 {"id":3151,"date":"2018-01-09T20:06:59","date_gmt":"2018-01-09T19:06:59","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=3151"},"modified":"2019-10-03T08:37:05","modified_gmt":"2019-10-03T07:37:05","slug":"la-ville-contemporaine-aux-visages-u-topique-de-la-plasticite-de-la-verticalite-au-generique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemporaine-aux-visages-u-topique-de-la-plasticite-de-la-verticalite-au-generique\/","title":{"rendered":"La ville contemporaine aux visages u-topique. De la plasticit\u00e9 de la verticalit\u00e9 au g\u00e9n\u00e9rique."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><strong> Alessia NIZOVTSEVA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"CENTER\">Alessia Nizovtseva est plasticienne et doctorante en Arts Plastiques au laboratoire LLA-CREATIS, Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s. Son sujet de th\u00e8se est un sillage de la construction et de la \u00ab d\u00e9construction \u00bb de\/dans l&rsquo;image photographique d&rsquo;architecture dans sa relation \u00e0 la sculpture spatiale et \u00e0 la maquette dans l&rsquo;art contemporain. Le terme de la \u00ab d\u00e9construction \u00bb est inspir\u00e9 de la philosophie de Jacques Derrida en lien avec les mouvements du d\u00e9constructivisme et constructivisme russe en architecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"&#x6d;&#x61;&#105;lt&#x6f;&#x3a;&#x61;&#108;es&#x73;&#x69;&#x61;&#110;iz&#x6f;&#x76;&#x74;&#115;ev&#x61;&#x40;&#x67;&#109;ai&#x6c;&#x2e;&#x63;om\">&#97;&#x6c;&#101;&#x73;s&#x69;a&#x6e;i&#x7a;o&#x76;t&#x73;e&#118;&#x61;&#64;&#x67;&#109;&#x61;i&#x6c;&#46;&#x63;o&#x6d; <\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Nizovtseva, Alessia , \u00ab La ville contemporaine aux visages u-topique. De la plasticit\u00e9 de la verticalit\u00e9 au g\u00e9n\u00e9rique. \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b09 \u00ab Lieux et non-lieux : liens au corps \u00bb, printemps 2018, mis en ligne le 28\/03\/2018, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2018\/03\/article-Alexia.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format PDF<\/a><\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">En partant de la pluralit\u00e9 du concept du \u00ab non-lieu \u00bb qui nous ram\u00e8ne vers la d\u00e9finition de<i> \u00ab <\/i>l&rsquo;u-topie \u00bb de Louis Martin, mais \u00e9galement de l&rsquo;utopie moderne en architecture, nous nous pencherons vers l&rsquo;analyse des \u0153uvres de trois artistes tels que St\u00e9phane Couturier, Gao Brothers et mon installation <i>Towers 2. <\/i>Dans ces \u0153uvres, l&rsquo;architecture contemporaine est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;une ville d\u00e9shumanis\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;absence et la pr\u00e9sence des corps humains deviennent une figure critique de l&rsquo;uniformit\u00e9, de la perte d&rsquo;identit\u00e9, d\u2019anonymat et de masse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : photographie \u2013 non-lieu &#8211; architecture moderne \u2013 sculpture \u2013 maquette \u2013 habitat contemporain.<\/p>\n<h3 class=\"western\" style=\"text-align: justify\">Abstract<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Starting from the plurality of the concept \u00ab non-place \u00bb which leads us to the definition of the \u00ab u-topie <i>\u00bb<\/i> of Louis Martin, but also of the modern utopia in architecture, we will analyze the works of three artists such as St\u00e9phane Couturier, Gao Brothers and my installation <i>Towers 2<\/i>. In these works, contemporary architecture is like a dehumanized city where the absence and presence of human bodies become a critical figure of uniformity, the loss of identity, anonymity and mass.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Keywords<\/strong>: <span lang=\"en\">photography \u2013 non-place \u2013 modern architecture \u2013 sculpture \u2013 model \u2013 contemporary habitat.<\/span><\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Sommaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sectintro\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect1\">1. La ville contemporaine : de la modernit\u00e9 \u00e0 la monumondialit\u00e9<\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect2\">2. L&rsquo;espace de la bidimensionnalit\u00e9<\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect3\">3. La plasticit\u00e9 de la verticalit\u00e9 : de la photographie vers la sculpture<\/a><br \/>\n<a name=\"4\"><\/a><a href=\"#sect4\">4. La maquette et l&rsquo;utopie comme figure de d\u00e9s\u00e9quilibre<\/a><br \/>\n<a name=\"5\"><\/a><a href=\"#sect5\">5. Du corps souffrant au corps abstrait<\/a><br \/>\n<a name=\"conclu\"><\/a><a href=\"#sectconclu\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sectnotes\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sectbiblio\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectintro\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">En r\u00e9alisant les s\u00e9ries des photographies des habitations de masse entre la Roumanie et la Russie, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par une ressemblance \u00e9tonnante des quartiers r\u00e9sidentiels entre ces deux pays. D\u00e8s lors, je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l&rsquo;habitat contemporain tel que les tours et barres d&rsquo;habitation qui peuplent les villes de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est mais \u00e9galement les villes occidentales qui ne sont pas d\u00e9pourvues de zones p\u00e9riph\u00e9riques et banlieues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Une grande partie de l&rsquo;architecture d&rsquo;habitat sovi\u00e9tique, tout comme certains grands ensembles des banlieues europ\u00e9ennes sont emmur\u00e9s dans une forme de n\u00e9gligence voire de d\u00e9samour de la population ; critiqu\u00e9s et remis en cause, ces espaces provoquent de nombreux d\u00e9bats parmi les sociologues et les urbanistes. A ce titre, Bernard Savignon critique les p\u00e9riph\u00e9ries des grandes villes dans son ouvrage <i>La cit\u00e9 n&rsquo;appartient \u00e0 personne<\/i>, en \u00e9crivant : \u00ab Toute la banlieue a fabriqu\u00e9 cet univers du M\u00eame autour d&rsquo;une rupture des sens, la ville construisait loin de son forum, a mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ces habitations p\u00e9riph\u00e9riques [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote1sym\" name=\"sdendnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">De m\u00eame, Michael Kokoreff d\u00e9finit les barres d&rsquo;habitation construites sur les terrains vagues comme des \u00ab non-lieux \u00bb proches de la d\u00e9finition de Marc Aug\u00e9, car ce type d&rsquo;habitat manque \u00ab \u00e0 la fois d\u2019histoire de m\u00e9moire collective<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote2sym\" name=\"sdendnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Selon Marc Aug\u00e9, \u00ab le non-lieu \u00bb est un produit de la \u00ab surmodernit\u00e9 \u00bb qui est oppos\u00e9 au lieu anthropologique : \u00ab [\u2026] un espace qui ne peut se d\u00e9finir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote3sym\" name=\"sdendnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> \u00bb. Les \u00ab non-lieux \u00bb d&rsquo;Aug\u00e9 sont des lieux de croisement entre les \u00eatres humains sans \u00e9changes pr\u00e9alables, o\u00f9 seuls existent des rapports de consommation. Ce sont les lieux de transport en commun, des supermarch\u00e9s, les lieux virtuels&#8230; o\u00f9 tout \u00eatre humain reste solitaire, o\u00f9 la vitesse et d&rsquo;autres facteurs le mettent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du reste du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">La th\u00e9orie de Marc Aug\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e aujourd&rsquo;hui comme \u00e9tant trop radicale, portant \u00e0 ces espaces une connotation n\u00e9gative qui a \u00e9t\u00e9 remise en question. Tel est l&rsquo;exemple de Claude Raffestin qui rejette le concept du non-lieu de Marc Aug\u00e9 qui, \u00ab au-del\u00e0 de sa banalit\u00e9 binaire, n&rsquo;ajoute rien aux sciences humaines, sinon une \u00e9ventuelle occasion de confusion<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote4sym\" name=\"sdendnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a> \u00bb. De nombreux articles parus dans l&rsquo;ouvrage <i>Ville infect\u00e9e, ville d\u00e9shumanis\u00e9e<\/i> en 2014 ont analys\u00e9 la ville \u00e0 travers les processus de d\u00e9shumanisation et d&rsquo;humanisation au c\u0153ur de la litt\u00e9rature de l\u2019extr\u00eame contemporain qui prouvent que les lieux ne s&rsquo;opposent pas aux non-lieux, mais que les deux coexistent : \u00ab une m\u00eame entit\u00e9 peut \u00eatre \u00e0 la fois le lieu et le non-lieu [\u2026] ceux qui sont r\u00e9put\u00e9s \u00eatre des lieux ou ont vocation \u00e0 l\u2019\u00eatre sont susceptibles de se d\u00e9shumaniser et devenir de ce fait des non-lieux ; inversement<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote5sym\" name=\"sdendnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Si le concept du non-lieu de Marc Aug\u00e9 ne peut pas \u00eatre caract\u00e9ristique pour les espaces r\u00e9els car trop cat\u00e9gorique, il me semble que certaines \u0153uvres d&rsquo;art contemporaines en lien avec l&rsquo;architecture ne sont pas d\u00e9pourvues des caract\u00e9ristiques des non-lieux tels que : perte d&rsquo;identit\u00e9, anonymat, masse, enfermement (comme l&rsquo;attestent les pratiques de Cyprien Gaillard, de Michel Wolf, d&rsquo;Yves B\u00e9lorgey).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Hormis la th\u00e9orie de Marc Aug\u00e9, le non-lieu est avant tout li\u00e9 au terme d&rsquo;utopie invent\u00e9 par Thomas More en 1516 signifiant <i>u-topos <\/i>un lieu sans lieu mais \u00e9galement <i>eu-topos <\/i>lieu du bonheur, imaginaire et inatteignable. Ce qui nous int\u00e9ressera dans cette recherche ce n&rsquo;est pas le terme de non-lieu de Marc Aug\u00e9 ou le terme d&rsquo;utopie mais plut\u00f4t la tension qui se cr\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre \u00e0 travers la pluralit\u00e9 de ce concept. Ceci nous ramenant \u00e0 de nombreuses r\u00e9flexions \u00e0 travers les \u0153uvres de St\u00e9phane Couturier, de Gao Brothers et mon travail plastique <i>Tower 2<\/i>. En partant du terme de \u00ab <i>l&rsquo;u-topie \u00bb<\/i> de Louis Martin qui caract\u00e9rise la traduction directe de la structure s\u00e9mantique \u00e0 travers les textes de X\u00e9nakis comme : \u00ab le non-lieu ; nulle-part qui ne signifie pas l\u2019irr\u00e9el ou l&rsquo;imaginaire, mais l&rsquo;ind\u00e9termination du lieu, le lieu du neutre, l&rsquo;espace de la diff\u00e9rence, de la force de la diff\u00e9renciation : le lieu de ce qui n&rsquo;est ni ici ni l\u00e0 ; la pr\u00e9sence du manque dans l&rsquo;espace autour duquel et par rapport auquel l&rsquo;espace s&rsquo;organise<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote6sym\" name=\"sdendnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Il me semble que de multiples \u0153uvres d&rsquo;art corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 l&rsquo;architecture se trouvent dans l&rsquo;ind\u00e9termination et se rapprochent de la d\u00e9finition s\u00e9mantique de <i>l&rsquo;u-topie, <\/i>elles sont g\u00e9n\u00e9ralement, comme le dit Catherine Grenier : \u00ab [\u2026] caract\u00e9ris\u00e9es par une irr\u00e9solution volontaire entre chantier et ruine, utopie et d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote7sym\" name=\"sdendnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a> \u00bb, mais \u00e9galement entre la pr\u00e9sence et l\u2019absence des corps humains. Les trois \u0153uvres que nous \u00e9tudierons s&rsquo;inscrivent dans cette r\u00e9flexion \u00e0 travers la remise en cause de la ville et de l&rsquo;habitat contemporain.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect1\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#1\">1. La ville contemporaine : de la modernit\u00e9 \u00e0 la monumondialit\u00e9<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Ce n&rsquo;est pas une ville fant\u00f4me ou la ruine abandonn\u00e9e qui est repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 travers la s\u00e9rie des photographies d&rsquo;architecture de St\u00e9phane Couturier. Pourtant, ce qui nous frappe d\u00e8s le premier regard, c&rsquo;est l&rsquo;absence de tout \u00eatre humain et l&rsquo;image de la ville qui est soumise \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition et l&rsquo;uniformisation des fa\u00e7ades d&rsquo;architecture. M\u00eame si la photographie d&rsquo;architecture est souvent caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;absence des corps humains pour mettre en valeur la vue du b\u00e2timent, dans les photographies de St\u00e9phane Couturier cette absence devient un moyen plastique pour cr\u00e9er un manque et probl\u00e9matiser la condition humaine dans les villes surpeupl\u00e9es. En jouant entre la r\u00e9alit\u00e9 et l&rsquo;illusion, ces vues paradoxales des fa\u00e7ades d&rsquo;immeuble nous ram\u00e8nent \u00e0 un questionnement sur le statut de l&rsquo;image photographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Entre 1997 et 2006, St\u00e9phane Couturier r\u00e9alise la s\u00e9rie des photographies sous-titr\u00e9e <i>Monuments<\/i> ; le photographe se consacre aux p\u00e9riph\u00e9ries des villes qu&rsquo;il parcourt pour y immortaliser les mutations des masses monumentales en construction telles que des barres d&rsquo;habitation, des zones pavillonnaires, des tours. En privil\u00e9giant toujours le m\u00eame cadrage strict, la prise de vue frontale, une lumi\u00e8re douce o\u00f9 le b\u00e2timent para\u00eet comme \u00e9tant enferm\u00e9 dans un cadre, isol\u00e9 du monde ext\u00e9rieur, les photographies de Couturier imposent des volumes de grands formats simples et g\u00e9om\u00e9triques, qui cr\u00e9ent un face \u00e0 face avec le spectateur. Nous ne voyons rien d&rsquo;autre que la vue du b\u00e2timent \u00e0 sa hauteur, sa fa\u00e7ade devient la totalit\u00e9 de l&rsquo;image et absorbe tout le reste : le ciel y est souvent absent, le sol est invisible. Le b\u00e2timent devient ici un fragment, une bribe, une suspension entre le haut et le bas dans un espace ind\u00e9fini. Ici, l&rsquo;immeuble para\u00eet comme \u00e9tant arrach\u00e9 de son contexte, d\u00e9racin\u00e9, neutralis\u00e9 de tout le reste, o\u00f9 le lien au lieu est rompu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Pourquoi ne pas parler \u00e0 travers cette s\u00e9rie de photographies de la modernit\u00e9 en architecture ? Celle ci se caract\u00e9rise par son id\u00e9ologie fonctionnaliste formul\u00e9e dans la Charte d&rsquo;Ath\u00e8nes r\u00e9dig\u00e9e par Le Corbusier en 1943. La modernit\u00e9 en architecture s&rsquo;inscrit, selon Augustin Berque dans un \u00ab espace absolu \u00bb qui devient universel et neutralise la singularit\u00e9 des lieux r\u00e9els et impose : \u00ab [&#8230;] des formes identiques aux quatre coins de la plan\u00e8te. Partout la m\u00eame chose \u2013 l\u2019identit\u00e9 absolue r\u00e9alis\u00e9e dans toute l\u2019\u00e9tendue terrestre [\u2026]. C&rsquo;est un espace utopique par essence, car n\u00e9gateur des lieux (<i>o\u00f9 topos<\/i> veut dire \u00ab non-lieu \u00bb), alors m\u00eame qu&rsquo;il ne peut se r\u00e9aliser que dans les lieux concrets, \u00e0 la surface de la terre <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote8sym\" name=\"sdendnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Apparaissent, alors, l&rsquo;uniformit\u00e9, l\u2019alignement identique des immeubles dans l&rsquo;espace urbain. Dans ses nombreux ouvrages, Augustin Berque critique la modernit\u00e9 en architecture qui est vue par l&rsquo;auteur comme un r\u00e9sultat d\u00e9plorable de notre \u00e9poque. C&rsquo;est le cas des barres gigantesques imagin\u00e9es par Le Corbusier \u00e0 travers une r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9canique pour ces projets utopistes irr\u00e9alis\u00e9s de la ville de Paris, et sont selon Berque ravageuses, \u00ab [\u2026] sans aucun rapport ni avec le milieu, ni avec l&rsquo;histoire<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote9sym\" name=\"sdendnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi que les fa\u00e7ades identiques qui proviennent dans leur majorit\u00e9 des p\u00e9riph\u00e9ries de S\u00e9oul sur les clich\u00e9s de Couturier pourraient \u00eatre \u00e0 Paris, \u00e0 P\u00e9kin, \u00e0 Moscou o\u00f9 dans n&rsquo;importe quelle autre ville de la plan\u00e8te ; ici, l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;une ville reste m\u00e9connaissable, anonyme. Toutes les m\u00eames, ces villes contemporaines que Rem Koolhaas caract\u00e9rise de \u00ab g\u00e9n\u00e9riques \u00bb, sont d\u00e9pourvues d&rsquo;identit\u00e9. \u00ab La Ville g\u00e9n\u00e9rique \u00bb, selon l\u2019architecte, n&rsquo;a plus d&rsquo;identit\u00e9, elle est lib\u00e9r\u00e9e de son \u00ab carcan<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote10sym\" name=\"sdendnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a> \u00bb, sans histoire et sans pass\u00e9, la ville s&rsquo;\u00e9tend si elle devient trop petite et se renouvelle toute seule, simplement. La p\u00e9riph\u00e9rie s&rsquo;est \u00e9mancip\u00e9e de \u00ab l&#8217;emprise du centre<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote11sym\" name=\"sdendnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a> \u00bb, est comparable \u00e0 un organisme vivant en continuelle transformation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">En caract\u00e9risant les clich\u00e9s de St\u00e9phane Couturier, Philippe Piguet nomme les immeubles : \u00ab Figures embl\u00e9matiques des temps contemporains, ces immeubles qui semblent n&rsquo;en pas finir de leur \u00e9tagement comme de leur alignement ne sont autres que de nouveaux monuments de l&rsquo;\u00e8re de la mondialisation<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote12sym\" name=\"sdendnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;image que nous en donne Couturier que l&rsquo;on serait tent\u00e9 de qualifier de <i>monumondial<\/i> comme l&rsquo;explique Piguet, pourrait avoir quelques caract\u00e9ristiques en lien avec \u00ab la surmodernit\u00e9 \u00bb de Marc Aug\u00e9 qui caract\u00e9rise notre \u00e9poque pour mettre en \u00e9vidence l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;exc\u00e8s, de surconsommation. <i>Le<\/i> <i>monumondial<\/i> de Philippe Piguet est sans doute li\u00e9 aux ph\u00e9nom\u00e8nes de la mondialisation o\u00f9 la standardisation et la vitesse de la construction des villes cr\u00e9ent une ablation d&rsquo;identit\u00e9. A cet endroit, la fa\u00e7ade d&rsquo;immeuble devient une figure anonyme ; toute absence de pr\u00e9sence humaine laisse transpara\u00eetre un manque, une frustration, puisque tout est arrach\u00e9 de ce contexte : le ciel, le sol, les corps humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">En outre, la \u00ab ville g\u00e9n\u00e9rique \u00bb qui ressort \u00e0 travers les photographies de Couturier est celle de la hauteur, elle :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab [&#8230;] abandonne l&rsquo;horizontal pour le vertical. Le gratte-ciel semble appel\u00e9 \u00e0 y devenir la typologie ultime et d\u00e9finitive. Il a absorb\u00e9 tout le reste. Il peut se dresser partout, dans une rizi\u00e8re ou en centre-ville, peu importe. Les tours ne sont plus c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, mais ainsi s\u00e9par\u00e9es qu&rsquo;elles n&rsquo;ont plus d&rsquo;interaction. La densit\u00e9 dans l&rsquo;isolement: voil\u00e0 l&rsquo;id\u00e9al <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote13sym\" name=\"sdendnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">La ville de St\u00e9phane Couturier pourrait pr\u00e9senter quelques rapprochements avec l&rsquo;utopie corbus\u00e9enne car elle privil\u00e9gie la verticalit\u00e9 et o\u00f9 le gratte-ciel est symbolique : \u00ab [\u2026] un volume sans chair, une figure de g\u00e9om\u00e9trie la plus simple possible, r\u00e9p\u00e9table \u00e0 l&rsquo;infini par le biais de la standardisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote14sym\" name=\"sdendnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a> \u00bb. Ce ne sont pas les gratte-ciels, symboles de la r\u00e9ussite et de l&rsquo;\u00e9conomie prosp\u00e8re, mais les tours et les barres d&rsquo;habitation qui deviennent \u00ab la typologie ultime<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote15sym\" name=\"sdendnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a>\u00bb, les monuments de la ville contemporaine de St\u00e9phane Couturier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Plus loin, la densit\u00e9 est r\u00e9alis\u00e9e par le cadrage strict sur les fa\u00e7ades d&rsquo;immeubles et isole ainsi les \u00e9l\u00e9ments multiples sur la m\u00eame surface mais encore par le travail de la s\u00e9rie. Le paradoxe se trouve \u00e0 la fronti\u00e8re entre l&rsquo;universalit\u00e9 et la diversit\u00e9 : il appara\u00eet dans le chevauchement des plans sans hi\u00e9rarchie dans la m\u00eame image : \u00ab Chaque fen\u00eatre est identique et pourtant diff\u00e9rente. Chaque bloc ressemble \u00e0 son jumeau et pourtant s&rsquo;en distingue<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote16sym\" name=\"sdendnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a> \u00bb<i>.<\/i><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect2\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#2\">2. L&rsquo;espace de la bidimensionnalit\u00e9<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;artiste joue avec l\u2019\u00e9loignement et le rapprochement de vision puisque les formats relativement grands permettent de voir au plus pr\u00e8s les d\u00e9tails de la fa\u00e7ade : les fen\u00eatres, les balcons, les couleurs, toute la multitude des indices s&rsquo;expose au regard du spectateur qui glisse sur la surface plane de la fa\u00e7ade.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;effet d&rsquo;une surface est renforc\u00e9 par la prise de vue neutre qui abolit compl\u00e8tement la perception. La particularit\u00e9 de ses photographies se trouve dans l&rsquo;illusion de \u00ab la bidimensionalit\u00e9 \u00bb volontairement recherch\u00e9e par l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi que Eric De Chassey parle de \u00ab la photographie plate \u00bb dans son ouvrage <i>Platitude. Une histoire de la photographie plate<\/i> en pr\u00e9cisant que :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Le photographe n&rsquo;est pas comme le peintre, conduit \u00e0 chercher la repr\u00e9sentation de la troisi\u00e8me dimension ; son appareil est construit pour donner toujours cette illusion.[&#8230;] Ce que peut chercher le photographe en revanche, c&rsquo;est \u00e0 accentuer volontairement la bidimensionnalit\u00e9, \u00e0 supprimer l&rsquo;illusion de profondeur par la pr\u00e9cision de la prise de vue : \u00e0 faire plat<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote17sym\" name=\"sdendnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a> . \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Il me semble que St\u00e9phane Couturier joue de la bidimensionnalit\u00e9 pour effacer les fronti\u00e8res entre l&rsquo;illusion et la r\u00e9alit\u00e9. En r\u00e9duisant l&rsquo;immeuble \u00e0 une surface fine et plate, elle devient dans l&rsquo;espace d&rsquo;exposition une fen\u00eatre en longueur qui sert de vitrine pour l\u2019\u0153il du spectateur parcourant cet \u00e9cran photographique : \u00ab D\u00e9laissant tout ornement inutile, nettoy\u00e9e en quelque sorte de tout accident, et surtout de tout d\u00e9cor, la fa\u00e7ade se pr\u00e9sente comme surface [&#8230;]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote18sym\" name=\"sdendnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a> \u00bb. Vue de pr\u00e8s, la fa\u00e7ade appara\u00eet comme un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;architecture \u00e0 part enti\u00e8re, se manifeste comme une fine limite entre int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur ; vue de loin elle devient un \u00e9l\u00e9ment g\u00e9om\u00e9trique abstrait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e9galement le proc\u00e9d\u00e9 du nettoyage, de neutralisation par l&rsquo;\u00e9limination des \u00e9l\u00e9ments inutiles que l&rsquo;artiste emploie : paysage, corps humains, ciel, sol. Cette neutralisation cr\u00e9e une dualit\u00e9 de lecture de l&rsquo;image o\u00f9 l&rsquo;architecture devient \u00ab un <em>lieu neutre \u00bb<\/em>, qui est capable selon Barthes d&rsquo;une duplicit\u00e9 des sens. Le lieu neutre dans la vision de Barthes comme l&rsquo;explique Claude St\u00e9phane Perrain \u00ab [\u2026] cr\u00e9e un sentiment de <em>semi-absence<\/em> comme dans une bo\u00eete [\u2026] <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote19sym\" name=\"sdendnote19anc\"><sup>19<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Pour Louis Martin, le neutre est \u00ab [\u2026] un \u00e9cart des contradictions, la contradiction m\u00eame maintenue entre le vrai et le faux [&#8230;]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote20sym\" name=\"sdendnote20anc\"><sup>20<\/sup><\/a> \u00bb. Par exemple, dans la photographie <i>S\u00e9oul n\u00b01<\/i>, le photographe cr\u00e9e la reconstitution de panoramiques \u00e0 partir de fragments des fa\u00e7ades identiques d&rsquo;un immeuble de S\u00e9oul. Sans le savoir, nous pouvons facilement croire dans la r\u00e9alit\u00e9 de la repr\u00e9sentation, pourtant l&rsquo;image se trouve \u00e0 la limite entre le vrai et le faux, entre le r\u00e9el et l&rsquo;abstrait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">A l&rsquo;instar de la maquette d&rsquo;architecture qui n\u2019est pas encore r\u00e9alis\u00e9e, ces chantiers fantomatiques, vid\u00e9s de leur habitants sont encore en construction. Dans l&rsquo;entre-deux, entre la fin et le commencement, ces architectures sont en attente, en <i>stand-by<\/i> mais \u00e9galement en mutation et en mouvement<i>. <\/i>La<i> <\/i> vue<i> <\/i>des fa\u00e7ades en chantier donne aux b\u00e2timents l&rsquo;aspect st\u00e9rile et ambigu de l&rsquo;architecture de masse, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;image photographi\u00e9e devient le lieu du trouble et de l&rsquo;illusion.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect3\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#3\">3. La plasticit\u00e9 de la verticalit\u00e9 : de la photographie vers la sculpture<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Dans mon travail plastique, la recherche de la bidimentionalit\u00e9 entre l&rsquo;illusion et la r\u00e9alit\u00e9 se diff\u00e9rencie de celle de St\u00e9phane Couturier par la prise de vue en contre-plong\u00e9e, mais \u00e9galement par la composition de deux images identiques, qui rompt avec l&rsquo;\u00e9quilibre g\u00e9om\u00e9trique de la photographie. Dans le clich\u00e9 <i>Ciel 2<\/i>, nous ne voyons qu&rsquo;un petit bout de l&rsquo;immeuble de masse monumentale des ann\u00e9es 60 du quartier d&rsquo;Empalot dont la d\u00e9molition est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Ne pas prendre en photographie la fa\u00e7ade de l&rsquo;immeuble o\u00f9 la vue d&rsquo;ensemble du b\u00e2timent, \u00e0 l&rsquo;instar de Couturier, me permet de voiler cet espace qui me semble dystopique, d\u00e9shumanis\u00e9, cette architecture qui ne peut \u00e9voquer que \u00ab le m\u00eame, l&rsquo;universel, l&rsquo;identique \u00bb et rappeler la froideur et la st\u00e9rilit\u00e9 de l&rsquo;esth\u00e9tique corbus\u00e9enne. Il faudrait regarder de plus pr\u00e8s pour comprendre ce que le spectateur voit en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers les images compos\u00e9es : lignes abstraites ou d\u00e9tails d&rsquo;architecture ? Lorsque je compose deux images identiques :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Les photographies commencent \u00e0 nous offrir \u00ab des rectangles \u00bb, des \u00ab lignes \u00bb, des \u00ab compositions \u00bb plut\u00f4t que des \u00ab fen\u00eatres \u00bb, des \u00ab portes \u00bb, des \u00ab tuyaux \u00bb et des \u00ab murs \u00bb. [&#8230;] Une fois que tout sens d&rsquo;une pr\u00e9sence, d&rsquo;un lieu, d&rsquo;un contexte et d&rsquo;une \u00e9chelle individuelle ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s, nous nous retrouvons dans le domaine d&rsquo;un dialogue formel pr\u00e9cis\u00e9ment construit<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote21sym\" name=\"sdendnote21anc\"><sup>21<\/sup><\/a>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Tel un non-lieu abstrait qui appara\u00eet devant nous, o\u00f9 l&rsquo;illusion de la bidimensionalit\u00e9 est accentu\u00e9e par l&rsquo;abstraction de la composition. Nous ne distinguons plus de perspectives, plus de profondeurs, perdus dans la r\u00e9p\u00e9tition de la m\u00eame image prolif\u00e9r\u00e9e sans fin qui dessine alors une fa\u00e7ade en d\u00e9s\u00e9quilibre, maintenue par une sculpture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Par ailleurs, les photographies participent \u00e0 la d\u00e9-construction de la figure verticale en d\u00e9s\u00e9quilibre qui cr\u00e9e une tension entre l&rsquo;utopie architecturale en relation \u00e0 la hauteur et \u00e0 la ville comme l&rsquo;espace de \u00ab l&rsquo;u-topie \u00bb pens\u00e9 par X\u00e9nakis comme un non-lieu. C&rsquo;est ainsi que : \u00ab [\u2026] disjoindre le sol et la ville et de faire rentrer la ville en \u00e9tat \u00ab d\u2019ind\u00e9pendance par rapport \u00e0 la surface et au paysage<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote22sym\" name=\"sdendnote22anc\"><sup>22<\/sup><\/a> \u00bb devient un acte cr\u00e9ateur de \u00ab la ville cosmique \u00bb qui apporte \u00e0 la pens\u00e9e urbanistique une nouvelle r\u00e9flexion sur \u00ab l&rsquo;habiter<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote23sym\" name=\"sdendnote23anc\"><sup>23<\/sup><\/a> \u00bb humain. \u00ab Autrement dit, l&rsquo;op\u00e9ration fondamentale de la ville, l&rsquo;acte qui la fonde, est un acte u-topique par d\u00e9finition : le non du lieu, le refus de la topographie, de la g\u00e9ographie, le non \u00e0 l&rsquo;espace \u00e9tendu comme syst\u00e8me li\u00e9 de lieux dits et \u00e9crits [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote24sym\" name=\"sdendnote24anc\"><sup>24<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Par cons\u00e9quent, l&rsquo;instabilit\u00e9 de la sculpture et l&rsquo;assemblage photographique n&rsquo;\u00e9voquent plus le contexte du lieu o\u00f9 la photographie a \u00e9t\u00e9 prise. La forme vacillante de la sculpture rappelle celle d&rsquo;un b\u00e2timent en devenir qui aurait subi une secousse lors d&rsquo;un tremblement de terre. La sculpture n&rsquo;\u00e9voque plus une maison \u00e0 habiter mais une figure de d\u00e9s\u00e9quilibre, une ruine qui est le r\u00e9sultat des m\u00e9tamorphoses du b\u00e2timent. L\u00e0, la structure a bascul\u00e9. Pourtant elle n&rsquo;est pas encore d\u00e9truite et cr\u00e9e : \u00ab [&#8230;] une suspension, un moment arr\u00eat\u00e9 dans le processus de transformation, de m\u00e9tamorphose, non encore totalement accompli<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote25sym\" name=\"sdendnote25anc\"><sup>25<\/sup><\/a> \u00bb. La sculpture s&rsquo;incline mais ne tombe pas, elle reste suspendue, les \u00e9tages commencent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 s&rsquo;effondrer mais restent pourtant intacts. La sculpture devient un objet autonome dans l&rsquo;espace d\u2019exposition qui renvoie \u00e0 lui-m\u00eame sa propre instabilit\u00e9, un lieu u-topique d\u00e9pourvu de topographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">De plus, en assemblant les photographies, les volumes cubiques montent sans cesse vers la hauteur en formant une figure g\u00e9om\u00e9trique semblable \u00e0 un escalier tout en se r\u00e9f\u00e9rant aux mouvements de chute, de basculement vers le c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a name=\"sect4\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#4\">4. La maquette et l&rsquo;utopie comme figure de d\u00e9s\u00e9quilibre<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">La \u00ab construction spatiale<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote26sym\" name=\"sdendnote26anc\"><sup>26<\/sup><\/a> \u00bb peut ainsi trouver son rapprochement avec une maquette d&rsquo;architecture moderniste :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Les historiens d\u2019architecture s&rsquo;accordent pour dire qu&rsquo;\u00ab Il faut attendre des avant-gardes du d\u00e9but du XX\u00e8 si\u00e8cle pour qu&rsquo;enfin la maquette d&rsquo;architecture gagne en autonomie esth\u00e9tique et s&rsquo;affirme dans les mouvements modernistes &#8211; supr\u00e9matisme, constructivisme, <i>De Stijl <\/i>\u2013 comme un objet exploratoire \u00bb. De Kasimir Mal\u00e9vich \u00e0 Georgii Krutikov, de Naum Gabo \u00e0 Theo Van Doesburg, la maquette a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;outil logique promu par les avant-gardes historiques pour r\u00eaver les architectures id\u00e9ales, des<i> Utopia<\/i>. Facilit\u00e9e par les progr\u00e8s des techniques, elle devient l&rsquo;organe m\u00eame de l\u2019utopie : elle donne un embryon de forme et de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 des architectures r\u00eav\u00e9es, souvent irr\u00e9alisables<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote27sym\" name=\"sdendnote27anc\"><sup>27<\/sup><\/a>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Pourquoi ne pas parler \u00e0 travers cette construction, du projet utopique du mouvement d&rsquo;avant-garde russe constructiviste de <i>la<\/i> <i>Tour Tatline<\/i> qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 et reste \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de maquette en bois ? En effet, la<i> Tour Tatline<\/i>, le monument \u00e0 la III\u00e8 Internationale, devait \u00eatre construite \u00e0 Saint P\u00e9tersbourg afin de symboliser le nouvel \u00e9lan d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 progressiste car propuls\u00e9e par le communisme russe. L&rsquo;esth\u00e9tique de la tour vient davantage alimenter cette id\u00e9e de l&rsquo;utopie, comme, par exemple, le mouvement vers la hauteur en spirale pour symboliser : \u00ab [&#8230;] la ligne du mouvement de l&rsquo;humanit\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote28sym\" name=\"sdendnote28anc\"><sup>28<\/sup><\/a> \u00bb. Il y a quelque chose de la tour de <i>Babel<\/i> dans la <i>Tour Tatline<\/i> qui est une l&rsquo;immense construction voulue par les hommes pour atteindre le ciel. \u00ab [\u2026] car viser l&rsquo;acc\u00e8s au ciel, c&rsquo;est vouloir p\u00e9n\u00e9trer tous myst\u00e8res supr\u00eames [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote29sym\" name=\"sdendnote29anc\"><sup>29<\/sup><\/a> \u00bb. Telle une curiosit\u00e9 de l&rsquo;homme qui se finit par un \u00e9chec, la tour de <i>Babel<\/i> reste inachev\u00e9e. Le ciel apparent dans mes photographies, mais aussi l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;escalier qui ne monte nulle part vers le sommet rejoignent l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre l&rsquo;id\u00e9al.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Lorsque l&rsquo;on regarde derri\u00e8re la composition photographique, nous d\u00e9couvrons la structure apparente de la sculpture qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e avec des cubes vides coll\u00e9s et superpos\u00e9s. Cette \u00ab [&#8230;] mise \u00e0 mort de la stabilit\u00e9 et de l&rsquo;harmonie [&#8230;]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote30sym\" name=\"sdendnote30anc\"><sup>30<\/sup><\/a> \u00bb, de l&rsquo;ordre g\u00e9om\u00e9trique stable questionne la perfection de l&rsquo;architecture moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L\u00e9onard.R. Rogers, sculpteur et th\u00e9oricien de la sculpture, explique que : \u00ab Le d\u00e9veloppement de la sculpture spatiale s&rsquo;est fait en parall\u00e8le avec celui de l&rsquo;architecture moderne. De ce fait, beaucoup de sculptures spatiales ressemblent fortement \u00e0 des maquettes d&rsquo;architecture<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote31sym\" name=\"sdendnote31anc\"><sup>31<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">La sculpture spatiale se diff\u00e9rencie de la sculpture classique, selon Rogers, par l&rsquo;absence des formes : \u00ab [\u2026] dans ces composants \u00e0 une ou deux dimensions, il n&rsquo;y a pas de masse \u00e0 mettre en forme, pas d&rsquo;int\u00e9rieur \u00e0 structurer [\u2026] <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote32sym\" name=\"sdendnote32anc\"><sup>32<\/sup><\/a>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Telles sont les sculptures des fr\u00e8res Antoine Pevsner et Naum Gabo o\u00f9 l&rsquo;ouverture compl\u00e8te entre l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur reste visible gr\u00e2ce aux mat\u00e9riaux employ\u00e9s : verre, plexiglas, fer. Ce qui me rapproche de ces artistes, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;aspect esth\u00e9tique ou encore les mat\u00e9riaux employ\u00e9s mais la visibilit\u00e9 de la structure : <i>\u00ab<\/i> Nous sommes dans une \u00e9poque tr\u00e8s sensible aux structures ; nous aimons montrer l&rsquo;ossature de ce que nous faisons et la laisser nue vierge de tout d\u00e9cor<i><a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote33sym\" name=\"sdendnote33anc\"><sup>33<\/sup><\/a> \u00bb.<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Si la sculpture des fr\u00e8res Gabo est inspir\u00e9e de l&rsquo;esth\u00e9tique de la tour <i>Eiffel<\/i> selon l&rsquo;analyse de Rogers, dans mon travail, la sculpture est \u00e0 l&rsquo;image de la structure moderne o\u00f9 : \u00ab La distinction autrefois rigide entre le dehors et le dedans s&rsquo;est brouill\u00e9e [\u2026]. L&rsquo;effet s\u00e9parateur des murs s&rsquo;est trouv\u00e9 att\u00e9nu\u00e9 [\u2026]. On peut maintenant voir \u00e0 travers les b\u00e2timents [\u2026] Ils ne sont plus enracin\u00e9s dans le sol, massifs et pesants, mais flottent au-dessus avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote34sym\" name=\"sdendnote34anc\"><sup>34<\/sup><\/a><i> <\/i>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi que pour Le Corbusier, l&rsquo;architecture est avant tout une structure, \u00ab un squelette <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote35sym\" name=\"sdendnote35anc\"><sup>35<\/sup><\/a>\u00bb, \u00ab une ossature<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote36sym\" name=\"sdendnote36anc\"><sup>36<\/sup><\/a> \u00bb, un corps \u00ab non-organique<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote37sym\" name=\"sdendnote37anc\"><sup>37<\/sup><\/a> \u00bb. Elle est <i>une machine \u00e0 habiter<\/i> que le Corbusier appelle <i>corps-machine<\/i>, ce <i>corps-machine<\/i> qui est purifi\u00e9, nettoy\u00e9 de tout organe inutile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">En revanche, les cubes vides et blancs de mes sculptures sont en rapport avec les contenants vides destin\u00e9s \u00e0 loger les corps humains sous le r\u00e9gime d&rsquo;une incarc\u00e9ration o\u00f9 l&rsquo;homme, \u00e0 cet effet, est vu comme une unit\u00e9, \u00ab [&#8230;] une biologie inscrite dans un volume, saisie dans la boite [&#8230;]\u00bb.<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote38sym\" name=\"sdendnote38anc\"><sup>38<\/sup><\/a> En ce sens, l&rsquo;architecture est symboliquement r\u00e9duite \u00e0 un volume dot\u00e9 d\u2019enveloppes vides, des cases, des cellules qui ne peuvent en aucun cas accueillir un corps humain et restent donc inhabitables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect5\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#5\">5. Du corps souffrant au corps abstrait<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Dans les installations de Gao Brothers <i> The Utopia of construction <\/i>et<i> The Sens of space<\/i>, le corps sert d&rsquo;outil, d&rsquo;\u00e9l\u00e9ment plastique pour remettre en question, probl\u00e9matiser l&rsquo;architecture contemporaine des m\u00e9gapoles chinoises. Dans leurs quatre photographies, <i>Pri\u00e8re<\/i>, <i>Attente<\/i>, <i>Anxi\u00e9t\u00e9<\/i> et <i>Douleur<\/i>, des grilles construites semblables \u00e0 des maquettes, rappellent par leurs formes g\u00e9om\u00e9triques les grands ensembles d&rsquo;habitation qui contiennent des corps nus, masculins, anonymes. En cr\u00e9ant les photographies, Gao Brothers choisissent des hommes ayant la m\u00eame taille et la m\u00eame morphologie pour accentuer l&rsquo;aspect d&rsquo;anonymat. Les hommes tentent de rentrer d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment dans les cases de la structure. Cette installation est une m\u00e9taphore de l&rsquo;habitat dans les grandes villes de Chine surpeupl\u00e9es ayant connu dans les ann\u00e9es 80, la migration des villageois vers les agglom\u00e9rations urbaines. Les artistes t\u00e9moignent \u00e0 travers ces photographies de la condition humaine, de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l&rsquo;homme et des \u00e9preuves du corps. Ces anatomies isol\u00e9es, enferm\u00e9es sont partag\u00e9es entre deux figures : individualit\u00e9 et collectivit\u00e9. D\u00e8s lors, l&rsquo;architecture devient une m\u00e9taphore de l&rsquo;angoisse, de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, de la claustrophobie, de la dystopie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Par extension, les m\u00e9gapoles chinoises se transforment symboliquement en \u00ab machines \u00e0 habiter \u00bb o\u00f9 tous les sens du corps sont affect\u00e9s et atteints par l&rsquo;architecture : \u00ab Car l&rsquo;habitation et les locaux de travail, ainsi que leurs dispositions r\u00e9ciproques, ne font pas qu&rsquo;envelopper, de toutes parts, la vie des individus et de la soci\u00e9t\u00e9, ils p\u00e9n\u00e8trent dans l&rsquo;int\u00e9rieur de cette vie [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote39sym\" name=\"sdendnote39anc\"><sup>39<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Sous le r\u00e9gime d&rsquo;incarc\u00e9ration [\u2026] <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote40sym\" name=\"sdendnote40anc\"><sup>40<\/sup><\/a> \u00bb, le corps et l&rsquo;architecture fabriquent un tout ; \u00ab Tout doit \u00eatre vu : surface et ossature, peau, et squelette, et les fluides qui rendent vivants l&rsquo;ensemble<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote41sym\" name=\"sdendnote41anc\"><sup>41<\/sup><\/a> \u00bb, Ici, le corps devient surface m\u00eame de la fa\u00e7ade, il l&rsquo;habille, il est omnipr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Une autre installation<i> <\/i><i>The Forever Unfinished Building <\/i>de Gao Brothers qui repr\u00e9sente la photographie des structures g\u00e9om\u00e9triques semblables \u00e0 une grille aux cellules d\u00e9multipli\u00e9es, une foule de personnages occupent chacun un espace limit\u00e9 et clos repr\u00e9sentant une continuit\u00e9 de leur travail de <i>Sense of Space<\/i>. Les figures minuscules isol\u00e9es, d\u00e9multipli\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini dans une structure fragment\u00e9e, abstraite, forment un ensemble. Ces cellules nous font penser \u00e0 la ville biologique telle que la voyait le Corbusier le corps humain devient \u00ab [&#8230;] une fourmi ou une abeille asservie \u00e0 la loi de se loger dans une boite, une case, derri\u00e8re une fen\u00eatre [\u2026]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote42sym\" name=\"sdendnote42anc\"><sup>42<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Contrairement \u00e0 l&rsquo;installation <i>The sens of space, <\/i>dans<i> The forever unfinished building<\/i>, le corps para\u00eet tout petit, voire invisible, un fondu dans la masse architecturale en forme d&rsquo;une grille qui remplit compl\u00e8tement l&rsquo;espace de la photographie. Situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce volume o\u00f9 plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la surface abstraite que l&rsquo;architecture devient dans la photographie : \u00ab [\u2026] l&rsquo;homme ne peut \u00eatre lui-m\u00eame qu&rsquo;une chose r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;essentiel [\u2026] une biologie inscrite dans un volume, saisie dans la boite, avec pour seul horizon la fen\u00eatre ouverte vers l&rsquo;infini [..]<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote43sym\" name=\"sdendnote43anc\"><sup>43<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Dans l&rsquo;installation, l&rsquo;architecture est vue par sa forme esth\u00e9tique comme une surface abstraite et par sa forme symbolique comme un contenant \u00ab [\u2026] qui maintient et retient les corps humains [&#8230;] <a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote44sym\" name=\"sdendnote44anc\"><sup>44<\/sup><\/a> \u00bb dans un espace vide auquel les corps des individus sont soumis. Tel un paysage utopique qui tourne en dystopie o\u00f9 la solitude, fondue dans la masse, reste invisible. Ainsi, l&rsquo;homme devient un \u00ab corps-fa\u00e7ade \u00bb, \u00ab un corps-abstrait \u00bb enferm\u00e9 dans une structure g\u00e9om\u00e9trique gigantesque qui le tient.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectconclu\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><a href=\"#conclu\">Conclusion<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Dans les photographies de Gao Brothers, les corps deviennent des unit\u00e9s abstraites ou des anatomies enferm\u00e9es dans les cellules g\u00e9om\u00e9triques de l&rsquo;espace architectural. Faits du m\u00eame moule, tout comme les fa\u00e7ades de St\u00e9phane Couturier, ils tendent vers le g\u00e9n\u00e9rique, l&rsquo;universel ou <i>le<\/i> <i>monumondial<\/i>. A travers ces photographies et mon travail plastique, ce n&rsquo;est pas la verticalit\u00e9 mais la hauteur de l&rsquo;habitat qui nous donne \u00e0 voir une essence autrefois utopique des lieux inatteignables. C&rsquo;est ainsi que le ciel n&rsquo;est plus ce lieu inatteignable et utopique puisque habiter la hauteur est devenu banal. Pourtant, viser le ciel par la forme et la grandeur architecturale reste toujours d\u2019actualit\u00e9. Telle une curiosit\u00e9, \u00ab [&#8230;] qu&rsquo;on peut aussi nommer volont\u00e9 de savoir, d\u00e9sir de conna\u00eetre, c&rsquo;est dire si la tour de <i>Babel<\/i> est embl\u00e9matique des pouvoirs de la science contre ceux de la croyance<a class=\"sdendnoteanc\" href=\"#sdendnote45sym\" name=\"sdendnote45anc\"><sup>45<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectnotes\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<div id=\"sdfootnote1\" style=\"text-align: justify\">\n<div id=\"sdendnote1\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote1anc\" name=\"sdendnote1sym\">1<\/a> &#8211; Bernard Salignon,<i> La cit\u00e9 n&rsquo;appartient \u00e0 personne<\/i>, <i> Architecture Esth\u00e9tique de la forme \u00c9thique de la conception,<\/i> Paris, Th\u00e9\u00e9t\u00e8te \u00c9dition, 1997, p. 97.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote2\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote2anc\" name=\"sdendnote2sym\">2<\/a> &#8211; Michel Kokoreff,<i> La force des quartiers. De la d\u00e9linquance \u00e0 l&rsquo;engagement politique,<\/i> Paris, Payot, 2003, p. 161.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote3\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote3anc\" name=\"sdendnote3sym\">3<\/a> &#8211; Marc Aug\u00e9, <i>Non-lieux, Introduction \u00e0 une anthropologie de la surmodernit\u00e9<\/i>, Paris, \u00c9ditions du Seuil,1992, p. 71.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote4\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote4anc\" name=\"sdendnote4sym\">4<\/a> &#8211; Claude Raffestin, \u00ab Penser et classer dans les sciences humaines \u00bb, <i>Revue Europ\u00e9enne des sciences sociales n\u00b0 127<\/i>, 2003, Librery Droz G\u00e9n\u00e8ve, p. 77.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote5\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote5anc\" name=\"sdendnote5sym\">5<\/a> &#8211; Sylvie Freyermuth, \u00ab G\u00e9n\u00e9ricit\u00e9 et degr\u00e9 d&rsquo;implication dans l&rsquo;appr\u00e9hension des processus de d\u00e9shumanisation \u2013 ou d&rsquo;humanisation \u00bb, (sous la dir. de Sylvie Freyermuth, Jean-Fran\u00e7ois P. Bonnot), <i>Ville infect\u00e9e, ville d\u00e9shumanis\u00e9e, <\/i>Bruxelles, 2014, Comparatismes et soci\u00e9t\u00e9 vol. n\u00b0 29, p. 159.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote6\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote6anc\" name=\"sdendnote6sym\">6<\/a> &#8211; Louis Martin, <i> Utopiques jeux d&rsquo;espaces<\/i>, Paris, les \u00c9ditions de minuit, 1973, p. 330.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote7\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote7anc\" name=\"sdendnote7sym\">7<\/a> &#8211; Catherine, Grenier, <i>La manipulation des images dans l&rsquo;art contemporain<\/i>, Paris, \u00c9dition du Regard, 2014, p. 169.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote8\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote8anc\" name=\"sdendnote8sym\">8<\/a> &#8211; Augustin Berque, <i>Les raisons du paysage, de la Chine antique aux environnement de synth\u00e8se, <\/i>Nantes,<i> <\/i>Hazan \u00c9dition<i>,<\/i> 1995, p. 142.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote9\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote9anc\" name=\"sdendnote9sym\">9<\/a> &#8211; Augustin Berque, \u00ab Peut-on d\u00e9passer l&rsquo;acosmie de la modernit\u00e9 \u00bb, (sous la dir. d&rsquo;Augustin Berque, Marie-Antoinette Maupertuis, Vannina Bernard-Leoni)<i>, Le lien au lieu<\/i>, Actes de la chaire de m\u00e9sologie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Corse, Bastia, \u00c9ditions \u00c9olienne, 2014, p. 122.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote10\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote10anc\" name=\"sdendnote10sym\">10<\/a> &#8211; Rem Koolhaas, <i>Junkspace,<\/i> Paris, \u00c9ditions Payot \u00a7 Rivages, 2011, p. 49.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote11\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote11anc\" name=\"sdendnote11sym\">11<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p. 49.<\/div>\n<div id=\"sdendnote12\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote12anc\" name=\"sdendnote12sym\">12<\/a> &#8211; Philippe Piguet, \u00ab St\u00e9phane Couturier, Entre l&rsquo;anonymat et monumental, <i>L&rsquo;Anonymes, Rencontres internationales de la photographie XXXIIes<\/i>, Arles, Actes Sud, 2001, p. 83.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote13\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote13anc\" name=\"sdendnote13sym\">13<\/a> &#8211; Rem Koolhaas, <i>Junkspace,<\/i> Paris, \u00c9ditions Payot \u00a7 Rivages, 2011, p. 56.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote14\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote14anc\" name=\"sdendnote14sym\">14<\/a> &#8211; Marc Perelman, <i>Le Corbusier<\/i>, <i>Une froide vision du monde<\/i>, Paris, Michalon \u00c9diteur, 2015, p. 127.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote15\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote15anc\" name=\"sdendnote15sym\">15<\/a> &#8211; Rem Koolhaas, <i>Junkspace,<\/i> \u00c9ditions Payot \u00a7 Rivages, 2011, p. 56.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote16\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote16anc\" name=\"sdendnote16sym\">16<\/a> &#8211; Piguet Philippe, \u00ab St\u00e9phane Couturier, Entre l&rsquo;anonymat et monumental \u00bb, <i>L&rsquo;Anonymes, 2001, Arles, Rencontres internationales de la photographie XXXIIes<\/i>, Arles, Actes Sud, 2001, p. 83.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote17\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote17anc\" name=\"sdendnote17sym\">17<\/a> &#8211; \u00c9ric De Chassey, <i>Platitudes, Une histoire de la photographie plate, <\/i>Paris,<i> <\/i>\u00c9dition Gallimard,<i> <\/i>2006, p. 27.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote18\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote18anc\" name=\"sdendnote18sym\">18<\/a> &#8211; Marc Perelman, <i>Le Corbusier<\/i>, <i>Une froide vision du monde<\/i>, Michalon \u00c9diteur, 2015, p. 119.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote19\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote19anc\" name=\"sdendnote19sym\">19<\/a> &#8211; Claude St\u00e9phane Perrin, <i>Le neutre et la pens\u00e9e<\/i>, Paris, l&rsquo;Harmattan, 2009, p. 120.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote20\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote20anc\" name=\"sdendnote20sym\">20<\/a> &#8211; Louis Martin,<i> Utopiques jeux d&rsquo;espaces<\/i>, les \u00c9ditions de minuit, 1973, p. 21.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote21\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote21anc\" name=\"sdendnote21sym\">21<\/a> &#8211; \u00c9ric De Chassey, <i>Platitudes, Une histoire de la photographie plate, <\/i>Paris,<i> <\/i>\u00c9dition Gallimard,<i> <\/i>2006, p. 159.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote22\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote22anc\" name=\"sdendnote22sym\">22<\/a> &#8211; Louis Martin,<i> Utopiques jeux d&rsquo;espaces<\/i>, Paris, les \u00c9ditions de minuit, 1973, p. 330.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote23\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote23anc\" name=\"sdendnote23sym\">23<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p. 341<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote24\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote24anc\" name=\"sdendnote24sym\">24<\/a><i> &#8211; Ibid.<\/i>, p. 331<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote25\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote25anc\" name=\"sdendnote25sym\">25<\/a> &#8211; Isabelle Alzieu, \u00ab George Rousse : plasticit\u00e9 des espaces d\u00e9construits, Espaces transfigur\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre de George Rousse \u00bb, (sous la dir. de Christine Bugnet, Dominique Cl\u00e9venot), <i> Espaces Transfigur\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre de George Rousse<\/i>, <i>Figure de l&rsquo;art n\u00b0 13<\/i>, p. 106.<\/div>\n<div id=\"sdendnote26\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote26anc\" name=\"sdendnote26sym\">26<\/a> &#8211; Marie-Ange Brayer, \u00ab La maquette, un objet mod\u00e8le ? Entre art et architecture \u00bb, <i>L&rsquo;art m\u00eame n\u00b033, <\/i>Bruxelles, Bruxelles, 4e trimestre, 2006, p. 7.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote27\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote27anc\" name=\"sdendnote27sym\">27<\/a><i> &#8211; Ibid.<\/i>, p. 7<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote28\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote28anc\" name=\"sdendnote28sym\">28<\/a> &#8211; G\u00e9rard Conio, <i>Le constructivisme russe Le constructivisme dans les arts plastiques, textes th\u00e9oriques, manifestes, documents, <\/i>Lausanne, Age d&rsquo;homme, 1987, p. 58<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote29\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote29anc\" name=\"sdendnote29sym\">29<\/a> &#8211; Michel Onfray, <i>M\u00e9taphysique des ruines<\/i>, Nantes, Mollat \u00c9diteur, 2010, p. 53.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote30\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote30anc\" name=\"sdendnote30sym\">30<\/a> &#8211; Isabelle Alzieu, \u00ab George Rousse : plasticit\u00e9 des espaces d\u00e9construits, Espaces transfigur\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre de George Rousse \u00bb, Figure de l&rsquo;art n\u00b0 13, p.106.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote31\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote31anc\" name=\"sdendnote31sym\">31<\/a> &#8211; Roger, L.R, <i>Comprendre la sculpture<\/i>, Rennes, presses universitaires de Rennes, 2015, p. 95.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote32\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote32anc\" name=\"sdendnote32sym\">32<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p. 95.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote33\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote33anc\" name=\"sdendnote33sym\">33<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>.,p. 95.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote34\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote34anc\" name=\"sdendnote34sym\">34<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p.95.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote35\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote35anc\" name=\"sdendnote35sym\">35<\/a> &#8211; Marc Perelman, <i>Le Corbusier<\/i>, <i>Une froide vision du monde<\/i>, Paris, Michalon \u00c9diteur, 2015, p. 126.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote36\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote36anc\" name=\"sdendnote36sym\">36<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">., p. 126.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote37\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote37anc\" name=\"sdendnote37sym\">37<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">., p. 156.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote38\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote38anc\" name=\"sdendnote38sym\">38<\/a> &#8211; Marc Perelman, <i>Le Corbusier<\/i>, Paris, <i>Une froide vision du monde,<\/i><i> Paris, Michalon \u00c9diteur, 2015,<\/i> p. 128.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote39\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote39anc\" name=\"sdendnote39sym\">39<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">., p. 126.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote40\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote40anc\" name=\"sdendnote40sym\">40<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">., p. 128.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote41\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote41anc\" name=\"sdendnote41sym\">41<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid.<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, p. 126-127.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote42\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote42anc\" name=\"sdendnote42sym\">42<\/a><span lang=\"en-US\"><i> &#8211; Ibid<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">., p.128.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote43\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote43anc\" name=\"sdendnote43sym\">43<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p. 127-128.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote44\">\n<p class=\"sdendnote\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote44anc\" name=\"sdendnote44sym\">44<\/a><i> &#8211; Ibid<\/i>., p. 128.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdendnote45\"><a class=\"sdendnotesym\" href=\"#sdendnote45anc\" name=\"sdendnote45sym\">45<\/a> &#8211; Michel Onfray, <i>M\u00e9taphysique des ruines<\/i>, Nantes, Mollat \u00c9diteur, 2010, p. 53.<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sectbiblio\"><\/a><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Alzieu Isabelle, \u00ab George Rousse : plasticit\u00e9 des espaces d\u00e9construits, Espaces transfigur\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre de George Rousse \u00bb, (sous la dir. de Christine Bugnet, Dominique Cl\u00e9venot), <i> <\/i>Espaces Transfigur\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019\u0153uvre de George Rousse, Figure de l&rsquo;art n\u00b0 13, p.106.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Berque Augustin, <i>Les raisons du paysage, de la Chine antique aux environnements de synth\u00e8se, <\/i>Paris<i>, <\/i>Hazan \u00e9dition<i>,<\/i> 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Berque Augustin, \u00ab Peut-on d\u00e9passer l&rsquo;acosmie de la modernit\u00e9 \u00bb, (sous la dir. d&rsquo;Augustin Berque, Marie-Antoinette Maupertuis, Vannina Bernard-Leoni), Le lien au lieu, Actes de la chaire de m\u00e9sologie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Corse, Bastia, \u00c9ditions \u00c9olienne, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Grenier Catherine, <i>La manipulation des images dans l&rsquo;art contemporain<\/i>, Paris, \u00c9ditions du Regard, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Conio G\u00e9rard, <i>Le constructivisme russe Le constructivisme dans les arts plastiques, textes th\u00e9oriques, manifestes, documents, <\/i>Lausanne, Age d&rsquo;homme, 1987.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">De Chassey \u00c9ric, <i>Platitudes, Une histoire de la photographie plate, <\/i>Paris,<i> <\/i>\u00c9ditions Gallimard, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Aug\u00e9 Marc, Non-lieux,<i> Introduction \u00e0 une anthropologie de la surmodernit\u00e9<\/i>, Paris, \u00c9ditions du Seuil, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Brayer Marie-Ange, \u00ab La maquette, un objet mod\u00e8le ? Entre art et architecture \u00bb, L&rsquo;art m\u00eame n\u00b033,<i> <\/i>Bruxelles, 4e trimestre 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Freyermuth Sylvie,<i> \u00ab <\/i>G\u00e9n\u00e9ricit\u00e9 et degr\u00e9 d&rsquo;implication dans l&rsquo;appr\u00e9hension des processus de d\u00e9shumanisation \u2013 ou d&rsquo;humanisation \u00bb, Ville infect\u00e9e, ville d\u00e9shumanis\u00e9e, reconstitutions litt\u00e9raires fran\u00e7aises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l\u2019extr\u00eame contemporain,<i> <\/i>Bruxelles, Comparatismes et soci\u00e9t\u00e9 vol. n\u00b0 29, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Kokoreff Michel,<i> La force des quartiers. De la d\u00e9linquance \u00e0 l&rsquo;engagement politique,<\/i> Paris, Payot, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Koolhaas Rem, <i>Junkspace,<\/i> \u00c9ditions Payot &amp; Rivages, 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L\u00e9vy Marjolaine, \u00ab Des roseaux et des ruines. D&rsquo;utopies en h\u00e9t\u00e9rotopies \u00bb, H\u00e9t\u00e9rotopies, Des avant-gardes dans l&rsquo;art contemporain, \u00c9dition des Mus\u00e9es de la ville de Strasbourg, 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Leyval David, <i>La banlieue l&rsquo;\u00e9preuve de l&rsquo;utopie, <\/i>Paris, \u00c9ditions Publibook universit\u00e9, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Martin Louis,<i> Utopiques jeux d&rsquo;espaces<\/i>, Paris, \u00c9ditions de minuit, 1973.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Onfray Michel, <i>M\u00e9taphysique des ruines<\/i>, Mollat \u00c9diteur, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Perelman Marc, <i>Le Corbusier<\/i>, <i>Une froide vision du monde<\/i>, Michalon \u00c9diteur, 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">L.R Roger, <i>Comprendre la sculpture<\/i>, Rennes, presses universitaires de Rennes, 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"JUSTIFY\">Salignon Bernard,<i> La cit\u00e9 n&rsquo;appartient \u00e0 personne<\/i>, <i>Architecture Esth\u00e9tique de la forme \u00c9thique de la conception, <\/i>Paris, Th\u00e9\u00e9t\u00e8te Edition, 1997.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alessia NIZOVTSEVA Alessia Nizovtseva est plasticienne et doctorante en Arts Plastiques au laboratoire LLA-CREATIS, Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s. 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