 {"id":3145,"date":"2018-01-09T20:05:09","date_gmt":"2018-01-09T19:05:09","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=3145"},"modified":"2019-10-03T08:37:16","modified_gmt":"2019-10-03T07:37:16","slug":"lieux-et-non-lieux-liens-au-sport","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-et-non-lieux-liens-au-sport\/","title":{"rendered":"Lieux et non-lieux : liens au sport"},"content":{"rendered":"<p><strong> Marion LE TORRIVELLEC<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">Marion Le Torrivellec est artiste plasticienne dipl\u00f4m\u00e9e de l&rsquo;iSDAT et doctorante en arts plastiques au sein du laboratoire LLA Cr\u00e9atis (UT2J). Elle enseigne par ailleurs les arts plastiques dans le secondaire ainsi qu&rsquo;au sein du d\u00e9partement Arts plastiques-Design de l&rsquo;universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s. Intitul\u00e9e \u00ab A cheval, tout contre lui : fusion et plasticit\u00e9 de la relation \u00e0 l&rsquo;animal \u00bb, sa th\u00e8se aborde les enjeux de la relation au cheval et ses analogies avec la sculpture.<\/span><br \/>\n<a href=\"&#x6d;&#x61;&#105;lt&#x6f;&#x3a;&#x6d;&#97;ri&#x6f;&#x6e;&#x6c;&#101;to&#x72;&#x72;&#x69;&#118;el&#x6c;&#x65;&#x63;&#64;gm&#x61;&#x69;&#x6c;&#46;co&#x6d;\"><span style=\"font-weight: 400\">m&#x61;r&#x69;&#x6f;n&#x6c;e&#116;&#x6f;r&#x72;i&#118;&#x65;l&#x6c;e&#99;&#x40;g&#x6d;&#x61;i&#x6c;&#46;&#99;&#x6f;m<\/span><\/a><\/p>\n<p>Pour citer cet article : Le Torrivellec, Marion, \u00ab Lieux et non-lieux : liens au sport \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b09 \u00ab Lieux et non-lieux : liens au corps \u00bb, printemps 2018, mis en ligne le 28\/03\/2018, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-et-non-lieux-liens-au-sport\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/lieux-et-non-lieux-liens-au-sport\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/01\/Lieux-et-non-lieux-liens-au-sport.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format PDF<\/a><\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><span style=\"font-weight: 400\">Cet article propose une analyse de la pratique sportive depuis le champ de la philosophie. Les limites physiques sont envisag\u00e9es comme un lieu dont le sportif souhaite s&rsquo;extraire pour aller plus loin, vers un utopique terrain de la victoire. Les th\u00e9ories de Deleuze et Guattari sur le Corps sans Organe (CsO) sont confront\u00e9es \u00e0 la pratique de la discipline du concours de saut d&rsquo;obstacle (CSO) pour la qu\u00eate de sensation inh\u00e9rente \u00e0 toute pratique sportive, mais aussi pour la fusion, soit le changement d&rsquo;\u00e9tat, que cette pratique de couple induit.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : <span style=\"font-weight: 400\">Sport &#8211; Concourt de saut d&rsquo;obstacle &#8211; CSO &#8211; Corps sans Organe &#8211; CsO &#8211; D\u00e9sir &#8211; Equitation &#8211; Sensation -Ouvert.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"western\">Abstract<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">This article proposes an analysis of sport practice from the philosophic field. Physical limits are contemplated as a place where the athlete wishes to extract himself in order to go further, towards an utopian ground of victory. The theories of Deleuze and Guattari on the body without organs (CsO) are confronted with the practice of the show jumping discipline for the quest of the inherent sensation in every sports practice, but also for the fusion wich is a change of state that this couple practice induces.<\/p>\n<p><strong>Keywords<\/strong>: <span style=\"font-weight: 400\">Sport &#8211; Competition of show-jumping &#8211; Body without organs &#8211; CsO &#8211; Desire &#8211; Horse riding &#8211; Sensation &#8211; Open.<\/span><\/p>\n<hr>\n<h3>Sommaire<\/h3>\n<p><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sectintro\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect1\">1.L&rsquo;effort, un \u00e9lan contre nature ?<\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect2\">2. CSO\/ CsO : un monde sensationnel<\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect3\">3. Machine d\u00e9sirante \/ animal-machine : des pistons \u00e0 pulsions<\/a><br \/>\n<a name=\"4\"><\/a><a href=\"#sect4\">4. Lignes de d\u00e9sir : itin\u00e9raire d\u2019une qu\u00eate de sensation<\/a><br \/>\n<a name=\"conclu\"><\/a><a href=\"#sectconclu\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sectnotes\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sectbiblio\">Bibliographie<\/a><br \/>\n<a name=\"webo\"><\/a><a href=\"#sectwebo\">Webographie<\/a><br \/>\n<a name=\"table\"><\/a><a href=\"#secttable\">Table des illustrations<\/a><\/p>\n<h3><a name=\"sectintro\"><\/a><\/h3>\n<h3><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Construit par l&rsquo;assemblage du pr\u00e9fixe privatif <em>u<\/em>, et du nom grec <em>topos<\/em> qui veut dire <em>lieu<\/em>, le terme <em>utopie<\/em> d\u00e9signe un non-lieu, un espace qui n&rsquo;existe pas, o\u00f9 l&rsquo;on ne peut se rendre. Depuis cette entr\u00e9e \u00e9tymologique, nous nous pencherons sur la pratique sportive pour la red\u00e9finition perp\u00e9tuelle des limites physiques qu&rsquo;elle impose et donc le rapport mouvant de sa fronti\u00e8re \u00e0 l&rsquo;utopie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le premier sport interrog\u00e9 sera la danse, pratique intense r\u00e9put\u00e9e pour sa rigueur et la difficult\u00e9 de ses entra\u00eenements. Le danseur met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve son corps dans l\u2019absolu contr\u00f4le qu\u2019il doit en avoir et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un \u00e9quilibre poids\/puissance constant. L\u2019antagonisme plaisir\/douleur propre \u00e0 toute pratique sportive de haut niveau red\u00e9finira certains liens au corps et nous am\u00e8nera sur le terrain de la th\u00e9orie deleuzo-guattarienne du Corps sans Organe<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>1<\/sup><\/a>. Mais tr\u00e8s vite les jambes du cheval remplaceront les ballerines et, jouant avec l\u2019homonymie, c&rsquo;est la discipline du concours de saut d&rsquo;obstacle (CSO) qui se verra confront\u00e9e \u00e0 cette autre pratique de la sensation, celle du Corps sans Organe (CsO). L&rsquo;\u00e9quitation n\u00e9cessitant une fusion entre le cheval et son cavalier pour de bonnes performances, le changement d&rsquo;\u00e9tat li\u00e9 au Corps sans Organe nous renseignera sur l&rsquo;impulsion d&rsquo;un l\u00e2cher-prise permettant d&rsquo;aller plus loin et plus haut, nous faisant entrevoir la pratique sportive \u00e9questre comme une pratique de couple soumise \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 et ouverte au d\u00e9sir<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce faire, des photographies d&rsquo;une carri\u00e8re de saut d&rsquo;obstacle serviront de d\u00e9cor \u00e0 notre r\u00e9flexion. Les th\u00e9ories de Deleuze et Guattari sur le corps \u2013 Corps sans Organe puis machine d\u00e9sirante \u2013 viendront guider notre analyse de ces pratiques sportives, leur conf\u00e9rant une dimension existentielle \u00e0 laquelle le travail de l&rsquo;artiste Mounir Fatmi engageant le vocabulaire sculptural de la barre de saut d&rsquo;obstacle viendra faire \u00e9cho. Ainsi, par la pratique \u00e9questre \u00ab nous nous rendrons pleinement pr\u00e9sents aux anomalies de l&rsquo;existence tout en demeurant ma\u00eetre de sa vitesse<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>2<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#1\">1. L&rsquo;effort, un \u00e9lan contre nature <\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Plus jeune, on est comme un pur sang l\u00e2ch\u00e9 au galop. On ma\u00eetrise davantage son corps que son mental. En vieillissant, le mental prend le dessus. Il y a vraiment un d\u00e9calage troublant. Quand arrive la maturit\u00e9 mentale, le physique commence \u00e0 d\u00e9cliner : c&rsquo;est le drame du danseur. Mais la p\u00e9riode o\u00f9 les deux sont au m\u00eame niveau, qui dure quatre ou cinq ans, donne des moments uniques, de gr\u00e2ce, quand tout \u00e0 coup, tout se surpasse. Le corps prend le dessus de ce que la t\u00eate a d\u00e9cid\u00e9<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>3<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;effort est la mobilisation de son corps en r\u00e9ponse \u00e0 la volont\u00e9 de son esprit : c&rsquo;est la soumission de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre. Pour Benjamin Pech, ancien danseur \u00e9toile \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, habitu\u00e9 de l&rsquo;effort et de sa pratique forcen\u00e9e, la dualit\u00e9 corps et esprit s&rsquo;exacerbe dans une pratique sportive \u00e0 haut niveau. Cela r\u00e9clame une rigueur physique comme mentale pour parvenir, car l\u00e0 est tout l&rsquo;enjeu, \u00e0 repousser des limites physiques pr\u00e9existantes fix\u00e9es par la nature<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>4<\/sup><\/a>. Mais la relation corps\/esprit n&rsquo;est pas le seul antagonisme \u00e0 prendre forme dans l&rsquo;effort : on saisit l&rsquo;ambivalence d&rsquo;une pratique joignant la douleur au plaisir, nuance \u00e9galement perceptible dans l&#8217;emploi indiff\u00e9renci\u00e9 du terme <em>jeu<\/em> ou <em>sport<\/em> pour une m\u00eame activit\u00e9<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>5<\/sup><\/a> : <em>Sport<\/em> vient de l\u2019anglais <em>disport,<\/em> emprunt\u00e9 au vieux fran\u00e7ais <em>d\u00e9port<\/em>, d\u00e9verbal du verbe <em>d\u00e9porter<\/em>. En latin, <em>d\u00e9porter<\/em> se dit <em>deportare<\/em> et signifie <em>s\u2019amuser, se divertir<\/em>. Si son \u00e9tymologie nous am\u00e8ne du c\u00f4t\u00e9 du divertissement, sa pratique est elle pourtant bien empreinte de douleur. Et il n\u2019y a d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la d\u00e9finition fran\u00e7aise courante du mot <em>d\u00e9porter<\/em> pour comprendre que le mouvement ici impliqu\u00e9 est forc\u00e9, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un transport de corps en dehors de ses limites spatiales originelles. Ce t\u00e9moignage du danseur nous informe \u00e9galement sur la connaissance de soi que l&rsquo;effort inculque. Si, selon les th\u00e9ories biraniennes<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>6<\/sup><\/a>, la conscience de soi prend forme par l&rsquo;effort, reste au sportif l&rsquo;\u00e9quilibrage n\u00e9cessaire entre plaisir et douleur, mais aussi entre volont\u00e9 mentale et limites physiques. Il semble pour cela qu&rsquo;une pratique r\u00e9guli\u00e8re de son corps autour d&rsquo;une mobilisation totale et intense de ses facult\u00e9s soit \u00e0 appr\u00e9hender. L&rsquo;exp\u00e9rience en serait la cl\u00e9, pour ce qu&rsquo;elle sous-entend de pratique de la sensation mais aussi pour la notion de temps qu&rsquo;elle convoque, comme travail pour devenir exp\u00e9riment\u00e9 et en supporter les stigmates : \u00ab La douleur, il faut l&rsquo;accommoder. C&rsquo;est une longue habitude. On d\u00e9veloppe une sorte de tol\u00e9rance, presque une app\u00e9tence \u00e0 la douleur<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>7<\/sup><\/a> \u00bb. De cette souffrance d\u00e9coule un acc\u00e8s au savoir \u2013 et en ceci elle rejoint celle du religieux asc\u00e9tique \u2013 et donc une certaine \u00e9l\u00e9vation au-dessus des autres hommes. On apprend \u00e0 se conna\u00eetre de l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e0 voir ce qui est recouvert, charnu, invisible et dont la composition se fait pourtant ressentir jusqu&rsquo;\u00e0 devenir limpide. De violentes courbatures ne donnent-elles pas l&rsquo;impression d&rsquo;avoir de <em>nouveaux<\/em> muscles, ou plus exactement d&rsquo;en d\u00e9couvrir subitement l&rsquo;existence ? Benjamin Pech explique, par la pratique de la sensation, conna\u00eetre son corps par c\u0153ur :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Quand tu es dans la douleur, tu es tellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ton corps que tu sais comment te faire moins mal. Je sais presque tout, je peux donner un cours sur le triceps. A la maison j&rsquo;ai tellement de radios, d&rsquo;IRM, d&rsquo;\u00e9chographies, je vois tout, je le connais de l&rsquo;int\u00e9rieur. Lorsqu&rsquo;on se sent en pleine possession de ses moyens et de ses muscles, l\u00e0 il y a un risque de demander toujours plus, de mettre la barre un peu plus haut, trop haut. Et \u00e7a casse<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>8<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;attitude du sportif qui s&rsquo;impose un regard sur son entra\u00eenement tout en le vivant de l&rsquo;int\u00e9rieur semble un peu schizophr\u00e9nique dans le sens o\u00f9 l\u2019alerte de la douleur devrait l&rsquo;arr\u00eater dans l&rsquo;effort, ne pas l&#8217;emmener au-del\u00e0 d&rsquo;un certain seuil. Or l&rsquo;interview de Benjamin Pech nous offre l&rsquo;exemple du passionn\u00e9 qui ne subit plus la hi\u00e9rarchie des organes : le corps peut prendre le dessus sur l&rsquo;esprit, et inverse donc le fonctionnement traditionnel que l&rsquo;on impute \u00e0 l&rsquo;organisme. Le va et vient entre la production de plaisir et la douleur met en \u00e9vidence la d\u00e9sorganisation du corps et la place du d\u00e9sir dans son fonctionnement : \u00ab Dans des grands ballets sur trois ou quatre actes, c&rsquo;est \u00e9puisant, mais d&rsquo;un coup, un \u00e9tat de gr\u00e2ce, ton corps s&rsquo;envole, et l\u00e0 tout te d\u00e9passe. C&rsquo;est un myst\u00e8re<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le fonctionnement corporel du danseur semble r\u00e9gi par ses propres lois. L&rsquo;agencement de tout son \u00eatre semble se signifier par un contenu intensif, par ce que Gilles Deleuze et F\u00e9lix Guattari qualifient de \u00ab machine d\u00e9sirante<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>10<\/sup><\/a> \u00bb. Les limites corps\/esprit, mais aussi celles entretenues \u00e0 l&rsquo;espace qui les accueille semblent se brouiller. Michel Foucault dans sa conf\u00e9rence \u00ab Le corps utopique<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>11<\/sup><\/a> \u00bb pointait le corps du danseur, se demandant s&rsquo;il \u00ab n&rsquo;est pas justement un corps dilat\u00e9 selon un espace qui lui est int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur \u00e0 la fois<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>12<\/sup><\/a> ? \u00bb Par l&rsquo;effort et les sensations procur\u00e9es nous pouvons entendre par l\u00e0 que la dimension proprement mat\u00e9rielle du corps n&rsquo;est plus un endroit clos mais bien ouvert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La th\u00e9orie du Corps sans Organe se profile ici et nous y reviendrons pour le point de vue qu&rsquo;elle propose sur un mode de conscience qui diff\u00e8re du traditionnel cogito cart\u00e9sien, au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;un fonctionnement sensationnel de l&rsquo;ordre de la pulsion. Pour \u00e9tudier de pr\u00e8s cette notion, nous allons poursuivre cette \u00e9tude de l&rsquo;effort sportif comme prise de conscience de soi \u00e0 travers la discipline \u00e9questre du concours de saut d&rsquo;obstacle. Ainsi l&rsquo;animal fait corps avec l&rsquo;humain et le corps de l&rsquo;athl\u00e8te se retrouve double. La dualit\u00e9 corps et esprit, mais aussi celle du plaisir et de la douleur d\u00e9sign\u00e9e par Benjamin Pech subit ici une mise en ab\u00eeme car le corps \u00e9prouvant n&rsquo;est plus celui de l&rsquo;humain, mais bien celui de l\u2019animal. En effet, lorsqu&rsquo;il y a rupture ligamentaire ou tendineuse en CSO, c&rsquo;est le corps du cheval qui est \u00e9prouv\u00e9. La fusion au sein du couple permet-elle d&rsquo;appliquer les m\u00eames processus de connaissance de soi pr\u00f4n\u00e9s par le danseur ?<\/p>\n<p><a name=\"sect2\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#2\">2. CSO \/ CsO : un monde sensationnel<\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><\/h3>\n<div id=\"attachment_3185\" style=\"width: 3132px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3185\" class=\"wp-image-3185 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204.jpg\" alt=\"\" width=\"3122\" height=\"657\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204.jpg 3122w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204-300x63.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204-768x162.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204-1024x215.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/panorama-carri\u00e8re-e1518865243204-676x142.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 3122px) 100vw, 3122px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3185\" class=\"wp-caption-text\">Marion Le Torrivellec, <em>Carri\u00e8re<\/em>, 2017, photographies couleur, triptyque, 200 x 300 cm chacune, \u00a9 Marion Le Torrivellec.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la s\u00e9rie de photos <em>Carri\u00e8re <\/em>c\u2019est le terrain du sport qui est donn\u00e9 \u00e0 voir. Le ciel est bleu, le sable est clair et fin et les volumes jalonnant un parcours ont l\u2019aspect de gros jouets en bois. Les couleurs sont vives, les formes sont simples et semblent pr\u00eates \u00e0 s\u2019accueillir l\u2019une l\u2019autre, \u00e0 s\u2019embo\u00eeter pour permettre de nouveaux volumes, comme un jeu de construction en cours, faisant appel \u00e0 nos souvenirs d\u2019enfant pour projeter sur l\u2019endroit tout un tas de possibles. Nous sommes ici dans l\u2019univers du jeu. Pour l\u2019attrait des formes et leur apparence ludique certes mais aussi pour le jeu d\u2019\u00e9chelle : les images sont imprim\u00e9es \u00e0 \u00e9chelle 1 sur un papier \u00e0 tapisser et recouvrent une surface de plus ou moins 2 m\u00e8tres sur 9. Mais ces jouets nous d\u00e9passent, et nous ne sommes pas de taille pour jouer avec ; ils ont visiblement \u00e9t\u00e9 construits pour nous plaire, selon nos codes esth\u00e9tiques du jeu mais \u00e0 destination de quelqu\u2019un, de quelque chose qui nous surpasse. Et enfin, le jeu de mot induit par le titre termine cette invitation sportive, cette invitation \u00e0 l\u2019amusement avec le transfert de tous ces obstacles \u00e0 la vie d\u2019adulte, celle qui est professionnelle et qui, pour faire carri\u00e8re, r\u00e9clame un nombre d\u2019efforts et de peines parfois cons\u00e9quents. Mais cette carri\u00e8re vide aurait pu avoir un tout autre titre, elle aurait de fa\u00e7on tout aussi didactique pu s\u2019appeler <em>CSO<\/em> \u2013 acronyme d\u00e9signant la discipline \u00e9questre du Concours de Saut d\u2019Obstacle \u2013 dont le d\u00e9cor est ici pos\u00e9. Ce titre aurait de la m\u00eame fa\u00e7on jou\u00e9 d\u2019homonymie en convoquant les liens au corps sous-entendus par l\u2019\u00e9chelle du parcours en nous dirigeant vers la th\u00e9orie du Corps sans Organe<em> :<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Le CsO est une pratique en ce sens qu\u2019il est une qu\u00eate sans fin, et qu\u2019en tant que conscience de la sensation son \u00e9tendue est celle de toutes les sensations susceptibles d\u2019\u00eatre v\u00e9cues par un corps. Et c\u2019est justement parce que le CsO est toujours pr\u00e9sent, et d\u00e9finit les vivants en tant qu\u2019\u00eatres sentant, mais qu\u2019il nous \u00e9chappe en tant que sujets rationnels, qu\u2019il convient de faire des exp\u00e9riences que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019extr\u00eames pour peut-\u00eatre le voir \u00e9merger. En effet, lutter contre l\u2019\u00e9vidence du cogito cart\u00e9sien afin d\u2019acc\u00e9der \u00e0 cet autre niveau de conscience qu\u2019est le CsO, implique, si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 <em>Mille Plateaux<\/em>, que \u00ab\u00a0les drogu\u00e9s, les masochistes, les schizophr\u00e8nes<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>13<\/sup><\/a>\u201d soient en qu\u00eate du CsO<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>14<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Je compl\u00e9terai donc cette liste avec les sportifs qui, en qu\u00eate d\u2019endomorphine, passent par la douleur pour atteindre l\u2019extase<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>15<\/sup><\/a>, \u00e0 la diff\u00e9rence que contrairement aux drogu\u00e9s, masochistes et schizophr\u00e8nes cit\u00e9s par Deleuze, le sportif dans l\u2019effort est m\u00e9ritant, il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un regard favorable au sein de la soci\u00e9t\u00e9 car il semble \u00e0 travers l\u2019effort se r\u00e9aliser et s\u2019accomplir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le CsO s&rsquo;oppose au cogito et \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de conscience de soi telle que l&rsquo;a construite la modernit\u00e9. L&rsquo;effort r\u00e9pondant \u00e0 la volont\u00e9, le sujet se jauge, se ma\u00eetrise, prend ses propres mesures : celle de sa volont\u00e9 mais aussi celle de ses capacit\u00e9s. Il rencontre ainsi les limites de son organisme qui deviendront chez l&rsquo;athl\u00e8te l&rsquo;objectif \u00e0 atteindre, puis \u00e0 d\u00e9passer. Cette appr\u00e9hension du corps ph\u00e9nom\u00e9nologique, s&rsquo;ancre du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience et de la connaissance sensible. En ceci le CsO en est proche car l\u00e0 aussi il s&rsquo;agit d&rsquo;une pratique, donc d&rsquo;une qu\u00eate d&rsquo;exp\u00e9rience sensible, la principale diff\u00e9rence \u00e9tant que le CsO n&rsquo;est \u00e0 aucun moment convoqu\u00e9 pour \u00e9claircir sa conscience de soi, pour une subjectivation de soi, bien au contraire, cette pratique consiste \u00e0 d\u00e9sorganiser voire d\u00e9faire l&rsquo;organisme pour ne plus l&rsquo;appr\u00e9hender sous l&rsquo;angle de ses fonctions \u2013\u00ab je pense donc je suis \u00bb\u2013 mais davantage comme lieu d&rsquo;expression des sensations : \u00ab je sens donc je suis \u00bb. Ainsi les limites physiques se brouillent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les questions qui se posent dans notre contexte du concours de saut d&rsquo;obstacle seraient alors : quel est le moteur ? Quel ph\u00e9nom\u00e8ne am\u00e8ne l&rsquo;athl\u00e8te vers ses limites ? La conscience de soi et l&rsquo;entra\u00eenement assidu du corps dans un but pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 ou le retournement voire l&rsquo;\u00e9clatement de ce corps pour qu&rsquo;il ne r\u00e9ponde plus qu&rsquo;au d\u00e9sir pour sa r\u00e9compense sensationnelle imm\u00e9diate ? Autrement dit, mise-t-on sur l&rsquo;effort volontaire ou sur la puissance du d\u00e9sir ? La force en jeu est-elle consciente ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet la th\u00e9orie du Corps sans Organe touche \u00e0 l&rsquo;organisation de l&rsquo;organisme ; or l&rsquo;\u00e9quitation reste le seul sport qui mobilise un corps autre que celui du sportif. L&rsquo;organisation classique de la volont\u00e9 se trouve donc bouscul\u00e9e car la hi\u00e9rarchie habituelle voulant que la t\u00eate commande le mouvement des membres n&rsquo;est plus directement appliqu\u00e9e. Le cavalier est saisi par le d\u00e9sir de franchir les barri\u00e8res et de s&rsquo;\u00e9lever mais ses propres jambes ne sautent pas. Aucun mouvement de flexion\/extension ne sera command\u00e9 nerveusement si ce n&rsquo;est chez le cheval lui-m\u00eame. C&rsquo;est donc sans avoir \u00e0 bouger ses propres jambes que le cavalier provoquera l&rsquo;extension n\u00e9cessaire pour le franchissement des obstacles. Nous ne sommes alors pas loin de \u00ab marcher sur la t\u00eate, chanter avec les sinus, voir avec la peau, respirer avec le ventre<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>16<\/sup><\/a> \u00bb. Une certaine fusion s&rsquo;op\u00e8re et le corps du cavalier s&rsquo;apparente \u00e0 deux corps : celui qui d\u00e9sire et celui qui saute, en une sorte de centaurisation schizophr\u00e9nique volontaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La th\u00e9orie cart\u00e9sienne de l&rsquo;animal-machine ne l&rsquo;a d\u00e9fini que comme syst\u00e8me organis\u00e9 et en le privant de conscience lui a fait le mal que l&rsquo;on conna\u00eet. Pouvoir envisager l&rsquo;animal sous un angle contraire prend ici tout son sens. Pensons-le soumis \u00e0 une autre conscience : celle de la sensation. Cela expliquerait bien des choses quant \u00e0 son comportement. Le CsO est \u00ab un dispositif \u00e9mancipatoire gr\u00e2ce auquel nous d\u00e9sirons<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>17<\/sup><\/a> \u00bb, et le d\u00e9sir est l&rsquo;unique mode r\u00e9gissant l&rsquo;animal. Tout chez l\u2019animal est manifestation d&rsquo;intensit\u00e9 (accouplement, fuite, faim, contact&#8230;), l&rsquo;animal n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00eatre sentant : il ne peut pas ne pas s&rsquo;impliquer. Sous le mot allemand <em>Benommeinheit<\/em>, le philosophe Heidegger d\u00e9signe cet accaparement et le d\u00e9fini comme \u00e9tant \u00ab le fait d&rsquo;\u00eatre absorb\u00e9 dans l&rsquo;ensemble des pulsions compuls\u00e9es les unes avec les autres. Pour l&rsquo;animal, \u00eatre soi-m\u00eame c&rsquo;est \u00eatre propre \u00e0 soi, sur le mode du tiraillement pulsionnel<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>18<\/sup><\/a> \u00bb.<br \/>\n<a name=\"sect3\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#3\">3. Machine d\u00e9sirante \/ animal-machine : des pistons \u00e0 pulsions<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Tel l&rsquo;animal-machine, la machine d\u00e9sirante est l&rsquo;all\u00e9gorie d&rsquo;un mode de fonctionnement, de r\u00e9actions physiques. L&rsquo;animal-machine est une th\u00e9orie cart\u00e9sienne : elle r\u00e9duit le fonctionnement animal et son rapport au monde \u00e0 une s\u00e9rie de comportements m\u00e9caniques r\u00e9pondant \u00e0 des <em>stimuli<\/em>. La machine d\u00e9sirante, elle, est issue des th\u00e9ories de Deleuze et Guattari et vise \u00e0 expliquer la production du d\u00e9sir et la place que celui-ci occupe dans nos fonctionnements. Dans un cas comme dans l&rsquo;autre, le corps est abord\u00e9 dans sa dimension mat\u00e9rielle, loin de toute approche spiritualiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Florence Andoka, le flux produit par le <em>corps-machine<\/em> est sexuel dans sa forme la plus large. \u00ab La sexualit\u00e9 est partout : dans la mani\u00e8re dont un bureaucrate caresse ses dossiers, dont un juge rend la justice, dont une affaire fait couler l\u2019argent, dont la bourgeoisie encule le prol\u00e9tariat<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>19<\/sup><\/a> \u00bb. A cette d\u00e9finition du d\u00e9sir semble s&rsquo;accorder celle du pouvoir dans son acception foucaldienne, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans sa positivit\u00e9, comme force qui produit, et non comme hi\u00e9rarchie entre les \u00eatres vivants, bien que le dernier exemple cit\u00e9 ci-dessus puisse laisser pr\u00e9sager du contraire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, notre observation du couple homme\/cheval ne se fait pas ici depuis l&rsquo;angle d&rsquo;approche de la domination, bien au contraire. Nous aurons compris que la convocation des th\u00e9ories de Deleuze et Guattari a pour vis\u00e9e l&rsquo;appr\u00e9hension des corps fonctionnant en r\u00e9seau, permettant une libre circulation des flux \u2013flux \u00e9nerg\u00e9tiques, flux sexuels, d\u00e9sirants\u2013 et donc un point de vue m\u00e9lioratif sur la pratique d&rsquo;un sport, et par ricochet, sur la place que le cheval y occupe. La nature sexuelle de la production du <em>corps-machine<\/em> est dans le domaine \u00e9questre du saut d\u2019obstacle assez juste dans la mesure o\u00f9 le bin\u00f4me cavalier\/cheval ne proc\u00e8de \u00e0 rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 un accouplement, une pratique fusionnelle visant \u00e0<em> s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air<\/em><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><sup>20<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons pu observer que la pratique de l&rsquo;effort engendrait une production successive de plaisir et de douleur, en cela l&rsquo;image d\u2019une batterie me semble \u00e0 m\u00eame d&rsquo;illustrer notre d\u00e9monstration : gr\u00e2ce \u00e0 sa bipolarit\u00e9, une \u00e9nergie, une \u00e9lectricit\u00e9 est produite, alimentant les machines les plus complexes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9sum\u00e9, en pla\u00e7ant le d\u00e9sir comme moteur premier de tout mouvement, et par sa production m\u00eame, l\u2019ascendance de l&rsquo;esprit sur le corps devient confuse et nous \u00e9loigne d\u00e9finitivement de tout cart\u00e9sianisme. Le m\u00e9canisme est ici autoaliment\u00e9, dynamo du d\u00e9sir permettant au corps dans l&rsquo;effort de s&rsquo;\u00e9manciper de toutes directives : \u00ab d&rsquo;un coup, un \u00e9tat de gr\u00e2ce, ton corps s&rsquo;envole, et l\u00e0 tout te d\u00e9passe. C&rsquo;est un myst\u00e8re<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>21<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a name=\"sect4\"><\/a><\/h3>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#4\">4. Lignes de d\u00e9sir : itin\u00e9raire d\u2019une qu\u00eate de sensation<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Bernard Jeu dans <em>Analyse du sport<\/em> remarque la r\u00e9currence, depuis toujours des m\u00eames sch\u00e8mes au sein des jeux, jalons fondamentaux de la vie de l\u2019homme : \u00abLes comp\u00e9titions rituelles &#8211; initiatiques, matrimoniales, fun\u00e9raires &#8211; [&#8230;] faisaient fonction de rite de passage<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>22<\/sup><\/a> \u00bb. Les unit\u00e9s de lieu et d\u2019instruments seraient \u00e9galement presque toujours les m\u00eame, quels que soient le territoire et l\u2019\u00e9poque, on retrouve&nbsp; un terrain d\u00e9limit\u00e9, une balle, un cheval et&nbsp; une arme. La ligne du terrain de jeu d\u00e9limiterait un autre monde offert aux projections de l&rsquo;imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019absence de l\u2019athl\u00e8te sur le terrain de CSO permet dans<em> Carri\u00e8re<\/em> l\u2019ambivalence d\u00e9crite pr\u00e9c\u00e9demment avec l\u2019imagerie d\u2019un jeu de construction : le lieu habituellement habit\u00e9, foul\u00e9, mesur\u00e9 litt\u00e9ralement au compas<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>23<\/sup><\/a> perd toute fonctionnalit\u00e9. La barre n\u2019est obstacle que si elle suscite un effort pour \u00eatre franchie, et sans rien ni personne pour le faire, la carri\u00e8re, malgr\u00e9 ses multiples \u00e9l\u00e9ments, demeure vide. Seules les traces de pas au sol, marqu\u00e9es sur le sable donnent \u00e0 imaginer un moment autre, celui o\u00f9 se d\u00e9cha\u00eenent les passions et les corps pour le franchissement des barres. Ainsi rel\u00e8ve-t-on des \u00ab lignes de d\u00e9sir<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>24<\/sup><\/a> \u00bb t\u00e9moignant de l\u2019\u00e9nergie des corps sportifs et de la r\u00e9p\u00e9tition de leur entra\u00eenement. Les passages cr\u00e9ent l&rsquo;\u00e9rosion, et si, par d\u00e9finition, la \u00ab ligne de d\u00e9sir \u00bb contourne l&rsquo;obstacle, il me semble int\u00e9ressant de convoquer sa figure pour t\u00e9moigner du fait que les corps centauris\u00e9s, d\u00e9sirants et fusionnels ont un comportement contraire : ils foncent droit sur la barre \u00e0 franchir, allant par l&rsquo;impulsion chercher la sensation<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>25<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;artiste marocain Mounir Fatmi utilise la barre de saut d&rsquo;obstacle dans ses installations depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 et la s\u00e9rie <em>Next Flag<\/em> (2003). Convoqu\u00e9es pour leurs qualit\u00e9s graphiques et leurs couleurs vives<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\"><sup>26<\/sup><\/a> ou encore pour leur poids symbolique, les barres de CSO font partie int\u00e9grante et r\u00e9currente du vocabulaire de l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u0153uvres se dressent dans le lieu d&rsquo;exposition, parois amovibles et pr\u00e9caires, qui jouent d&rsquo;ambivalence entre un format imposant (chaque barre mesure 4 m\u00e8tres) et la place importante qu&rsquo;y occupe le vide. L\u2019installation<em> Pi\u00e8ges<\/em> (2004-2005) intervient de la m\u00eame fa\u00e7on dans l&rsquo;espace et on comprend par le titre qu&rsquo;une certaine m\u00e9fiance est de mise. Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9viter la chute \u00e9ventuelle d&rsquo;un des modules qui semble instable, ou encore par le changement d&rsquo;itin\u00e9raire forc\u00e9 qui s&rsquo;impose au spectateur, Mounir Fatmi nous conseille ici de garder l\u2019\u0153il ouvert. Le rapport au corps est criant, frontal, l&rsquo;obstacle nous impose un certain recul, sur l&rsquo;installation certes pour en embrasser les enjeux et en faire le tour, mais \u00e9galement de mani\u00e8re plus m\u00e9taphorique sur :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab la vision d\u2019une humanit\u00e9 n\u00e9cessairement inachev\u00e9e, pour laquelle seul un \u00e9tat permanent de pr\u00e9carit\u00e9 permet de d\u00e9construire les certitudes, une existence humaine dans laquelle la constitution de son identit\u00e9, la co\u00efncidence avec soi-m\u00eame, la saisie de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, la libert\u00e9 exige de s\u2019affranchir de bien des d\u00e9terminismes<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>27<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_3187\" style=\"width: 2474px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3187\" class=\"wp-image-3187 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi.jpg\" alt=\"\" width=\"2464\" height=\"1632\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi.jpg 2464w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi-300x199.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi-768x509.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/02\/image-HD-Fatmi-676x448.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 2464px) 100vw, 2464px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3187\" class=\"wp-caption-text\">Fatmi, <em>Pi\u00e8ges<\/em>, 2005, installation, barres d&rsquo;obstacle, peinture, 400 cm de long, \u00a9 Studio Fatmi.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Et c&rsquo;est en cette derni\u00e8re analyse que l&rsquo;\u00e9cho aux th\u00e9ories deleuzienne se fait le plus clair. \u00ab S&rsquo;affranchir des d\u00e9terminismes \u00bb sous-entend une mise \u00e0 plat de toute hi\u00e9rarchie, l&rsquo;ouverture \u00e0 un autre fonctionnement, \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9, \u00e0 une autre r\u00e9alit\u00e9<em>. <\/em>Ainsi, le cavalier se confie enti\u00e8rement au cheval, laissant l\u2019animal et son fonctionnement pulsionnel l\u2019emmener hors de ses fronti\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;installation <em>Pi\u00e8ges<\/em> sonne comme une alerte, nous rappelant de conserver notre libert\u00e9, libert\u00e9 de mouvement comme de pens\u00e9e. En regard du triptyque <em>Carri\u00e8re,<\/em> il appara\u00eet que dans un cas l&rsquo;obstacle est franchi (les traces dans le sable au sol en t\u00e9moignent) et la perspective est ouverte sur un horizon au ciel bien bleu tandis que <em>Pi\u00e8ges <\/em> ne s&rsquo;annonce qu&rsquo;\u00e0 travers un titre mena\u00e7ant et une oppression physique dans l&rsquo;espace d&rsquo;exposition. Gr\u00e2ce \u00e0 la fusion qui s&rsquo;op\u00e8re avec le corps du cavalier et la force suppl\u00e9mentaire qui lui est alors allou\u00e9e, le cheval semble \u00eatre la condition <em>sin\u00e9 qua non <\/em>pour foncer droit dans le mur et s&rsquo;en sortir victorieux. \u00ab La force, affirme Deleuze est la condition de la sensation<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>28<\/sup><\/a> \u00bb : et c&rsquo;est sans doute en ceci que la th\u00e9orie du <em>corps sans organe<\/em> gagne \u00e0 se confronter \u00e0 la pratique sportive et au report perp\u00e9tuel des limites qu&rsquo;elle induit. Dans ce paysage mouvant aux contours sans cesse redessin\u00e9s, aux fronti\u00e8res repouss\u00e9es, la pr\u00e9carit\u00e9 pr\u00f4n\u00e9e par le travail de Mounir Fatmi dans le but de \u00ab d\u00e9construire les certitudes \u00bb r\u00e9sonne comme un adage. Le devenir-autre est en route et l&rsquo;animal nous guide, nous rend plus fort, plus libre.<\/p>\n<p><a name=\"sectconclu\"><\/a><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#conclu\">Conclusion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">De l\u2019allemand <em>Ursprung<\/em> on traduit <em>origine<\/em>, <em>sprung <\/em>voulant dire <em>saut <\/em>: c\u2019est par le bond que tout commence. La conscience de soi par l&rsquo;ouverture sensationnelle au monde animal prend forme dans l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9questre et nous am\u00e8ne sur le chemin d&rsquo;un \u00ab devenir-animal<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>29<\/sup><\/a> \u00bb, autre figure deleuzo-guattarienne, semblant succ\u00e9der \u00e0 toute pratique CsO. \u00catre multiple &#8211; <em>multiplicit\u00e9 mol\u00e9culaire<\/em>, pour paraphraser les deux philosophes &#8211; \u00e9veillerait une conscience de la sensation plus fine, un <em>devenir-autre<\/em> \u00e9largissant notre <em>umwelt<\/em>. Deleuze et Guattari mettent en \u00e9vidence que \u00ab l&rsquo;organisme emprisonne le corps et que l&rsquo;imp\u00e9ratif d&rsquo;attacher \u00e0 la corpor\u00e9it\u00e9 des formes spatiales mesurables et d\u00e9termin\u00e9es lui \u00f4te proprement la vie<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>30<\/sup><\/a> \u00bb , c&rsquo;est entendre par l\u00e0 que l&rsquo;ouverture du corps \u00e0 la libre circulation des \u00e9nergies est vitale, et que si le d\u00e9sir met en mouvement, pourvu que celui-ci ait la marge de son amplitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Exister<\/em> du latin <em>ex-sistere<\/em> veut dire <em>se tenir hors de soi<\/em>, et c\u2019est appuy\u00e9e par l\u2019\u00e9tymologie de cette langue morte que notre d\u00e9monstration prend tout son sens : le <em>repousser ses limites<\/em> propre au corps ph\u00e9nom\u00e9nologique vient rejoindre le <em>repousser ses limites<\/em> de toute qu\u00eate sensationnelle. Drogu\u00e9, masochiste, schizophr\u00e8ne ou sportif dans l&rsquo;effort flirtent alors avec une autre dimension au fronti\u00e8re du vivable. En qu\u00eate d\u2019une petite mort, ils s\u2019offrent le d\u00e9port n\u00e9cessaire pour qu\u2019ait lieu cette posture d\u00e9licate, cette aventureuse promenade en terre d\u2019utopie, loin de leurs propres limites, pour se tenir hors de soi, et par cette conscience de soi, mobilis\u00e9s par et pour le d\u00e9sir, exister.<\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectnotes\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">1<\/a> &#8211; Le Corps sans Organe est une th\u00e9orie que Gilles Deleuze emprunte \u00e0 Antonin Artaud qui en fait mention pour la premi\u00e8re fois dans son \u0153uvre \u00ab Pour en finir avec le jugement de dieu \u00bb en 1947. Le po\u00e8te annonce vouloir \u00ab faire danser l&rsquo;anatomie humaine \u00bb, et repenser la hi\u00e9rarchie des organes dans un d\u00e9sir de libert\u00e9, au b\u00e9n\u00e9fice de la perception, remettant en question le concept traditionnel de la conscience de soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">2<\/a> &#8211; A. Beaulieu, \u00ab L\u2019exp\u00e9rience deleuzienne du corps \u00bb, <em>Revue internationale de philosophie<\/em> n\u00b0 222, mis en ligne le 30 septembre 2009, URL : <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm <\/a>, consult\u00e9 le 2 octobre 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">3<\/a> &#8211; \u00ab Le c\u0153ur \u00e0 corps de Benjamin Pech \u00bb, entretien r\u00e9alis\u00e9 par E. Favereau, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 15 d\u00e9cembre 2015,<em> in <\/em>I. Queval, <em>Philosophie de l&rsquo;effort<\/em>, Nantes, \u00c9ditions Nouvelles C\u00e9cile Defaut, 2016, p. 54.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">4<\/a> &#8211; L\u2019h\u00e9ritage aristot\u00e9licien qui d\u00e9finit le monde comme cosmos, espace ordonn\u00e9 et bien fini sera la vision qu\u2019adoptera l\u2019\u00e9glise, rel\u00e9guant le corps \u00e0 une cr\u00e9ation de la nature, lui aussi ordonn\u00e9 et bien fini. Descartes, au XVII\u00e8me si\u00e8cle viendra remettre en question ces principes par son <em>cogito ergo sum <\/em>: <em>je pense donc je suis<\/em> \u00e9tant la seule certitude de l\u2019homme sur cette terre. Ainsi le sujet devient le centre de toute r\u00e9flexion et par la conscience de soi, par le <em>je<\/em>, l\u2019homme prend la mesure de sa propre volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">5<\/a> &#8211; Je pense ici \u00e0 la plus grande comp\u00e9tition sportive internationale : les jeux olympiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">6<\/a> &#8211; Selon Maine de Biran, un si\u00e8cle apr\u00e8s Descartes, c&rsquo;est par l\u2019effort que la conscience de soi \u00e9merge. Apparaissant fin XVIII\u00e8me, en lien direct avec la modernit\u00e9, le rapport au corps dans l\u2019exercice physique peut \u00eatre con\u00e7u comme expression d\u2019une libert\u00e9, celle de transgresser par l\u2019effort des limites physiques naturelles et donc de bouleverser celles \u00e9tablies par une nature bien ordonn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">7<\/a> &#8211; E. Favereau, \u00ab Le c\u0153ur \u00e0 corps de Benjamin Pech \u00bb, op. cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">8<\/a> &#8211;&nbsp;<em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">9<\/a> &#8211;&nbsp;<em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">10<\/a> &#8211; Terme qui appara\u00eet dans G. Deleuze et F. Guattari, <em>L\u2019Anti \u0152dipe,Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome I, <\/em>Paris, Les \u00e9ditions de Minuit, 1972.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">11<\/a> &#8211; M. Foucault, <em>Le corps utopique<\/em>, conf\u00e9rence radiophonique sur France Culture, 1966, PDF [En ligne], mis en ligne le 19 juin 2009, URL :<a href=\"https:\/\/www.editions-lignes.com\/LES-HETEROTOPIES-LE-CORPS-UTOPIQUE.html\">https:\/\/www.editions-lignes.com\/LES-HETEROTOPIES-LE-CORPS-UTOPIQUE.html<\/a>, consult\u00e9 le 24 juin 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">12<\/a> &#8211;&nbsp;<em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">13<\/a> &#8211; G.. Deleuze, F. Guattari, <em>Mille Plateaux, Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome II, <\/em>Paris, \u00c9ditions de Minuit, 1980, p.191.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">14<\/a> &#8211; F. Andoka, \u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019un corps sans organe? \u00bb, <em>Philosophique<\/em>, 16 | 2013, mis en ligne le 13 juin 2016, PDF [en ligne], URL : <a href=\"#_1fob9te\">http:\/\/philosophique.revues.org\/838<\/a>, consult\u00e9 le 19 d\u00e9cembre 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">15<\/a> &#8211; G. Deleuze, F. Guattari, <em>Mille Plateaux, Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome II<\/em>, op. cit. p.192. \u00ab Le plaisir n&rsquo;est nullement ce qui ne pourrait \u00eatre atteint que par le d\u00e9tour de la souffrance, mais ce qui doit \u00eatre retard\u00e9 au maximum comme interrompant le proc\u00e8s continu du d\u00e9sir. \u00bb On comprend donc ici que l&rsquo;enjeu des pratiques autodestructrices du masochiste ou du drogu\u00e9 repose sur la production du d\u00e9sir, sur la qu\u00eate en elle-m\u00eame plus que sur un but pr\u00e9cis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">16<\/a> &#8211; G. Deleuze et F. Guattari, <em>Mille Plateaux<\/em>, <em>Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome II, <\/em>op. cit, p.188.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">17<\/a> &#8211; G. F. Duportail, \u00ab Autopsie du corps sans organes \u00bb, <em>Essaim<\/em>, 2011\/1 (n\u00b0 26), mis en ligne le 1er f\u00e9vrier 2011, URL : <a href=\"#_1fob9te\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-essaim-2011-1-page-91.htm<\/a>, consult\u00e9 le 22 juin 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">18<\/a> &#8211; F. Dastur, <em>Heidegger et la question anthropologique<\/em>, Louvain-la neuve, Biblioth\u00e8que Philosophique de Louvain, 2003, p.53.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">19<\/a> &#8211; G.. Deleuze et F. Guattari, <em>L\u2019Anti-\u0152dipe, Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome I<\/em>, op.cit. p. 348 cit\u00e9 <em>in<\/em> F.Andoka, \u00ab Machine d\u00e9sirante et subjectivit\u00e9 dans <em>l\u2019Anti-\u0152dipe<\/em> de Deleuze et Guattari \u00bb, <em>Philosophique<\/em>, n\u00b015\/2012, mis en ligne le 6 avril 2012, URL: <a href=\"#_1fob9te\">https:\/\/philosophique.revues.org\/659<\/a>, consult\u00e9 le 22 juin 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">20<\/a> &#8211; Il est int\u00e9ressant de relever que la relation cavalier\/cheval est l&rsquo;exemple que Deleuze et Guattari utilisent dans <em>Mille<\/em> <em>Plateaux <\/em>pour expliquer le CsO du masochiste. \u00ab R\u00e9sultat \u00e0 obtenir : que je sois dans l&rsquo;attente continuelle de tes gestes et de tes ordres, et que peu \u00e0 peu toute opposition fasse place \u00e0 la fusion de ma personne avec la tienne \u00bb. R. Dupouy, <em>Du masochisme<\/em>, Annales m\u00e9dico-psychologiques, 1929, pp. 397-405. cit\u00e9 par G. Deleuze et F. Guattari, <em>Mille Plateaux, Capitalisme et schizophr\u00e9nie, Tome II<\/em>, op.cit<em>.<\/em>, p. 193.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">21<\/a> &#8211; E. Favereau, \u00ab Le c\u0153ur \u00e0 corps de Benjamin Pech \u00bb,<em> op. cit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">22<\/a> &#8211; B .Jeu, <em>Analyse du sport<\/em>, Paris, PUF, 1987, p 188.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">23<\/a> &#8211; C\u2019est-\u00e0-dire selon les racines latines du mot compas (<em>compasare<\/em>) mesur\u00e9 par le pas, car c\u2019est ici le nombre de foul\u00e9es de galop que le cheval peut placer entre chaque \u00e9l\u00e9ment qui importe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">24<\/a> &#8211; Une ligne de d\u00e9sir est un concept urbanistique d\u00e9signant un sentier cr\u00e9\u00e9 par le passage r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de pi\u00e9tons voulant simplifier l&rsquo;itin\u00e9raire pr\u00e9vu par l&rsquo;am\u00e9nagement urbain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">25<\/a> &#8211; Et par l\u2019image de cette fuite, de cette \u00e9chapp\u00e9e, nous pouvons repenser aux \u00ab drogu\u00e9s \u00bb, \u00ab masochistes \u00bb et \u00ab schizophr\u00e8nes \u00bb cit\u00e9s par Deleuze dans <em>Mille Plateaux<\/em> et qui incarnent des comportements en qu\u00eate d\u2019un Corps sans Organe pour foncer <em>droit dans le mur<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">26<\/a> &#8211; Nous verrons par exemple les barres de saut d&rsquo;obstacle photographi\u00e9es dans la s\u00e9rie d&rsquo;images <em>Obstacles<\/em> qui se veut proposition de regard sur l&rsquo;art minimaliste, jeu pictural et r\u00e9f\u00e9rence au travail de l&rsquo;artiste Piet Mondrian.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">27<\/a> &#8211; M. Deparis, <em>Pi\u00e8ges<\/em>, Paris, 2007, sur le site de l&rsquo;artiste, URL : <a href=\"http:\/\/www.mounirfatmi.com\/work-283-13.html\">http:\/\/www.mounirfatmi.com\/work-283-13.html<\/a>, consult\u00e9 le 5 octobre 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">28<\/a> &#8211; A. Beaulieu, \u00ab L\u2019exp\u00e9rience deleuzienne du corps \u00bb, <em>Revue internationale de philosophie<\/em>, 2002\/4 (n\u00b0 222), URL : <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm<\/a> , consult\u00e9 le 2 octobre 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">29<\/a> &#8211; Le \u00ab devenir-animal \u00bb est un concept qui appara\u00eet dans <em>Mille Plateaux<\/em> et qui qualifie un changement presque imperceptible qui intervient au niveau \u00ab mol\u00e9culaire \u00bb. C\u2019est \u00ab laisser advenir en soi l\u2019animal que je deviens \u00bb <em>in<\/em> D. Viennet, \u00ab Animal, animalit\u00e9, devenir-animal \u00bb, <em>Le Portique<\/em> [En ligne], 23-24 | 2009, mis en ligne le 28 septembre 2011, URL : <a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/2454\">http:\/\/leportique.revues.org\/2454<\/a>, consult\u00e9 le 23 octobre 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">30<\/a> &#8211; R. Arsenie- Zamfir,<em> Pourquoi le corps sans organes est-il \u00ab\u00a0plein\u00a0\u00bb ?<\/em>, PDF [En ligne], mis en ligne le 10 mai 2007, URL:<a href=\"http:\/\/erraphis.univtlse2.fr\/servlet\/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1317125365827\">http:\/\/erraphis.univtlse2.fr\/servlet\/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1317125365827<\/a>, consult\u00e9 le 22 juin 2017.<\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectbiblio\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>OUVRAGES<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DASTUR, Fran\u00e7ois, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Heidegger et la question anthropologique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Louvain-la neuve, Biblioth\u00e8que Philosophique de Louvain, 2003.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DELEUZE, Gilles, GUATTARI, Felix, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">L\u2019Anti-\u0152dipe. Capitalisme et schizophr\u00e9nie<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Paris, Editions de Minuit. 1972.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DELEUZE, Gilles, GUATTARI, Felix, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Mille Plateaux<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">. Paris : \u00c9ditions de Minuit, 1980.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DERRIDA, Jacques, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Kh\u00f4ra, <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Paris, Galil\u00e9e, 1993.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DERRIDA, Jacques, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">L&rsquo;animal que donc je suis, <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">Paris, Galil\u00e9e, 2006.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">JEU, Bernard, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Analyse du sport<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Paris, PUF, 1987.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">QUEVAL, Isabelle, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophie de l&rsquo;effort<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Nantes, Editions Nouvelles C\u00e9cile Defaut, 2016.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">QUEVAL, Isabelle, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">S\u2019accomplir ou se d\u00e9passer, Essai sur le sport contemporain<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Paris, Gallimard, 2004.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">MARRATI, Paola, SAUVAGNARGUES, Anne, ZOURABICHVILI, Fran\u00e7ois, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">La philosophie de Deleuze<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, Paris, PUF,2004\/2011.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>ARTICLES<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">FAVEREAU, Eric, \u00ab Le c\u0153ur \u00e0 corps de Benjamin Pech \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Lib\u00e9ration<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 15 d\u00e9cembre 2015.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectwebo\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#webo\">Webographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>ARTICLES EN LIGNE<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">ANDOKA, Florence, \u00ab Machine d\u00e9sirante et subjectivit\u00e9 dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">l\u2019Anti-\u0152dipe<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> de Deleuze et Guattari \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, n\u00b015\/2012, mis en ligne le 6 avril 2012, URL: <\/span><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1Pde3Nh1Tz4Xmvdy-0kQ0jfPzRRoR-qGIkftd94VmCc4\/edit#heading=h.1fob9te\"><span style=\"font-weight: 400\">https:\/\/philosophique.revues.org\/659<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 22 juin 2017. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">ANDOKA, Florence, \u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019un corps sans organe? \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Philosophique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 16 | 2013, mis en ligne le 13 juin 2016, PDF [en ligne], URL : <\/span><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1Pde3Nh1Tz4Xmvdy-0kQ0jfPzRRoR-qGIkftd94VmCc4\/edit#heading=h.1fob9te\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/philosophique.revues.org\/838<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 19 d\u00e9cembre 2016.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">ARSENIE-ZAMFIR, Raluca, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\"> Pourquoi le corps sans organes est-il \u00ab\u00a0plein\u00a0\u00bb ?<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, PDF [En ligne], mis en ligne le 10 mai 2007, URL: <\/span><a href=\"http:\/\/erraphis.univtlse2.fr\/servlet\/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1317125365827\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/erraphis.univtlse2.fr\/servlet\/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1317125365827<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 22 juin 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">BEAULIEU, Alain, \u00ab L&rsquo;exp\u00e9rience deleuzienne du corps \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Revue internationale de philosophie<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 2002\/4 (n\u00b0 222), mis en ligne le 30 septembre 2009, URL :<\/span> <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-internationale-de-philosophie-2002-4-page-511.htm<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 2 octobre 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">DUPORTAIL, Guy-F\u00e9lix, \u00ab Autopsie du corps sans organes \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Essaim<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 2011\/1 (n\u00b0 26), mis en ligne le 1er f\u00e9vrier 2011, URL : <\/span><a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-essaim-2011-1-page-91.htm\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-essaim-2011-1-page-91.htm<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 22 juin 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">MARIN, Claire, \u00ab L\u2019\u0152il et la main : la m\u00e9taphysique du toucher dans la philosophie fran\u00e7aise, de Ravaisson \u00e0 Derrida \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Revue Les Etudes philosophiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> n\u00b0 64, PUF, mis en ligne en janvier 2003, URL : <\/span><a href=\"https:\/\/docs.google.com\/document\/d\/1Pde3Nh1Tz4Xmvdy-0kQ0jfPzRRoR-qGIkftd94VmCc4\/edit#heading=h.1fob9te\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/www.cairn.info\/revue-les-etudes-philosophiques-2003-1-page-99.htm<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 19 septembre 2016.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">VIENNET, Denis, \u00ab Animal, animalit\u00e9, devenir-animal \u00bb, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le Portique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\"> [En ligne], 23-24 | 2009, mis en ligne le 28 septembre 2011, URL : <\/span><a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/2454\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/leportique.revues.org\/2454<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\">, consult\u00e9 le 23 octobre 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>EMISSIONS DE RADIO<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">FOUCAULT, Michel, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Le corps utopique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, conf\u00e9rence radiophonique sur France Culture, 1966, PDF [En ligne], mis en ligne le 19 juin 2009, URL :<\/span><a href=\"https:\/\/www.editions-lignes.com\/LES-HETEROTOPIES-LE-CORPS-UTOPIQUE.html\"><span style=\"font-weight: 400\">https:\/\/www.editions-lignes.com\/LES-HETEROTOPIES-LE-CORPS-UTOPIQUE.html<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\"> , consult\u00e9 le 24 juin 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">VAN REETH, Ad\u00e8le, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Les chemins de la philosophie<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, 25 novembre 2016, France Culture.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><b>SITES INTERNET<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">Site en ligne de l&rsquo;artiste Mounir Fatmi, URL :<\/span><a href=\"http:\/\/www.mounirfatmi.com\/\"><span style=\"font-weight: 400\">http:\/\/www.mounirfatmi.com\/<\/span><\/a><span style=\"font-weight: 400\"> , site consult\u00e9 le 5 octobre 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"secttable\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#table\">Table des illustrations<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">Page 5 : LE TORRIVELLEC, Marion, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Carri\u00e8re<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, photographie couleur, triptyque, 200 x 300 cm chaque, 2017.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-weight: 400\">Page 9 : FATMI, Mounir , <\/span><i><span style=\"font-weight: 400\">Pi\u00e8ges<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400\">, installation, barres d&rsquo;obstacle, peinture, 400 cm de long, 2004\/2005. Vue de l&rsquo;exposition \u00ab Africa remix \u00bb, centre Georges Pompidou, Paris, 2005.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marion LE TORRIVELLEC Marion Le Torrivellec est artiste plasticienne dipl\u00f4m\u00e9e de l&rsquo;iSDAT et doctorante en arts plastiques au sein du laboratoire LLA Cr\u00e9atis (UT2J). Elle enseigne par ailleurs les arts plastiques dans le secondaire ainsi qu&rsquo;au sein du d\u00e9partement Arts plastiques-Design de l&rsquo;universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s. 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