 {"id":620,"date":"2016-06-19T15:57:26","date_gmt":"2016-06-19T14:57:26","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita\/?p=620"},"modified":"2018-09-18T15:23:08","modified_gmt":"2018-09-18T14:23:08","slug":"corps-noirs-enjeux-de-la-creation-choregraphique-contemporaine-dafrique-bourdie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/06\/19\/corps-noirs-enjeux-de-la-creation-choregraphique-contemporaine-dafrique-bourdie\/","title":{"rendered":"Corps \u00ab\u00a0noirs\u00a0\u00bb, enjeux de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique contemporaine d\u2019Afrique ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Annie Bourdi\u00e9<\/strong><br \/>\nDocteur en Sciences Sociales, Universit\u00e9 Paris-Est Cr\u00e9teil<br \/>\n<a href=\"&#109;&#x61;&#105;&#x6c;t&#x6f;:&#x62;o&#x75;r&#x64;i&#x65;&#64;&#117;&#x2d;&#112;&#x65;&#99;&#x2e;f&#x72;\">&#x62;&#111;u&#x72;&#x64;&#105;e&#x40;&#x75;&#45;p&#x65;&#x63;&#46;f&#x72;<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Bourdi\u00e9, Annie, \u00ab Corps \u201cnoirs\u201d, enjeux de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique contemporaine d\u2019Afrique ? \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b06 \u00ab Jeux et enjeux du corps : entre poi\u0308e\u0301tique et perception \u00bb, \u00e9t\u00e9 2016, mis en ligne en 2016, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/06\/19\/corps-noirs-enjeux-de-la-creation-choregraphique-contemporaine-dafrique-bourdie\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article au format PDF<\/p>\n<hr \/>\n<h3>R\u00e9sum\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux travaux ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s sur l\u2019image du \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb \u00e0 travers l\u2019Histoire. Soumis au poids du regard occidental, l\u2019 \u00ab\u00a0Africain\u00a0\u00bb s\u2019est souvent vu r\u00e9ifi\u00e9, essentialis\u00e9, assign\u00e9 \u00e0 un certain \u201cexotisme\u00a0\u00bb que pouvait inspirer sa couleur de peau. Les arts chor\u00e9graphiques ont eux aussi historiquement contribu\u00e9, non sans un certain ethnocentrisme, \u00e0 l\u2019ancrage d\u2019id\u00e9es re\u00e7ues sur les corps noirs, aussi bien dans la r\u00e9ception et la perception des \u0153uvres par les publics occidentaux, que dans leur mise en sc\u00e8ne par les artistes eux-m\u00eames. Depuis les ann\u00e9es quatre-vingt dix, de nombreux chor\u00e9graphes du continent africain se sont engag\u00e9s dans un mouvement improprement appel\u00e9 \u00ab\u00a0danse africaine contemporaine\u00a0\u00bb. Dans leur travail chor\u00e9graphique, ont-ils pu se mettre \u00e0 distance des id\u00e9es re\u00e7ues et des mod\u00e8les impos\u00e9s\u00a0 dans le domaine de la danse\u00a0? Pour satisfaire un public\u00a0majoritairement occidental,\u00a0 ne se sont-ils pas appuy\u00e9s sur certaines images\u00a0? Sont-ils parvenus \u00e0 d\u00e9construire les st\u00e9r\u00e9otypes sur les corps noirs\u00a0et \u00e0 affirmer une \u00e9criture singuli\u00e8re\u00a0?<br \/>\nLe corps mis en jeu dans la danse, soumis au regard de certains publics, peut se retrouver au c\u0153ur d\u2019enjeux qui d\u00e9passent la seule dimension artistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s : <\/strong>Afrique &#8211; danse\u00a0 &#8211; \u00ab\u00a0corps noir\u00a0\u00bb &#8211; colonisation &#8211; r\u00e9appropriation &#8211; chor\u00e9graphie<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<h3><strong>Abstract<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Contemporary choreographies from Africa have been crossed by social representations of dance, body and arts but they are also nurtured by the historical western gaze on Africa, on the black body, and the african dance. How the artists can deal with this to find their own artistic expression?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Key-words: <\/strong>Africa &#8211; dance &#8211; \u00ab\u00a0black body\u00a0\u00bb &#8211; colonisation &#8211; reappropriation &#8211; choregraphy<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h3>\u00a0Sommaire<\/h3>\n<p><a href=\"#sect1\">1. Un corps producteur de sens<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect2\">2. Un corps marqu\u00e9 par l\u2019Histoire<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect3\">3. Une \u00ab\u00a0danse africaine\u00a0\u00bb\u00a0pour l\u2019Occident<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect4\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect5\">Notes<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect6\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chaque individu \u00e9tablit sa relation au monde en premier lieu par son corps, fa\u00e7onn\u00e9 par son v\u00e9cu individuel mais aussi par l\u2019histoire sociale et culturelle des divers groupes auxquels il va s\u2019identifier sa vie durant. Objet de repr\u00e9sentations, lieu d\u2019imaginaires multiples et enjeu de pouvoirs, le corps n\u2019est ainsi jamais neutre.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<h2>\u00a01. Un corps producteur de sens<\/h2>\n<h2><\/h2>\n<h3>1.1. La r\u00e9habilitation r\u00e9cente du corps en Occident<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les civilisations occidentales, il fut tr\u00e8s longtemps rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 une place secondaire<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup>. Durant des si\u00e8cles, la culture jud\u00e9o-chr\u00e9tienne tout autant que la philosophie occidentale<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup> contribu\u00e8rent \u00e0 entretenir une certaine \u00ab\u00a0somatophobie\u00a0\u00bb. Il fallut attendre le XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle pour que soit en quelque sorte <em>invent\u00e9 th\u00e9oriquement le corps<\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>, et remise en question la dichotomie corps-esprit. Ainsi les grands changements de paradigmes que la psychanalyse<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup>, la ph\u00e9nom\u00e9nologie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup>, l\u2019anthropologie sociale<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/sup>\u00a0et la sociologie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/sup> ont successivement op\u00e9r\u00e9s, r\u00e9habilit\u00e8rent progressivement le corps en lui redonnant sa place au sein des soci\u00e9t\u00e9s occidentales\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Notre si\u00e8cle a effac\u00e9 la ligne de partage du \u00ab\u00a0corps\u00a0\u00bb et de l\u2019 \u00ab\u00a0esprit\u00a0\u00bb et voit la vie humaine comme spirituelle et corporelle de part en part, toujours appuy\u00e9e sur le corps.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/sup><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle fut incontestablement celle d\u2019une v\u00e9ritable revalorisation somatique. Les ann\u00e9es 70 constitu\u00e8rent \u00e0 cet \u00e9gard l\u2019une des p\u00e9riodes les plus embl\u00e9matiques. Le corps, lieu de l\u2019expression du sensible, devint l\u2019enjeu de revendications diverses pour toutes les cat\u00e9gories opprim\u00e9es ou marginalis\u00e9es<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/sup>. Cette p\u00e9riode de lib\u00e9ration corporelle, partag\u00e9e par toute une g\u00e9n\u00e9ration r\u00e9volt\u00e9e en qu\u00eate de changement, laissa progressivement la place au cours des ann\u00e9es 80 \u00e0 un culte plus individualis\u00e9 du corps. Selon David Le Breton, cette nouvelle centration somatique, \u00e9rig\u00e9e en v\u00e9ritable qu\u00eate de soi, serait la cons\u00e9quence d\u2019une structuration individualiste du monde qui participerait \u00e0 la construction de l\u2019identit\u00e9 du sujet\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0C\u2019est par votre corps qu\u2019on vous juge et qu\u2019on vous classe\u00a0\u00bb, dit en substance le discours de nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. Nos soci\u00e9t\u00e9s sacrent le corps en embl\u00e8me de soi. Autant le construire sur mesure pour ne pas d\u00e9roger au sentiment de la meilleure apparence.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour Jean Baudrillard, le corps fonctionnerait comme une <em>valeur signe<\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/sup><em>,<\/em> jusqu\u2019\u00e0 devenir objet spectaculaire. Qu\u2019il soit image ou f\u00e9tiche, tout individu tendrait \u00e0 s\u2019identifier pleinement \u00e0 lui<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pluriel, producteur de sens, \u00e9troitement li\u00e9 aux regards qui lui sont port\u00e9s et aux repr\u00e9sentations dont il est l\u2019objet, le corps n\u2019est ainsi jamais neutre et les discours qui l\u2019accompagnent encore moins. Dans un monde globalis\u00e9 o\u00f9 se t\u00e9lescopent des mod\u00e8les contradictoires, la construction de la corpor\u00e9it\u00e9, entendue au sens ph\u00e9nom\u00e9nologique du terme<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/sup>, est le r\u00e9sultat de processus complexes qui, loin d\u2019\u00eatre lin\u00e9aires, sont parfois difficilement objectivables.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>1.2. Le corps de l\u2019 \u00ab\u00a0Autre\u00a0\u00bb comme objet de stigmatisation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Si la place du corps a \u00e9t\u00e9 minutieusement \u00e9tudi\u00e9e et analys\u00e9e dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, force est de constater que la majorit\u00e9 des recherches ont implicitement d\u00e9laiss\u00e9 tout ce qui avait trait au corps <em>\u00ab\u00a0<\/em>non occidental\u00a0\u00bb consid\u00e9r\u00e9 le plus souvent comme \u00ab\u00a0hors norme\u00a0\u00bb. Ce d\u00e9ni, r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019un certain ethnocentrisme, a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration progressive de la figure de \u00ab\u00a0l\u2019Autre\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9rant la production, la circulation et le maintien jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui de tout un ar\u00e9opage des repr\u00e9sentations les plus st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es.<br \/>\nLe rejet de la diff\u00e9rence est un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien et relativement universel. Les th\u00e9ories racialistes, en instaurant d\u00e8s le XVII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle une hi\u00e9rarchisation des \u00ab\u00a0races\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/sup>, servirent de fondement scientifique aux discriminations les plus graves et ce jusqu\u2019au XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. L\u2019esclavagisme, le colonialisme, le s\u00e9gr\u00e9gationnisme, le nazisme et plus pr\u00e8s de nous l\u2019<em>apartheid<\/em> en sont les t\u00e9moignages historiques les plus marquants.<br \/>\nAujourd\u2019hui encore, malgr\u00e9 l\u2019invalidation scientifique du principe racial par la biologie contemporaine, la stigmatisation de l\u2019individu \u00e0 partir de ses caract\u00e9ristiques somatiques est loin d\u2019avoir disparue\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Que les races ou non existent pour les savants, n\u2019influence en rien la perception de n\u2019importe quel individu, qui constate bien que les diff\u00e9rences sont l\u00e0. De ce dernier point de vue, seules comptent les propri\u00e9t\u00e9s imm\u00e9diatement visibles\u00a0: couleur de peau, syst\u00e8me pileux, configuration du visage<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15<\/a><\/sup>.<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les corps \u00ab\u00a0noirs\u00a0\u00bb sont ceux qui, au cours de l\u2019Histoire, ont \u00e9t\u00e9 les plus stigmatis\u00e9s et r\u00e9ifi\u00e9s. Les r\u00e9centes attaques dont a \u00e9t\u00e9 victime la Ministre de la Justice d\u2019origine guyanaise, Christiane Taubira<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/sup>, montrent que \u00ab\u00a0le racisme biologique est encore pr\u00e9sent dans nos soci\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>1.3. Les enjeux d\u2019une recherche autour de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique d\u2019Afrique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsque ces corps sont mis en spectacle, ils deviennent in\u00e9vitablement le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de la circulation des repr\u00e9sentations les plus diverses o\u00f9 se jouent des relations hi\u00e9rarchiques de pouvoir mais o\u00f9 s\u2019affirment \u00e9galement des revendications d\u2019ordre identitaire.<br \/>\nDans mes travaux, je me suis plus particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9e au d\u00e9veloppement de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique contemporaine en Afrique de l\u2019Ouest francophone<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/sup>, durant la p\u00e9riode p\u00e9ri et post-coloniale. En probl\u00e9matisant ma recherche autour des repr\u00e9sentations du \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb, de l\u2019Afrique et de la danse, j\u2019ai montr\u00e9 que les chor\u00e9graphes et les danseurs du continent \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement soumis \u00e0 une double contrainte qui les obligeait \u00e0 composer avec les images le plus souvent stigmatis\u00e9es du corps \u00ab\u00a0noir\u00a0\u00bb, de l\u2019Afrique, et de \u00ab\u00a0la danse africaine\u00a0\u00bb tout en se confrontant aux mod\u00e8les dominants du corps et de la danse en Occident. Dans ce contexte tr\u00e8s particulier, ils ont d\u00fb d\u00e9velopper des strat\u00e9gies sp\u00e9cifiques, en vue d\u2019obtenir la meilleure reconnaissance.<br \/>\nJ\u2019ai pu ainsi montrer que la mise en jeu des corps \u00ab\u00a0noirs\u00a0\u00bb sur les sc\u00e8nes occidentales \u00e9tait au c\u0153ur d\u2019enjeux qui d\u00e9passaient les seules consid\u00e9rations esth\u00e9tiques ou artistiques.<br \/>\nDans quelle mesure ce regard port\u00e9 depuis des g\u00e9n\u00e9rations sur l\u2019Afrique, le \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb et la danse influence-t-il les choix artistiques des chor\u00e9graphes africains\u00a0? Dans cet article, je souhaite apporter des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 cette question en m\u2019appuyant sur des exemples pr\u00e9cis.<br \/>\n<a name=\"sect2\"><\/a><\/p>\n<h2><b>2. <\/b>Un corps marqu\u00e9 par l\u2019Histoire<\/h2>\n<h3>2.1. Le corps africain \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9cits d\u2019explorateurs et l\u2019iconographie occidentale du XV<sup>e<\/sup> au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles contribu\u00e8rent \u00e0 renforcer l\u2019id\u00e9e selon laquelle les Africains \u00e9taient proches d\u2019un certain \u00ab\u00a0\u00e9tat de nature\u00a0\u00bb en opposition \u00e0 la culture de l\u2019homme civilis\u00e9. On se servit de cette imagerie pour appuyer tout autant les th\u00e8ses sur l\u2019animalit\u00e9, la monstruosit\u00e9 et la sauvagerie, que celles sur l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 et la docilit\u00e9 du \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb. Plus tard, cette repr\u00e9sentation des corps servit \u00e0 asseoir l\u2019image du vaincu sur la voie de la civilisation, au moment o\u00f9 naissaient conjointement la colonisation et l\u2019anthropologie.<br \/>\nOn pourrait imaginer aujourd\u2019hui que sur les sc\u00e8nes contemporaines ces aspects aient totalement disparu. Pourtant, en 2008, \u00e0 Tunis, lors du concours des septi\u00e8mes rencontres chor\u00e9graphiques d\u2019Afrique, <em>Danse, l\u2019Afrique danse\u00a0!<\/em> organis\u00e9es par <em>Afrique en Cr\u00e9ations<\/em>, le danseur s\u00e9n\u00e9galais, Pape Ibrahima N\u2019diaye (dit <em>Kaolack<\/em>), remportait le premier prix solo avec sa pi\u00e8ce, <em>Dieu est mort. <\/em>Il donnait \u00e0 voir un corps africain \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb, selon ses propres termes, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 se convulser sur sc\u00e8ne, revendiquant par l\u00e0 sa nature animale<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/sup>. Ce danseur interpr\u00e8te de la compagnie <em>Jant-Bi<\/em> de Germaine Acogny, en faisant de la \u00ab\u00a0bestialit\u00e9 africaine\u00a0\u00bb une sp\u00e9cificit\u00e9 de son \u00e9criture, contribuait dans une certaine mesure \u00e0 renforcer une image caricaturale de \u00ab\u00a0l\u2019Africain\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0sa\u00a0\u00bb danse, r\u00e9guli\u00e8rement identifi\u00e9e comme athl\u00e9tique, virile et exotique.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Qu&rsquo;est-ce-qu&rsquo;on voit dans la peau d&rsquo;un Africain, qu&rsquo;est-ce-qu&rsquo;on attend d&rsquo;un Africain, o\u00f9 va l&rsquo;Africain ? [\u2026]\u00a0Je suis l\u00e0 pour \u00eatre moi, en tant que sauvage, parce que je suis un sauvage et on l&rsquo;a vu dans le spectacle. C&rsquo;est \u00e0 cause de cela qu&rsquo;il y a les rugissements, c&rsquo;est ma mani\u00e8re de respirer sur sc\u00e8ne, je ne le fais pas expr\u00e8s. C&rsquo;est ma mani\u00e8re de respirer<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\">20<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_2301\" style=\"width: 498px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Photo-n\u00b01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2301\" class=\"wp-image-2301 \" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Photo-n\u00b01.jpg\" alt=\"\" width=\"488\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Photo-n\u00b01.jpg 600w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Photo-n\u00b01-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 488px) 100vw, 488px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2301\" class=\"wp-caption-text\"><em>Dieu est mort<\/em>, Pape Ibrahim N\u2019diaye, \u00a9 Kaolack MS, 2005<\/p><\/div>\n<h3>2.2. Exposer le corps \u00ab\u00a0noir\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u00a0<\/strong>Au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019histoire tragique de la jeune sud-africaine Saartje Baartman<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\">21<\/a><\/sup>\u00a0marqua le d\u00e9but d\u2019un processus paradoxal d\u2019exposition du corps \u00ab\u00a0noir\u00a0\u00bb en Europe. En 1810 cette jeune femme fut ramen\u00e9e du Cap. Enferm\u00e9e nue dans une cage, sa st\u00e9atopygie fut exhib\u00e9e aux yeux des foules de Londres et de Paris. Consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019arch\u00e9type de la morphologie f\u00e9minine africaine, v\u00e9ritable curiosit\u00e9 pour les biologistes, celle qu\u2019on surnomma <em>la V\u00e9nus Hottentote <\/em>pour ses formes callipyges exceptionnelles, fit \u00e0 ses d\u00e9pends le lien entre science et spectacle. Emport\u00e9e par la maladie cinq ans plus tard, son corps fut alors moul\u00e9 puis diss\u00e9qu\u00e9, \u00e0 l\u2019initiative du biologiste fran\u00e7ais Georges Cuvier. Son cerveau et ses organes g\u00e9nitaux furent d\u00e9coup\u00e9s et conserv\u00e9s au Mus\u00e9e de l\u2019Homme \u00e0 Paris. Tel un troph\u00e9e de la science, le moulage de son anatomie tr\u00f4na dans le hall du c\u00e9l\u00e8bre mus\u00e9e jusqu\u2019en 1974, avant d\u2019\u00eatre stock\u00e9 dans les sous-sols du b\u00e2timent. Ce ne fut qu\u2019en 2002 apr\u00e8s huit ann\u00e9es de n\u00e9gociations complexes entre l\u2019Afrique du Sud et la France, que la d\u00e9pouille de Saartje Baartman fut enfin rapatri\u00e9e. Des obs\u00e8ques nationales furent organis\u00e9es par le Pr\u00e9sident Thabo Mbeki.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2302\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Gravure-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2302\" class=\"wp-image-2302 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Gravure-1.png\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Gravure-1.png 190w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Gravure-1-171x300.png 171w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2302\" class=\"wp-caption-text\">Sartjee Baartman \u00a9 Westminster Archive Center, 1810<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis la restitution de son corps le destin de cette femme a non seulement suscit\u00e9 l\u2019\u00e9moi dans l\u2019opinion publique mais il est m\u00eame devenu, pour de nombreux artistes du monde contemporain, une source d\u2019inspiration, voire un outil de revendication f\u00e9ministe et identitaire.<br \/>\nDes adaptations de l\u2019histoire tragique de cette femme ont vu le jour au th\u00e9\u00e2tre ou au cin\u00e9ma, comme la pi\u00e8ce <em>V\u00e9nus <\/em>de l\u2019auteure afro-am\u00e9ricaine Suzan-Lori Parks, mise en sc\u00e8ne par Crist\u00e8le Alves Meira en 2010 ou le film <em>V\u00e9nus noire<\/em> du r\u00e9alisateur Abdelatif Kechiche en 2009.<br \/>\nLe milieu de la danse n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en reste, s\u2019emparant \u00e9galement du th\u00e8me de mani\u00e8re r\u00e9currente ces derni\u00e8res ann\u00e9es. La sud-africaine Nelixiwe Xaba ancienne interpr\u00e8te de Robyn Orlin est une des premi\u00e8res \u00e0 s\u2019inspirer de la \u00ab\u00a0V\u00e9nus Hottentote\u00a0\u00bb, en cr\u00e9ant deux solos autour du th\u00e8me. Le premier, <em>They look at me and that\u2019s all they think<\/em> cr\u00e9\u00e9 en 2007, d\u00e9nonce le voyeurisme exotique du regard occidental. Dans sa deuxi\u00e8me pi\u00e8ce,<em> Sakhozi says no to the Venus,<\/em> cr\u00e9\u00e9e en 2008 \u00e0 la demande du Mus\u00e9e du Quai Branly, elle met en \u00e9cho l\u2019histoire de la jeune Saartje avec son propre parcours. Elle raconte avec ironie le retour difficile d\u2019une jeune femme dans son pays, l\u2019Afrique du Sud, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es pass\u00e9es en France. D\u00e9racin\u00e9e, elle d\u00e9cide de revenir dans l\u2019Hexagone. Mais \u00ab\u00a0Sakhozi\u00a0\u00bb s&rsquo;y oppose et ne lui offre qu&rsquo;une alternative, trois mois de libert\u00e9 surveill\u00e9e \u00e0 \u00eatre exhib\u00e9e dans un mus\u00e9e parisien. Dans son travail artistique, Nelixiwe Xaba se met syst\u00e9matiquement en sc\u00e8ne avec des objets \u00e0 forte charge symbolique. Avec humour et cynisme elle n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 bousculer le public avec des images provocantes<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\">22<\/a><\/sup>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2303\" style=\"width: 461px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2303\" class=\"wp-image-2303 \" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-2.png\" alt=\"\" width=\"451\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-2.png 495w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-2-300x199.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2303\" class=\"wp-caption-text\">Nelixiwe Xaba : <em>Sakhozy says no to the Venus<\/em> \u00a9 Suzy Bernstein, 2008<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2304\" style=\"width: 459px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2304\" class=\"wp-image-2304 \" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-3.jpg\" alt=\"\" width=\"449\" height=\"299\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-3.jpg 450w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-3-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 449px) 100vw, 449px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2304\" class=\"wp-caption-text\"><em>They look at me and that\u2019s all they think<\/em> \u00a9 Photo CDC Toulouse, 2012<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La chor\u00e9graphe sud-africaine Robyn Orlin a cr\u00e9\u00e9 \u00e0 son tour en Europe en 2011 un spectacle collectif intitul\u00e9 <em>Have you hugged, kissed and respected your brown Venus today? <\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\">23<\/a><\/sup>. Dans cette pi\u00e8ce, cinq com\u00e9diennes et chanteuses au corps g\u00e9n\u00e9reux, moul\u00e9es dans des robes color\u00e9es, incarnent les \u00ab\u00a0V\u00e9nus Noires\u00a0\u00bb. Dans cette mise en sc\u00e8ne proche du cabaret burlesque, alternent chants, danses et discussions. Dans les cr\u00e9ations de cette artiste, le public est r\u00e9guli\u00e8rement pris \u00e0 parti. Dans <em>Have you hugged, kissed and respected your brown Venus today\u00a0?<\/em>, les interpr\u00e8tes provoquent le public en distribuant des bananes en m\u00eame temps qu\u2019ils les interpellent sur la condition noire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2305\" style=\"width: 362px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-4.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2305\" class=\"wp-image-2305 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-4.png\" alt=\"\" width=\"352\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-4.png 352w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-4-300x192.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 352px) 100vw, 352px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2305\" class=\"wp-caption-text\"><em>Have you hugged, kissed and respected your brown Venus today?<\/em> Robyn Orlin<br \/>\u00a9 Corinne Dard\u00e9, 2012<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ce spectacle qui rel\u00e8ve plus de la performance que de la chor\u00e9graphie, Robyn Orlin, en tant que femme blanche sud-africaine, pose une question qui pour elle est essentielle\u00a0: \u00ab\u00a0qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre Africain ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En 2011, la danseuse guadeloup\u00e9enne Chantal Lo\u00efal<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\">24<\/a><\/sup>et la martiniquaise Annabel Gu\u00e9r\u00e9drat<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\">25<\/a><\/sup>\u00a0pr\u00e9sentent \u00e0 leur tour chacune un solo inspir\u00e9 de la <em>V\u00e9nus Hottentote<\/em>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2306\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-5.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2306\" class=\" wp-image-2306\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-5.png\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-5.png 600w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-5-300x150.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2306\" class=\"wp-caption-text\"><em>On t\u2019appelle V\u00e9nus<\/em>, Chantal Lo\u00efal \u00a9 C. Lo\u00efal, 2011<\/p><\/div>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chantal Lo\u00efal, qui se d\u00e9signe elle-m\u00eame comme \u00ab\u00a0la danseuse aux grosses fesses\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\">26<\/a><\/sup>, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 s\u2019identifier physiquement \u00e0 Sartjee Bartman, dans une danse lente, sensuelle et myst\u00e9rieuse, ponctu\u00e9e de textes, construite comme une sorte d\u2019auto-exhibition d\u00e9complex\u00e9e de ses propres formes.<\/p>\n<blockquote><p>Je me suis sentie terriblement proche d&rsquo;elle, confie-t-elle. Son histoire m&rsquo;allait en quelque sorte comme un gant. Pour la premi\u00e8re fois de ma carri\u00e8re, j&rsquo;ai os\u00e9 parler de mon corps, de mes fesses, sans passer par l&rsquo;humour. J&rsquo;ai m\u00eame pris le risque, apr\u00e8s beaucoup d&rsquo;h\u00e9sitations, de me montrer nue. En me confrontant \u00e0 la souffrance de Sarah, je n&rsquo;avais plus le choix : il fallait y aller !<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote27sym\" name=\"sdfootnote27anc\">27<\/a><\/sup><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Annabel Gu\u00e9r\u00e9drat dans <em>Afreak show for S<\/em>.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote28sym\" name=\"sdfootnote28anc\">28<\/a><\/sup>, en mini-short et soutien-gorge rouges, talons aiguilles, perruque afro et grosses lunettes de soleil, tout en \u00e9voquant le destin de Saartje Bartman, d\u00e9nonce la relation quasi-n\u00e9ocoloniale que ceux qui ont le pouvoir entretiennent avec les artistes du continent noir.<\/p>\n<div id=\"attachment_2307\" style=\"width: 275px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2307\" class=\"wp-image-2307 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-6.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"200\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2307\" class=\"wp-caption-text\"><em>Afreak show for S<\/em>., Annabel Gueredrat \u00a9 Sophie Dupuis, 2011<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutes ces chor\u00e9graphes s\u2019appuient sur cet \u00e9v\u00e9nement embl\u00e9matique du pass\u00e9 colonial pour questionner chacune \u00e0 leur fa\u00e7on la condition actuelle des femmes \u00ab\u00a0noires\u00a0\u00bb ou m\u00e9tisses en Afrique. Elles d\u00e9noncent le regard port\u00e9 sur le corps \u00ab\u00a0noir\u00a0\u00bb f\u00e9minin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>\u00a02.3. <\/strong>Les spectacles \u00ab\u00a0ethniques\u00a0\u00bb comme processus de g\u00e9n\u00e9ralisation des clich\u00e9s<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle en Europe la mise en spectacle de l\u2019 \u00ab\u00a0alt\u00e9rit\u00e9 ethnique\u00a0\u00bb, loin de rester un cas isol\u00e9, se g\u00e9n\u00e9ralisa avec la mise en place des spectacles \u00ab\u00a0anthropozoologiques\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote29sym\" name=\"sdfootnote29anc\">29<\/a><\/sup>. \u00c0 la recherche de populations de plus en plus exotiques, jug\u00e9es sauvages ou spectaculaires, on achemina des centaines de troupes, des milliers d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants venus du Pacifique, d\u2019Asie et surtout d\u2019Afrique, pour les exhiber en Europe et aux USA dans les zoos, les expositions, les foires, les cirques, mais aussi sur la sc\u00e8ne des cabarets et des music-halls. \u00c0 leurs d\u00e9buts, ces \u00ab\u00a0zoos humains\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote30sym\" name=\"sdfootnote30anc\">30<\/a><\/sup>\u00a0furent tout autant une attraction de foire qu\u2019un terrain d\u2019exp\u00e9rimentation pour les scientifiques, biologistes et anthropologues, venus observer et mesurer les \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb in situ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avec la mont\u00e9e en puissance des empires coloniaux, ces manifestations prirent une signification plus politique et contribu\u00e8rent \u00e0 convaincre le public que non seulement le \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb existait mais qu\u2019il \u00e9tait fondamental de le civiliser. Les \u00c9tats europ\u00e9ens s\u2019appuy\u00e8rent alors sur ces exhibitions pour asseoir leur politique d\u2019expansion coloniale en les int\u00e9grant dans ces grandes expositions jusqu\u2019au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Celle de 1931 \u00e0 Paris fut embl\u00e9matique. Le faste et les moyens mis en \u0153uvre \u00e0 cette occasion, le succ\u00e8s qu\u2019elle remporta, tout en t\u00e9moignant de la puissance de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais, permirent d\u2019ancrer profond\u00e9ment les repr\u00e9sentations les plus caricaturales sur l\u2019 \u00ab\u00a0Autre\u00a0\u00bb. Des centaines de figurants furent recrut\u00e9s \u00e0 cette occasion, soit directement dans les colonies, soit parmi les tirailleurs ou les travailleurs vivant \u00e0 Paris. Les shows \u00e9taient confi\u00e9s \u00e0 des metteurs en sc\u00e8ne venant du th\u00e9\u00e2tre ou du music-hall. Par la pr\u00e9sentation de ces danses venues de tous les continents, il s\u2019agissait en quelque sorte de \u00ab\u00a0chor\u00e9graphier l\u2019empire\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote31sym\" name=\"sdfootnote31anc\">31<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si, quels que fussent les peuples repr\u00e9sent\u00e9s lors de ces expositions, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 fut mise en sc\u00e8ne et globalement stigmatis\u00e9e, c\u2019est v\u00e9ritablement sur le \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb et l\u2019 \u00ab\u00a0Africain\u00a0\u00bb que se cristallis\u00e8rent les repr\u00e9sentations les plus fantasm\u00e9es autour de notions comme celles du \u00ab\u00a0peuple-enfant, proche de la nature et de l\u2019animal, naturellement violent, sauvage, anthropophage, paresseux, fourbe et fanatique\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote32sym\" name=\"sdfootnote32anc\">32<\/a><\/sup>. Dans cette vision caricaturale, le corps et la danse occup\u00e8rent une place de choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les interpr\u00e8tes de ces shows, tout autant que les artistes noirs se produisant sur les sc\u00e8nes des th\u00e9\u00e2tres ou des cabarets, s\u2019ils se pli\u00e8rent parfois contre leur gr\u00e9 aux r\u00e8gles de mise en sc\u00e8ne souhait\u00e9es par les impr\u00e9sarios occidentaux, avaient cependant conscience du jeu auquel ils se pr\u00eataient. Les danseurs arrivaient habill\u00e9s \u00e0 l\u2019occidentale dans les villes o\u00f9 ils se produisaient. Ils parlaient m\u00eame souvent un fran\u00e7ais irr\u00e9prochable. Mais pour les besoins de la sc\u00e8ne, ils endossaient des costumes r\u00e9invent\u00e9s de toute pi\u00e8ce, jouaient aux m\u00e9chants, parlaient \u00ab\u00a0petit n\u00e8gre\u00a0\u00bb ou incarnaient les <em>bamboulas <\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote33sym\" name=\"sdfootnote33anc\">33<\/a><\/sup>. Ils avaient int\u00e9gr\u00e9 le fait qu\u2019en \u00ab\u00a0jouant au sauvage\u00a0\u00bb, en proposant des danses \u00e9nergiques, ils avaient l\u2019assurance du succ\u00e8s aupr\u00e8s des publics.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>2.4. La valorisation progressive d\u2019un corps noir sublim\u00e9\u00a0: un jeu ambigu sur la nudit\u00e9<\/h3>\n<h4>2.4.1. L\u2019\u00e9rotisation du corps noir<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Au tournant du XIX<sup>e<\/sup> et du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, alors que la nudit\u00e9 \u00e9tait tabou en Europe, \u00e0 Paris, au sein des divers lieux publics de monstration de l\u2019 \u00ab\u00a0Autre\u00a0\u00bb, qu\u2019il s\u2019agisse des zoos, des expositions, des sc\u00e8nes ou des rings de boxe, un public bourgeois commen\u00e7a \u00e0 se d\u00e9lecter, non sans un certain voyeurisme, de ces corps noirs d\u00e9v\u00eatus. Dans une certaine mesure, ils symbolisaient l\u2019aspiration d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en pleine mutation \u00e0 vivre sa propre lib\u00e9ration somatique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne contribua \u00e0 une v\u00e9ritable \u00e9rotisation du \u00ab\u00a0Noir\u00a0\u00bb. Peu importe que celui-ci f\u00fbt d\u2019Afrique ou des \u00c9tats-Unis, pourvu qu\u2019il aliment\u00e2t les fantasmes des Parisiens branch\u00e9s des ann\u00e9es folles, avides de corps exotiques, d\u00e9brid\u00e9s et instinctifs. Paris, avec l\u2019engouement qu\u2019avaient suscit\u00e9s le jazz, les revues et les danses \u00ab\u00a0n\u00e8gres\u00a0\u00bb, devint progressivement la capitale de la \u00ab\u00a0N\u00e9grophilie\u00a0\u00bb, cristallisant tous les clich\u00e9s qui accompagnaient cette nouvelle passion.<br \/>\nLe processus d\u2019\u00e9rotisation toucha plus particuli\u00e8rement les femmes. Sylvie Perrault<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote34sym\" name=\"sdfootnote34anc\">34<\/a><\/sup>\u00a0souligne la permanence, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, des clich\u00e9s sur la femme africaine, \u00e9rotis\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, construits sur la base d\u2019un imaginaire colonial entretenu d\u2019apr\u00e8s elle par des personnages comme Jos\u00e9phine Baker. Paradoxalement, celle-ci contribua en effet tout autant \u00e0 construire une vision moderne d\u2019un corps f\u00e9minin \u00e9mancip\u00e9 qu\u2019\u00e0 st\u00e9r\u00e9otyper l\u2019image de la femme \u00ab\u00a0africaine am\u00e9ricanis\u00e9e\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote35sym\" name=\"sdfootnote35anc\">35<\/a><\/sup>. Sa c\u00e9l\u00e8bre <em>danse des bananes, <\/em>par exemple, se voulait \u00eatre une \u00ab\u00a0danse africaine\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote36sym\" name=\"sdfootnote36anc\">36<\/a><\/sup>, con\u00e7ue par ses impr\u00e9sarios pour satisfaire l\u2019imaginaire europ\u00e9en. Mais elle s\u2019appuyait aussi sur sa propre repr\u00e9sentation, en tant qu\u2019Am\u00e9ricaine, d\u2019une Afrique mythique et sauvage. \u00ab\u00a0Elle jouait en fait la n\u00e9gresse que l\u2019on souhaitait qu\u2019elle soit\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote37sym\" name=\"sdfootnote37anc\">37<\/a><\/sup>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2308\" style=\"width: 353px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-7.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2308\" class=\" wp-image-2308\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-7.png\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"494\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-7.png 580w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-7-208x300.png 208w\" sizes=\"auto, (max-width: 343px) 100vw, 343px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2308\" class=\"wp-caption-text\">Jos\u00e9phine Baker en 1927 \u00a9 J. Baker<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2309\" style=\"width: 307px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2309\" class=\" wp-image-2309\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8.png\" alt=\"\" width=\"297\" height=\"420\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8.png 845w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8-212x300.png 212w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8-768x1088.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8-723x1024.png 723w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-8-676x958.png 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2309\" class=\"wp-caption-text\">Jos\u00e9phine Baker en 1951 \u00a9 J. Baker<\/p><\/div>\n<h3><\/h3>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>2.4.2. Un corps pi\u00e9g\u00e9 par l\u2019image<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Durant la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019id\u00e9e d\u2019un corps noir \u00ab\u00a0objet du d\u00e9sir\u00a0\u00bb, fut entretenue et amplifi\u00e9e par la parution d\u2019un nombre consid\u00e9rable d\u2019ouvrages d\u2019art, magnifiant la beaut\u00e9 africaine. \u00c0 partir des ann\u00e9es 60, plus particuli\u00e8rement aux USA, la <em>black beauty<\/em> fut valoris\u00e9e, port\u00e9e par le slogan, <em>black is beautiful, <\/em>un mouvement esth\u00e9tique n\u00e9 de la revendication politique et sociale des communaut\u00e9s noires des \u00c9tats-Unis, au moment o\u00f9 un vent de r\u00e9volte commen\u00e7ait \u00e0 souffler dans toute la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque.<br \/>\nL\u2019Europe blanche ne fut pas en reste. Apr\u00e8s la \u00ab\u00a0N\u00e9grophilie\u00a0\u00bb de l\u2019entre-deux guerres, on assista \u00e0 une v\u00e9ritable mise en valeur de la beaut\u00e9 noire. Cependant, celle-ci ne se fit pas sans une certaine ambigu\u00eft\u00e9. Les livres de la photographe et cin\u00e9aste allemande, L\u00e9ni Riefenstahl, sont \u00e0 ce titre, r\u00e9v\u00e9lateurs. La r\u00e9alisatrice des films de propagande d\u2019Hitler, qui, \u00e0 travers ses images sur les Jeux Olympiques de Berlin en 1936, avait magnifi\u00e9 le corps aryen<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote38sym\" name=\"sdfootnote38anc\">38<\/a><\/sup>, fit dans les ann\u00e9es 70 l\u2019apologie des Africains. Elle consacra une grande partie de son travail \u00e0 photographier et \u00e0 filmer les habitants d\u2019un petit village du Soudan. <em>Die Nuba <\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote39sym\" name=\"sdfootnote39anc\">39<\/a><\/sup><em>, <\/em>paru en 1973, fut un v\u00e9ritable <em>bestseller<\/em> avec sa collection de clich\u00e9s visant \u00e0 mettre en valeur les corps enti\u00e8rement nus des \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb de <em>Kau<\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote40sym\" name=\"sdfootnote40anc\">40<\/a><\/sup>. Elle contribua tr\u00e8s largement \u00e0 renforcer l\u2019image d\u2019une Afrique authentique, pure, peupl\u00e9e d\u2019hommes \u00ab\u00a0\u00e0 la fra\u00eecheur enfantine\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote41sym\" name=\"sdfootnote41anc\">41<\/a><\/sup> dont la beaut\u00e9 nue \u00e9tait \u00ab\u00a0issue tout droit des origines\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote42sym\" name=\"sdfootnote42anc\">42<\/a><\/sup>. Elle r\u00e9duisait elle aussi les individus \u00e0 leur seul corps tout en \u00e9tant fascin\u00e9e par leur esth\u00e9tique. Pour la philosophe Susan Sontag, la d\u00e9marche de L\u00e9ni Riefenstahl \u00e9tait avant tout de nature fasciste<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote43sym\" name=\"sdfootnote43anc\">43<\/a><\/sup>. L\u2019artiste allemande participa par ses clich\u00e9s \u00e0 entretenir l\u2019imaginaire occidental en diffusant cette vision esth\u00e9tisante d\u2019un corps noir originel, naturel et proche de la perfection.<\/p>\n<div id=\"attachment_2310\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-9.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2310\" class=\"wp-image-2310 \" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-9.png\" alt=\"\" width=\"240\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-9.png 255w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-9-174x300.png 174w\" sizes=\"auto, (max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2310\" class=\"wp-caption-text\">Photo tir\u00e9e du livre <em>Die Nuba<\/em> de Leni riefenstahl, 1973<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce processus de fascination a perdur\u00e9 depuis lors, renforc\u00e9 par de nombreux ouvrages qui, en voulant magnifier le corps noir, ont finalement bien plus contribu\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9ification. Le photographe fran\u00e7ais Antoine Temp\u00e9 en est une illustration contemporaine. Celui-ci est bien connu du milieu de la danse pour avoir construit une partie de sa renomm\u00e9e sur un style particulier de photos qu\u2019il prend des artistes africains depuis une douzaine d\u2019ann\u00e9es. Ses clich\u00e9s les plus c\u00e9l\u00e8bres, la plupart en noir et blanc, mettent essentiellement en sc\u00e8ne des corps d\u00e9nud\u00e9s de danseurs<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote44sym\" name=\"sdfootnote44anc\">44<\/a><\/sup>. Interrog\u00e9 sur sa d\u00e9marche esth\u00e9tique, il explique qu\u2019il cherche avant tout \u00e0 photographier le mouvement et \u00e0 faire ressortir un certain graphisme des corps pris en pleine action. Il se dit vouloir rester fid\u00e8le au propos chor\u00e9graphique de l\u2019artiste<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote45sym\" name=\"sdfootnote45anc\">45<\/a><\/sup>.<br \/>\nPour Antoine Temp\u00e9, les photographies les plus repr\u00e9sentatives de son style ne sont pas uniquement celles qui mettent en avant un corps m\u00e2le puissant, viril et d\u00e9nud\u00e9. Il brosse effectivement des portraits d\u2019artistes qui valorisent des femmes ou d\u2019autres types de morphologies masculines<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote46sym\" name=\"sdfootnote46anc\">46<\/a><\/sup>. Pourtant ses photographies les plus connues et les plus diffus\u00e9es sont celles qui mettent principalement en valeur l\u2019esth\u00e9tique d\u2019un corps noir masculin sculptural. Finalement, l\u2019artiste qui sert de mod\u00e8le, tout autant que le photographe, renforcent \u00e0 leur fa\u00e7on l\u2019image du \u00ab\u00a0Noir danseur\u00a0\u00bb r\u00e9duit \u00e0 son seul corps.<\/p>\n<div id=\"attachment_2315\" style=\"width: 279px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-11.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2315\" class=\" wp-image-2315\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-11.png\" alt=\"\" width=\"269\" height=\"269\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-11.png 480w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-11-150x150.png 150w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-11-300x300.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 269px) 100vw, 269px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2315\" class=\"wp-caption-text\">Liady Anggy Ha\u00eff \u00a9 Antoine Temp\u00e9, 2008<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2314\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-10.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2314\" class=\" wp-image-2314\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-10.png\" alt=\"\" width=\"270\" height=\"278\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-10.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-10-291x300.png 291w\" sizes=\"auto, (max-width: 270px) 100vw, 270px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2314\" class=\"wp-caption-text\">Adedayo Muslim \u00a9 Antoine Temp\u00e9, 2008<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2316\" style=\"width: 271px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-12.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2316\" class=\" wp-image-2316\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-12.png\" alt=\"\" width=\"261\" height=\"266\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-12.png 523w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-12-294x300.png 294w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2316\" class=\"wp-caption-text\">Faustin Linyekula \u00a9 Antoine Temp\u00e9, 2002<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2317\" style=\"width: 272px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-13.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2317\" class=\" wp-image-2317\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-13.png\" alt=\"\" width=\"262\" height=\"259\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-13.png 400w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-13-300x296.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2317\" class=\"wp-caption-text\">Nelixiwe Xaba \u00a9 Antoine Temp\u00e9, 2005<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Paradoxalement, cet imaginaire construit depuis des g\u00e9n\u00e9rations par l\u2019Occident, loin d\u2019\u00eatre remis en question, est toujours pr\u00e9sent dans le travail chor\u00e9graphique de nombreux artistes africains. M\u00eame dans les formes les plus contemporaines d\u2019expression, et souvent derri\u00e8re des revendications identitaires, ils participent eux-m\u00eames \u00e0 ce processus de r\u00e9ification du corps noir sur sc\u00e8ne, par une exposition ostentatoire de leur anatomie.<br \/>\nC\u2019est par exemple le cas du danseur et chor\u00e9graphe kenyan Fernando Anuang\u2019a<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote47sym\" name=\"sdfootnote47anc\">47<\/a><\/sup>. Dans son solo <em>A journey into the future<\/em>, pour d\u00e9fendre la culture <em>Massa\u00ef<\/em> dont il est issu, il s\u2019inspire du r\u00e9pertoire des danses traditionnelles de cette r\u00e9gion du Kenya. Pour lui le corps joue dans son esth\u00e9tique un r\u00f4le central\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est important parce que je pr\u00e9sente l\u2019image du guerrier, le corps droit, les lignes (\u2026). Pour les guerriers c\u2019est toujours comme \u00e7a. Il faut \u00eatre beau.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote48sym\" name=\"sdfootnote48anc\">48<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_2319\" style=\"width: 320px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-14.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2319\" class=\"wp-image-2319 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-14.png\" alt=\"\" width=\"310\" height=\"207\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-14.png 310w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-14-300x200.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 310px) 100vw, 310px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2319\" class=\"wp-caption-text\"><em>A journey into the future<\/em>, Fernando Anuang\u2019a \u00a9 Antoine Temp\u00e9, 2010<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Son physique longiligne aux muscles cisel\u00e9s, minutieusement mis en valeur par des lumi\u00e8res con\u00e7ues en ce sens, n\u2019exerce-t-il pas finalement sur le public la m\u00eame fascination esth\u00e9tique que celle qui transporta L\u00e9ni Riefenstahl \u00e0 propos des <em>Nubas\u00a0<\/em>?<br \/>\nAinsi, qu\u2019il s\u2019agisse des shows organis\u00e9s dans les spectacles anthropozoologiques, en passant par les revues n\u00e8gres de l\u2019entre-deux guerres, jusqu\u2019aux sc\u00e8nes contemporaines, les interpr\u00e8tes semblent s\u2019\u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00eat\u00e9s au jeu ambigu de la monstration d\u2019un certain corps \u00ab\u00a0noir\u00a0\u00bb.<br \/>\n<a name=\"sect3\"><\/a><\/p>\n<h2>3. Une \u00ab\u00a0danse africaine\u00a0\u00bb\u00a0pour l\u2019Occident<\/h2>\n<h3>3.1. Des repr\u00e9sentations entretenues par les artistes africains<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire de la professionnalisation des danses sc\u00e9niques venues d\u2019Afrique en Europe est relativement r\u00e9cente. Elle est en grande partie due au Guin\u00e9en Fod\u00e9ba K\u00e9ita. D\u00e8s les ann\u00e9es 50, ce jeune \u00e9tudiant engag\u00e9, qui faisait ses \u00e9tudes \u00e0 Paris, d\u00e9cida de cr\u00e9er des spectacles compilant danses, musiques et chants de tout le continent. Sa d\u00e9marche se voulait militante et clairement panafricaine. Il s\u2019agissait pour Fod\u00e9ba K\u00e9ita de valoriser les danses d\u2019Afrique en montrant leur richesse et leur diversit\u00e9. Il esp\u00e9rait faire changer le regard port\u00e9 jusqu\u2019alors sur l\u2019Afrique et la \u00ab\u00a0danse africaine\u00a0\u00bb en empruntant des proc\u00e9d\u00e9s sc\u00e9niques au ballet occidental<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote49sym\" name=\"sdfootnote49anc\">49<\/a><\/sup>. En faisant appel \u00e0 des \u00e9tudiants vivant pour la plupart \u00e0 Paris, originaires de plusieurs r\u00e9gions d\u2019Afrique, il cr\u00e9a les <em>Ballets Africains<\/em> avec lesquels il tourna partout dans le monde. Dans ses mises en sc\u00e8ne color\u00e9es se succ\u00e9daient des tableaux \u00e9voquant la vie en Afrique. Ces spectacles connurent effectivement un succ\u00e8s sans pr\u00e9c\u00e9dent en Occident. Cependant, plut\u00f4t que de changer le regard port\u00e9 sur l\u2019Afrique et sa culture<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote50sym\" name=\"sdfootnote50anc\">50<\/a><\/sup>, ils contribu\u00e8rent, sous couvert d\u2019authenticit\u00e9 et de modernit\u00e9, \u00e0 entretenir une image folklorique et archa\u00efque des arts vivants du continent. La danse, dans ce processus, se retrouva finalement instrumentalis\u00e9e et essentialis\u00e9e<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote51sym\" name=\"sdfootnote51anc\">51<\/a><\/sup>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2320\" style=\"width: 486px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2320\" class=\"wp-image-2320 \" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15.png\" alt=\"\" width=\"476\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15.png 963w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15-300x201.png 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15-768x514.png 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-15-676x452.png 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 476px) 100vw, 476px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2320\" class=\"wp-caption-text\">Les Ballets Africains \u00a9 Ballets Africains, 2007<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au moment de la d\u00e9colonisation, de nombreux pays africains, s\u2019inspirant des mises en sc\u00e8ne de Fod\u00e9ba K\u00e9ita, cr\u00e9\u00e8rent \u00e0 leur tour des Ballets Nationaux. V\u00e9ritables vitrines identitaires des \u00c9tats nouvellement ind\u00e9pendants, s\u2019ils particip\u00e8rent \u00e0 la conservation et \u00e0 la diffusion des danses et musiques traditionnelles, il contribu\u00e8rent, lors des tourn\u00e9es en Occident, \u00e0 entretenir eux aussi, la vision d\u2019une Afrique mythique villageoise, aux traditions dans\u00e9es fig\u00e9es.<br \/>\nPourtant, \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, quelques artistes install\u00e9s en France osaient des styles plus innovants. L\u2019Am\u00e9ricano-k\u00e9nyane Elsa Wolliaston, le B\u00e9ninois Koffi K\u00f4k\u00f4ou, la Togolaise Flora Thi\u00e9faine, par exemple, propos\u00e8rent une \u00ab\u00a0danse d\u2019expression africaine\u00a0\u00bb situ\u00e9e au carrefour de nombreuses influences, en prise directe avec leur \u00e9poque. Mais leurs initiatives rest\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9poque relativement confidentielles, moins en conformit\u00e9 avec les attentes du public occidental avide d\u2019images plus exotiques, comme celles que g\u00e9n\u00e9raient les Ballets Africains ou Nationaux.<br \/>\nAujourd\u2019hui des artistes contemporains continuent \u00e0 encourager sur les sc\u00e8nes europ\u00e9ennes ce type de repr\u00e9sentations sur l\u2019Afrique. Le chor\u00e9graphe ivoirien Georges Momboye, implant\u00e9 en France depuis les ann\u00e9es 90, qui se r\u00e9clame d\u2019une d\u00e9marche contemporaine cr\u00e9e, en 2011 <em>Empreintes Massa\u00ef<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote52sym\" name=\"sdfootnote52anc\">52<\/a><\/sup><em>. <\/em>Dans cette pi\u00e8ce qui se veut un hommage \u00e0 la culture <em>Massa\u00ef, <\/em>le Kenyan Fernando Anuang\u2019a, incarne l\u2019arch\u00e9type du <em>Massa\u00ef<\/em>\u00a0\u00ab\u00a0authentique\u00a0\u00bb sur sc\u00e8ne. Le public adh\u00e8re \u00e0 l\u2019ensemble des clich\u00e9s servis sur une Afrique des origines. Toutes les attentes occidentales sont ici satisfaites\u00a0: une danse explosive ex\u00e9cut\u00e9e par des corps noirs masculins d\u00e9nud\u00e9s, des \u00ab\u00a0rites secrets ancestraux\u00a0\u00bb d\u00e9voil\u00e9s sur sc\u00e8ne, un voyage exotique au c\u0153ur d\u2019une Afrique mythique\u2026 L\u2019unique danseur blanc, tout d\u2019abord rejet\u00e9 par le <em>Massa\u00ef<\/em>, est finalement accept\u00e9 par le groupe des \u00ab\u00a0initi\u00e9s\u00a0\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de la seule interpr\u00e8te f\u00e9minine de la pi\u00e8ce. Celle-ci joue elle aussi un r\u00f4le caricatural en incarnant, selon les propos de Georges Momboye, la \u00ab\u00a0M\u00e8re Afrique\u00a0\u00bb:<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La femme dans cette pi\u00e8ce inspire la M\u00e8re Afrique, c\u2019est la Mama Africa. Elle observe ses enfants, elle est symbole de s\u00e9duction, ou objet de s\u00e9duction, elle est protectrice, elle accompagne, elle purifie. Elle les accompagne jusqu\u2019au bout, jusqu\u2019\u00e0 les faire rentrer dans la maison<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote53sym\" name=\"sdfootnote53anc\">53<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_2321\" style=\"width: 499px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2321\" class=\" wp-image-2321\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16.jpg\" alt=\"\" width=\"489\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16.jpg 900w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16-300x200.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16-768x512.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-16-676x451.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 489px) 100vw, 489px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2321\" class=\"wp-caption-text\"><em>Empreintes Massa\u00ef<\/em> \u00a9 Cie Momboye, 2011<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2322\" style=\"width: 504px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2322\" class=\" wp-image-2322\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17.jpg\" alt=\"\" width=\"494\" height=\"329\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17.jpg 900w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17-300x200.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17-768x512.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-17-676x451.jpg 676w\" sizes=\"auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2322\" class=\"wp-caption-text\"><em>Empreintes Massa\u00ef<\/em> \u00a9 Cie Momboye, 2011<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en \u00e9vidence de telles repr\u00e9sentations sur sc\u00e8ne par un chor\u00e9graphe africain de renom r\u00e9v\u00e8le que non seulement celles-ci continuent de circuler aujourd\u2019hui et sont appr\u00e9ci\u00e9es dans le milieu de la danse, y compris sur les sc\u00e8ne fran\u00e7aises, mais surtout qu\u2019elles peuvent changer de territoire pour servir de fond de commerce aux cr\u00e9ateurs africains eux-m\u00eames, en vue de satisfaire les attentes d\u2019un public. Par ces m\u00e9canismes, les artistes africains participent finalement \u00e0 une sorte de ghetto\u00efsation de leur danse<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote54sym\" name=\"sdfootnote54anc\">54<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>3.2. L\u2019invention politique d\u2019une \u00ab\u00a0danse africaine contemporaine\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote55sym\" name=\"sdfootnote55anc\">55<\/a><\/sup><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 la fin des ann\u00e9es 80, soit presque trois d\u00e9cennies apr\u00e8s la fin de la d\u00e9colonisation, dans une conjoncture plus pacifi\u00e9e permettant un renouveau des relations internationales, d\u2019autres formes de collaborations furent envisag\u00e9es avec les pays d\u2019Afrique. Les Arts et la Culture, qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 valoris\u00e9s en France sous l\u2019impulsion de Fran\u00e7ois Mitterrand et de Jacques Lang, furent au c\u0153ur des nouvelles politiques de coop\u00e9ration. Celles-ci vis\u00e8rent \u00e0 favoriser plus particuli\u00e8rement la cr\u00e9ation contemporaine sur le continent africain. Par ce nouveau levier, la pr\u00e9sence fran\u00e7aise pouvait \u00eatre repens\u00e9e en Afrique, non seulement dans ses anciennes colonies et son \u00ab\u00a0pr\u00e9-carr\u00e9\u00a0\u00bb, mais plus largement sur l\u2019ensemble du continent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En janvier 1990, \u00e0 l\u2019issue de rencontres professionnelles intitul\u00e9es <em>Afrique en Cr\u00e9ations, <\/em>organis\u00e9es \u00e0 Paris par Michel Rocard, fut d\u00e9cid\u00e9e la mise en place d\u2019aides publiques europ\u00e9ennes et majoritairement fran\u00e7aises pour la cr\u00e9ation africaine<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote56sym\" name=\"sdfootnote56anc\">56<\/a><\/sup>. L\u2019Hexagone r\u00e9affirma \u00e0 cette occasion son \u00ab\u00a0exception culturelle\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote57sym\" name=\"sdfootnote57anc\">57<\/a><\/sup>\u00a0et ses liens avec le continent africain.<br \/>\nCe qui devait \u00eatre un dispositif l\u00e9ger \u00e0 son lancement est devenu aujourd\u2019hui un p\u00f4le puissant du d\u00e9partement des \u00e9changes artistiques de l\u2019<em>Institut Fran\u00e7ais<\/em>. Cet \u00c9tablissement Public \u00e0 caract\u00e8re Industriel et Commercial (EPIC) centralise l\u2019ensemble des Centres Culturels, Instituts Fran\u00e7ais et la plupart des Alliances Fran\u00e7aises du monde entier, sous la tutelle du Minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res et Europ\u00e9ennes, en partenariat avec le Minist\u00e8re de la Culture et de la Communication. Au sein de cette institution, <em>Afrique En Cr\u00e9ations <\/em>est maintenant devenue incontournable pour la promotion de la cr\u00e9ation artistique contemporaine d\u2019Afrique.<br \/>\nLa danse fait partie des disciplines artistiques qui ont su tirer le plus large profit d\u2019un tel dispositif<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote58sym\" name=\"sdfootnote58anc\">58<\/a><\/sup>. Lors du lancement d\u2019<em>Afrique en Cr\u00e9ations<\/em>, il y avait pourtant peu de pistes pour promouvoir les arts chor\u00e9graphiques sur le continent<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote59sym\" name=\"sdfootnote59anc\">59<\/a><\/sup>. Encore plus rares \u00e9taient les cr\u00e9ateurs vivant sur place engag\u00e9s dans cette voie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote60sym\" name=\"sdfootnote60anc\">60<\/a><\/sup>. Le passage \u00e0 la sc\u00e8ne contemporaine semblait toujours difficilement concevable. Les quelques initiatives qui avaient jalonn\u00e9 jusqu\u2019alors l\u2019histoire de la danse professionnelle sur le continent, comme <em>Mudra Afrique<\/em> \u00e0 Dakar<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote61sym\" name=\"sdfootnote61anc\">61<\/a><\/sup>\u00a0ne pouvaient suffire \u00e0 justifier la cr\u00e9ation d\u2019une biennale africaine consacr\u00e9e exclusivement \u00e0 la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique en Afrique.<br \/>\nIl fallut en quelque sorte inventer artificiellement une nouvelle danse en conformit\u00e9 avec les exigences des bailleurs de fonds. Celle-ci fut alors d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0danse africaine contemporaine\u00a0\u00bb par l\u2019Ivoirien Alphonse Ti\u00e9rou, mandat\u00e9 par <em>Afrique en Cr\u00e9ations <\/em>pour cette mission. Un concours et des rencontres chor\u00e9graphiques avec \u00e0 l\u2019appui des prix attractifs furent organis\u00e9es sous forme de biennales sur le continent<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote62sym\" name=\"sdfootnote62anc\">62<\/a><\/sup>.<br \/>\nD\u2019\u00e9dition en \u00e9dition, les candidats furent de plus en plus nombreux. L\u2019envergure de ces manifestations est telle qu\u2019aujourd\u2019hui, si cet organisme \u00e9manant de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais venait \u00e0 retirer son aide, la plupart des actions en faveur d\u2019une danse de cr\u00e9ation risqueraient de dispara\u00eetre sur le continent<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote63sym\" name=\"sdfootnote63anc\">63<\/a><\/sup>. Les festivals, les centres de formation<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote64sym\" name=\"sdfootnote64anc\">64<\/a><\/sup>, les aides \u00e0 la cr\u00e9ation et \u00e0 la diffusion, les r\u00e9sidences d\u2019artistes, qui se sont multipli\u00e9s ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, majoritairement en Afrique de l\u2019Ouest, se sont calqu\u00e9s sur le mod\u00e8le de la danse contemporaine fran\u00e7aise et continuent \u00e0 d\u00e9pendre majoritairement des subsides de la France par le biais d\u2019<em>Afrique en Cr\u00e9ations. <\/em>Dans une telle configuration, la tentation fut grande de se laisser happer par le mod\u00e8le pr\u00e9gnant d\u2019une danse contemporaine europ\u00e9enne et plus particuli\u00e8rement fran\u00e7aise, celle-ci ayant largement fait ses preuves sur les sc\u00e8nes internationales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Certains artistes ont su se positionner habilement. C\u2019est par exemple le cas des Burkinab\u00e9s Salia Sanou et Seydou Boro qui furent \u00ab\u00a0d\u00e9couverts\u00a0\u00bb par le milieu de la danse contemporaine fran\u00e7aise gr\u00e2ce au succ\u00e8s retentissant de la pi\u00e8ce de la chor\u00e9graphe Mathilde Monnier, <em>Pour Antigone<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 1993. Ce spectacle fut interpr\u00e9t\u00e9 conjointement par des danseurs contemporains europ\u00e9ens et des danseurs burkinab\u00e9s pour la plupart venus du ballet traditionnel. La compagnie <em>Salia N\u00ef Seydou <\/em>qui remporta le deuxi\u00e8me prix des rencontres chor\u00e9graphiques d\u2019<em>Afrique en Cr\u00e9ations <\/em>en 1998<em>, <\/em>a \u00e9t\u00e9 depuis programm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement dans les plus grands festivals europ\u00e9ens de danse contemporaine. Salia Sanou, qui se consid\u00e8re lui-m\u00eame aujourd\u2019hui comme un enfant de ces rencontres<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote65sym\" name=\"sdfootnote65anc\">65<\/a><\/sup>, a su int\u00e9grer les ingr\u00e9dients n\u00e9cessaires \u00e0 la reconnaissance de son travail artistique en proposant \u00ab\u00a0une danse contemporaine africaine\u00a0\u00bb en conformit\u00e9 avec les attentes des programmateurs et des publics occidentaux.<\/p>\n<p><a name=\"sect4\"><\/a><\/p>\n<h2>Conclusion\u00a0: d\u00e9passer les pi\u00e8ges identitaires<strong>\u00a0<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire du d\u00e9veloppement contemporain de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique d\u2019Afrique a montr\u00e9 elle aussi que les artistes \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement tiraill\u00e9s entre, d\u2019une part, la tentation d\u2019\u00eatre reconnus en se conformant aux images induites et construites depuis des g\u00e9n\u00e9rations sur \u00ab\u00a0leur\u00a0\u00bb corps, \u00ab\u00a0leur\u00a0\u00bb danse\u00a0 et \u00ab\u00a0leurs\u00a0\u00bb traditions, tout en se conformant aux mod\u00e8les d\u2019un Occident dominant et, d\u2019autre part, le d\u00e9sir d\u2019une v\u00e9ritable libert\u00e9 de cr\u00e9ation individuelle, d\u00e9pouill\u00e9e de toute assignation esth\u00e9tique ou identitaire.<\/p>\n<blockquote><p>Le malheur veut que bien des danseurs peu sagaces, pensent \u00eatre authentiques en renvoyant \u00e0 l\u2019Europ\u00e9en sa vision de l\u2019Africain. Ils s\u2019enferment dans des st\u00e9r\u00e9otypes. D\u00e8s qu\u2019on veut s\u2019en \u00e9chapper, on est accus\u00e9 de vendre son \u00e2me, son identit\u00e9. \u00c0 se vouloir simplement artiste avant d\u2019\u00eatre artiste africain, on est tax\u00e9 d\u2019arrogant.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote66sym\" name=\"sdfootnote66anc\">66<\/a><\/sup><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Peu de danseurs sont finalement parvenus aujourd\u2019hui \u00e0 dissocier leur \u00ab\u00a0identit\u00e9 artistique\u00a0\u00bb de leur \u00ab\u00a0identit\u00e9 culturelle\u00a0\u00bb. Et le nouveau cadre construit par <em>Afrique en Cr\u00e9ations <\/em>n\u2019a pas favoris\u00e9 leur \u00ab\u00a0\u00e9mancipation\u00a0\u00bb, surtout en Afrique de l\u2019Ouest o\u00f9 le mod\u00e8le \u00ab\u00a0\u00e0 la fran\u00e7aise\u00a0\u00bb p\u00e8se encore lourdement.<br \/>\nEn revanche, les artistes africains de la zone australe ou centrale se mettent plus volontiers en opposition avec les mod\u00e8les occidentaux, offrant une danse en r\u00e9sistance qui fait voler en \u00e9clats de nombreux codes pr\u00e9\u00e9tablis. Pour eux, la danse devient un moyen de lutte contre les discriminations. La sc\u00e8ne est r\u00e9guli\u00e8rement envisag\u00e9e par les artistes comme un v\u00e9ritable moyen de lutte contre les pr\u00e9jug\u00e9s sociaux, raciaux ou sexistes. Particuli\u00e8rement engag\u00e9s sur ces questions de soci\u00e9t\u00e9s, nombre d\u2019entre eux se jouent, dans leurs \u0153uvres, des st\u00e9r\u00e9otypes qui traversent l\u2019Afrique et plus largement le corps, la femme, la sexualit\u00e9 et la danse<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote67sym\" name=\"sdfootnote67anc\">67<\/a><\/sup>.<br \/>\nLa jeune chor\u00e9graphe sud-africaine Dada Masilo, est \u00e0 ce titre exemplaire. Dans sa cr\u00e9ation <em>Swan Lake <\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote68sym\" name=\"sdfootnote68anc\">68<\/a><\/sup><em>,<\/em> elle revisite le <em>Lac des Cygnes<\/em> en bousculant tout un ensemble de codes, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 faire fusionner danse classique et danses sud-africaines. Hommes et femmes sont tous en tutus, les pointes sont abandonn\u00e9es et m\u00eame la musique de Tcha\u00efkovski est mise \u00e0 distance. L\u2019argument est lui-m\u00eame transpos\u00e9, \u00e9voquant l\u2019homosexualit\u00e9. Il n\u2019en reste pas moins que son \u00e9criture est d\u2019une grande pr\u00e9cision et les interpr\u00e8tes excellents dans toutes les techniques de danse.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette\u00a0fois toutes les cordes et tabous du ballet romantique volent en \u00e9clats. Et pourtant,\u00a0les ballettomanes ne r\u00e9sistent pas \u00e0 ce\u00a0<em>Lac<\/em> d\u2019un autre genre [\u2026] Dada Masilo r\u00e9vise l\u2019argument du Lac des\u00a0Cygnes, faisant de Siegfried un prince aux\u00a0amours homosexuelles. Ainsi, elle nous\u00a0parle de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle elle vit, de\u00a0la tol\u00e9rance et des sentiments.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote69sym\" name=\"sdfootnote69anc\">69<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_2323\" style=\"width: 508px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-18.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2323\" class=\"wp-image-2323\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-18.png\" alt=\"\" width=\"498\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-18.png 620w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/photo-18-300x199.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2323\" class=\"wp-caption-text\"><em>Swan Lake,<\/em> Dada Masilo \u00a9 Biennale de Lyon, 2012<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant m\u00eame si de tels artistes arrivent \u00e0 se jouer des st\u00e9r\u00e9otypes, ils ne s\u2019en lib\u00e8rent pas totalement puisqu\u2019ils en font encore malgr\u00e9 tout r\u00e9guli\u00e8rement le th\u00e8me de leur travail artistique. Ils \u00e9chappent difficilement aux contingences socio-politiques et aux assignations culturelles auxquelles ils ont \u00e9t\u00e9 historiquement soumis. Il est vrai que le \u00ab\u00a0corps africain\u00a0\u00bb, li\u00e9 \u00e0 son lourd pass\u00e9, est encore loin d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019abri de toute stigmatisation, et le spectre des vieux clich\u00e9s ressurgissant r\u00e9guli\u00e8rement, il est parfois difficile pour les danseurs de ne pas se laisser pi\u00e9ger.<br \/>\nMais plut\u00f4t que de s\u2019inqui\u00e9ter jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obsession des identit\u00e9s, c\u2019est en tirant parti de leur pluralit\u00e9 que les artistes, qu\u2019ils soient d\u2019Afrique ou d\u2019ailleurs, sont \u00e0 m\u00eame d\u2019inventer un monde fait de libre circulation, de tol\u00e9rance et de partage. Les cr\u00e9ateurs sont souvent des visionnaires qui ont un temps d\u2019avance sur les grandes mutations soci\u00e9tales. Par une vision globale qui consiste \u00e0 savoir \u00ab\u00a0se situer pour mieux agir, relier pour mieux comprendre et s\u2019\u00e9lever pour mieux voir\u00a0\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote70sym\" name=\"sdfootnote70anc\">70<\/a><\/sup>, les chor\u00e9graphes et danseurs devraient pouvoir contribuer \u00e0 d\u00e9sali\u00e9ner le corps en d\u00e9veloppant une pens\u00e9e critique et une cr\u00e9ativit\u00e9 \u00e9mergente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Notes<\/h3>\n<p><a name=\"sect5\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> &#8211; COURTINE Jean-Jacques, <em>Histoire du corps, 3. Les mutations du regard, le XXe si\u00e8cle<\/em>, 2006, p.7.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> &#8211; JAQUET Chantal, <em>Le corps<\/em>, 2001, p.3.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> &#8211; COURTINE Jean-Jacques, op.cit. p.7.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> &#8211; FREUD Sigmund (1904), <em>Cinq le\u00e7ons de psychanalyse, <\/em>1965.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> &#8211; MERLEAU-PONTY Maurice, <em>La <\/em><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ph%C3%A9nom%C3%A9nologie_de_la_perception\"><em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de la perception<\/em><\/a>, 1945.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> &#8211; MAUSS Marcel, \u00ab\u00a0Les techniques du corps\u00a0\u00bb in <em>Sociologie et Anthropologie<\/em>, 1950.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> &#8211; DURET Pascal, ROUSSEL Peggy, <em>Le corps et ses sociologies, <\/em>2003, p.8.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> &#8211; MERLEAU-PONTY Maurice, <em>Signes<\/em>, 1960, p.287.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> &#8211; COURTINE Jean-Jacques, op.cit. p.9.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> &#8211; LE BRETON David, <em>L\u2019adieu au corps<\/em>, 1999, p.26, 27.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> &#8211; BAUDRILLARD Jean, <em>La soci\u00e9t\u00e9 de consommation<\/em>, 1986, p. 207.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> &#8211; DURET Pascal, ROUSSEL Peggy, op.cit., p.57.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> &#8211; GARNIER Catherine, \u00ab\u00a0la corpor\u00e9it\u00e9 comme d\u00e9finition interdisciplinaire et interculturelle\u00a0\u00bb, in <em>Le Corps Rassembl\u00e9: Pour une Perspective Interdisciplinaire et Culturelle de la Corpor\u00e9it\u00e9<\/em> (sld) 1991, p.14.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> &#8211; Les premi\u00e8res taxinomies apparurent au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, notamment \u00e0 travers Fran\u00e7ois Bernier qui en 1684 employait pour la premi\u00e8re fois le mot \u201crace\u201c. Mais ses propos pass\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9poque relativement inaper\u00e7us. La notion ne se d\u00e9veloppa dans le milieu scientifique qu\u2019au si\u00e8cle suivant principalement \u00e0 travers les th\u00e9ories de BUFFON (<em>Histoire Naturelle, g\u00e9n\u00e9rale et particuli\u00e8re, avec la description du Cabinet du Roy<\/em>, 1766) et de Carl Von LINNE (<em>Systema naturae per regna tria naturae : secundum classes, ordines, genera, species cum characteribus, differentiis, sinonimis, locis Tomus I (Regnum animale) <\/em>1735).<\/p>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> &#8211; TODOROV Tzvetan, <em>Nous et les Autres<\/em>, 1989, p.135.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> &#8211; La Ministre fut l\u2019objet d\u2019insultes racistes de la part de personnalit\u00e9s politiques mais aussi des medias. d\u2019extr\u00eame-droite, ceux-ci n\u2019ayant pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 rapprocher la Ministre d\u2019une guenon courant Novembre 2013<\/p>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> &#8211; NDIAYE Pap, <em>La condition noire, essai sur une minorit\u00e9 fran\u00e7aise<\/em>, 2008.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a>18- BOURDIE Annie,<em>\u00a0Cr\u00e9ation chor\u00e9graphique d\u2019Afrique francophone\u00a0: syst\u00e8mes de repr\u00e9sentations et strat\u00e9gies de reconnaissance en p\u00e9riode contemporaine, <\/em> th\u00e8se de doctorat en Sciences Humaines et Sociales. dirig\u00e9e par Jacqueline TRINCAZ, soutenue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Est Cr\u00e9teil, 21 Octobre 2013.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> &#8211; Photo n\u00b01.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a> &#8211; N\u2019DIAYE Pape Ibrahima, cit\u00e9 par ANDRE B\u00e9atrice, \u00ab\u00a0Le s\u00e9n\u00e9galais Kaoloak danse sa col\u00e8re\u00a0\u00bb in <em>Cultures sans fronti\u00e8res,<\/em> Radio Prague, 9\u00a0septembre 2007, source\u00a0: http:\/\/www.radio.cz\/fr\/rubrique\/culture\/la-senegalais-kaolack-danse-sa-colere.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a> &#8211; Gravure n\u00b01.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a> &#8211; Voir photos n\u00b02 et 3.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a> &#8211; Photo n\u00b04.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a> &#8211; Photo n\u00b05.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a> &#8211; GUEREDRAT Annabel, <em>A freak show for S<\/em>., solo cr\u00e9\u00e9 en 2011.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a> &#8211; BOISSEAU Rosita, \u00ab\u00a0Le feu d&rsquo;artifice de Chantal Lo\u00efal, la \u00ab\u00a0danseuse aux grosses fesses\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb in Journal Le Monde du 19.02.2009.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote27\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote27anc\" name=\"sdfootnote27sym\">27<\/a> &#8211; LO\u00cfAL Chantal cit\u00e9e par BOISSEAU Rosita, \u00ab\u00a0Nous sommes toutes des V\u00e9nus Hottentotes\u00a0\u00bb in Le Monde du 21 Novembre 2011.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote28\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote28anc\" name=\"sdfootnote28sym\">28<\/a> &#8211; Photo n\u00b06.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote29\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote29anc\" name=\"sdfootnote29sym\">29<\/a> &#8211; Carl HAGENBECK, commer\u00e7ant allemand importateur d\u2019animaux, eut l\u2019id\u00e9e en 1874 de monter des spectacles qu\u2019il qualifia lui-m\u00eame d\u2019\u201canthropozoologiques\u201c.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote30\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote30anc\" name=\"sdfootnote30sym\">30<\/a> &#8211; BLANCHARD Pascal (Dir.), <em>Zoos humains, de la V\u00e9nus Hottentote aux reality shows<\/em>, 2002.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote31\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote31anc\" name=\"sdfootnote31sym\">31<\/a> &#8211; DECORET-AHIHA Anne<em>, Les danses exotiques en France<\/em>, <em>1880-1940<\/em>, 2004, p.58.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote32\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote32anc\" name=\"sdfootnote32sym\">32<\/a> &#8211; BLANCHARD Pascal, \u00ab Les \u201cNoirs\u201c en image : des abolitions aux zoos humains, des conqu\u00eates coloniales\u00a0aux ind\u00e9pendances \u00bb, conf\u00e9rence donn\u00e9e au Centre Beaubourg dans le cadre des <em>forums de la soci\u00e9t\u00e9s sur le th\u00e8me de L\u2019esclavage, la France, les abolitions, les enjeux<\/em>, Paris, Beaubourg, 31 Mars-1er Avril 2006.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote33\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote33anc\" name=\"sdfootnote33sym\">33<\/a> &#8211; BLANCHARD Pascal, BANCEL Nicolas, LEMAIRE Sandrine, \u00ab\u00a0Les zoos humains, le passage d\u2019un racisme scientifique vers un racisme populaire et colonial en Occident\u00a0\u00bb in BLANCHARD Pascal (dir), <em>Zoos humains<\/em>, <em>de la V\u00e9nus Hottentote aux reality shows<\/em>, 2002, p.63-71.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote34\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote34anc\" name=\"sdfootnote34sym\">34<\/a> &#8211; PERRAULT Sylvie,\u00ab Danseuse(s) noire(s) au music-hall, la permanence d&rsquo;un st\u00e9r\u00e9otype \u00bb, <em>Corps<\/em>, 2007\/2 n\u00b0 3, p. 65-72.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote35\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote35anc\" name=\"sdfootnote35sym\">35<\/a> &#8211; Photos n\u00b07 et 8.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote36\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote36anc\" name=\"sdfootnote36sym\">36<\/a> &#8211; Voir \u00e0 ce sujet les commentaires de LEVINSON Andr\u00e9, (1929), in <em>danse d\u2019aujourd\u2019hui,<\/em> Actes Sud, Paris, r\u00e9\u00e9dition 1990.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote37\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote37anc\" name=\"sdfootnote37sym\">37<\/a> &#8211; CHALAYE Sylvie, <em>les repr\u00e9sentations du noir au th\u00e9\u00e2tre<\/em>, Conf\u00e9rence du 16 Octobre 2007 \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France, NF en partenariat avec l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e-Th\u00e9\u00e2tre Louis Jouvet, Paris.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote38\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote38anc\" name=\"sdfootnote38sym\">38<\/a> &#8211; RIEFENSTAHL Leni<em>, Les Dieux du Stade (Olympia)<\/em>, Allemagne, 1938, 220 mn.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote39\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote39anc\" name=\"sdfootnote39sym\">39<\/a> &#8211; RIEFENSTAHL Leni, <em>Die Nuba<\/em>, 1973.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote40\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote40anc\" name=\"sdfootnote40sym\">40<\/a> &#8211; Photo n\u00b09.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote41\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote41anc\" name=\"sdfootnote41sym\">41<\/a> &#8211; RIEFENSTAHL Leni<em>, <\/em>, <em>L\u2019Afrique<\/em>, (Trad. de l\u2019allemand par Louise Dupont), 1982, p.24.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote42\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote42anc\" name=\"sdfootnote42sym\">42<\/a> &#8211; RIEFENSTAHL Leni, 1973, op.cit., p.10.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote43\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote43anc\" name=\"sdfootnote43sym\">43<\/a> &#8211; SONTAG Susan, \u00ab\u00a0Fascinating fascism\u00a0\u00bb in New York Review of Books,\u20286 F\u00e9vrier 1975.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote44\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote44anc\" name=\"sdfootnote44sym\">44<\/a> &#8211; Photos n\u00b010 et 11.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote45\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote45anc\" name=\"sdfootnote45sym\">45<\/a> &#8211; Propos recueillis lors d\u2019un entretien r\u00e9alis\u00e9 par mes soins \u00e0 Johannesburg en septembre 2012.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote46\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote46anc\" name=\"sdfootnote46sym\">46<\/a> &#8211; Photos n\u00b012 et n\u00b013.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote47\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote47anc\" name=\"sdfootnote47sym\">47<\/a> &#8211; Photo n\u00b014.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote48\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote48anc\" name=\"sdfootnote48sym\">48<\/a> &#8211; ANUANG\u2019A Fernando, propos recueillis lors d\u2019un entretien r\u00e9alis\u00e9 par mes soins \u00e0 Bamako en Novembre 2010.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote49\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote49anc\" name=\"sdfootnote49sym\">49<\/a> &#8211; KEITA Fod\u00e9ba, \u00ab\u00a0La Danse africaine et la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb in <em>Pr\u00e9sence africaine<\/em>, XIV-XV, 1957, p.164-178.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote50\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote50anc\" name=\"sdfootnote50sym\">50<\/a> &#8211; Voir photo n\u00b015.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote51\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote51anc\" name=\"sdfootnote51sym\">51<\/a> &#8211; TIEROU Alphonse, <em>Si sa danse bouge, l\u2019Afrique bougera<\/em>, 2001, p. 121.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote52\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote52anc\" name=\"sdfootnote52sym\">52<\/a> &#8211; Photos n\u00b016 et n\u00b017.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote53\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote53anc\" name=\"sdfootnote53sym\">53<\/a> &#8211; MOMBOYE Georges, commentant son travail dans le film sur empreintes Masa\u00ef, site internet num\u00e9ridanse\u00a0:http:\/\/www.numeridanse.tv\/index.php?Itemid=7&amp;mediaRef=MEDIA110902152634926&amp;option=com_mediacenter.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote54\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote54anc\" name=\"sdfootnote54sym\">54<\/a> &#8211; BEBEY Kidi, \u00ab\u00a0Pour un corps mutant\u00a0\u00bb in NJAMI, Simon (dir) <em>Ethnicolor<\/em>, 1987 p. 155.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote55\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote55anc\" name=\"sdfootnote55sym\">55<\/a> &#8211; BOURDI\u00c9 Annie, \u00ab\u00a0l\u2019invention d\u2019une danse africaine contemporaine\u00a0\u00bb, in th\u00e8se de doctorat, op.cit p.320, Octobre 2013.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote56\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote56anc\" name=\"sdfootnote56sym\">56<\/a> &#8211; Sources\u00a0: Archives AFAA, Actes des rencontres <em>Afrique en Cr\u00e9ations<\/em>, Paris, 1990.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote57\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote57anc\" name=\"sdfootnote57sym\">57<\/a> &#8211; PELLETIER Jacques, \u00ab\u00a0Discours de cl\u00f4ture\u00a0\u00bb, Actes des <em>rencontresAfrique en Cr\u00e9ations, <\/em>Paris, 1990, p. 193-198.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote58\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote58anc\" name=\"sdfootnote58sym\">58<\/a> &#8211; La cr\u00e9ation chor\u00e9graphique est subventionn\u00e9e \u00e0 80% par Afrique en Cr\u00e9ations.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote59\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote59anc\" name=\"sdfootnote59sym\">59<\/a> &#8211; Mis \u00e0 part peut-\u00eatre le March\u00e9 Africain des Arts de la Sc\u00e8ne (MASA) d\u2019Abidjan.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote60\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote60anc\" name=\"sdfootnote60sym\">60<\/a> &#8211; Sauf l\u2019ancienne \u00e9l\u00e8ve de <em>Mudra Afrique<\/em>, la Burkinab\u00e9 Ir\u00e8ne Tasembedo, qui s\u2019\u00e9tait fait remarquer avec sa pi\u00e8ce <em>Yenenga<\/em> en 1992.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote61\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote61anc\" name=\"sdfootnote61sym\">61<\/a> &#8211; Il y avait eu une tentative \u00e9court\u00e9e de \u201cmodernisation\u201c de la danse en Afrique de l\u2019Ouest, voulue par Senghor, par le biais de <em>Mudra Afrique<\/em>. Cette antenne du centre <em>Mudra<\/em> de Maurice B\u00e9jart \u00e0 Bruxelles, dirig\u00e9e par Germaine Acogny, ne dura que 5 ans de 1977 \u00e0 1982.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote62\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote62anc\" name=\"sdfootnote62sym\">62<\/a> &#8211; La premi\u00e8re \u00e9dition eut lieu en 1995 \u00e0 Luanda en Angola, puis en 1998, 1999, 2003 \u00e0 Antananarivo, en 2006 \u00e0 Paris, 2008 \u00e0 Tunis, 2010\u00e0 Bamako et la neuvi\u00e8me eut lieu en 2012, \u00e0 Johannesburg, Lors de cette 9\u00e8me \u00e9dition, plusieurs centaines de programmateurs du monde entier et d\u2019artistes de toute l\u2019Afrique avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote63\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote63anc\" name=\"sdfootnote63sym\">63<\/a> &#8211; M\u00eame si la commission europ\u00e9enne et quelques grandes fondations priv\u00e9es sont aussi des partenaires privil\u00e9gi\u00e9s les festivals, les centres de formations.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote64\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote64anc\" name=\"sdfootnote64sym\">64<\/a> &#8211; Parmi eux <em>l\u2019Ecole des Sables au S\u00e9n\u00e9gal<\/em>, le CDC <em>La Termiti\u00e8re<\/em> au Burkina Faso, le centre <em>Donko Seko<\/em> au Mali.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote65\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote65anc\" name=\"sdfootnote65sym\">65<\/a> &#8211; SANOU salia, <em>Afrique, danse contemporaine<\/em>, 2008, p.42.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote66\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote66anc\" name=\"sdfootnote66sym\">66<\/a> &#8211; CUVILAS Augusto, cit\u00e9 par DE GUBERNATIS Rapha\u00ebl, \u00ab\u00a0L\u2019Afrique danse sur un fil\u00a0\u00bb, in <em>Le Nouvel Observateur<\/em>, Avril 2006, p. 130.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote67\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote67anc\" name=\"sdfootnote67sym\">67<\/a> &#8211; A titre d\u2019exemple nous pouvons citer, pour l\u2019Afrique du Sud Robyn Orlin mais aussi Sello Pesa, Boyzie Cekwana, Mamela Nyamza, Nelixibe Xaba, et plus r\u00e9cemment D\u00e9sir\u00e9e Davids et Dada Masilo\u00a0pour le Mozambique Pana\u00efbra Gabriel et Augusto Cuvilas (aujourd\u2019hui disparu) et pour le Congo (Brazzaville et RDC) respectivement Delavallet Bidiefono et Faustin Linyekula.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote68\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote68anc\" name=\"sdfootnote68sym\">68<\/a> &#8211; Photo n\u00b018.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote69\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote69anc\" name=\"sdfootnote69sym\">69<\/a> &#8211; Pr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce <em>Swan Lake<\/em> sur le site du th\u00e9\u00e2tre La Baleine d\u2019Onet le Ch\u00e2teau. Source\u00a0: http:\/\/www.la-baleine.eu\/portfolio\/dada-masilo-swan-lake\/.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote70\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote70anc\" name=\"sdfootnote70sym\">70<\/a> &#8211; DE ROSNAY Jo\u00ebl, <em>Le macroscope : vers une vision globale,<\/em>1975.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<p><a name=\"sect6\"><\/a><br \/>\nARCHIVES AFAA. <em>Actes des rencontres Afrique en Cr\u00e9ations<\/em>. Paris : 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">APOSTOLSKA Aline. \u00ab\u00a0Danse africaine, \u00e0 la recherche de la transe perdue\u00a0\u00bb in revue <em>Danser,<\/em> n\u00b09, Paris, f\u00e9vrier 1984.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BLANCHARD\u00a0 Pascal. \u00ab\u00a0Les \u201cNoirs\u201c en image : des abolitions aux zoos humains, des conqu\u00eates\u00a0coloniales aux ind\u00e9pendances\u00a0\u00bb, conf\u00e9rence donn\u00e9e au Centre Beaubourg dans le cadre des forums\u00a0de la soci\u00e9t\u00e9s sur le th\u00e8me de \u201cL\u2019esclavage, la France, les abolitions, les enjeux\u201c, Paris : Beaubourg, 31 Mars-1er Avril 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BLANCHARD\u00a0 Pascal. \u00ab\u00a0Les zoos humains, le passage d\u2019un \u00ab\u00a0racisme scientifique\u00a0\u00bb vers un \u00ab\u00a0racisme\u00a0populaire et colonial\u00a0\u00bb en Occident\u00a0\u00bb in BLANCHARD Pascal (dir), <em>Zoos humains, de la V\u00e9nus\u00a0Hottentote aux reality shows<\/em>, Paris : La D\u00e9couverte, 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">CHALAYE\u00a0 Sylvie. \u00ab\u00a0Quand on n\u2019a que son corps \u00e0 imposer au monde\u00a0\u00bb in<em> Africultures n\u00b054<\/em>.\u00a0Paris : L\u2019Harmattan, janvier-Mars 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">CHALAYE Sylvie. \u00ables repr\u00e9sentations du noir au th\u00e9\u00e2tre \u00bb, Conf\u00e9rence du 16 Octobre 2007 \u00e0 la\u00a0Biblioth\u00e8que nationale de France, en partenariat avec l\u2019Ath\u00e9n\u00e9\u00e9-Th\u00e9\u00e2tre Louis Jouvet, Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">CUVILAS Augusto, cit\u00e9 par DE GUBERNATIS Rapha\u00ebl. \u00ab\u00a0L\u2019Afrique danse sur un fil\u00a0\u00bb, in <em>Le\u00a0Nouvel Observateur<\/em>, avril 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DECORET-AHIHA Anne<em>. Les danses exotiques en France, 1880-1940<\/em>. Pantin : CND, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DUPLAN Hernst, \u00ab\u00a0Hernst Duplan\u00a0: l\u2019expression primitive\u00a0\u00bb interview de BEBEY Kidi in\u00a0TILLETTE, Bruno, NJAMI, Simon (dir)<em> Ethnicolor,<\/em> Paris : \u00c9ditions Autrement 1987.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">FRAZER James. <em>The Golden Bough. <\/em>Londres : MacMillian, 1890.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">KEITA Fod\u00e9ba, \u00ab\u00a0La Danse africaine et la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb i<em>n Pr\u00e9sence africaine, XIV-XV,<\/em> 1957.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LEVINSON Andr\u00e9. <em>Danse d\u2019aujourd\u2019hui.<\/em> Paris : Actes Sud, re\u00e9d. 1990, 104p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LHAMON JR William T. <em>Peaux blanches, masques noirs. Repr\u00e9sentations du blackface, de Jim\u00a0Crow \u00e0 Michael Jackson<\/em> (2004), trad. S Renaut. Paris : Kargo, 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">PASTOUREAU Michel. <em>Noir, histoire d\u2019une couleur<\/em>. Paris : Seuil, 2008, 216p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">PERRAULT Sylvie. \u00ab Danseuse(s) noire(s) au music-hall, la permanence d&rsquo;un st\u00e9r\u00e9otype \u00bb, in\u00a0<em>Corps<\/em>, 2007\/2 n\u00b0 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RIEFENSTAHL Leni. <em>Die Nuba<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RIEFENSTAHL Leni. <em>Mein Africa (t<\/em>rad. de l\u2019allemand par Louise\u00a0Dupont). Paris : \u00c9ditions Herscher, 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RIEFENSTAHL Leni. <em>Les Dieux du Stade (Olympia). <\/em>Allemagne, 1938, 220 mn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SACHS Curt. <em>Histoire de la danse<\/em>. Paris : Gallimard, r\u00e9impression 1938, 2004, 229p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SEGUIN Eliane. <em>Histoire de la danse jazz<\/em>. Paris : Chiron, 2003, 281p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SONTAG Susan. \u00ab\u00a0Fascinating fascism\u00a0\u00bb in <em>New York Review of Books<\/em>, \u20286 F\u00e9vrier 1975.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">TODOROV Tzvetan. <em>Nous et les Autres<\/em>. Paris : Seuil, 1989, 464p.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Annie Bourdi\u00e9 Docteur en Sciences Sociales, Universit\u00e9 Paris-Est Cr\u00e9teil &#x62;&#x6f;&#x75;&#114;die&#x40;&#x75;&#x2d;&#112;ec&#46;&#x66;&#x72; Pour citer cet article : Bourdi\u00e9, Annie, \u00ab Corps \u201cnoirs\u201d, enjeux de la cr\u00e9ation chor\u00e9graphique contemporaine d\u2019Afrique ? \u00bb, Litter@ Incognita [En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b06 \u00ab Jeux et enjeux du corps : entre poi\u0308e\u0301tique et perception \u00bb, \u00e9t\u00e9 2016, mis [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[372,46560,42638,46771,46773,46557,46775],"class_list":["post-620","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-afrique","tag-choregraphie","tag-colonisation","tag-corps-noir","tag-danse","tag-n6","tag-reappropriation","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=620"}],"version-history":[{"count":33,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3515,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions\/3515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}