 {"id":3604,"date":"2019-05-21T12:28:07","date_gmt":"2019-05-21T11:28:07","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=3604"},"modified":"2019-10-03T08:33:18","modified_gmt":"2019-10-03T07:33:18","slug":"bandes-corps-dhommes-desirs-de-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2019\/05\/21\/bandes-corps-dhommes-desirs-de-femmes\/","title":{"rendered":"Corps d\u2019hommes. Une enqu\u00eate photographique autour du d\u00e9sir des femmes."},"content":{"rendered":"<p><strong>Sandrine DE PAS<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">N\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al en 1981, Sandrine de Pas est photographe et \u00e9tudiante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Aix-Marseille en Arts plastiques. Son m\u00e9moire de recherche et cr\u00e9ation (photographies\/textes) porte sur les questions de repr\u00e9sentations du corps sexuel des hommes li\u00e9 au d\u00e9sir des femmes (sous la direction de Christine Buignet). Elle est \u00e9galement certifi\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 de Cergy-Pontoise en \u00e9criture cr\u00e9ative et langages artistiques.<\/p>\n<p><a href=\"&#x6d;&#x61;&#x69;&#x6c;&#x74;&#x6f;&#58;&#99;ontact&#x40;&#x73;&#x61;&#x6e;&#x64;&#x72;&#105;&#110;edepas&#x2e;&#x63;&#x6f;&#x6d;\">&#x63;&#x6f;&#110;t&#x61;&#x63;&#x74;&#64;s&#x61;&#x6e;&#x64;&#114;i&#x6e;&#x65;&#x64;&#101;p&#x61;&#x73;&#x2e;&#99;o&#x6d;<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : De Pas, Sandrine, \u00ab Band\u00e9s. Corps d&rsquo;hommes. D\u00e9sirs de femmes. \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b010 \u00ab Repr\u00e9sentation du d\u00e9sir f\u00e9minin, entre texte et image \u00bb, \u00e9t\u00e9 2019, mis en ligne le 1er juillet 2019, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2019\/05\/21\/bandes-corps-dhommes-desirs-de-femmes\/\">permalien<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2019\/06\/PDF-Corps-dhommes.-Sandrine-de-Pas.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format PDF<\/a><\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Si le d\u00e9sir sexuel des femmes se trouve au centre de nombreuses recherches scientifiques, peu d\u2019entre elles s\u2019int\u00e9ressent au lien qu\u2019entretient celui-ci avec le corps des hommes. Plus probl\u00e9matique, instable et \u00e9motionnel, le d\u00e9sir des femmes est souvent trait\u00e9 comme une composante myst\u00e9rieuse de la sexualit\u00e9 de celles-ci, \u00e9loign\u00e9 de toute consid\u00e9ration visuelle. En s&rsquo;inscrivant dans une (d\u00e9)construction des genres sociaux li\u00e9s aux sexes biologiques, la pr\u00e9sente recherche\/cr\u00e9ation propose, par une juxtaposition de textes et d\u2019images, un certain renversement de contenu li\u00e9 aux repr\u00e9sentations de la sexualit\u00e9 des femmes. Des photographies d\u2019hommes sexualis\u00e9s associ\u00e9es \u00e0 des paroles, des textes et des t\u00e9moignages pour reconstruire, progressivement, une plus juste r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> :&nbsp;Corps d\u2019hommes &#8211; art visuel &#8211; d\u00e9sir sexuel &#8211; f\u00e9minisme &#8211; \u00e9rotisme &#8211; texte\/image.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Abstract<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">While women&rsquo;s sexual desire is the center of many scientific research, few of them seem interested in its relation to men&rsquo;s bodies. More problematic, unstable and emotional, women&rsquo;s desire is often treated as a mysterious component of their sexuality, far from any visual consideration. By taking part in a large deconstruction of gender relations related to biological sexes, this research\/creation proposes, through a juxtaposition of texts and images, a certain reversal of content related to women&rsquo;s sexuality. Photographs of sexualized men combined with words, texts and record to gradually rebuild a more accurate reality.<\/p>\n<p><strong>Keywords<\/strong>:&nbsp;Men\u2019s Bodies &#8211; Visual Art &#8211; Women\u2019s Desire &#8211; Feminism &#8211; Erotism &#8211; Text and image relation.<\/p>\n<hr>\n<h3>[slideshow_deploy id=&rsquo;3925&prime;]<\/h3>\n<h3>Sommaire<\/h3>\n<p><a name=\"intro\"><\/a><a href=\"#sect1\">Introduction<\/a><br \/>\n<a name=\"1\"><\/a><a href=\"#sect2\">1. La recherche-cr\u00e9ation : du personnel au collectif<\/a><br \/>\n<a name=\"2\"><\/a><a href=\"#sect5\">2. Regards de femmes &#8211; enjeux f\u00e9ministes et artistiques<\/a><br \/>\n<a name=\"3\"><\/a><a href=\"#sect6\">3. D\u00e9marche artistique<\/a><br \/>\n<a name=\"notes\"><\/a><a href=\"#sect9\">Notes<\/a><br \/>\n<a name=\"biblio\"><\/a><a href=\"#sect10\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<h3><a name=\"sect1\"><\/a><\/h3>\n<h3><a href=\"#intro\">Introduction<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019association d\u2019images et de textes autour du d\u00e9sir des femmes est au centre de la recherche-cr\u00e9ation que je m\u00e8ne actuellement pour le Master Arts plastiques d\u2019Aix Marseille Universit\u00e9 et dont je pr\u00e9sente un extrait ci-joint. Pour aborder la r\u00e9flexion et le processus de cr\u00e9ation au c\u0153ur de ce projet, je m\u2019attarderai ici sur quelques points&nbsp;: d\u2019abord la raison de la recherche-cr\u00e9ation pour ce sujet, ensuite quelques-unes des pistes de recherches abord\u00e9es, puis certaines modalit\u00e9s plus concr\u00e8tes du projet artistique.<\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a name=\"sect2\"><\/a><\/h3>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#1\">1. La recherche-cr\u00e9ation : du personnel au collectif<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019id\u00e9e de construire des images d\u2019hommes accompagn\u00e9es d\u2019une r\u00e9flexion autour du d\u00e9sir sexuel \u2013 celui de femmes pour des hommes \u2013 est n\u00e9e de ma rencontre avec mon compagnon. Sa nuque, ses bras, ses \u00e9paules, son ventre, son dos, ses fesses, son sexe me ravissaient, m\u2019excitaient intens\u00e9ment. Et la conscience aigu\u00eb de son corps semblait me d\u00e9tacher de moi-m\u00eame&nbsp;; je n\u2019\u00e9tais plus pr\u00e9occup\u00e9e par ma propre d\u00e9sirabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9norme fardeau de l\u2019apparence pos\u00e9 sur le corps des femmes et qu\u2019elles s\u2019occupent \u00e0 porter d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, elles auraient la possibilit\u00e9 de s\u2019en all\u00e9ger (osons r\u00eaver&nbsp;!) par un moyen simple&nbsp;: regarder plut\u00f4t qu\u2019\u00eatre vue, \u00eatre d\u00e9sirantes, et pas seulement d\u00e9sirables. Si comme l\u2019\u00e9crit Muriel Plana \u00ab&nbsp;celui qui regarde domine celui qui est vu<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>&nbsp;\u00bb, une partie de l\u2019\u00e9quation entourant les enjeux de pouvoir entre les hommes et les femmes, cette fois dans la sph\u00e8re de l\u2019intimit\u00e9, pourrait \u00eatre r\u00e9solue.&nbsp;En 2018, dans une sorte d\u2019\u00e9cho, l\u2019\u00e9crivaine Belinda Cannone \u00e9crivait dans le journal <em>Le<\/em> <em>Monde<\/em>&nbsp;: \u00ab Le jour o\u00f9 les femmes se sentiront autoris\u00e9es \u00e0 exprimer leur d\u00e9sir, elles ne seront plus des proies<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais comment les femmes expriment-elles ce d\u00e9sir sexuel pour les hommes ? Comment cette question est-elle trait\u00e9e socialement et artistiquement&nbsp;? Des images d\u2019hommes sexualis\u00e9s peuvent-elles r\u00e9ussir \u00e0 t\u00e9moigner de ce d\u00e9sir&nbsp;? Et peuvent-elles, contrairement aux st\u00e9r\u00e9otypes entourant la r\u00e9ponse sexuelle des femmes (connues pour \u00eatre moins sensibles aux repr\u00e9sentations visuelles), provoquer un certain \u00e9moi&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutes ces questions ont fait appara\u00eetre l\u2019envie d\u2019y r\u00e9pondre par le biais d\u2019une recherche approfondie, allant bien au-del\u00e0 de ma propre exp\u00e9rience. L\u2019approche de recherche-cr\u00e9ation est ainsi devenue une r\u00e9ponse th\u00e9orique et plastique \u00e9vidente. Comme l\u2019expliquent Izabella Pluta et Mireille Losco-Lena dans leur article <em>Pour une topographie de la recherche-cr\u00e9ation&nbsp;<\/em>:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9finition minimale que l\u2019on peut donner \u00e0 la recherche-cr\u00e9ation est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un travail artistique qui n\u2019a pas une simple finalit\u00e9 esth\u00e9tique [&#8230;]. Il y a recherche-cr\u00e9ation d\u00e8s lors que d\u2019autres praticiens, appartenant au champ de l\u2019art comme \u00e0 d\u2019autres champs, tels ceux du savoir et des techniques, peuvent puiser dans les \u0153uvres produites et les processus qui les ont fa\u00e7onn\u00e9es des \u00e9l\u00e9ments susceptibles d\u2019alimenter leurs propres activit\u00e9s<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, \u00ab&nbsp;l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique n\u2019est certes pas n\u00e9cessairement \u00e9vacu\u00e9e, mais elle se double de dynamiques d\u2019int\u00e9ressements collectifs d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s et explicit\u00e9s comme tels<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a> \u00bb. Ici, l\u2019envie modeste de travailler un sujet favorable \u00e0 une plus grande lib\u00e9ration sexuelle des femmes, certes en marge des violences au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 et des pr\u00e9occupations sociales, mais dans une m\u00eame direction&nbsp;: celle du r\u00e9\u00e9quilibrage des pouvoirs li\u00e9s \u00e0 la sexualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La recherche <em>et<\/em> la cr\u00e9ation permettent ce tissage de liens, de r\u00e9f\u00e9rences, de r\u00e9flexions circulant habituellement de mani\u00e8re parall\u00e8le et que l\u2019on croise soudainement pour faire appara\u00eetre de nouvelles perspectives. Dans <em>Langages de l\u2019art, <\/em>l\u2019esth\u00e9ticien Nelson Goodman explique&nbsp;cette possibilit\u00e9 d\u2019ouverture :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Que, pour un spectateur, une image fasse presque, mais pas tout \u00e0 fait, r\u00e9f\u00e9rence au mobilier banal du monde quotidien&nbsp;; qu\u2019elle s\u2019inscrive dans une esp\u00e8ce courante d\u2019image et s\u2019en \u00e9carte toutefois&nbsp;; elle pourra mettre \u00e0 jour des ressemblances et des diff\u00e9rences n\u00e9glig\u00e9es, susciter des associations inaccoutum\u00e9es, et jusqu\u2019\u00e0 un certain point refaire notre monde<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019ambition de cette recherche-cr\u00e9ation n\u2019est pas de \u00ab&nbsp;refaire notre monde&nbsp;\u00bb, mais de travailler sur ce \u00ab&nbsp;mobilier banal&nbsp;\u00bb du d\u00e9sir, ces images \u00e9rotiques courantes<em>,<\/em> ces \u00ab&nbsp;associations inaccoutum\u00e9es&nbsp;\u00bb entre images d\u2019hommes et points de vue de femmes&nbsp;\u2013 susceptibles de proposer une certaine <em>mise \u00e0 jour <\/em>du monde<em>.<\/em><\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#2\">2. Regards de femmes &#8211; enjeux f\u00e9ministes et artistiques<\/a><\/h3>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019histoire de la femme est l\u2019histoire de l\u2019homme car l\u2019homme a d\u00e9fini l\u2019image de la femme aupr\u00e8s des hommes et aupr\u00e8s des femmes [&#8230;]. Les hommes ont impos\u00e9 leur image de la femme dans les m\u00e9dias, ils ont construit une femme qui correspond \u00e0 ces mod\u00e8les m\u00e9diatiques et les femmes se sont construites de la m\u00eame fa\u00e7on. Si la r\u00e9alit\u00e9 est la construction sociale et les hommes ses ing\u00e9nieurs, nous sommes donc face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 masculine. [&#8230;] La femme doit donc s\u2019emparer de tous les m\u00e9dias, moyens de lutte et de progr\u00e8s social, afin de lib\u00e9rer la culture des valeurs m\u00e2les. Elle le fera \u00e9galement dans le domaine de l\u2019art. Les hommes ont r\u00e9ussi pendant des mill\u00e9naires \u00e0 exprimer leurs id\u00e9es sur l\u2019\u00e9rotisme, le sexe, la beaut\u00e9, leur mythologie du pouvoir, de la force et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 dans des sculptures, des peintures, des romans, des films, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des dessins, etc. et ont ainsi influenc\u00e9 nos consciences<\/em><a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[<\/a><a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\"><\/a><a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\"><\/a><a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">6]<\/a>.<em><br \/>\n<\/em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VALIE EXPORT<em>&nbsp;<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">Cet extrait du manifeste de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;MAGNA&nbsp;\u00bb (ayant eu lieu \u00e0 Vienne en 1972) figure trente-sept ans plus tard dans le catalogue de l\u2019exposition <\/span><em style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">elles@centrepompidou<\/em><a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7<\/a><a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">]<\/a><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\"> et apparait comme un texte essentiel de l\u2019Histoire de l\u2019art des femmes. Artiste aux pratiques multiples, c\u00e9l\u00e8bre pour ses performances (dont la mythique <\/span><em style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">G\u00e9nitalpanik<\/em><a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[8]<\/a><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">)<\/span><em style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">,<\/em><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">Valie Export pointait dans ce discours le fondement m\u00eame de la structure sociale encore p\u00e9renne aujourd\u2019hui&nbsp;: la pr\u00e9dominance du regard des hommes. Cinquante ans plus tard bien des choses ont chang\u00e9, des droits ont \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9s, mais le regard sur la sexualit\u00e9 et l\u2019imagerie qui lui est d\u00e9di\u00e9e semblent s\u2019\u00eatre peu modifi\u00e9s. L\u2019expression du d\u00e9sir des hommes, dans l\u2019art et ailleurs, est rest\u00e9e la norme et continue \u00ab&nbsp;d\u2019influencer nos consciences&nbsp;\u00bb. En 2014, pour preuve plus r\u00e9cente, le Mus\u00e9e d\u2019Orsay organisait \u00e0 Paris l\u2019exposition <\/span><em style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">Masculin \/ Masculin. L\u2019homme nu dans l\u2019art de 1800 \u00e0 nos jours. <\/em><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">Cette r\u00e9trospective proposait de lever le tabou sur la nudit\u00e9 des hommes \u00ab&nbsp;[t]andis que le corps f\u00e9minin s\u2019expose <\/span><em style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">ad nauseam<\/em><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\"> sans r\u00e9serve<\/span><a style=\"background-color: #ffffff;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\" href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]<\/a><span style=\"background-color: #ffffff;color: #333333;font-family: Lato, Helvetica, sans-serif\">\u00bb. L\u2019id\u00e9e paraissait s\u00e9duisante et aurait pu \u00eatre l\u2019occasion de renverser la norme en donnant cette fois la parole (ou le regard) aux femmes sur leur propre objet de d\u00e9sir. Or, sur les cent quarante-huit artistes expos\u00e9s, elles \u00e9taient seulement cinq. Il s\u2019agissait en fait de lever le voile sur la sensualit\u00e9 du nu masculin&#8230; d\u2019un point de vue masculin. Ici encore, le regard des hommes pr\u00e9valait sur celui des femmes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette responsabilit\u00e9 serait toutefois \u00e0 partager. Bien s\u00fbr, le mus\u00e9e d\u2019Orsay aurait pu trouver plusieurs femmes artistes ayant repr\u00e9sent\u00e9s des hommes nus au moins depuis le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Or, ce sont des femmes qui figurent sur la majorit\u00e9 des images de corps r\u00e9alis\u00e9es par des femmes et connues de l\u2019histoire de l\u2019art. Dans le livre <em>L\u2019art et le corps<\/em><a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]<\/a>paru chez Phaidon en 2016, sur les quatre cent cinquante \u0153uvres recens\u00e9es, \u00e0 peine 3% font figurer des hommes repr\u00e9sent\u00e9s par des femmes (alors qu\u2019elles sont les cr\u00e9atrices d\u2019environ 20% des \u0153uvres reproduites<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]<\/a>). On retrouve le m\u00eame ratio dans une \u00e9tude qu\u00e9b\u00e9coise portant sur la repr\u00e9sentation de la sexualit\u00e9 chez les femmes artistes de 1999 \u00e0 2009. Le recensement effectu\u00e9 sur une dizaine de magazines internationaux d\u2019art contemporain portait sur cinq cents \u0153uvres. Sur ce groupe d\u2019images repr\u00e9sentant des corps nus ou sexuels, 17% \u00e9taient des images d\u2019hommes<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]<\/a>. M\u00eame au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 peine plus d\u2019un sixi\u00e8me des repr\u00e9sentations faites par des artistes femmes (diffus\u00e9es dans le milieu de l\u2019art contemporain) et traitant de sexualit\u00e9 impliquent des hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, Valie Export souhaitait avant tout dans les ann\u00e9es soixante transformer l\u2019image des femmes et leur objectivation r\u00e9currente (au cin\u00e9ma, dans la publicit\u00e9 etc.)&nbsp;&#8211; sujet \u00e9galement abord\u00e9 par beaucoup d\u2019artistes f\u00e9ministes de l\u2019apr\u00e8s-guerre. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de replacer les femmes au centre des performances et des images non plus comme seul corps d\u00e9sirable, soumis aux regards masculins, mais comme \u00eatre entier, comme sujet, construit par elles-m\u00eames<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]<\/a>. Malgr\u00e9 cette prise de parole et de pouvoir n\u00e9cessaire et \u00e9mancipatrice, il n\u2019en reste pas moins que le corps des femmes est rest\u00e9 central (et le seul \u00e0 \u00eatre regard\u00e9) dans les repr\u00e9sentations de ces artistes. Si certaines, comme la peintre Sylvia Sleigh, ont toutefois jou\u00e9 d\u2019un certain renversement en proposant des nus masculins, parfois lascifs, elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 nombreuses \u00e0 placer les hommes en tant qu\u2019objets de d\u00e9sir. Difficult\u00e9 de diffusion&nbsp;? Pudeur&nbsp;? Les questions entourant la repr\u00e9sentation du d\u00e9sir des femmes sont nombreuses et font encore d\u00e9bat aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Paru en 2018, l\u2019ouvrage collectif pluridisciplinaire <em>Les sciences du d\u00e9sir. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine, de la psychanalyse aux neurosciences<\/em><a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\">[14]<\/a><em>, <\/em>montre \u00e0 quel point il est difficile socialement d\u2019aborder le d\u00e9sir des femmes d\u2019un point de vue positif et \u00e9mancipateur. Si l\u2019ouvrage n\u2019est pas explicitement orient\u00e9 sur les dysfonctionnements sexuels, plus de la moiti\u00e9 des dix-sept articles de recherches abordent en effet <em>la perte<\/em> du d\u00e9sir. Il n\u2019est presque jamais question de plaisir, de stimulations sensorielles, ou du rapport aux corps des partenaires. Pourtant, les intentions de d\u00e9part semblaient&nbsp;diff\u00e9rentes&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Partir du d\u00e9sir, c\u2019est porter l\u2019attention sur les normes et les formatages, mais aussi ouvrir une fen\u00eatre sur l\u2019utopie, sur la perspective d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;lib\u00e9ration sexuelle&nbsp;\u00bb. \u00c0 quelles conditions le d\u00e9sir peut-il repr\u00e9senter une force motrice, un v\u00e9ritable pouvoir entre les mains des femmes, un outil d\u2019\u00e9mancipation et d\u2019autor\u00e9alisation<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Questionner le d\u00e9sir sexuel des femmes, et donc sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9crit, dit ou repr\u00e9sent\u00e9, pour en proposer de nouvelles lectures stimulantes&nbsp;: telles \u00e9taient \u00e9galement les ambitions de l\u2019ouvrage <em>Femmes d\u00e9sirantes. Art, litt\u00e9ratures, repr\u00e9sentations<\/em><a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\">[16]<\/a><em>. <\/em>Questionnant cette fois la cr\u00e9ation artistique, les chercheuses ont eu des difficult\u00e9s \u00e0 aborder le sujet sans qu\u2019il ne soit encore exclusivement question du corps des femmes \u2013 jusqu\u2019au choix d\u2019illustration de la couverture. Elles t\u00e9moignent&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Que l\u2019on inscrive \u00ab&nbsp;d\u00e9sir f\u00e9minin&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;d\u00e9sir masculin&nbsp;\u00bb, les r\u00e9sultats demeurent sensiblement les m\u00eames. Ainsi obtiendrons-nous invariablement les images de ces corps de femmes d\u00e9nud\u00e9s [&#8230;]. En aucun cas, nous semble-t-il, nous est-il possible d\u2019entrevoir ce que les femmes regardent lorsqu\u2019elles d\u00e9sirent. \u00c0 l\u2019inverse, <em>la <\/em>femme est plut\u00f4t destin\u00e9e \u00e0 incarner <em>le <\/em>d\u00e9sir, l\u2019objet supr\u00eame <em>du <\/em>d\u00e9sir&nbsp;[&#8230;], fonction qui traduit irr\u00e9m\u00e9diablement la posture androcentr\u00e9e du sujet d\u00e9sirant<a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La diff\u00e9rence sociale entourant le d\u00e9sir, port\u00e9 quasi exclusivement par le corps des femmes, fait en effet partie des in\u00e9galit\u00e9s encore tenaces. Il est en effet fr\u00e9quent de lire, cette fois dans des ouvrages grands publics traitant du d\u00e9sir des femmes, des encouragements \u00e0 \u00ab&nbsp;prendre soin d\u2019elles&nbsp;\u00bb, \u00e0 \u00ab&nbsp;se faire belles&nbsp;\u00bb pour retrouver de l\u2019app\u00e9tit sexuel lorsque celui-ci vient \u00e0 manquer<a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\">[18]<\/a>. Ainsi, le d\u00e9sir serait in\u00e9vitablement li\u00e9 aux corps des femmes, seul v\u00e9ritable support de toutes les projections \u00e9rotiques. Mais il serait \u00e9galement li\u00e9 \u2013 par une sorte d\u2019obligation morale et sociale &#8211; \u00e0 celui des hommes, toujours consid\u00e9r\u00e9 comme plus grand, plus imp\u00e9tueux. Le sociologue Michel Bozon parle en ce sens du d\u00e9sir des femmes comme d\u2019un <em>d\u00e9sir subalterne. <\/em>En r\u00e9f\u00e9rence aux travaux d\u2019Isabelle Clair, il explique&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple diff\u00e9rence, mais bien d\u2019une hi\u00e9rarchie qui ne place pas \u00e0 \u00e9galit\u00e9 les partenaires d\u2019une relation h\u00e9t\u00e9rosexuelle&nbsp;;&nbsp;l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des d\u00e9sirs peut \u00eatre vue comme l\u2019une des conditions du maintien de l\u2019ordre h\u00e9t\u00e9rosexuel<a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\">[19]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le fait de consid\u00e9rer le d\u00e9sir des hommes comme n\u00e9cessairement plus important que celui des femmes, et pour lequel des iniquit\u00e9s permanentes (des violences sexuelles, \u00e0 l\u2019offre sexuelle marchande, en passant par la surrepr\u00e9sentation des femmes sexualis\u00e9es dans la sph\u00e8re m\u00e9diatique) sont justifi\u00e9es, ne serait donc qu\u2019une construction sociale &#8211; dont les enjeux restent le pouvoir. Michel Bozon d\u00e9veloppe ainsi&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous nous sommes habitu\u00e9s \u00e0 penser que beaucoup de nos comportements ordinaires s\u2019expliquaient par un inconscient sexuel, alors qu\u2019il conviendrait d\u2019abord d\u2019identifier l\u2019inconscient social et culturel \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans notre activit\u00e9 sexuelle. Ainsi le primat persistant du d\u00e9sir des hommes et la tendance \u00e0 minorer celui des femmes, \u00e0 qui on ne pr\u00eate souvent que des int\u00e9r\u00eats affectifs, ne d\u00e9coulent pas d\u2019une logique intrins\u00e8que de la sph\u00e8re sexuelle, mais sont des aspects d\u2019une socialisation de genre in\u00e9galitaire, qui n\u2019affecte pas seulement la sexualit\u00e9<a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette minoration du d\u00e9sir des femmes, et la difficult\u00e9 \u00e0 lui donner repr\u00e9sentativit\u00e9, que je souhaite questionner.<\/p>\n<h3 align=\"justify\"><a href=\"#3\">3. D\u00e9marche artistique<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Mon projet de recherche-cr\u00e9ation <em>Band\u00e9s<\/em> se construit par une alliance de photographies d\u2019hommes et de textes extraits soit de t\u00e9moignages de femmes que j\u2019ai recueillis, soit d\u2019ouvrages litt\u00e9raires ou th\u00e9oriques. Le choix de l\u2019image photographique est d\u2019abord li\u00e9 \u00e0 ma propre pratique, mais il appara\u00eet sp\u00e9cifiquement adapt\u00e9 pour ce type de repr\u00e9sentation. Susan Sontag, essayiste am\u00e9ricaine ayant travaill\u00e9 dans les ann\u00e9es soixante-dix sur notre rapport \u00e0 la photographie, propose en effet qu\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;[e]n nous enseignant un nouveau code visuel, les photographies modifient et \u00e9largissent notre id\u00e9e de ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9 et de ce que nous avons le droit d\u2019observer<a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\">[21]<\/a> \u00bb. Ainsi, les photographies, en tant que preuves du \u00ab&nbsp;r\u00e9el&nbsp;\u00bb (comme l\u2019est \u00e9galement la vid\u00e9o), peuvent servir \u00e0 \u00e9laborer une r\u00e9alit\u00e9 plus ample \u2013 non pas le monde tel que nous le voyons, mais comme nous <em>pourrions<\/em> le voir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Des photographies d\u2019hommes sexualis\u00e9s \u2013 dans un contexte artistique \u2013 peuvent-elles alors participer \u00e0 \u00e9largir notre vision des corps d\u00e9sirables, m\u00e9ritant d\u2019\u00eatre regard\u00e9s&nbsp;? Comme nous l\u2019avons vu, le corps de l\u2019homme \u00e9tant socialement moins consid\u00e9r\u00e9 et jug\u00e9 comme tel, le projet suppose de construire des images sensuelles et sexuelles \u00e9videntes, brouillant parfois les limites entre \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9rotisme&nbsp;\u00bb et la \u00ab&nbsp;pornographie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\">[22]<\/a>. Une mani\u00e8re \u00e9galement pour les femmes de se r\u00e9approprier des images explicitement sexuelles&nbsp;&#8211; les images suggestives \u00e9tant les seules \u00e0 leur \u00eatre conventionnellement rattach\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en sc\u00e8ne des sujets (leurs postures, notamment), lieux et accessoires permettent notamment l\u2019exploration de ces lignes souvent diffuses li\u00e9es aux cat\u00e9gories d\u2019images sexuelles, pour mettre en lumi\u00e8re certaines interrogations. Christine Buignet, chercheuse en art, explique&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi la photographie mise en sc\u00e8ne peut-elle \u00eatre vue comme lieu d\u2019une h\u00e9t\u00e9rogen\u00e8se, sugg\u00e9rant des configurations nouvelles, amenant le r\u00e9cepteur \u00e0 \u00e9prouver paradoxalement \u00e0 la fois sa singularit\u00e9 et l\u2019oubli momentan\u00e9 de l\u2019individuation \u2013 irruption d\u2019un corps partageable dans une faille des codes<a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 cette id\u00e9e de failles, d\u2019anomalie ou de manque qui provoque de nouvelles significations. Cette analyse est \u00e9galement pr\u00e9sente dans les \u00e9crits du philosophe Maurice Merleau-Ponty \u00e0 propos de la cr\u00e9ation artistique&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a signification lorsque nous soumettons les donn\u00e9es du monde \u00e0 une d\u00e9formation&nbsp;coh\u00e9rente. Il suffit que, dans le plein des choses nous m\u00e9nagions certains creux, certaines fissures [&#8230;] pour faire venir au monde cela m\u00eame qui lui est le plus \u00e9tranger&nbsp;: un sens. Il y a style (et de l\u00e0 signification) d\u00e8s qu\u2019il y a des figures et des fonds, une norme et une d\u00e9viation, un haut et un bas, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e8s que certains \u00e9l\u00e9ments du monde prennent valeur de dimensions selon lesquelles d\u00e9sormais nous mesurons tout le reste, par rapport auxquelles nous indiquons tout le reste<a href=\"#_edn24\" name=\"_ednref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme pour Nelson Goodman, c\u2019est encore l\u2019\u00e9cart entre le banal et le \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb banal, la norme et la d\u00e9viation qui fait prendre son sens \u00e0 la proposition artistique. Dans la th\u00e9matique qui nous occupe, le corps des femmes et leur multiples repr\u00e9sentations prennent valeur de r\u00e9f\u00e9rence et de norme du \u00ab&nbsp;d\u00e9sir&nbsp;\u00bb, selon lesquelles nous mesurons le reste&nbsp;; les images d\u2019hommes sexualis\u00e9s par le regard (d\u00e9sirant) d\u2019une femme deviennent alors par d\u00e9faut une d\u00e9viation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, la dimension plastique de <em>Band\u00e9s<\/em> se construit depuis plus d\u2019un an sur ces quelques invariables : des photographies mises en sc\u00e8nes sur lesquelles figurent exclusivement des hommes&nbsp;; des lieux vari\u00e9s \u00e9voquant l\u2019id\u00e9e d\u2019intimit\u00e9 ou de fantasmes ; des corps sexualis\u00e9s de mani\u00e8re plus ou moins \u00e9vidente, susceptibles, pour certaines, de faire \u00e9merger physiquement la question de l\u2019excitation et du d\u00e9sir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La difficult\u00e9 \u00e0 trouver des mod\u00e8les masculins a certes limit\u00e9 la diversit\u00e9 des corps photographi\u00e9s, mais la pr\u00e9occupation d\u2019avoir en images des corps et des sexes vari\u00e9s, pour ne pas les ancrer dans une repr\u00e9sentation trop st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e, deviendra plus importante. Il s\u2019agit en effet de travailler sur une certaine quotidiennet\u00e9. Cet aspect de l\u2019\u00e9laboration des images est primordial &#8211; et explique le choix d\u2019utiliser des \u00e9clairages naturels, plut\u00f4t qu\u2019artificiels, ainsi que des mod\u00e8les \u00ab&nbsp;normaux&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que professionnels. C\u2019est \u00e9galement pour cela que les clich\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9s hors studio, dans des espaces habituels, conformes \u00e0 leur configuration originale. Une part d\u2019improvisation importante s\u2019ajoute \u00e0 ces crit\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">S\u2019est ensuite pos\u00e9e la question de l\u2019\u00e9rotisation des corps et des facteurs pouvant l\u2019influencer. Si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re aux images de femmes, les v\u00eatements et les postures sont les principaux vecteurs de d\u00e9sirabilit\u00e9 (lingerie, talons hauts, positions allong\u00e9es ou assises, souvent jambes \u00e9cart\u00e9es, voir relev\u00e9es, mise en valeur des fesses, de la poitrine ou de l\u2019entre-jambe). Cet ajout est moins \u00e9vident sur les hommes&nbsp;; \u00e9tant traditionnellement ceux qui regardent et non objets du regard, les normes d\u2019\u00e9rotisation de leur corps par des v\u00eatements ou des positions sont moindres. Pourtant, selon Paul Ardenne, cette mise en sc\u00e8ne des corps ne serait pas anodine dans l\u2019image sexuelle&nbsp;: elle&nbsp;\u00ab&nbsp;(ferait) l\u2019image \u00e9rotique, (elle) en serait m\u00eame le principal vecteur&nbsp;<a href=\"#_edn25\" name=\"_ednref25\">[25]<\/a>\u00bb. La construction de nos images se fait donc en collaboration avec les mod\u00e8les, ainsi qu\u2019en relation \u00e0 certains t\u00e9moignages de femmes recueillis en amont. Une tension peut \u00eatre cr\u00e9\u00e9e (autant dans la s\u00e9ance de prise de vue que dans la proposition plastique), par des photographies en \u00ab&nbsp;\u00e9tape&nbsp;\u00bb et en progression, en partant d\u2019un corps partiellement habill\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un corps nu, puis en \u00e9rection. Les photographies sont tant\u00f4t sugg\u00e9r\u00e9es, tant\u00f4t explicites &#8211; le sexe en \u00e9rection restant la fa\u00e7on la plus \u00e9vidente de sexualiser le corps masculin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Or, si comme l\u2019\u00e9crit Bernard Darras \u00ab&nbsp;le sens d\u2019une chose est dans les habitudes qu\u2019elle implique<a href=\"#_edn26\" name=\"_ednref26\">[26]<\/a>\u00bb, &nbsp;il est possible que ces images seules soient analys\u00e9es de mani\u00e8re inappropri\u00e9es. Mais de quelle habitude pouvons-nous certifier dans la consommation d\u2019images, \u00e0 part (peut-\u00eatre) celles dans l\u2019espace m\u00e9diatique et publicitaire&nbsp;? De quelle(s) habitude(s) peuvent parler des images d\u2019hommes nus&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Jacques Aumont explique cette relation entre connaissance et capacit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tation&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019image contient du sens, celui-ci est donc \u00e0 \u00ab&nbsp;lire&nbsp;\u00bb par son destinataire, par son spectateur. C\u2019est tout le probl\u00e8me de l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019image. Chacun sait, par exp\u00e9rience directe, que les images ne sont pas visibles de mani\u00e8re unique, enti\u00e8rement d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019appareil perceptif, et que nous n\u2019y voyons, au sens plein du terme, que ce que nous sommes capables de comprendre. Les images produites dans un contexte spatial ou temporel \u00e9loign\u00e9 du n\u00f4tre sont ainsi celles qui n\u00e9cessitent le plus d\u2019interpr\u00e9tation<a href=\"#_edn27\" name=\"_ednref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour le philosophe Dominic Lopes \u00e9galement, une \u00ab&nbsp;tentative erron\u00e9e d\u2019interpr\u00e9tation<a href=\"#_edn28\" name=\"_ednref28\">[28]<\/a>\u00bb survient lorsque l\u2019on analyse une image avec le mauvais syst\u00e8me de lecture &#8211; mais elle peut \u00eatre r\u00e9solue par un apport d\u2019information, donn\u00e9 de mani\u00e8re verbale ou par \u00e9crit. Plusieurs artistes ont ainsi accompagn\u00e9 leurs \u0153uvres de l\u00e9gendes, citations ou commentaires \u00e9crits afin de diminuer l\u2019\u00e9cart entre leurs intentions et la r\u00e9ception de leurs \u0153uvres. L\u2019artiste et critique d\u2019art Sally Bonn en propose l\u2019analyse dans <em>Les mots et les \u0153uvres&nbsp;:<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez Buren, mais aussi chez Pistoletto ou Moris, les textes occasionnent ce que Hans Robert Jauss nomme \u00ab&nbsp;une perception guid\u00e9e&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une perception \u00ab&nbsp;qui se d\u00e9roule conform\u00e9ment \u00e0 un sch\u00e9ma indicatif bien d\u00e9termin\u00e9, un processus correspondant \u00e0 des intentions et d\u00e9clench\u00e9 par des signaux que l\u2019on peut d\u00e9couvrir&nbsp;\u00bb, plus ou moins directement associ\u00e9 aux \u0153uvres. Ils ne constituent pas un ensemble coh\u00e9rent qui pr\u00e9dispose \u00e0 une compr\u00e9hension unifi\u00e9e, lin\u00e9aire et \u00e9volutive, mais d\u00e9veloppent une pratique de la lecture, fragmentaire et active, qui modifie autant la lisibilit\u00e9 des textes que la perception des \u0153uvres<a href=\"#_edn29\" name=\"_ednref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de la r\u00e9ception sensible et spontan\u00e9e de leurs travaux, ces artistes ont donc choisi d\u2019utiliser des textes pour en faciliter la lecture &#8211; et construire un processus de r\u00e9flexion par des allers-retours analytiques entre les deux m\u00e9diums. Les textes n\u2019expliquent pas n\u00e9cessairement &nbsp;les \u0153uvres, mais \u00e9tayent la r\u00e9flexion, pour amener peut-\u00eatre \u00e0 <em>voir <\/em>et <em>comprendre <\/em>les repr\u00e9sentations autrement.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les artistes veulent renverser le primat du visuel, remettre en cause ce que Morris nomme la tyrannie de l\u2019optique. Il n\u2019est plus seulement question de rendre visible mais d\u2019\u00e9tendre cette visibilit\u00e9, de l\u2019augmenter, de l\u2019\u00e9largir. Soit du c\u00f4t\u00e9 de la perception, soit de mani\u00e8re discursive. Ne pas r\u00e9duire \u00e0 l\u2019\u0153il, comme l\u2019\u00e9crit Buren, et faire de l\u2019\u0153uvre d\u2019art l\u2019occasion d\u2019une exp\u00e9rience corporelle et d\u2019une exp\u00e9rience cognitive<a href=\"#_edn30\" name=\"_ednref30\">[30]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Bien que l\u2019art conceptuel ou minimal des ann\u00e9es soixante ne soit pas mon objet d\u2019\u00e9tude ni ma source d\u2019inspiration, il me semble que l\u2019enjeu de mon travail n\u00e9cessite de guider l\u2019interpr\u00e9tation des images en proposant un aller-retour de lecture entre textes et photographies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Regarder ces photographies \u00e0 l\u2019aune de t\u00e9moignages de femmes qui parlent de leur d\u00e9sir, de ce qui les anime ou de la relation qu\u2019elles entretiennent au corps d\u2019un homme, permet en effet d\u2019orienter la r\u00e9ception. Sous forme d\u2019enregistrements audio propos\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9coute ou de retranscriptions narratives, la parole de femmes est ainsi restitu\u00e9e&nbsp;; d\u2019objets de regard, les femmes deviennent sujets du discours : ce n\u2019est pas leur image qui est pour une fois utilis\u00e9e, mais leurs analyses et leurs exp\u00e9riences. De plus, les textes viennent \u00e0 la fois r\u00e9v\u00e9ler l\u2019expression de d\u00e9sirs r\u00e9els de femmes, preuve de cet app\u00e9tit sexuel commun, tourn\u00e9 vers l\u2019autre, commun \u00e0 tous les genres \u2013 et par l\u00e0-m\u00eame rappeler que l\u2019expression de ce d\u00e9sir est historiquement invisibilis\u00e9. Les photographies sont alors r\u00e9alis\u00e9es pour illustrer les t\u00e9moignages, mais surtout, comme un questionnement, pour engendrer la r\u00e9flexion et proposer aux femmes de s\u2019approprier leur propre regard d\u00e9sirant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette recherche-cr\u00e9ation sera poursuivie encore quelques ann\u00e9es, guid\u00e9e toujours par une analyse sociologique, f\u00e9ministe et artistique questionnant l\u2019iniquit\u00e9 dans la repr\u00e9sentativit\u00e9 du d\u00e9sir. Concernant la pr\u00e9sentation plastique du projet, plusieurs voies sont envisag\u00e9es&nbsp;: exposition avec des tirages grands formats, livre d\u2019artiste, montage vid\u00e9o. Ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 ici est une des formes possibles de la cr\u00e9ation, encore en construction. Par une approche du texte plus narratif et litt\u00e9raire, juxtapos\u00e9 aux images, je tente un m\u00e9lange des genres&nbsp;: le frottement entre des images \u00e0 la fois mises en sc\u00e8ne et documentaires, entre des corps d\u2019hommes et des voix de femmes, entre des exp\u00e9riences r\u00e9elles et fabriqu\u00e9es.<\/p>\n<h3><a href=\"#notes\">Notes<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> PLANA, Muriel. \u00ab \u2018L\u2019instant juste avant le meurtre\u2019 : la s\u00e9quence du \u2018tableau vivant\u2019 dans G\u00e9n\u00e9alogies d\u2019un crime de Raoul Ruiz.&nbsp;\u00bb In&nbsp; BUIGNET, Christine et RYKNER, Arnaud. (dir.) <em>Entre code et corps. Tableau vivant et photographie mise en sc\u00e8ne<\/em>. Pau&nbsp;: Figures de l\u2019art, Puppa, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> CANNONCE Belinda. 09\/01\/2018. \u00ab&nbsp;Le jour o\u00f9 les femmes se sentiront autoris\u00e9es \u00e0 exprimer leur d\u00e9sir, elles ne seront plus des proies&nbsp;\u00bb, <em>Le Monde<\/em>. Consult\u00e9 sur&nbsp;: https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2018\/01\/09\/le-jour-ou-les-femmes-se-sentiront-autorisees-a-exprimer-leur-desir-elles-ne-seront-plus-des-proies_5239102_3232.html.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> PLUTA, Izabella et LOSCO-LENA, Mireille. \u00ab&nbsp;Pour une topographie de la recherche-cr\u00e9ation&nbsp;\u00bb. <em>Ligeia<\/em>. 2015\/1 (N\u00b0 137-140), p. 39-46. URL : https:\/\/www-cairn-info.lama.univ-amu.fr\/revue-ligeia-2015-1-page-39.htm.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[4]<\/a> <em>Ibidem.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[5]<\/a> GOODMAN, Nelson. <em>Langages de l\u2019art. <\/em>Paris&nbsp;: Hachette, 1990, p. 58.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[6]<\/a> EXPORT, Valie. \u00ab&nbsp;\u2018Woman\u2019s Art\u2019&nbsp;(1972). Manifeste de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;MAGNA&nbsp;\u00bb. Vienne&nbsp;: 1972.&nbsp;\u00bb In e<em>lles@centrepompidou. Artistes femmes dans la collection du mus\u00e9e national d\u2019art moderne, centre de cr\u00e9ation industrielle, <\/em>catalogue de l\u2019exposition, Centre Pompidou, 2009, p. 355.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> Exposition organis\u00e9e en 2009 au Centre Pompidou, enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e aux artistes femmes pr\u00e9sentes dans les collections du mus\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[8]<\/a>Voir \u00e0 ce propos l\u2019article tr\u00e8s complet de Rose-Anne Gush, \u00ab VALIE EXPORT : Image et espace du corps \u00bb <em>In<\/em> <em>Archives of Women Artists, Research and Exhibitions magazine<\/em>, [En ligne], mis en ligne le 6 novembre 2017, consult\u00e9 le 3 mai 2019. URL : https:\/\/awarewomenartists.com\/magazine\/valie-export-image-espace-corps\/.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[9]<\/a> <em>Masculin \/ masculin. L\u2019homme nu dans l\u2019art de 1800 \u00e0 nos jours. <\/em>Catalogue de l\u2019exposition au Mus\u00e9e d\u2019Orsay. Paris&nbsp;: Flammarion, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[10]<\/a> <em>L\u2019Art et le corps. <\/em>Paris&nbsp;: Phaidon, 2016, 439 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[11]<\/a> Les chiffres sont donn\u00e9s \u00e0 titre indicatif. Les images ont \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9es et s\u00e9par\u00e9es par genre selon les auteur\u00b7es et les corps repr\u00e9sent\u00e9s, sachant que plusieurs corps de sexes diff\u00e9rents sont parfois pr\u00e9sents sur une m\u00eame image et que plusieurs \u0153uvres sont d\u2019artistes inconnu\u00b7es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[12]<\/a> LAVIGNE, Julie, LAURIN Audrey et MAIORANO Sabrina. \u00ab&nbsp;Images du d\u00e9sir des femmes&nbsp;: agentivit\u00e9 sexuelle par la subversion de la norme \u00e9rotique ou pornographique objectivante&nbsp;\u00bb. In <em>Femmes d\u00e9sirantes. Art, litt\u00e9rature et repr\u00e9sentations,<\/em> BOISCLAIR, Isabelle et DUSSAULT FRENETTE, Catherine (dir). Montr\u00e9al&nbsp;: \u00e9ditions du Remue-m\u00e9nage, 2013, p.35-55.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[13]<\/a> Pour plus de d\u00e9tails sur l\u2019art f\u00e9ministe anglais et am\u00e9ricain, voir&nbsp;: RECKITT, Helena et PHELAN, Peggy (dir.). <em>Art et f\u00e9minisme. <\/em>Londres&nbsp;: Phaidon, 2005, 204 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[14]<\/a> <em>Les Sciences du d\u00e9sir. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine, de la psychanalyse aux neurosciences, <\/em>GARDEY, Delphine et VUILLE, Maril\u00e8ne (dir.). Paris&nbsp;: Le bord de l\u2019Eau, 2018, 334 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">[15]<\/a> GARDEY, Delphine. \u00ab&nbsp;Savoirs du sexe, politiques du d\u00e9sir. Les sciences, la m\u00e9decine et la sexualit\u00e9 des femmes (XIX<sup>e<\/sup>-XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cles)&nbsp;\u00bb. In <em>Les Sciences du d\u00e9sir. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine, de la psychanalyse aux neurosciences. <\/em>2018,<em> op. cit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">[16]<\/a> BOISCLAIR, Isabelle et DUSSAULT FRENETTE, Catherine (dir.). <em>Femmes d\u00e9sirantes. Art, litt\u00e9rature, repr\u00e9sentations<\/em>. 2013, <em>op. cit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\">[17]<\/a> <em>Idem<\/em>, p.12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\">[18]<\/a> Le livre <em>Les Femmes, le sexe et l\u2019amour. 3 000 femmes t\u00e9moignent <\/em>de Philippe Brenot est un bon exemple. Pour dresser un portrait de la sexualit\u00e9 des femmes aujourd\u2019hui, l\u2019auteur a recueilli trois mille t\u00e9moignages par \u00e9crit. Son livre est une compilation de ces r\u00e9ponses ferm\u00e9es et ouvertes accompagn\u00e9es d\u2019analyses. Dans la section <em>D\u00e9sir<\/em> du questionnaire (consultable \u00e0 la fin du livre), la premi\u00e8re question est \u00ab&nbsp;Vous trouvez-vous belle&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\">[19]<\/a> BOZON, Michel. \u00ab&nbsp;Ni trop ni trop peu. M\u00e9decine, \u00e2ge et d\u00e9sir des femmes&nbsp;\u00bb in <em>Les Sciences du d\u00e9sir. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine, de la psychanalyse aux neurosciences. <\/em>2018, <em>op. cit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\">[20]<\/a> BOZON, Michel. <em>Sociologie de la sexualit\u00e9, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition. <\/em>Paris&nbsp;: Armand Colin, 2009, p.8.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\">[21]<\/a> SONTAG, Susan. <em>Sur la photographie<\/em>. Paris&nbsp;: Ed. Christian Bourgeois, 2008, 280 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\">[22]<\/a> De nombreux auteurs ont tent\u00e9 de faire la distinction entre \u00e9rotisme et pornographie dans l\u2019art, dont Dominique Baqu\u00e9, Paul Ardenne, Ramon Tio Bellido, Patrick Baudry <em>etc.<\/em> Il semble que le sens et l\u2019usage des mots se soient transform\u00e9s avec les \u00e9poques. Le mot pornographie se serait en quelque sorte substitu\u00e9 au mot \u00e9rotisme, beaucoup plus sulfureux au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. L\u2019analyse de l\u2019historienne de l\u2019art Julie Lavigne, qui ne les s\u00e9pare pas mais inclut plut\u00f4t la pornographie comme un sous-ensemble restreint de l\u2019\u00e9rotisme, me semble la plus pertinente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\">[23]<\/a> BUIGNET, Christine. \u00ab&nbsp;Irr\u00e9els r\u00e9alis\u00e9s, r\u00e9alit\u00e9s exacerb\u00e9es&nbsp;? La photographie mise en sc\u00e8ne comme dispositif de d\u00e9tournement&nbsp;\u00bb. In BUIGNET, Christine et RYKNER, Arnaud. (dir.) <em>Entre code et corps. Tableau vivant et photographie mise en sc\u00e8ne. op. cit<\/em>. p. 251.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref24\" name=\"_edn24\">[24]<\/a> MERLEAU-PONTY, Maurice, <em>La prose du monde. <\/em>Paris&nbsp;: Gallimard, 1969, p.85-86.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref25\" name=\"_edn25\">[25]<\/a> ARDENNE, Paul. <em>L\u2019Image Corps. Figures de l\u2019humain dans l\u2019art du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. <\/em>Paris&nbsp;: \u00c9ditions du Regard, 2010, 507 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref26\" name=\"_edn26\">[26]<\/a> Cit\u00e9 in, BEYAERT-GESLIN, Anne. \u00ab&nbsp;Faire la diff\u00e9rence.&nbsp;\u00bb In <em>L\u2019Image entre sens et signification. <\/em>Paris&nbsp;: Publications de la Sorbonne, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref27\" name=\"_edn27\">[27]<\/a> AUMONT, Jacques. <em>L\u2019Image. <\/em>Paris&nbsp;: Armand Colin, 3<sup>e<\/sup> \u00e9dition, 2011, p.236.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref28\" name=\"_edn28\">[28]<\/a> MCIVER LOPES, Dominic. <em>Comprendre les images, une th\u00e9orie de la repr\u00e9sentation iconique<\/em>. Rennes&nbsp;: Presse universitaire de Rennes, 2014, 298 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref29\" name=\"_edn29\">[29]<\/a> BONN, Sally. <em>Les Mots et les \u0153uvres. <\/em>Paris&nbsp;: Fiction et Cie, Le Seuil, 2017, p.51.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"#_ednref30\" name=\"_edn30\">[30]<\/a> <em>Idem<\/em>, p.63.<\/p>\n<hr>\n<p><a name=\"sect10\"><\/a><\/p>\n<h3><a href=\"#biblio\">Bibliographie<\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">AUMONT, Jacques. <em>L\u2019Image. <\/em>Paris&nbsp;: Armand Colin, 3<sup>e<\/sup> \u00e9dition, 2011, p.236.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">ARDENNE, Paul. <em>L\u2019Image Corps. Figures de l\u2019humain dans l\u2019art du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. <\/em>Paris&nbsp;: Editions du Regard, 2010, 507 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BAQUE Dominique, <em>Mauvais genre(s)&nbsp;: \u00e9rotisme, pornographie et art contemporain<\/em>, Paris, Du Regard, 2002, 200 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BAQUE, Dominique. <em>Pour un nouvel art politique. De l\u2019art contemporain au documentaire<\/em>. Paris&nbsp;: Champs Art, 2009, 320 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BEYAERT-GESLIN, Anne (dir.). <em>L\u2019Image entre sens et signification. <\/em>Paris&nbsp;: Publications de la Sorbonne, 2006, 230p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BOISCLAIR, Isabelle, DUSSAULT FRENETTE, Catherine. <em>Femmes d\u00e9sirantes, art, litt\u00e9rature, repr\u00e9sentations<\/em>. Montr\u00e9al&nbsp;: les \u00e9ditions du remue-m\u00e9nage, 2013, 324 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BOISVERT, Lili. <em>Le Principe du cumshot. Le d\u00e9sir des femmes sous l\u2019emprise des clich\u00e9s sexuels. <\/em>Montr\u00e9al&nbsp;: VLB \u00e9diteur, 2017, 250 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BONN, Sally. <em>Les Mots et les \u0153uvres. <\/em>Paris&nbsp;: Fiction et Cie, Le Seuil, 2017, p. 51.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BOZON, Michel. <em>Sociologie de la sexualit\u00e9, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition. <\/em>Paris&nbsp;: Armand Colin, 2009, 126 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BRENOT, Philippe. <em>Les Femmes, le sexe et l\u2019amour. 3000 femmes t\u00e9moignent. <\/em>Paris&nbsp;: Editions des Ar\u00e8nes, 2011, 320 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BUIGNET, Christine et RYKNER, Arnaud (Dir.). <em>Entre code et corps. Tableau vivant et photographie mise en sc\u00e8ne<\/em>. Pau&nbsp;: Figures de l\u2019art, PUPPA, 2012, 352 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">CHOLLET Mona, <em>Beaut\u00e9 fatale&nbsp;: les nouveaux visages d\u2019une ali\u00e9nation f\u00e9minine,<\/em> Paris, Zones, 2012, 237 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">E<em>lles@centrepompidou. Artistes femmes dans la collection du mus\u00e9e national d\u2019art moderne, centre de cr\u00e9ation industrielle, <\/em>catalogue de l\u2019exposition, Centre Pompidou, 2009, p. 355.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">FAUSTO-STERLING, Anne. <em>Les Cinq sexes. Pourquoi m\u00e2le et femelle ne sont pas suffisants. <\/em>Paris&nbsp;: Editions Payots &amp; Rivages, 2013, 92 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">FROIDEVAUX-METTERIE Camille. <em>Le Corps des femmes. La bataille de l\u2019intime. <\/em>Philosophie \u00e9diteur, 2018, 96 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GARDEY, Delphine, VUILLE, Maril\u00e8ne (dir.). <em>Les Sciences du d\u00e9sir&nbsp;: la sexualit\u00e9 f\u00e9minine de la psychanalyse aux neurosciences<\/em>. Paris&nbsp;: Le bord de l\u2019Eau, 2018, 334 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GOODMAN, Nelson. <em>Langages de l\u2019art<\/em> <em>&#8211; une approche de la th\u00e9orie des symboles.<\/em> Paris&nbsp;: Hachette, 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LAVIGNE, Julie. <em>La Travers\u00e9e de la pornographie. Politique et \u00e9rotisme dans l\u2019art f\u00e9ministe. <\/em>Montr\u00e9al&nbsp;: les \u00e9ditions du remue-m\u00e9nage, 2014, 234 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LUCIE-SMITH, Edouard. <em>La Sexualit\u00e9 dans l\u2019art occidental<\/em>. Londres&nbsp;: Thames et Hudson, 1991, 285 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019Art et le corps. <\/em>Paris&nbsp;: Phaidon, 2016, 439 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Masculin \/ masculin. L\u2019homme nu dans l\u2019art de 1800 \u00e0 nos jours. <\/em>Catalogue de l\u2019exposition au Mus\u00e9e d\u2019Orsay. Paris&nbsp;: Flammarion, 2013, 302 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MERLEAU-PONTY, Maurice. <em>La prose du monde. <\/em>Paris&nbsp;: Gallimard, 1969, 438 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MIMOUN, Sylvain. <em>Ce que les femmes pr\u00e9f\u00e9rent. Le d\u00e9sir f\u00e9minin&nbsp;: le d\u00e9couvrir, le cultiver, le retrouver. <\/em>Paris&nbsp;: Editions Albin Michel, 2008, 280 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MCIVER LOPES, Dominic. <em>Comprendre les images, une th\u00e9orie de la repr\u00e9sentation iconique<\/em>. Rennes&nbsp;: Presse universitaire de Rennes, 2014, 298 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RECKITT, Helena et PHELAN, Peggy. <em>Art et f\u00e9minisme<\/em>. Paris&nbsp;: Phaidon, 2005, 204 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">ROBERT, Marie, POHLMANN, Ulrich et GALIFOT, Thomas. <em>Qui a peur des femmes photographes<\/em>. Paris&nbsp;: Hazan, 2015, 304 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SONTAG, Susan.<em> Sur la photographie<\/em>. Paris&nbsp;: Ed. Christian Bourgeois, 2008, 280 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">TIO BELLIDO Ramon (dir.). <em>Sous-titr\u00e9e X, la pornographie entre images et propos<\/em>. Rennes&nbsp;: Presse Universitaire de Rennes, 2001, 136 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sandrine DE PAS N\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al en 1981, Sandrine de Pas est photographe et \u00e9tudiante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Aix-Marseille en Arts plastiques. Son m\u00e9moire de recherche et cr\u00e9ation (photographies\/textes) porte sur les questions de repr\u00e9sentations du corps sexuel des hommes li\u00e9 au d\u00e9sir des femmes (sous la direction de Christine Buignet). Elle est \u00e9galement certifi\u00e9e de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[102343],"class_list":["post-3604","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-n10","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3604"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3604\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4145,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3604\/revisions\/4145"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3604"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}