de cette \u0153uvre de f\u00e9vrier \u00e0 mars 2015, assist\u00e9 par une \u00e9quipe constitu\u00e9e de sept \u00e9tudiantes des beaux-arts et d&rsquo;une collaboratrice habituelle. L&rsquo;artiste travaille avec la pierre de ces caves, le tuffeau, qui est une roche s\u00e9dimentaire. Cet espace sculpt\u00e9 jadis par les eaux oc\u00e9aniques, est investi par le plasticien d&rsquo;une proposition graphique en lien avec un univers aquatique. Son \u0153uvre se d\u00e9ploie sur toute la longueur de la cavit\u00e9, l&rsquo;id\u00e9e du fleuve r\u00e9sonne \u00e9galement avec le territoire (la proximit\u00e9 du Thouet et de la Loire). L&rsquo;id\u00e9e de fluidit\u00e9 r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;utilisation toujours actuelle des caves en lien avec le vin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans les caves Ackerman, l&rsquo;espace investi par l&rsquo;artiste est monumental car le lieu lui-m\u00eame a un volume extr\u00eamement vaste. Jean-Baptiste Ackerman fonde en 1811 la maison Ackerman et investit, vers 1830 pour entreposer son vin, d&rsquo;anciennes carri\u00e8res de tuffeau \u00e0 Saint-Hilaire-Saint-Florent. Celles-ci s&rsquo;\u00e9tendent sous terre avec diff\u00e9rentes hauteurs de plafond, parfois \u00e9lev\u00e9es et profondes. Ces caves troglodytes forment un espace atypique dont la visite est possible aujourd&rsquo;hui, elles ont \u00e9t\u00e9 un lieu de travail et de traditions artisanales. Des traces de cette ancienne activit\u00e9 demeurent : les niches pour les lampes entre autres. L&rsquo;extraction du tuffeau destin\u00e9 aux constructions locales a model\u00e9 ces galeries avant qu&rsquo;elles ne soient abandonn\u00e9es. Cette pierre est fortement pr\u00e9sente dans le val de la Loire, en Touraine et en Anjou. Pierre lumineuse, elle est blanch\u00e2tre, cr\u00e8me, et est utilis\u00e9e pour de nombreux monuments bien qu&rsquo;elle soit assez friable. Le choix de ces caves par Jean-Baptiste Ackerman est d\u00e9termin\u00e9 par le taux d&rsquo;humidit\u00e9 pour la fermentation et la temp\u00e9rature qui varie entre 12\u00b0 et 15\u00b0 ce qui est id\u00e9al pour la conservation. La surface de stockage est importante, le lieu est discret, presque cach\u00e9, il permet un travail d&rsquo;exp\u00e9rimentation de recette et de maintien du secret des vins \u00e0 fines bulles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Julien Salaud travaille petit \u00e0 petit, en tendant les fils entre les clous, enfonc\u00e9s \u00e0 m\u00eame la paroi. Avec l&rsquo;humidit\u00e9 des caves, l&rsquo;\u0153uvre qui doit rester trois ans a \u00e9volu\u00e9 par la tension des fils qui s&rsquo;est rel\u00e2ch\u00e9e \u00e0 certains endroits. Dans cet univers aquatique, on per\u00e7oit la pr\u00e9sence de l&rsquo;homme repr\u00e9sent\u00e9 hybrid\u00e9 avec des t\u00eates animales, de l&rsquo;architecture (avec des dessins de maisons), d&rsquo;une faune vari\u00e9e (insectes, oiseaux, mammif\u00e8res). L&rsquo;univers de ce fleuve c\u00e9leste nous renvoie \u00e0 l&rsquo;art pari\u00e9tal par l&rsquo;occupation des parois avec des repr\u00e9sentations animales qui se servent du relief tel la \u00ab Paroi des chevaux ponctu\u00e9s <i>\u00bb<\/i> sur laquelle se trouvent des repr\u00e9sentations des deux chevaux qui se superposent dessin\u00e9es pendant la p\u00e9riode du gravettien, napp\u00e9s de points rouges et noirs, l&rsquo;un des deux a une partie de sa t\u00eate dessin\u00e9e par la forme naturelle de la paroi dans la grotte du Pech Merle dans le Lot. D\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e dans ce <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, des bancs de poissons apparaissent sur les premi\u00e8res parois et une sorte de spirale, de courant semble descendre du plafond ; au fur et \u00e0 mesure les bancs de poissons comptent des oiseaux, des ailes, une libellule, des \u00eatres fantastiques. Au plafond, les poissons ont des formes et des tailles vari\u00e9es, une baleine semble passer au-dessus du spectateur. La flore, \u00e9galement pr\u00e9sente sur une paroi, montre un lien, entre des arbres et des c\u0153urs comme deux organes d&rsquo;un m\u00eame corps. Cette pierre, le tuffeau, qui affirme la pr\u00e9sence ancienne de l&rsquo;eau et de la vie aquatique, guide aussi le regard vers l&rsquo;architecture car elle est exploit\u00e9e ensuite pour la construction locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;artiste r\u00e9alise ensuite \u00e0 l&rsquo;Abbaye de Fontevraud, l&rsquo;\u0153uvre <i>La Crypte des effraies<\/i>, dans les caves de l&rsquo;abbesse. Pour cette proposition plastique, l&rsquo;histoire du lieu est aussi le fondement de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Pour \u00e9voquer bri\u00e8vement l&rsquo;histoire de ce lieu, l&rsquo;abbaye de Fontevraud a \u00e9t\u00e9 construite sur les bases d&rsquo;une \u00e9glise de 1105 \u00e0 1160 et a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9e au cours des si\u00e8cles. L&rsquo;ordre des fontevristes est cr\u00e9\u00e9 par Robert d&rsquo;Arbrissel. Il place P\u00e9tronille de Chemill\u00e9 comme premi\u00e8re abbesse (de 1115 \u00e0 1149), la plus importante fonction de l&rsquo;ordre et celui-ci est rest\u00e9 gouvern\u00e9 par des abbesses, \u00e9lues \u00e0 vie. L&rsquo;abbesse a le pouvoir absolu sur la communaut\u00e9. L&rsquo;ordre est mixte, il est compos\u00e9 de trois communaut\u00e9s de moniales et d&rsquo;une communaut\u00e9 de moines. Les constructions du lieu r\u00e9pondent au succ\u00e8s de l&rsquo;ordre et \u00e0 son fonctionnement : les prieur\u00e9s de Saint-Jean de l&rsquo;Habit r\u00e9serv\u00e9s aux fr\u00e8res, de Sainte-Marie-Madeleine refuge des \u00ab filles repenties \u00bb, le Grand-Mo\u00fbtier pour les moniales et le prieur\u00e9 de Saint-Lazare destin\u00e9 aux l\u00e9preux. Les caves de l&rsquo;abbesse sont construites au XVIIIe si\u00e8cle, cependant l&rsquo;abbaye poss\u00e8de des domaines de vigne depuis le Moyen-\u00e2ge dans l&rsquo;enclos monastique et aux alentours. Ceux-ci sont administr\u00e9s par les moines, qui en r\u00e9f\u00e8rent aux moniales qui sont sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;abbesse. Les caves permettent de stocker le vin \u00e0 temp\u00e9rature constante. Dans l&rsquo;\u0153uvre <i>La Crypte des effraies<\/i>, Julien Salaud fait ouvertement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;abbaye dans cette cr\u00e9ation<i> in situ<\/i> en s&rsquo;inscrivant \u00e0 m\u00eame la paroi des caves de l&rsquo;abbesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;iconographie qu&rsquo;il choisit cite l&rsquo;histoire du lieu et quelques-unes de ses particularit\u00e9s. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 entrer dans les caves par un couloir qui descend progressivement, puis en descendant une s\u00e9rie de marches, il est plong\u00e9 doucement dans l&rsquo;obscurit\u00e9 et la fra\u00eecheur des caves. L&rsquo;\u0153uvre se d\u00e9ploie dans plusieurs couloirs, le spectateur rencontre au fil de sa d\u00e9ambulation les espaces investis par l&rsquo;artiste : des arches, des murs, une galerie, un plafond&#8230; L&rsquo;\u0153uvre est construite par du fil de coton blanc, tendu par l&rsquo;implantation des clous et \u00e9clair\u00e9 de lumi\u00e8re noire, dispositif auquel s&rsquo;ajoute un oiseau naturalis\u00e9 et une sculpture en pl\u00e2tre. Elle inscrit concr\u00e8tement dans cette architecture souterraine un travail graphique qui \u00e9claire le lieu litt\u00e9ralement puisque ses fils de coton blanc tendus rayonnent sous la lumi\u00e8re noire. Dans une excavation dont l&rsquo;entr\u00e9e est une arche, une chouette effraie \u2013 titre m\u00eame de l\u2019\u0153uvre \u2013 occupe une place centrale. Cette repr\u00e9sentation de l&rsquo;oiseau en plein vol dans un espace graphique dense de lignes droites dissonantes \u00e9voque un tableau. La chouette effraie, rapace nocturne, affirme l&rsquo;obscurit\u00e9 du lieu. Elle est aussi choisie par l&rsquo;artiste pour renouer avec des croyances populaires de la r\u00e9gion. Cette intervention sur le lieu peut faire penser \u00e0 la notion d&rsquo;espace transfigur\u00e9<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote2sym\" name=\"sdendnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. On peut faire un parall\u00e8le entre ce \u00ab tableau \u00bb et l&rsquo;\u0153uvre de Thomas Pot dans la salle capitulaire. Le panneau peint qui occupe l&rsquo;arche de la porte de la salle capitulaire de l&rsquo;abbaye pr\u00e9sente une sc\u00e8ne de La Pentec\u00f4te avec la descente de l&rsquo;Esprit-Saint symbolis\u00e9 par un oiseau en plein vol autour duquel irradie de la lumi\u00e8re. Il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une iconographie du lieu qui a caract\u00e9ris\u00e9 celui-ci pendant des si\u00e8cles. Une intervention sur un mur dans une galerie plus \u00e9loign\u00e9e interpelle \u00e9galement par sa r\u00e9f\u00e9rence aux sc\u00e8nes de la Passion du Christ de Thomas Pot, en repr\u00e9sentant un Christ crucifi\u00e9. L&rsquo;importance de l&rsquo;iconographie des th\u00e8mes de la Passion et de la R\u00e9surrection du Christ sont une des singularit\u00e9s de l&rsquo;ordre, Daniel Prigent souligne : \u00ab Au fil de la visite du Grand-Mo\u00fbtier se reconnaissent les instruments de la Passion : clous, \u00e9chelle, croix, bourse de Judas&#8230;<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote3sym\" name=\"sdendnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Cependant l&rsquo;artiste va au-del\u00e0 d&rsquo;une repr\u00e9sentation religieuse, il inscrit ce Christ dans une chouette effraie, l&rsquo;homme et l&rsquo;animal dans la m\u00eame posture s&rsquo;unissent pour cr\u00e9er une image qui les lie, en symbiose. On peut interpr\u00e9ter aussi dans cette image, le fait que le lieu qui a \u00e9t\u00e9 longtemps consacr\u00e9 au religieux, est aujourd&rsquo;hui un site dans lequel la nature et l&rsquo;humain ont une autre place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><i>La Crypte des effraies<\/i> r\u00e9sonne avec les activit\u00e9s autour du fil qui ont \u00e9t\u00e9 faites dans l&rsquo;Abbaye royale, les moniales \u00e9tant essentiellement occup\u00e9es \u00e0 des travaux de couture. L&rsquo;ordre des fontevristes se d\u00e9veloppe et est prosp\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 la R\u00e9volution. A partir de 1789, l&rsquo;abbaye est r\u00e9quisitionn\u00e9e par l\u2019\u00c9tat ; en 1792, elle est pill\u00e9e et les religieuses quittent le lieu. En 1804, Napol\u00e9on d\u00e9cide d&rsquo;en faire une prison. Les travaux d&rsquo;am\u00e9nagement pour transformer l&rsquo;abbaye en espace carc\u00e9ral comportent la s\u00e9paration de la nef en cinq niveaux pour cr\u00e9er des dortoirs et ateliers. \u00c0 partir de 1814, l&rsquo;abbaye accueille notamment des prisonniers politiques : hommes, femmes et enfants. Les prisonniers devaient travailler sur des m\u00e9tiers \u00e0 tisser, ils cr\u00e9aient des v\u00eatements, des couvertures mais aussi des boutons de nacre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Julien Salaud fait \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un autre patrimoine artistique dans cet univers : une <i>Vanit\u00e9 \u00e0 la chouette<\/i> du XVIIe si\u00e8cle nourrit la composition qu&rsquo;il r\u00e9alise sous une arche dans l&rsquo;une des galeries et les personnages de <i>La Chute des anges rebelles<\/i> de Frans Floris de Vriendt r\u00e9alis\u00e9 en 1554, sont repris dans son travail. Dans l&rsquo;une des arches, plusieurs chouettes effraies ainsi que des personnages sont repr\u00e9sent\u00e9s en soulignant la forme architecturale. L&rsquo;univers de la vanit\u00e9 traditionnelle est visit\u00e9 par l&rsquo;artiste avec une image de chouette pos\u00e9e sur un cr\u00e2ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;abbaye est un lieu de vie mais aussi de mort, les moniales y \u00e9taient inhum\u00e9es, le cimeti\u00e8re a d&rsquo;ailleurs accueilli momentan\u00e9ment les gisants qui se trouvent dans la nef. L&rsquo;abbaye b\u00e9n\u00e9ficiera de la protection des Plantagen\u00eats, dont quatre gisants se trouvent aujourd&rsquo;hui plac\u00e9s dans la derni\u00e8re trav\u00e9e de la nef repr\u00e9sentant Ali\u00e9nor d&rsquo;Aquitaine, Henri II, Richard C\u0153ur de Lion et Isabelle d&rsquo;Angoul\u00eame. La mort est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans <i>La Crypte des effraies<\/i> : par le Christ crucifi\u00e9, la vanit\u00e9 et la sculpture enferm\u00e9e. Certains personnages du tableau semblent crier et font \u00e9cho \u00e0 l&rsquo;agonie des moniales : \u00ab Quand une religieuse \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;agonie, elle \u00e9tait transport\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, puis \u00e0 la salle capitulaire o\u00f9 elle s&rsquo;accusait publiquement de ses fautes. L&rsquo;abbesse Th\u00e9ophanie de Chambon (+1353) mourut ainsi en chapitre en pr\u00e9sence de toutes les moniales<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote4sym\" name=\"sdendnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">La repr\u00e9sentation de l&rsquo;enfermement tient une place importante dans cette \u0153uvre op\u00e9rant po\u00e9tiquement un lien avec l&rsquo;histoire du lieu. La prison de Fontevraud est agrandie progressivement : occup\u00e9e par 469 d\u00e9tenus en 1814, elle accueille par la suite jusqu&rsquo;\u00e0 2700 prisonniers. Le lieu reste une prison jusqu&rsquo;en 1963. Jean Gen\u00eat y a pass\u00e9 plusieurs ann\u00e9es et \u00e9crira \u00e0 propos de cette exp\u00e9rience d&rsquo;enfermement le livre <i>Miracle de la rose<\/i>. Des r\u00e9sistants y sont enferm\u00e9s durant la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Julien Salaud pr\u00eate son corps pour incarner \u00e0 son tour l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;enfermement. Il met en lumi\u00e8re ce pass\u00e9 carc\u00e9ral du lieu. Une sculpture dans la pi\u00e8ce du fond est un moulage \u00e0 m\u00eame le corps de l&rsquo;artiste. Celle-ci tient une chouette empaill\u00e9e. Toujours en liant l&rsquo;humain et l&rsquo;animal, elle est install\u00e9e derri\u00e8re des barreaux. Cette sculpture au fond du parcours \u00e9voque l&rsquo;enfermement : celui des moniales qui ne pouvaient sortir (l&rsquo;espace \u00e9tait cl\u00f4tur\u00e9) mais aussi des prisonniers. Du temps de l&rsquo;abbaye, des cachots existaient \u00e9galement. La sculpture est elle-m\u00eame exp\u00e9rience d&rsquo;enfermement, celui du corps de l&rsquo;artiste qui a \u00e9t\u00e9 moul\u00e9 et de l&rsquo;oiseau naturalis\u00e9 qui lui aussi appara\u00eet en cage, retenu dans les mains de l&rsquo;homme. On a un parall\u00e8le entre un travail \u00e0 m\u00eame la roche et un travail \u00e0 m\u00eame le corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans ce parcours, la place du silence a un sens particulier. Dans le froid et l&rsquo;obscurit\u00e9 des caves, la solitude gagne le visiteur qui \u00e9volue en silence, sans aucun bruit naturel. Cette absence de son fait vivre une exp\u00e9rience qui fait \u00e9cho \u00e0 l&rsquo;histoire du lieu. Les repas des moniales se faisaient en silence, \u00e0 ses d\u00e9buts l&rsquo;ordre fontevriste observe un silence perp\u00e9tuel comme l&rsquo;affirment les statuts de Robert d&rsquo;Arbrissel. Dans l&rsquo;abbaye devenue prison, le silence est \u00e9galement impos\u00e9 par l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 Gasparin en 1839 qui instaure celui-ci dans les maisons centrales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Ainsi Julien Salaud inscrit ses deux \u0153uvres dans des lieux dont il prend en compte l&rsquo;histoire et la nature pour intervenir en faisant appara\u00eetre deux univers complexes par les installations dessin\u00e9es propos\u00e9es. Cependant, m\u00eame s&rsquo;il capte des \u00e9l\u00e9ments historiques des caves de l&rsquo;abbesse et des Caves Ackerman, ses deux \u0153uvres vont au del\u00e0 d&rsquo;une citation historique dans les lieux. En effet, l&rsquo;artiste invite \u00e0 parcourir deux espaces graphiques singuliers jouant sur le sacr\u00e9, le profane, le mythologique et l&rsquo;onirique.<\/p>\n<p><a name=\"sect3\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#2\">2. Exp\u00e9rience hors du temps, dans un univers sensible, dans un entre-deux<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Les lieux utopiques cr\u00e9\u00e9s par Julien Salaud plongent le spectateur dans un univers sensible.<b> <\/b>Le spectateur se trouve dans un lieu entre-deux : celui qui existe concr\u00e8tement auquel l&rsquo;\u0153uvre se rattache et celui qui est dessin\u00e9 dans le noir. Ce qu&rsquo;il voit n&rsquo;est pas fig\u00e9 et son d\u00e9placement l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 voir d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments dessin\u00e9s, le passage dans la grotte stellaire lui permet un voyage ext\u00e9rieur mais aussi int\u00e9rieur. Le questionnement du spectateur passe par une phase exploratrice du lieu, se demandant ce qu&rsquo;il verra au cours de ce cheminement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Les installations au fil de Julien Salaud feraient \u00e9cho \u00e0 l&rsquo;art pari\u00e9tal. L&rsquo;artiste \u00e9voque dans une interview au magazine <i>Entr\u00e9e <\/i>plus particuli\u00e8rement \u00e0 propos de son \u0153uvre <i>La Constellation de la chevrette<\/i> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Ces \u0153uvres d\u00e9coulent d\u2019un travail sur les grottes de Lascaux et d\u2019une \u00e9tude de Chantal J\u00e8gues-Wolkiewiez<span lang=\"fr-FR\"><u>,<\/u><\/span> une anthropologue assez critiqu\u00e9e. Elle met en \u00e9vidence que, dans la salle des Taureaux de la grotte de Lascaux, o\u00f9 le soleil entre lors du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9, la place de chaque peinture zoomorphe correspond \u00e0 celle d\u2019une \u00e9toile sur la carte de la vo\u00fbte c\u00e9leste. Elle en conclut donc que les Solutr\u00e9ens devaient y tenir un culte solaire. Mon travail sur les animaux<strong>&#8211;<\/strong>constellations s\u2019inspire de ces th\u00e9ories. Les clous plant\u00e9s dans le corps de ces animaux empaill\u00e9s et les fils et broderies qui les relient viennent amplifier le volume du corps et la fronti\u00e8re de la peau devient poreuse<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote5sym\" name=\"sdendnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans l&rsquo;installation <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, le spectateur circule dans une continuit\u00e9 graphique qui se serait nourrie d&rsquo;art rupestre. Lorsque le spectateur entre dans l&rsquo;\u0153uvre monumentale, il est loin de se douter de l&rsquo;ampleur du graphisme qu&rsquo;il va d\u00e9couvrir et du pouvoir \u00e9vocateur des cr\u00e9atures qui y sont repr\u00e9sent\u00e9es. Dans <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, l&rsquo;utopie propos\u00e9e par l&rsquo;artiste fait d\u00e9ambuler le spectateur au c\u0153ur d&rsquo;un monde myst\u00e9rieux. L&rsquo;all\u00e9gorie de la caverne de Platon r\u00e9sonne avec une r\u00e9v\u00e9lation de ce qui pourrait \u00eatre originel, sous les apparences obscures des caves, dans leur relation au monde vivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"__DdeLink__1347_1025271845\"><\/a> Des \u00eatres mythologiques, hybrides apparaissent dans les diff\u00e9rentes parties de l&rsquo;\u0153uvre. Un banc de poissons commence \u00e0 emporter le regard en suivant un courant dynamique au travers des fils tissant une toile et aboutit \u00e0 l&rsquo;autre bout de la pi\u00e8ce vers une pr\u00e9sence humaine et son habitat. Ils se m\u00e9tamorphosent en de nouveaux animaux. Julien Salaud emprunte des repr\u00e9sentations d&rsquo;animaux qui ont \u00e9t\u00e9 aper\u00e7us dans certaines Grottes stellaires r\u00e9alis\u00e9es auparavant : des biches qui \u00e9voquent la <i>Grotte stellaire<\/i> r\u00e9alis\u00e9e au Palais de Tokyo en 2012 ou encore les oiseaux de la <i>Grotte stellaire 3<\/i> r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 New York \u00e0 la galerie Friedman-Benda en 2014. Les cr\u00e9atures mi-sacr\u00e9es, mi-pa\u00efennes en mouvement s&rsquo;offrent \u00e0 la vue du spectateur en fonction de la d\u00e9ambulation, sans se d\u00e9voiler enti\u00e8rement au premier regard. De nombreuses d\u00e9formations ou zones cach\u00e9es n&rsquo;apparaissent qu&rsquo;apr\u00e8s avoir circul\u00e9 et fait des allers-retours, on d\u00e9couvre des animaux cach\u00e9s, des nouveaux dessins au plafond. La circulation g\u00e9n\u00e9r\u00e9e est plurielle, un mouvement spiralaire semble descendre de la vo\u00fbte c\u00e9leste qui se d\u00e9ploie. Port\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cume des fils blancs, le spectateur se d\u00e9place guid\u00e9 par les directions des fils qui tissent des r\u00e9seaux et chemins. Les \u00e9l\u00e9ments dessin\u00e9s dans l&rsquo;obscurit\u00e9 retracent les constellations dessin\u00e9es par les hommes pour s&rsquo;approprier les myst\u00e8res du ciel. Cette vo\u00fbte c\u00e9leste fait chercher la symbolique des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sents. Julien Salaud semble reterritorialiser un pass\u00e9 du lieu par la reconstruction de ce qu&rsquo;il aurait pu \u00eatre il y a des si\u00e8cles : un oc\u00e9an peupl\u00e9 de poissons et d&rsquo;animaux fantastiques. La mythologie r\u00e9appara\u00eet. L&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er un fleuve c\u00e9leste sous terre \u00e9voque notamment le mythe du passage vers les enfers par le fleuve Styx. Le d\u00e9ploiement arachn\u00e9en r\u00e9active le lien tiss\u00e9 entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces, l&rsquo;homme et l&rsquo;animal. Ce th\u00e8me de la toile d&rsquo;araign\u00e9e a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 explor\u00e9 par l&rsquo;artiste dans des \u0153uvres ant\u00e9rieures. Dans \u00c9mergence<i> arachn\u00e9enne<\/i>, une performance et vid\u00e9o r\u00e9alis\u00e9es en 2015, l&rsquo;artiste \u00e9volue nu et se meut dans une toile \u00e9voquant la toile d&rsquo;une araign\u00e9e. Ce nouvel espace tridimensionnel cr\u00e9\u00e9 est presque labyrinthique et tr\u00e8s complexe \u00e0 certains endroits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans la <i>Crypte des effraies<\/i>, le travail de Julien Salaud a une dimension moins monumentale, on rencontre ses interventions sur le lieu des caves en circulant au fur et \u00e0 mesure, l&rsquo;univers est plus cach\u00e9 et diss\u00e9min\u00e9 dans les galeries. La cr\u00e9ation est teint\u00e9e par la pr\u00e9sence du rapace la chouette effraie, l&rsquo;univers est plus obscur et plus sombre. La mort et l&rsquo;enfermement sont fortement pr\u00e9sents dans les repr\u00e9sentations g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par l&rsquo;artiste. Il semble mettre en \u00e9vidence une h\u00e9t\u00e9rotopie, un lieu en marge dans lequel se joue une neutralisation. Cet espace ayant \u00e9t\u00e9 une prison durant plusieurs si\u00e8cles, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces h\u00e9t\u00e9rotopies \u00e9voqu\u00e9es par Michel Foucault \u00ab les lieux que la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9nage dans ses marges, dans les plages vides qui l&rsquo;entourent<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote6sym\" name=\"sdendnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a> \u00bb pour y placer des personnes au comportement d\u00e9viant ou probl\u00e9matiques par rapport \u00e0 la norme de la soci\u00e9t\u00e9. Les chouettes sont pour la plupart en mouvement, en plein vol. Il fait un lien entre le divin, l&rsquo;homme et l&rsquo;animal dans cet espace o\u00f9 la chouette rencontre un Christ crucifi\u00e9. L&rsquo;invitation \u00e0 la m\u00e9ditation et \u00e0 l&rsquo;introspection est \u00e9vidente dans une \u0153uvre qui pr\u00e9sente le sacr\u00e9 et le profane. Le lien avec l&rsquo;astronomie est toujours affirm\u00e9 : les clous agissent comme des \u00e9toiles \u00e0 partir desquels les fils se d\u00e9ploient pour cr\u00e9er des constellations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Ces deux univers complexes dans lesquels le visiteur est invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir des faunes extraordinaires et des personnages martyrs, profanes ou sacr\u00e9s forment une exp\u00e9rience d&rsquo;immersion pour son corps autant que pour celui de l&rsquo;artiste qui les a r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect4\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#3\">3. Corps et immersion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Le rapport au corps dans les installations au fil de Julien Salaud appara\u00eet comme une performance quasi-chor\u00e9graphi\u00e9e pour le corps de l&rsquo;artiste et une exp\u00e9rience sur l&rsquo;immersion pour le spectateur. L&rsquo;\u0153uvre de Julien Salaud qui tend avec les installations au fil \u00e0 prendre une ampleur monumentale dans les caves Ackerman n\u00e9cessite un temps de cr\u00e9ation long et une grande pr\u00e9cision pour faire appara\u00eetre ces repr\u00e9sentations, il doit ajuster les r\u00e9seaux de clous et de fils pour densifier ou limiter les formes. Le fil tendu dessine un trait ; en le multipliant, il cr\u00e9e des surfaces et mod\u00e8le un espace selon son \u00e9chelle. La technique m\u00eame du travail oblige l&rsquo;artiste \u00e0 un mouvement du corps entier : outre les reculs qu&rsquo;il doit prendre pour observer le graphisme g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les fils, il tend parfois des fils de plusieurs m\u00e8tres entre deux clous plant\u00e9s dans les parois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"concljustify\">Son travail \u00e0 m\u00eame la cavit\u00e9 est aussi source de difficult\u00e9s et de souffrance. Le travail physique de l&rsquo;artiste avec son \u00e9quipe pour <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i> est \u00e9voqu\u00e9 dans le blog du <i>Curieux des arts<\/i>, Julien Salaud indique : \u00ab Ce travail physique dans l&rsquo;obscurit\u00e9 joue sur le mental, avec un puissant impact physique. Quelque chose s&rsquo;est pass\u00e9 en moi, qui m&rsquo;a transform\u00e9. Je ne suis plus le m\u00eame que j&rsquo;\u00e9tais avant. Travailler dans les caves fut douloureux<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote7sym\" name=\"sdendnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a> \u00bb. Ainsi il a travaill\u00e9 dans le noir pendant cinq semaines, l&rsquo;ampleur de la pi\u00e8ce <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, a n\u00e9cessit\u00e9 65 000 clous de diff\u00e9rentes hauteurs et 45 kilom\u00e8tres de fil de coton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans l&rsquo;\u0153uvre <i>La Crypte des effraies<\/i>, il affirme la cr\u00e9ation d&rsquo;un travail \u00e0 \u00e9chelle humaine. Le dialogue entre corps et lieu est explor\u00e9 par le mouvement, l&rsquo;artiste \u00e9voque une chor\u00e9graphie dans l&rsquo;engagement de son corps. Il explique dans une vid\u00e9o sur sa r\u00e9sidence : \u00ab Quand on plante des clous, quand on tend des fils, on engage tout le corps, c&rsquo;est presque de la chor\u00e9graphie<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote8sym\" name=\"sdendnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a> \u00bb. Dans la<i> Crypte des effraies<\/i>, le plasticien r\u00e9alise directement en lien avec le lieu l&rsquo;installation \u00e0 m\u00eame la roche. L&rsquo;espace participe au graphisme, des d\u00e9formations se cr\u00e9ent, en utilisant diff\u00e9rentes tailles de clous \u00e9galement. Le graphisme joue sur le volume et la lumi\u00e8re par la densit\u00e9 de fils et le positionnement de ceux-ci par rapport \u00e0 la lumi\u00e8re noire. Dans cette installation, l&rsquo;artiste va au del\u00e0 d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence au lieu, il fait participer celui-ci au graphisme mis en place, il souligne l&rsquo;\u00eatre au monde plastiquement par une intervention qui d\u00e9signe les premiers gestes de l&rsquo;humanit\u00e9 (le tissage, la repr\u00e9sentation graphique). Le spectateur d\u00e9couvre une \u0153uvre qui fait un lien avec les gestes originels humains, le tissage, le travail du fil, il voit se d\u00e9ployer dans les lieux propos\u00e9s par Julien Salaud un monde qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;<i>homo faber<\/i>. Le travail du fil renvoie aux cr\u00e9ations des origines de l&rsquo;humanit\u00e9 : parures, tissus&#8230; Ainsi l&rsquo;espace investi par le dessin et le lieu communiquent pour accentuer l&rsquo;impact du geste cr\u00e9ateur \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de celui-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans une interview r\u00e9alis\u00e9e sur cette \u0153uvre, Julien Salaud explique une \u00e9volution dans son travail par la prise en compte du lieu comme support : \u00ab la cave ou la grotte participent activement \u00e0 la r\u00e9alisation de l&rsquo;image<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote9sym\" name=\"sdendnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00bb. Avant 2015, il ne travaillait qu&rsquo;en mus\u00e9e ou galerie ce qui changeait consid\u00e9rablement son rapport au lieu : il cr\u00e9ait enti\u00e8rement l&rsquo;espace comme dans son installation <i>Entomogrotte stellaire<\/i> au Tri postal \u00e0 Lille, dans l&rsquo;exposition \u00ab Tu dois changer ta vie ! \u00bb dans le cadre de Lille 3000-Renaissance, en activant des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 un lieu (la grotte entre autres) ou dans ses grottes stellaires r\u00e9alis\u00e9es au Palais de Tokyo. Son installation la <i>Crypte des effraies<\/i> demande au spectateur de se d\u00e9placer pour compl\u00e9ter la vision des dessins puisque les reliefs de la roche cr\u00e9ent des anamorphoses et des d\u00e9formations diverses. L&rsquo;artiste compose aussi avec le vide, en n\u00e9gatif, il laisse la place \u00e0 l&rsquo;obscurit\u00e9 pour remplir certaines zones et m\u00eame parfois dessiner \u00e0 la place des fils. Le paysage fantastique est aussi compl\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;imagination du spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Dans les installations au fil, la question du dessin dans l&rsquo;espace et l&rsquo;\u00e9mancipation de la ligne du support papier m\u00e8nent \u00e0 explorer le geste cr\u00e9ateur comme une exp\u00e9rience qui inclut tout le corps du plasticien et non plus seulement sa main. Depuis l&rsquo;apparition en 1942 avec Marcel Duchamp de ce qui fut consid\u00e9r\u00e9 comme la premi\u00e8re installation <i>in situ<\/i> au fil \u00e0 New York dans l&rsquo;exposition <i>First Papers of Surrealism<\/i><a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote10sym\" name=\"sdendnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a><i>,<\/i> jusqu&rsquo;aux plus r\u00e9centes r\u00e9alisations de Chiharu Shiota, de nombreuses installations au fil ont vu le jour. Dans l&rsquo;histoire m\u00eame de celle-ci, il est question de graphisme dans l&rsquo;espace et d&rsquo;immersion du spectateur. Ces pratiques d&rsquo;installation au fil renouent avec des pratiques au fil tels que le tissage qui sont ancestrales chez l&rsquo;homme, elles sont raviv\u00e9es dans l&rsquo;art contemporain, comme un retour \u00e0 l&rsquo;essentiel, par des artistes qui questionnent des gestes r\u00e9serv\u00e9s souvent aux femmes ou encore des cr\u00e9ations entre arts plastiques et arts appliqu\u00e9s. Les propositions de Julien Salaud participent \u00e0 enrichir la question de l&rsquo;interm\u00e9dialit\u00e9 de ces \u0153uvres dessin\u00e9es dans l&rsquo;espace qui font prendre au graphisme une ampleur architectur\u00e9e. La pr\u00e9sence du travail du volume par les reliefs et la lumi\u00e8re cr\u00e9\u00e9s affirme une part sculpturale de sa pratique. Il am\u00e8ne \u00e0 penser un nouvel espace tridimensionnel dans le lieu. On peut mettre en perspective ces \u0153uvres de Julien Salaud avec d&rsquo;autres installations au fil expos\u00e9es r\u00e9cemment telle que celle de Chiharu Shiota <i>Where are we going? <\/i>pr\u00e9sent\u00e9e<i> <\/i>au Bon March\u00e9<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote11sym\" name=\"sdendnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>. L&rsquo;\u0153uvre de Chiharu Shiota<i> <\/i>se d\u00e9veloppe en deux parties sous les verri\u00e8res centrales du Bon March\u00e9, elle est compos\u00e9e de 150 bateaux blancs de diff\u00e9rentes formes qui semblent sur une vague, emport\u00e9s dans l&rsquo;espace, en suspension. L&rsquo;artiste r\u00e9alise des bateaux \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une structure \u00e0 laquelle elle suspend des fils blancs. Elle utilise pour la premi\u00e8re fois du fil blanc, celui-ci renvoie pour elle \u00e0 la puret\u00e9, \u00e0 l&rsquo;espoir, la migration et au voyage. Dans la cr\u00e9ation <i>Memory of the Ocean<\/i>, les fils sont tendus dans l&rsquo;espace o\u00f9 le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 entrer comme pour cr\u00e9er l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un mouvement, ils sont emm\u00eal\u00e9s, cr\u00e9ent des arches et des volumes qui dessinent un espace dans lequel le spectateur circule. Cet univers invite au voyage, tout comme celui de Julien Salaud nous immerge dans un ailleurs onirique utopique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"__DdeLink__1204_1261178506\"><\/a> Le spectateur vit cet espace propos\u00e9 par Julien Salaud par l&rsquo;exp\u00e9rience de son corps. Le regard tout d&rsquo;abord est guid\u00e9 par le graphisme lumineux, le fil trace un territoire dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Le toucher est sollicit\u00e9 aussi car la paroi peut se caresser. Les fils dessinent des limites et fronti\u00e8res entre les espaces, par exemple l&rsquo;arche soulign\u00e9e par le graphisme dans la <i>Crypte des effraies<\/i>, cependant, le visiteur n&rsquo;est pas entrav\u00e9 par ceux-ci. Dans les deux espaces investis par l&rsquo;artiste, notamment celui des caves de l&rsquo;abbesse dans lequel l&rsquo;univers carc\u00e9ral est pr\u00e9sent, le fil n&rsquo;op\u00e8re pas comme une entrave dans la d\u00e9ambulation. Le spectateur sent la fra\u00eecheur des lieux pour le cas des caves Ackerman et de Fontevraud. Il est immerg\u00e9 dans un espace silencieux \u00e0 plusieurs m\u00e8tres sous terre. Enfin, il embrasse l&rsquo;espace par le mouvement de son corps qui lui permet de d\u00e9couvrir les galeries et alv\u00e9oles investies par l&rsquo;artiste. Dans <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, le volume de l&rsquo;\u0153uvre particuli\u00e8rement grand, est d\u00e9couvert par le spectateur comme un passage merveilleux dans lequel les corps repr\u00e9sent\u00e9s sont immenses (ceux d&rsquo;insectes, de cr\u00e9atures, de poissons). Il se retrouve confront\u00e9 \u00e0 une utopie uchronique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;exp\u00e9rience dans la <i>Crypte des effraies<\/i> qui confronte le spectateur \u00e0 voir des repr\u00e9sentations en lien avec l&rsquo;enfermement, le renvoie \u00e0 son propre corps, tel que Michel Foucault l&rsquo;\u00e9voquait : \u00ab Mon corps, c&rsquo;est le lieu sans recours auquel je suis condamn\u00e9<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote12sym\" name=\"sdendnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a> \u00bb. L&rsquo;isolement v\u00e9cu par le spectateur dans les caves de l&rsquo;abbesse, coup\u00e9 du bruit, fait \u00e9cho \u00e0 une solitude v\u00e9cue dans un non-lieu dans un contexte de \u00ab surmodernit\u00e9 \u00bb mis en avant par Marc Aug\u00e9 : \u00ab Celle-ci impose en effet aux consciences individuelles des exp\u00e9riences et des \u00e9preuves tr\u00e8s nouvelles de solitude, directement li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;apparition et \u00e0 la prolif\u00e9ration de non-lieux<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote13sym\" name=\"sdendnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Le corps, premier lieu qui nous permet d&rsquo;appr\u00e9hender l&rsquo;espace, circule et d\u00e9couvre l&rsquo;installation. Le spectateur envisage l&rsquo;espace en se d\u00e9pla\u00e7ant et se projetant dans un ailleurs. Ainsi Michel Foucault souligne que le corps s&rsquo;\u00e9mancipe, se lib\u00e8re dans les espaces utopiques :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">L&rsquo;utopie, c&rsquo;est un lieu hors de tous les lieux, mais c&rsquo;est un lieu o\u00f9 j&rsquo;aurai un corps <i>sans corps<\/i>, un corps qui sera beau, limpide, transparent, lumineux, v\u00e9loce, colossal dans sa puissance, infini dans sa dur\u00e9e, d\u00e9li\u00e9, invisible, prot\u00e9g\u00e9, toujours transfigur\u00e9 ; et il se peut bien que l&rsquo;utopie premi\u00e8re, celle qui est l\u00e0 plus ind\u00e9racinable dans le c\u0153ur des hommes, ce soit pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;utopie d&rsquo;un corps incorporel<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote14sym\" name=\"sdendnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Ces deux espaces en marge du temps propos\u00e9s par l&rsquo;artiste mettent en sc\u00e8ne un territoire r\u00eav\u00e9, un entre-deux dessin\u00e9 au fil pour cr\u00e9er son contour. Le spectateur prend un risque en entrant dans ces caves, son action de marcheur d\u00e9termine cette appr\u00e9hension de l&rsquo;espace dessin\u00e9 par l&rsquo;artiste dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Cette marche correspond \u00e0 une exposition du sujet dont Thierry Davila saisit l&rsquo;importance dans la cr\u00e9ation contemporaine par ce r\u00f4le actif du spectateur : \u00ab Marcher est donc cette fa\u00e7on particuli\u00e8re d&rsquo;<i>ouvrir<\/i> un espace et un sujet, d&rsquo;exposer un sujet au risque d&rsquo;une saisie directe du donn\u00e9, ou en tout cas au risque de la surprise, cette fa\u00e7on toujours neuve d&rsquo;\u00eatre <i>pris<\/i> par l&rsquo;ext\u00e9rieur \u2013 par l&rsquo;<i>autre<\/i> \u2013 et de remettre en jeu bien des fa\u00e7ons de voir et d&rsquo;aborder, d&rsquo;approcher, un espace<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote15sym\" name=\"sdendnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a> \u00bb. Ces \u0153uvres invitent le spectateur \u00e0 sortir de lui, pour \u00e9prouver ces deux espaces en dehors du temps et se m\u00ealer \u00e0 l&rsquo;univers onirique dessin\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect5\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#conclu\">Conclusion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Les installations au fil de Julien Salaud accomplies lors de la r\u00e9sidence Ackerman &#8211; Fontevraud, permettent d&rsquo;\u00e9prouver l&rsquo;exp\u00e9rience du lieu et de l&rsquo;utopie par l&rsquo;exp\u00e9rience du corps. Le spectateur vit un espace immersif, guid\u00e9 dans l&rsquo;obscurit\u00e9 par le graphisme lumineux qui l&rsquo;invite \u00e0 imaginer et d\u00e9couvrir. En gardant un univers empreint de r\u00e9f\u00e9rences inspir\u00e9es de la nature et d&rsquo;une s\u00e9mantique riche, le travail de Julien Salaud \u00e9volue vers une prise en compte plus ample des espaces dans lesquels ses \u0153uvres sont cr\u00e9\u00e9es. Les caves Ackerman et les caves de l&rsquo;abbesse sont investis dans un rapport direct du corps du plasticien aux parois de celles-ci. Dans l&rsquo;enveloppe de ces lieux charg\u00e9s d&rsquo;histoire, l&rsquo;artiste capte des \u00e9l\u00e9ments de ce patrimoine et en r\u00e9v\u00e8le une partie essentielle m\u00eal\u00e9e d&rsquo;un substrat onirique.<\/p>\n<hr>\n<p><a name=\"sect6\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<div id=\"sdendnote1\">\n<p class=\"sdendnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote1anc\" name=\"sdendnote1sym\">1<\/a> &#8211; Source : Film r\u00e9alis\u00e9 par Mathilde Jouannet et Bernard Stulzaft, <i>Fleuve c\u00e9leste<\/i>, r\u00e9alis\u00e9 pour la r\u00e9sidence Ackerman + Fontevraud la Sc\u00e8ne, 2015, vid\u00e9o visible sur le site : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-Fleuve-Celeste\">http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-Fleuve-Celeste<\/a><\/u><\/span>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote2\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote2anc\" name=\"sdendnote2sym\">2<\/a> &#8211; Pour approfondir cette notion d&rsquo;espace transfigur\u00e9 : Sous la direction de Christine Buignet et Dominique Cl\u00e9venot, <i>Espaces transfigur\u00e9s : \u00e0 partir de l&rsquo;<\/i><i>\u0153uvre<\/i><i> de Georges Rousse<\/i>, <i>Figure de l&rsquo;Art<\/i>, n\u00b013, Pau, Publications universitaires de Pau, 2007, 307 p.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote3\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote3anc\" name=\"sdendnote3sym\">3<\/a> &#8211; Daniel Prigent, <i>Fontevraud<\/i>, Fontevraud l&rsquo;Abbaye, \u00e9ditions Abbaye de Fontevraud, Premi\u00e8re \u00e9dition : mai 2005 \/ 3<sup>e<\/sup> \u00e9dition : ao\u00fbt 2010, p.8<\/div>\n<div id=\"sdendnote4\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote4anc\" name=\"sdendnote4sym\">4<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p.27<\/div>\n<div id=\"sdendnote5\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote5anc\" name=\"sdendnote5sym\">5<\/a><span lang=\"fr-FR\"> &#8211; <\/span><span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.revue-entre.fr\/?q=content\/julien-salaud-travailler-sur-lanimal-me-sert-dechappatoire\">http:\/\/www.revue-entre.fr\/?q=content\/julien-salaud-travailler-sur-lanimal-me-sert-dechappatoire<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/div>\n<div id=\"sdendnote6\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote6anc\" name=\"sdendnote6sym\">6<\/a> &#8211; Michel Foucault, <i>Le Corps utopique <\/i>suivi de <i>Les H\u00e9t\u00e9rotopies<\/i>, Paris, Nouvelles Editions Lignes, 2009, p.27<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote7\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote7anc\" name=\"sdendnote7sym\">7<\/a> &#8211; Interview sur le blog <i>Curieux des Arts<\/i> : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.lecurieuxdesarts.fr\/2015\/04\/la-terra-incognita-du-fleuve-celeste-de-julien-salaud.html\">http:\/\/www.lecurieuxdesarts.fr\/2015\/04\/la-terra-incognita-du-fleuve-celeste-de-julien-salaud.html<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote8\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote8anc\" name=\"sdendnote8sym\">8<\/a> &#8211; Vid\u00e9o sur le site : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies\">http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 26 janvier 2017<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote9\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote9anc\" name=\"sdendnote9sym\">9<\/a> &#8211; Vid\u00e9o sur le site : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies\">http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 26 janvier 2017<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote10\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote10anc\" name=\"sdendnote10sym\">10<\/a> &#8211; L&rsquo;\u0153uvre de Marcel Duchamp pr\u00e9sent\u00e9e s&rsquo;intitulait <i>Sixteen Miles of String.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote11\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote11anc\" name=\"sdendnote11sym\">11<\/a> &#8211; \u0152uvre expos\u00e9e du 14 janvier- 18 f\u00e9vrier 2017 au Bon March\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote12\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote12anc\" name=\"sdendnote12sym\">12<\/a> &#8211; Michel Foucault, <i>Le Corps utopique <\/i>suivi de <i>Les H\u00e9t\u00e9rotopies<\/i>, <i>op. cit.<\/i>, p.10<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote13\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote13anc\" name=\"sdendnote13sym\">13<\/a> &#8211; Marc Aug\u00e9, <i>Non-lieux Introduction \u00e0 une anthropologie de la surmodernit\u00e9<\/i>, Paris, Editions du Seuil, 1992, p.117-118<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote14\" style=\"text-align: justify\">\n<p class=\"sdendnote-western\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote14anc\" name=\"sdendnote14sym\">14<\/a> &#8211; Michel Foucault, <i>Le Corps utopique <\/i>suivi de <i>Les H\u00e9t\u00e9rotopies<\/i>,<i> op. cit.<\/i>, p.10<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote15\">\n<p class=\"sdendnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote15anc\" name=\"sdendnote15sym\">15<\/a> &#8211; Thierry Davila, <em>Marcher, cr\u00e9er, D\u00e9placements, fl\u00e2neries, d\u00e9rives dans l\u2019art de la fin du XXe si\u00e8cle, <\/em>Paris, \u00c9ditions du Regard, 2002, p.42<\/p>\n<\/div>\n<hr>\n<p><a name=\"sect7\"><\/a><\/p>\n<h3><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p align=\"justify\"><b>OUVRAGES<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">ARCHER Michael, <i>L&rsquo;Art depuis 1960<\/i>, Paris, Editions Thames &amp; Hudson, 2002 (nouvelle \u00e9dition), 256 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">AUGE Marc, <i>Non-lieux. Introduction \u00e0 une anthropologie de la surmodernit\u00e9<\/i>, Paris, Seuil, 1992, 160 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">DAVILA Thierry, <em>Marcher, cr\u00e9er, D\u00e9placements, fl\u00e2neries, d\u00e9rives dans l\u2019art de la fin du XXe si\u00e8cle, <\/em>Paris, \u00c9ditions du Regard, 2002, 200 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">FOUCAULT Michel, <i>Le Corps utopique <\/i>suivi de <i>Les H\u00e9t\u00e9rotopies<\/i>, Paris, Nouvelles Editions Lignes, 2009, 61 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">MERLEAU-PONTY Maurice, <i>Causeries, 1948<\/i>, textes \u00e9tablis et annot\u00e9s par St\u00e9phanie M\u00e9nas\u00e9, Paris, \u00e9ditions du Seuil, 2002, 76 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">MICHIKO Kono, <i>Le Fil rouge<\/i>, catalogue de l&rsquo;exposition \u00ab Le fil rouge \u00bb pr\u00e9sente sur trois sites, Espace Louis Vuitton Tokyo, 2015, 69 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">INGOLD Tim, <i>Une br\u00e8ve histoire des lignes<\/i>, Bruxelles, \u00e9ditions Zones sensibles, 2011-2013, 256 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">PRIGENT Daniel, <i>Fontevraud<\/i>, Fontevraud l&rsquo;Abbaye, \u00e9ditions Abbaye de Fontevraud, Premi\u00e8re \u00e9dition : mai 2005 \/ 3<sup>e<\/sup> \u00e9dition : ao\u00fbt 2010, 80 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">SEMPER Gottfried, <i>Du Style et de l&rsquo;architecture Ecrits 1834-1869<\/i>, Traduit de l&rsquo;allemand par Jacques Soulillou avec la collaboration de Nathalie Neumann, Marseille, Editions Parenth\u00e8ses, 2007, 360 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">STOUT Katharine, <i>Contemporary Drawing from the 1960&rsquo;s to Now<\/i>, Londres, Tate Publishing, 2014, 160 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>OUVRAGES COLLECTIFS<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Sous la direction de ALBRECHT SCHR\u00d6DER Klaus et LEAHNER Elsy, <i>Drawing Now<\/i>, cat. D&rsquo;exposition, Vienne, Hirmer Albertina, 2015, 231 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Sous la direction de BUIGNET Christine et CL\u00c9VENOT Dominique, <i>Figure de l&rsquo;Art<\/i>, \u00ab <i>Espaces transfigur\u00e9s : \u00e0 partir de l&rsquo;oeuvre de Georges Rousse \u00bb<\/i>, n\u00b013, Pau, Publications universitaires de Pau, 2007, 307 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Sous la direction de CONTE Richard,<i> Le dessin hors papier<\/i>, Paris, Publications de la Sorbonne, <i> <\/i>2009, 235 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Ouvrage collectif DAVILA Thierry, ENCKELL JULLIARD Julie, JAUNIN Fran\u00e7oise, TISSOT Karine et Fr\u00e9d\u00e9ric Magazine, <i>Trait papier \u2013 Un essai sur le dessin contemporain<\/i>, Gen\u00e8ve, \u00e9ditions L&rsquo;Apage-Atrabile, 2012, 160 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>REVUE<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><i>Artension, n\u00b0141 \/ Janvier-f\u00e9vrier 2017, <\/i>Bimestriel d&rsquo;information arts plastiques, Revigny-sur-Ornain, SAS Artension \u00e9ditions, 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>ARTICLE<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">LAVRADOR Judica\u00ebl, \u00ab \u00ab Tu dois changer ta vie ! \u00bb : L&rsquo;exposition qui va vous faire rena\u00eetre \u00bb, <i>Beaux-Arts Magazine<\/i>, octobre 2015, n\u00b0376, Issy-Les-Moulineaux, TTM Editions, 2015<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><b>SITES INTERNET<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site Astronomers without borders : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/astronomerswithoutborders.org\/news\/awb-blog\/318-dark\/astroarts-blog\/3143-astroartist-of-the-month-julien-salaud-1-of-4.html\">http:\/\/astronomerswithoutborders.org\/news\/awb-blog\/318-dark\/astroarts-blog\/3143-astroartist-of-the-month-julien-salaud-1-of-4.html<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Site de l&rsquo;abbaye de Fontevraud : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies\">http:\/\/www.fontevraud.fr\/Planifier-sa-journee\/Evenement\/Julien-SALAUD-La-Crypte-des-effraies<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 26 janvier 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site de la Galerie Suzanne Tarasieve : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/suzanne-tarasieve.com\/artist\/julien-salaud\/?lang=fr&amp;show=exhibition\">http:\/\/suzanne-tarasieve.com\/artist\/julien-salaud\/?lang=fr&amp;show=exhibition<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 26 janvier 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site du blog United States of Paris : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.unitedstatesofparis.com\/exposition-tu-dois-changer-ta-vie-au-tripostal-lille-3000-renaissance\/\">http:\/\/www.unitedstatesofparis.com\/exposition-tu-dois-changer-ta-vie-au-tripostal-lille-3000-renaissance\/<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 26 janvier 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site des Caves Ackerman : <span lang=\"fr-FR\"><u>http:\/\/visite.ackerman.fr\/fr\/fleuve-celeste\/<\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<b> <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site de la revue Entre : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.revue-entre.fr\/?q=content\/julien-salaud-travailler-sur-lanimal-me-sert-dechappatoire\">http:\/\/www.revue-entre.fr\/?q=content\/julien-salaud-travailler-sur-lanimal-<\/a><a href=\"http:\/\/www.revue-entre.fr\/?q=content\/julien-salaud-travailler-sur-lanimal-me-sert-dechappatoire\">me-sert-dechappatoire<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site Voir et Dire : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.voir-et-dire.net\/?Julien-Salaud-La-Rosee-du\">http:\/\/www.voir-et-dire.net\/?Julien-Salaud-La-Rosee-du<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site de la revue \u00c9tape : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/etapes.com\/une-grotte-stellaire-au-palais-de-tokyo\">http:\/\/etapes.com\/une-grotte-stellaire-au-palais-de-tokyo<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Site du blog Le Curieux des arts : <span lang=\"fr-FR\"><u><a href=\"http:\/\/www.lecurieuxdesarts.fr\/2015\/04\/la-terra-incognita-du-fleuve-celeste-de-julien-salaud.html\">http:\/\/www.lecurieuxdesarts.fr\/2015\/04\/la-terra-incognita-du-fleuve-celeste-de-julien-salaud.html<\/a><\/u><\/span>, consult\u00e9 le 18 mars 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Virginie PEYRAMAYOU Virginie Peyramayou est doctorante, enseignante et plasticienne. Actuellement en doctorat en arts plastiques au laboratoire LLA-CREATIS (\u00c9cole doctorale Allph@) \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Toulouse 2, sur le sujet \u00ab\u00a0Dessiner : le geste et l&rsquo;outil dans le dessin contemporain\u00a0\u00bb, ses domaines de recherche concernent le dessin contemporain, les pratiques au fil, les performances et installations [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[102342],"class_list":["post-3110","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-n9","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3110","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3110"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3110\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4160,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3110\/revisions\/4160"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}